Ligue des Champions 1982: Histoire et Détails Marquants

La saison 1983 de la Ligue des Champions a été marquée par le triomphe du Hambourg SV, ajoutant une page à l'histoire du football européen. Mais avant de nous plonger dans les détails de cette victoire, il est pertinent de revenir sur l'histoire de cette compétition prestigieuse.

Depuis sa création, la Coupe d'Europe des clubs champions, devenue la Ligue des Champions de l'UEFA en 1992, a couronné les plus grandes équipes du continent. Des clubs emblématiques tels que le Real Madrid, l'AC Milan, le Bayern Munich et Liverpool ont dominé différentes époques, gravant leurs noms dans le panthéon du football.

Dans les années 80, la Ligue des champions a atteint 6 pays. Nottingham Forest a remporté l'édition 1980: ils ont plus de Coupes d'Europe que de titres de Premier League anglaise. Le Liverpool FC a remporté ses 3e (1981) et 4e (1984) UCL. Aston Villa a été la surprise de 1982. Le HSV Hambourg a finalement remporté la Ligue des champions en 1983. La Juventus a remporté sa première Coupe d'Europe en 1985. Le seul club de football roumain à remporter le trophée était le Steaua Bucarest (1986). Le FC Porto a remporté les premiers Champions en 1987. Le PSV a été le troisième club néerlandais à soulever ce trophée en 1988.

Voici un aperçu des clubs ayant marqué cette décennie :

Année Club Vainqueur
1980 Nottingham Forest
1981 Liverpool FC
1982 Aston Villa
1983 HSV Hambourg
1984 Liverpool FC
1985 Juventus
1986 Steaua Bucarest
1987 FC Porto
1988 PSV

Le Parcours Mémorable du Stade Lavallois en Coupe UEFA 1983

Actuellement en Nationale 1, le Stade Lavallois a connu ses heures de gloire dans les années 70 et 80, avec 13 saisons consécutives passées en élite sous la houlette du mythique entraîneur Michel Le Milinaire.

Point d’orgue de cette époque dorée : deux 5e places obtenues à l’issue des saisons 1981/82 et 1982/83.

« Si la première ne nous avait pas permis de nous qualifier pour l’Europe, la seconde si », se remémore le défenseur de l’époque Jean-Marc Miton, qui depuis dirige une cave réputée dans le chef-lieu de Mayenne.

Avant de préciser. « On est versés en Coupe UEFA et on hérite du Dynamo Kiev au premier tour ».

Qualifiés pour la première campagne européenne de leur histoire, les Lavallois vont jeter leurs forces dans la bataille, pour aller le plus loin possible.

Le tirage au sort ne leur est pas favorable, puisqu’il les oppose au Dynamo Kiev dès les 32es de finale, pour leur entrée en lice.

Un très gros morceau. Une bonne partie des joueurs de cette équipe sont internationaux soviétiques, dont Blokhine, Baltatcha, Kuznetsov et le jeune Zavarov.

« Leur entraîneur nous avait supervisés lors d’une lourde défaite à Nîmes peu avant. On s’était fait balader, notamment dans le domaine aérien. Ils pensaient pouvoir nous avoir à ce jeu ».

Surprise, Michel Le Milinaire et ses hommes ne concèdent pas de but en URSS (0-0), et jouent leur qualification au Stade Francis-Le Basser, le 28 septembre 1983.

Au match aller, disputé à Kiev, les locaux multiplient les centres mais le grand gardien Jean-Michel Godart est impérial ce soir-là.

Le 0-0 obtenu par Miton et les siens est bonifié au retour, avec une victoire 1-0 et une qualification acquise devant un public chaud bouillant.

Devant près de 16 500 spectateurs, José Souto marque de la tête avec opportunisme (33’).

« Jamais je n’ai vu le stade Francis-Le-Basser aussi plein et enthousiaste. L’engouement populaire était dingue, le sélectionneur de l’époque Michel Hidalgo était venu nous voir et nous avait félicités ».

Les pessimistes, qui avaient prédit une humiliation du petit poucet mayennais sur la scène continentale, sont renvoyés dans les cordes.

La belle aventure va malheureusement prendre fin au tour suivant, avec une élimination frustrante face à l’Austria Vienne.

Le Dynamo Kiev écarté de sa route, Laval a tiré au sort un autre gros morceau, l’Austria Vienne, qui a atomisé les Luxembourgeois du FC Aris Bonnevoie au tour précédent (5-0, 10-0).

« En Autriche, on perd 2-0 avec un penalty oublié sur Loïc Pérard. Au retour, Francis-Le-Basser est encore plein et on mène 3-0 à la pause (dont un but de Miton, NDLR). Jamais plus le Stade Lavallois ne disputera une compétition européenne, ce qui rend ce moment d’autant plus rare et précieux dans l’esprit des supporters du club tango.

À Vienne, les Violets de Prohaska (19’ sp) et Magyar (44’) ont douché une partie des espoirs lavallois (2-0).

Au retour, Le Basser est tout de même plein à craquer.

Le round d’observation passé, les hommes de Michel Le Milinaire prennent le match à leur compte.

Eric Stéfanini, âgé de 20 ans, virevolte entre les lignes. Et c’est de lui que vient la lumière, dès la 21e minute.

Son débordement côté gauche débouche sur un centre pour Oumar Sène, dont le coup de tête termine au fond.

« Souto fit admirer sa conduite de balle et ses accélérations furent meurtrières, racontait le lendemain Michel Jouneaux dans Ouest-France. Le spectacle augmenta en intensité. Et ce fut du délire quand Miton, à la 40e, reprit un centre de Goudet et inscrivit le second but (un plat du pied de volée à bout portant). La sarabande allait continuer. »

Formé à Laval, Eric Stefanini va faire à nouveau lever tout un stade, en inscrivant un troisième but sublime.

Instinctivement, il reprend de volée le dégagement d’un défenseur adverse à plus de 25 mètres, et lobbe Koncilia.

Et pourtant, le récit de Michel Jouneaux dit aussi cela. « Le fol espoir n’a duré qu’un quart d’heure. Celui du repos. En effet, en moins de temps qu’il ne faut pour le conter, les Lavallois descendirent de leur beau nuage. La chute fut terrible. Le blond Baumeister - dont on avait déjà apprécié l’extraordinaire vitalité à Vienne - les ramena sur Terre. Combler un handicap de trois buts chez l’adversaire, c’est témoigner autant de maîtrise de soi que de qualités morales. Hier soir, les Autrichiens possédaient toutes ces qualités. Les Lavallois vécurent au début de la seconde mi-temps un véritable cauchemar. Eux qui avaient été si brillants durant les quarante-cinq premières minutes initiales, à 3-1, ils doutèrent. À 3-2, ils craquèrent moralement. »

Après le doublé assommant de Baumeister, les Tango boivent le calice jusqu’à la lie, avec le but contre son camp de Loïc Pérard (3-3, 66'). Malheureusement, ils ne décrochent même pas cette victoire de prestige.

« Les Mayennais, néanmoins, sortiront grandis de ce rendez-vous européen, ne serait-ce que par leur brillante première mi-temps, pouvait-on lire, toujours dans Ouest-France. Et si en définitive les Autrichiens se sont qualifiés, c’est aussi parce qu’ils eurent la chance de marquer très rapidement ce premier but à l’extérieur dont on connaît l’importance. Une importance mathématique, mais également une importance morale.

« Je suis partagé entre deux sentiments, déclarait Michel Le Milinaire après la rencontre. Ma déception parce que, au repos, nous pensions avoir la qualification en poche, et l’acceptation du résultat. Il faut une nuit pour que je décante tout cela. Une certitude, je n’ai pas trop de regrets car nous avons tout tenté pour nous qualifier. Notre rythme était peut-être un peu trop élevé durant la première période. »

Mais pour susciter ce fol espoir et que cette soirée marque une génération, les Lavallois devaient marquer trois fois.

Buts : Laval : Sène (21’), Miton (38’), Stéfanini (42’).

« On me parle encore très régulièrement de ces matchs contre Kiev et Vienne, c’est incontestablement le plus beau souvenir de ma carrière, reconnaît Jean-Marc Miton. C’était une belle histoire, une histoire de copains ».

En championnat, le Stade lavallois est légèrement moins incisif que l’année précédente, et se classe 11e, avec six points d’avance sur le barragiste.

Devant, Bordeaux est sacré champion à la différence de buts devant Monaco. Nîmes et le Stade Rennais sont relégués, au même titre que… l’AS Saint-Etienne, qui termine 18e et perd son barrage contre le RC Paris (0-0, 0-2).

Hommage à Paolo Rossi

Mort du héros italien du Mondial de foot 82, Paolo Rossi

C’est une fin d’année noire pour le sport international. Après Christophe Dominici ou encore Diego Maradona c’est désormais l’Italien Paolo Rossi qui est décédé ce mercredi soir à l’âge de 62 ans. Il avait été le héros de la Coupe du monde 1982 remporté par son pays en Espagne. Un mondial qu’il n’aurait tout d’abord pas dû jouer, après une suspension de trois ans pour match truqués, mais qu’il a terminé avec 6 buts au compteur après réduction de sa peine.

Le footballeur italien Paolo Rossi, héros de la Coupe du Monde 1982 remportée par l’Italie, est mort à 64 ans, ont annoncé sa veuve et les médias italiens.

La carrière de Paolo Rossi en 5 dates:

  • 1980, le scandale du Totonero : cette affaire de corruption éclate et éclabousse le football italien. Plusieurs matches sont truqués, les joueurs étant accusés de s’être mis d’accord pour les résultats avant de parier. Paolo Rossi participe à l’une de ces rencontres, Avellino-Pérouse.
  • 1982, la rédemption au Mondial : de retour sur les terrains après sa suspension, Paolo Rossi fait partie du groupe italien pour la Coupe du monde en Espagne.
  • 1982, le Ballon d’Or : après un Mondial parfait, Paolo Rossi est, logiquement, élu Ballon d’Or la même année, devançant le Français Alain Giresse et le Polonais Zbigniew Boniek.
  • 1985, le succès en Coupe d’Europe : avec la Juventus Turin, Paolo Rossi remporte la Coupe d’Europe des clubs champions après une finale tristement historique contre Liverpool.
  • 1986, la dernière sélection : à 30 ans, il dispute le dernier match de sa carrière internationale lors d’un match amical contre la Chine à Naples.

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