L'histoire de l'équipe de football du Liban est celle d'un club de légende qui a réussi à fédérer les Libanais par-delà les confessions, même durant la guerre civile. C’est l’histoire d’un club de légende qui a réussi à fédérer les Libanais par-delà les confessions, même durant la guerre civile.
Un cahier à spirales sur les pages jaunies duquel alternent des poèmes calligraphiés en arabe, des résultats de football et des photos de joueurs témoigne de cette histoire. Youssef Yaacoub raconte :
« J’avais 9 ans quand je l’ai découvert dans la bibliothèque de mon père. Je suis né en 1980, en pleine guerre civile libanaise, et j’ai grandi dans Beyrouth en ruine. Je découvrais qu’avant la guerre il y avait eu la paix, la prospérité, des stades pleins. Ce fut comme une fenêtre ouverte sur le pays dans lequel mes parents avaient vécu. »
Le cahier à spirales est aujourd’hui exposé dans une vitrine de l’Institut du monde arabe, dans le cadre de l’exposition Foot et monde arabe : la révolution du ballon rond. « Nous avons été bluffés par ce film », explique Romain Maricaoudin, cocommissaire de l’exposition, qui consacre l’un de ses onze « temps forts » (le football féminin en Jordanie, les ultras et les printemps arabes, la Coupe du monde au Qatar…) au Nejmeh SC, « un club qui traverse toute l’histoire du Liban, avec ce que cela suppose de passions et de conflits ».
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Un Symbole d'Unité Nationale
En 1943, la déclaration d’indépendance du Liban portait l’idéal d’une cohabitation entre les différentes communautés religieuses du pays. Les tensions consécutives à la création d’Israël et à l’afflux de 120 000 réfugiés palestiniens dès 1948, mettront à mal ce pacte fragile. La guerre va déchirer le pays pendant dix-sept ans à partir de 1975. Chrétiens, sunnites, chiites… Au Liban, chacun a son parti politique et son équipe de football.
Créé en 1945, Nejmeh portait les mêmes valeurs que les fondateurs du pays, dont il est devenu le club le plus populaire. Il plaçait le foot et l’envie de jouer ensemble avant le confessionnalisme, sous l’impulsion de son président emblématique, Omar Ghandour.
« Même ceux qui s’entre-tuaient à l’extérieur devenaient des supporters de Nejmeh une fois rassemblés autour du terrain », dit-il dans le film, en se rappelant qu’il fut porté en triomphe, en 1974, après une victoire contre le club arménien - alors intégré au championnat d’URSS - d’Ararat Erevan. « Le champion du plus petit pays a battu le champion du plus grand pays », titraient les journaux.
Après le départ d’Omar Ghandour en 2003, le club est tombé dans les mains du Courant du futur, le mouvement sunnite du Premier ministre Rafiq Hariri, assassiné deux ans plus tard. Pourtant, une relative diversité s’observe toujours chez les joueurs et supporters de Nejmeh.
« Disons que la situation dans les tribunes est moins mauvaise que dans le pays lui-même », observe Youssef Yaacoub, dont le père ne va plus au stade.
Le tableau suivant résume les moments clés de l'histoire du Nejmeh SC :
| Année | Événement |
|---|---|
| 1945 | Création du Nejmeh SC |
| 1974 | Victoire contre le club arménien d'Ararat Erevan |
| 2003 | Départ d'Omar Ghandour |
| 2015 | Sortie du documentaire "Le Peuple de Nejmeh" |
L'histoire de l'équipe du Liban de football et du Nejmeh SC est intimement liée à l'histoire du Liban lui-même, avec ses passions, ses conflits et son aspiration à l'unité.
