Basketball Diaries est bien plus qu'un simple film; c'est une plongée brute et sans concession dans la vie d'un adolescent en perdition. Adapté du livre autobiographique de Jim Carroll, le film nous entraîne dans un univers sombre où la drogue, la violence et la quête d'identité se croisent. Ce récit poétique et cru, porté à l'écran avec une intensité saisissante, a marqué les esprits et continue de susciter des réflexions profondes sur les dangers de l'addiction et la complexité de l'adolescence.
FAUT-IL VOIR CE FILM ? #1 - BASKETBALL DIARIES (1995)

L'Histoire de Jim Carroll
On suit Jim Carroll, l’auteur du livre autobiographique éponyme dont le film est adapté. C'est un jeune homme en manque de repères qui vit avec sa mère dans un milieu plutôt modeste, au bas de la classe moyenne. Il passe ses journées avec sa bande de copains à jouer à la bagarre entre deux matchs ou entraînements. Un soir, un copain l’invite chez deux copines des beaux quartiers bien décidées à voir le loup et il goûte pour la première fois à une drogue stimulante en poudre non nommée.
Quatre copains dissipés d'une école catholique de New York ont une passion en commun : le basket. Lorsque Bobby meurt d'une leucémie, Jim et ses copains sont confrontés à la dure réalité de la vie qui leur apparaît de plus en plus absurde. Jim se confie à son journal intime, mais l'écriture ne l'empêche pas de se droguer. Sa mère finit par le mettre à la porte.
C'est l'histoire de Jim (Leonardo DiCaprio), Mickey (Mark Wahlberg), Pedro (James Madio) et Neutron (Patrick McGaw), quatre adolescents unis par la passion du basketball. Ils sont à un âge où ils tentent de nouvelles expériences, notamment celle de la drogue. Ils deviennent très vite dépendants à la drogue et ils vont entamer une longue descente aux enfers.

Un Récit d'Initiation Trash
Basketball Diaries est le journal de l’adolescence « sauvage » de Jim Carroll, devenu livre culte de la scène New-Yorkaise underground des années 70 et adapté sur grand écran en 1995. Dans le rôle titre, on retrouve un jeune Leonardo DiCaprio écorché vif dont la performance a largement été saluée. Héritier de la Beat generation, en particulier Ginsberg, ce fils d’une famille catholique irlandaise, décédé en 2009 à 60 ans, navigua entre la scène pop art (la factory d’Andy Warhol) et rock (the Velvet Ground), avant de fonder le Jim Carroll Band en 1978 en Californie.
Le livre est souvent résumé comme un « récit d’initiation », version trash. En effet le jeune Jim, bien qu’issu d’une famille catholique plutôt stricte, fera notamment le dur « apprentissage » de la drogue et de « l’école de la rue » et ses gangs. Basketball Diaries est organisé en 10 parties par saison au coeur des turbulentes années 60, de la naissance de la contre-culture américaine et du mouvement afro-américain pour les droits civils, de l’automne 1963 au printemps et été 66.
Dans une langue orale à la verve haute en couleur, le journal enchaîne les récits de ses « 400 coups » souvent trash, pimenté de ses réflexions d’ado un peu fanfaron, insouciant et intrépide. Dans ses pages, il saisit ses journées de « traîne », de « déconne », de « séchage » de cours, et de « glande » dans les rues du Lower East Side à Manhattan jusque dans le Bronx en passant par Harlem, en compagnie de sa bande de potes tout aussi galériens, « les petits durs du lower east side » selon son expression.
La Descente aux Enfers
Le narrateur n’a qu’une obsession : « se défoncer », « s’allumer les neurones », « pouvoir piquer du nez tranquille », ou encore « descendre le sirop qui allait nous permettre de nous élever au-dessus des petites mesquineries de la puberté, notre lot quotidien », plonger dans une « torpeur « … La drogue semble être un jeu pour lui, ou du moins un passe-temps comme un autre. Prise de drogue qui rime aussi avec violence comme l’un de ses amis Bobby Blake, « cleptomane, complètement accro aux amphés » qui après s’être « bourré la gueule après son shoot de speed » (anbiance…), a l’idée lumineuse de faire un casse en balançant une vieille porte de frigo dans une devanture.
Ce genre de scènes aussi déjantées que surréalistes peuple ses mémoires au point où le mot « normalité » ne veut plus dire grand-chose dans la jungle new-yorkaise où il évolue et fait son apprentissage. Il ne ménage pas la description de la réalité physique de la déchéance : bras endoloris criblés de croûtes de sang, le nez qui coule, les « muscles lourds et raides », la « gerbe », les crises d’éternuement, l’alternance de froid-chaud, frisson glacial, et le déséquilibre - « quand je marche ça se met à trembler à l’intérieur de mon crâne comme si tout s’était effondré.
La drogue, on le sait, est une « passion » qui coûte cher, et le conduit à devoir se prostituer. A vrai dire les abus sexuels semblent faire partie de son quotidien, sans qu’il ne s’en offusque plus que cela (ce qui ne signifie pas que cela lui plaît bien loin de là). Disons qu’à l’époque, la loi était sans doute plus « lâche » à ce niveau là. En dehors de cela, à chaque coin de rue, il doit jouer des coudes pour échapper aux griffes des pédophiles prédateurs de jeunes garçons.

Un Film de Prévention ?
Que ce soit l’affiche, la bande-annonce ou les premières minutes du film, tout rappelle la direction artistique des messages de prévention de l’association américaine « A Drug Free World » (ou « Non à la drogue, oui à la vie » en français). Et l’heure et demie que dure le film ne fait que confirmer cette désagréable sensation. Mais il faut remettre le film dans un contexte : il adapte un livre autobiographique publié en 1978 qui relate des faits arrivés dans les années 1960. Le film est donc orienté et décrit une situation particulièrement alarmante et tirée de faits réels dans le but de « prévenir ». Sauf qu’on le sait, la prévention par la peur, ça ne marche pas vraiment.
Le film présente Jim comme un zombie écervelé soumis au bon vouloir de LA DROOOGUE mais nous montre une galerie de personnages adultes nauséabonds, incapables de focus sur l’accompagnement de ce jeune. En première ligne, il y a le coach sportif abusif, la maman ultra pieuse qui, à bout de nerfs, préfère prier Dieu pour qu’il vienne en aide à son gamin qu’elle a foutu à la porte, et enfin les mauvais potes qui ne sont pas aidants même si leurs situations familiales ne nous sont pas montrées. D’ailleurs à un moment, Jim retourne chez les sœurs bourgeoises qui l’ont initié et elles semblent ne pas avoir de problèmes et maîtriser leur consommation.
On aura de cesse de le dire, l’addiction (surtout une plongée aussi rapide) peut être le symptôme visible d’un traumatisme, d’angoisses, d’un profond mal-être, d’une dépression ou de solitude. Alors, est-ce qu’on y trouve une démarche de réduction des risques ? Non ! D’une part, parce que l’époque ne se prêtait pas à la diffusion de messages adaptés, et aussi car le personnage adolescent vit dans un monde dans lequel il ne peut faire confiance à aucun adulte.
Jim n’est peut-être pas costaud mais il a du caractère. Sa colère le sauve. Cette haine contre ce système d’oppresseurs va lui permettre de sortir de prison moins bête qu’il n’y est re... Basketball Diaries est le journal de l’adolescence « sauvage » de Jim Carroll, devenu livre culte de la scène New-Yorkaise underground des années 70 et adapté sur grand écran en 1995 avec dans le rôle titre un jeune Leonardo DiCaprio écorché vif dont la performance a largement été saluée.
La Censure et la Polémique
À la fin des années 90 alors que se multipliaient les « school shootings » (Heath High School en 1997 et Columbine en 1999), l’auteur a été pris dans une effroyable polémique le rendant responsable, au motif qu’un des auteurs de ces tueries aurait cité son adaptation ciné comme une de ses inspirations. Après Columbine, on a immédiatement mis en cause Hollywood, et notamment des films comme The Basketball Diaries, où Leonardo DiCaprio massacre ses camarades de lycée. L’une des conséquences de cette tragédie a été la fin des films d’épouvante pour adolescents : Scream, Mortelle Saint-Valentin, Souviens-toi l’été dernier, etc.
Comme le rappelle Jim Carroll dans une interview télévisée à la NBC alors qu’il était invité à réagir aux accusations à son encontre, son livre comme le film est avant tout une histoire de rédemption. De plus le livre précise explicitement que les balles n’étaient pas dirigée contre autrui mais uniquement contre le tableau d’école et le plafond.
À cette époque, la Cour suprême américaine refuse au cinéma la protection accordée aux médias écrits, l’assimilant à une activité foraine. Et cette décision va donner lieu à la création de pas moins de trois cents instances de censure dans les années 1920 sur l’ensemble du territoire américain !
Tableau: Distribution Principale
| Acteur | Rôle |
|---|---|
| Leonardo DiCaprio | Jim Carroll |
| Mark Wahlberg | Mickey |
| James Madio | Pedro |
| Patrick McGaw | Neutron |
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