Le Parcours Footballistique de Nicolas Le Meur: De Joueur à Entraîneur

Le parcours de Nicolas Le Meur dans le monde du football est une histoire de confiance, de fiabilité et d'évolution constante. De ses débuts professionnels à son rôle actuel, son engagement envers le sport et son club, le Stade Malherbe Caen, est indéniable.

Pour lancer cet entretien entre Mathieu Bodmer et Nicolas Seube, leurs souvenirs avec cette photo ont été sollicités. Et autant dire que l'un comme l'autre ont une excellente mémoire.

Les Débuts Professionnels à Caen

Nicolas Seube (NS) : "On avait fini 5e ou 6e à égalité avec Le Mans (6e exactement). Cette saison-là (2001-2002), les quatre premiers montaient car la Ligue 1 rebasculait à 20 équipes. Ce sont de très bons souvenirs car ce sont mes débuts chez les pros. A l’époque, j’étais à la recherche d’un projet où je pourrais jouer. Je dois vous l’avouer : Caen est le seul club qui m’a fait confiance. Pourtant, au départ, je n’étais pas forcément prévu parmi les titulaires. Je ne vais pas cacher que mes premiers matches n’ont pas été d’une grande qualité. Ça s’est amélioré avec le temps."

À ses débuts, Nicolas Le Meur a rejoint Caen à la recherche d'un projet où il pourrait réellement jouer. Malgré des débuts difficiles, sa détermination et son travail acharné lui ont permis de s'imposer au fil du temps.

MB : "Il est arrivé en même temps que Cédric Hengbart. Ils ont remplacé Taff (Grégory Tafforeau) et Richard Lecour (partis, respectivement à Lille et à Avranches). A la reprise, on avait un effectif conséquent puisqu’on n'avait pas enregistré beaucoup de départs. Hervé Gautier avait dû composer deux groupes."

NS : "C’était un élément qui sortait du centre, qui avait déjà joué en Ligue 2 la saison d’avant (25 apparitions), sur lequel le club comptait beaucoup. Il y avait beaucoup d'attentes. Aujourd’hui, pour être de l’autre côté, je sais que l’éclosion d’un jeune joueur prend du temps. Après, Math avait cette capacité technique au-dessus de la moyenne, une vision du jeu, cette faculté à jouer avec les autres. Par contre, il n'avait pas ce volume de jeu et cette capacité à courir qu’il a acquis à Lille. Ça a donné lieu à quelques embrouilles avec M. Rémy (l’entraîneur du SMC en 2002-2003)."

Un Joueur Fiable et Déterminé

Mathieu Bodmer (MB) souligne la fiabilité de Nicolas Le Meur sur le terrain : "Nico, c'était un joueur fiable."

NS : "Ça serait plus compliqué mais le gars, même en étant un peu en dedans la semaine, dès que la compétition arrivait, il branchait direct, il s’imposait une exigence extrême."

MB : "Chez Nico, quelque chose m'a frappé, je l’ai toujours trouvé meilleur à gauche qu’à droite (alors qu'il est droitier) avec cette faculté à rentrer sur son pied fort. Nico avait les qualités que je n’avais pas : l’abnégation, la hargne… Il était plus sérieux que moi, plus travailleur. Un bon gars de vestiaire également. C’était un joueur fiable. Quand tu le mettais, tu savais quel match il allait te faire. Moi, une fois, c’était très bien et la fois d’après, c’était l’autre. A cette époque, c’était souvent l’autre qui jouait."

Moments Marquants et Anecdotes

NS : "Mon premier but en Ligue 2, c’est sur une passe de Math, à Clermont."

NS : "Sur l’action, le défenseur central se claque ; ce qui m’a permis de prendre la profondeur."

NS : "On gagne 3-2. Avant ce match (J24. début février), on était dernier ! Je me souviens de Jimmy Hébert dans l’ascenseur à l'hôtel qui n’en revenait pas qu’on soit dernier. On a fait référence un peu plus tôt à l'entraîneur Patrick Rémy."

MB : "C’était compliqué, très compliqué avec le coach et son adjoint, Stéph Roche. Bien sûr, parfois, j’ai été très c… mais je pense que je n’avais pas toujours tort. Ma dernière année à Caen, je suis écarté du jour au lendemain pendant quatre mois. J’étais avec la CFA2. A Valence (lors de la 38e et dernière journée), j’ai dû entrer 12 secondes, 20 secondes… Je dois toucher un ballon."

NS : "Heureusement que Franck était là. C’est lui qui a fait le lien entre Math et Claude Puel (qui avait été l’entraîneur de Franck Dumas à Monaco)."

Avec Patrick Rémy, l'un de ses entraîneurs au SMC, Mathieu Bodmer a connu, de son propre aveu, une relation compliquée ; le technicien l'écartant quatre mois avant que l'Ebroïcien ne parte à Lille grâce à Franck Dumas.

La Reconversion et l'Avenir

NS : "Personnellement, c’était très loin de mes préoccupations. Déjà que quand tu te rapproches de la fin de ta carrière, tu n’y penses pas forcément. Je songeais surtout à être performant le week-end."

MB : "Moi non plus."

NS : "Déjà, j’ai eu la chance que le club me propose une reconversion ; ce qui est très rare aujourd’hui, dès 2008 en plus, avec des dirigeants qui ont respecté leur parole. Après, à un moment, tu es obligé de te projeter et tu te rends compte que le foot, tu ne sais faire que ça. Bien sûr, dans un club, les possibilités sont vastes : la communication, le marketing, l’administratif… Mais j’avais une certitude, il fallait que je sois sur un terrain et pas dans les bureaux. Aujourd'hui, je me sens presque plus à mon aise à la tête des pros qu'au centre car c'est un public que je connais mieux."

MB : "Pour ma part, c'est un peu parti de mon expérience en tant que co-président d’Evreux (2009-2013). On avait repris le club avec Bernard (Mendy, ils sont tous deux originaires de cette ville). J’avais un rôle de manager avec la responsabilité de la gestion sportive. Même si aujourd’hui, je passe une partie de mon temps dans les bureaux, sur des réunions, car c’est le travail qui le réclame, comme Nico, je suis sur les terrains. Je kiffe être au bord des terrains, d’aller voir des matches… Je ne me vois pas aujourd’hui passer une journée sans parler de foot. Après, je n’avais pas spécialement prévu de devenir directeur sportif."

"Je kiffe être au bord des terrains."

Pourriez-vous aujourd'hui exercer la profession de l'autre ?

MB : "Dans tous les cas, je savais que je n’allais pas devenir coach. Il faut avoir une vraie vocation. Personnellement, j’ai beaucoup de mal à rester en place."

NS : "Pour ma part, il est hors de question de devenir directeur sportif (sourire)."

Si, pour Nicolas Seube, il n'est pas question un jour de devenir directeur sportif, Mathieu Bodmer ne lui fera pas non plus de l'ombre comme coach.

"Il faut avoir une vraie vocation", estime le directeur sportif du HAC.

MB : "Pour Nico, c’est la suite logique. C’est même peut-être intervenu un peu tardivement (le 30 novembre après le renvoi de Jean-Marc Furlan et l'intérim assuré par Patrice Sauvaget). Peut-être qu’il y avait un coach à ne pas prendre avant. Perso, ce qui m’a dérangé à Malherbe ces derniers mois, ces dernières saisons, c’est le discours de certaines personnes à la tête de l’équipe. Ça ne ressemblait pas à ce club. A mon sens, c’est important d’avoir un coach formateur. Quand j’ai démarré, Pascal Théault, l’un des plus grands formateurs de l’histoire de Malherbe, était l’entraîneur des pros. A cette époque, beaucoup de jeunes sont sortis et ont fait de belles carrières (Jérôme Rothen, William Gallas, Bernard Mendy...). Je ne dis pas que Nico va faire jouer dix jeunes mais tu vois déjà qu’il y en a plus d’intégrés qu’il y a trois semaines, avec des vrais profils, peut-être moins que chez nous. Malherbe, c’est un club qui a toujours bien formé, j’en suis issu de cette formation, avec un style de joueur complètement différent de celui du Havre. C’est pourquoi je répète souvent qu’on n’est pas en concurrence avec Malherbe car il recrute des jeunes qu’on ne prendrait pas et inversement."

NS : "Je suis surtout épaté des résultats obtenus et par la rapidité de ces résultats, de la formation jusqu’aux pros. Le Havre restait sur 14 ans de Ligue 2. Je connais la difficulté pour remonter en Ligue 1 surtout après autant de temps. Pour moi, Math, c’est un autodidacte. Je me range aussi dans cette catégorie. Souvent, quand on débute, on nous reproche notre manque d’expérience mais la réponse, elle ne provient que du terrain."

Vos équipes respectives vont donc démarrer cette année 2024 par cette confrontation régionale.

La Coupe de France et la Rivalité Régionale

MB : "Déjà, il y a un enjeu et c'est tant mieux. Je suis content de recevoir Malherbe. Ça promet une belle ambiance avec du monde au stade. Après, le HAC a une histoire récente contrariée avec la Coupe de France. On s’est souvent fait éliminer dès le 1er tour. La saison dernière, c'était à Alençon (N3). Avant d’y aller, on avait pris cinq buts en championnat, et les Alençonnais nous en ont collé trois (3-3, 5-3 tab) ! On est un peu passé pour des clowns. Là, on est obligé d’être à 100%. C’est un « derby », le premier match de l’année avec des garçons qui vont avoir leur chance comme certains sont partis à la CAN (André Ayew, Abdoulaye Touré et Mohamed Bayo)."

NS : "Pour notre part, on va pouvoir se jauger face à un adversaire de Ligue 1, supérieur à nous sur le papier. La différence avec la Ligue 2, elle est colossale. Comme c’est le premier match de l’année, on devrait aligner nos équipes type. Les joueurs vont pouvoir se mesurer sur un match couperet. Il va nous falloir ce supplément d’âme, ces capacités de dépassement de soi... Pour l’avoir vécu avec la Gambardella (finaliste en 2022), c’est important de faire des parcours avec de l’enjeu. Ça donne une dynamique. Le mois de janvier va être très important pour nous dans ce sens."

Une Relation Marquée par l'Estime Mutuelle

"Avec Mathieu, on a été élevés dans le même club", lance Nicolas Seube, référence au Stade Malherbe.

"Même si je ne l'ai pas eu comme coach, je connais très bien Pascal (Théault, l'un des principaux formateurs de Mathieu Bodmer à Caen), j'échange régulièrement avec lui. Je sais par quoi Mathieu est marqué".

Mathieu Bodmer et Nicolas Seube ont aussi une bonne connaissance en commun en la personne de Matthieu Ballon, éducateur historique du Stade Malherbe.

"Matthieu, c'était mon voisin quand j'étais petit, à Evreux. On a grandi ensemble", confie le dirigeant havrais.

Et qui sait, peut-être qu'un jour, ils collaboreront, chacun dans sa fonction respective, dans un club qui ne devrait être ni le HAC, ni le SMC.

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