Affaire des Joueurs de Rugby Argentins : Hugo Auradou et Oscar Jegou face aux accusations de viol

L'affaire impliquant les jeunes internationaux de rugby français, Hugo Auradou et Oscar Jegou, accusés de viol en Argentine en juillet 2024, a connu de nombreux rebondissements judiciaires. Les avocats des deux joueurs, âgés de 21 ans, ont demandé l’abandon de l’action judiciaire les visant.

Hugo Auradou et Oscar Jegou avec leur avocat, Rafael Cuneo Libarona, à Buenos Aires.

Déroulement de l'Affaire

Auradou et Jegou sont inculpés de viol aggravé car commis en réunion pour des faits présumés survenus dans la nuit du 6 au 7 juillet dans un hôtel de Mendoza, où le XV de France venait de jouer un match contre l’Argentine. Ils affirment depuis le début que les relations sexuelles avec la plaignante, rencontrée en boîte de nuit, étaient consenties et sans violence. L’avocate de la plaignante a dénoncé au contraire un viol avec «violence terrible».

D’abord placés en détention provisoire puis assignés à résidence à Mendoza, les joueurs ont été libérés mi-août, puis autorisés à rentrer en France début septembre.

Procédure Judiciaire

Après plusieurs reports, l’audience d’examen de l’abandon des poursuites contre les rugbymen français Hugo Auradou et Oscar Jegou, inculpés de viol en Argentine en juillet, a été fixée au 25 novembre, a-t-on appris ce mercredi 6 novembre de sources judiciaires. Mais l’examen de leur demande de non-lieu a déjà été reporté à trois reprises en raison d’un appel présenté par les avocats de la plaignante demandant l’incorporation de nouveaux éléments - médicaux en l’occurrence - au dossier.

Les avocats de la plaignante, une Argentine de 39 ans, et ceux des deux joueurs débattront à huis clos, en présence du parquet qui requerra aussi l’abandon des poursuites, comme il l’a annoncé au terme de l’instruction. La juge présidant les débats pourra rendre une décision dans la foulée, ou la mettre en délibéré à quelques jours.

Un nouveau recours, auprès de la cour suprême provinciale, a été déposé, jeudi 13 mars, à Mendoza (dans l’ouest du pays) par la plaignante, près d’un mois après la confirmation d’un non-lieu en appel dans cette affaire.

Ce recours en cassation, qui était attendu, a été déposé auprès d’un tribunal qui doit dans un premier temps l’examiner avant de le transmettre à la Cour suprême provinciale de Mendoza, a déclaré, vendredi, à l’Agence France-Presse (AFP) l’avocate de la plaignante, Natacha Romano.

Elle n’a pas été en mesure d’avancer un possible délai pour le traitement du recours. En revanche, Mme Romano a réitéré qu’en cas de rejet du recours par la cour suprême provinciale elle se tournerait vers l’instance suivante et supérieure, la Cour suprême de la nation, à Buenos Aires.

« Les instructions de la victime et de sa famille ont toujours été claires : aller jusqu’à ce que la vérité soit clarifiée et jusqu’à obtenir justice », a commenté l’avocate.

A la mi-février, la justice argentine avait confirmé en appel le non-lieu prononcé en première instance en décembre 2024 pour Oscar Jegou et Hugo Auradou. La chambre d’appel du tribunal de Mendoza avait conclu à un « manque d’éléments qui permettent de soutenir une accusation sérieuse ».

Scandale au Rugby : Accusations de Viol Contre Hugo Auradou et Oscar Jégou !

Réactions et Conséquences

Après le non-lieu confirmé en appel, l’avocat français des joueurs, Antoine Vey, avait dit considérer « que cette affaire était définitivement jugée », à moins d’une « approche irrationnelle » du dossier. Mais Mme Romano a dit à plusieurs reprises sa détermination, sur instruction de la plaignante, à poursuivre auprès d’instances supérieures, y compris, si nécessaire, auprès de la Cour interaméricaine des droits de l’homme.

Revenus en France en septembre 2024, Oscar Jegou et Hugo Auradou ont retrouvé les terrains et ils ont régulièrement joué pour leur club ainsi que pour le XV de France lors du Tournoi des six nations.

Décision de la Justice Argentine

La justice argentine a répondu favorablement ce mardi à la demande de non-lieu déposée par les avocats d'Oscar Jegou et Hugo Auradou le 27 août et soutenue par le parquet le 4 octobre.

Après plusieurs reports liés à des questions de procédures, la justice argentine, via la juge Eleonora Arenas, avait examiné la fameuse demande de non-lieu pendant deux jours d'audience, les 25 et 26 novembre, puis mis la décision en délibéré à ce mardi 10 décembre. Elle a été communiquée en début d'après-midi heure française, en milieu de matinée en Argentine, après une audience à huis clos au pôle judiciaire de Mendoza.

C'est évidemment une victoire judiciaire de taille pour les deux joueurs du XV de France, tous deux âgés de 21 ans, qui avaient été mis en examen le 8 juillet pour « viol avec violence en réunion » après une plainte déposée par une femme de 39 ans, qui accusait Auradou et Jegou de l'avoir violée dans la nuit du 6 au 7 juillet à Mendoza, quelques heures après une rencontre entre les Pumas et les Bleus dans la même ville. L'avocate de la plaignante devrait très probablement faire appel.

Arrêtés le 8 juillet à Buenos Aires puis transférés à Mendoza, Jegou et Auradou ont toujours fermement contesté les accusations de viol, évoquant une relation consentie. Après plusieurs jours de détention, ils avaient été placés en résidence surveillée le 17 juillet à Mendoza, puis remis en liberté le 12 août. Dans ses motivations, le parquet évoquait alors les « contradictions internes et périphériques évidentes dans le récit de la plaignante ».

Le 3 septembre, les deux internationaux avaient été autorisés à rentrer en France. Auradou avait repris la compétition avec Pau le 5 octobre, Jegou avec La Rochelle le 2 novembre.

Les joueurs sont retournés jouer pour le XV de France.

Cette décision de la justice argentine en première instance devrait aussi leur permettre d'être à nouveau sélectionnables en équipe de France. « Tant qu'il n'y aura pas de non-lieu officiel, Hugo Auradou et Oscar Jegou ne joueront pas en équipe de France », affirmait en effet début octobre Jean-Marc Lhermet, le vice-président de la FFR.

La justice argentine confirme l’abandon des poursuites à l’encontre d’Hugo Auradou et Oscar Jegou, a-t-on appris de source judiciaire. La cour d’appel de Mendoza a rejeté, mardi, l’appel de la plaignante, qui accuse les deux rugbymen de l’avoir violée cet été lors de la tournée d’été du XV de France en Amérique du Sud, contre le non-lieu prononcé en décembre par la juge Eleonora Arenas.

« J’espère que c’est maintenant définitivement l’épilogue de cette phase judiciaire, souligne auprès du Parisien-Aujourd’hui en France, Me Antoine Vey, avocat des deux joueurs. Cette décision a confirmé qu’ils étaient innocents. Ce n’est pas une décision au bénéfice du doute, elle est motivée. Les joueurs bénéficient d’un non-lieu définitif, ils ne peuvent plus être poursuivis par la justice argentine. »

« La seule solution possible au regard des preuves réunies »Les magistrats considèrent même qu’il s’agit de « la seule solution possible au regard des preuves réunies » au cours de l’instruction et soulignent les « inconsistances (de la plaignante) dans ses diverses déclarations » à la justice.

« Il résulte que la version des faits soutenue par l’accusation ne trouve pas d’appui dans les divers éléments objectifs incorporés au dossier », insistent-ils.

« S’il est évident que la plaignante a traversé, depuis son dépôt de plainte jusqu’à aujourd’hui, diverses situations ayant affecté sa santé physique et mentale, il n’est pas possible d’attribuer la responsabilité de ces souffrances aux accusés », soulignent les trois juges, qui se sont prononcés à l’unanimité en faveur du non-lieu.

Recours Possibles

Il reste encore des voies de recours à la plaignante. Celle-ci peut, si elle le souhaite, saisir la Cour suprême de Mendoza puis en dernier recours la Cour suprême nationale ou la Cour interaméricaine des droits de l’homme.

« Ce n’est pas un verdict définitif contrairement à ce que prétend le camp de la défense. L’affaire n’est pas finie. Nous allons désormais porter l’affaire devant la Cour suprême de Mendoza », a confirmé Natacha Romano, l’avocate de la plaignante.

« En droit, l’affaire est définitivement clôturée »« L’accusatrice peut toujours tenter de saisir la cour panaméricaine, et les réseaux médiatiques, mais en droit, l’affaire est définitivement clôturée. On ne peut pas espérer une décision de justice contraire quand on apporte aucun élément nouveau, cingle Antoine Vey. J’espère qu’ils pourront maintenant retrouver un équilibre personnel et que leur image ne sera plus troublée. Qu’on arrête d’agiter cette affaire comme si c’était la marque d’un déshonneur. »

Si Oscar Jegou et Hugo Auradou, mis en examen le 7 juillet dernier en Argentine, avaient tous deux récemment repris la compétition en Top 14 avec leur club respectif (le Stade rochelais et la Section paloise), ils demeuraient encore sous le coup de cette accusation aux yeux de l’opinion publique.

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