Saviez-vous que le water-polo fut le premier sport collectif (en même temps que le rugby à XV) à intégrer le programme officiel des Jeux Olympiques ? À l’époque, bien sûr, seuls les hommes ont accès aux bassins. Mais on évoque aussi l’existence d’une variante antique, pratiquée à Rome il y a des millénaires… Quoi qu’il en soit, au XVIe siècle en Angleterre, on le pratique avec une vésicule de porc en guise de balle.
Le water-polo a été codifié en 1870 par le London Swimming Club. Les matchs, 100 % masculins, étaient organisés dans des lacs et dans des rivières. Le goal se tenait hors de l’eau et un bateau ou un bout de ponton faisait office de cages. En ce temps-là, tous les coups étaient permis ! Heureusement, les règles se sont petit à petit peaufinées, jusqu’en 1884, quand l’Association de natation de la Grande-Bretagne a reconnu le water-polo comme étant de sa juridiction.
Le temps a passé, la discipline s’est exportée et est devenue sport olympique. Nation mère de ce sport aquatique, c’est l’Angleterre qui a remporté les tournois olympiques en 1900, 1908, 1912 et 1920.

Water-polo aux Jeux olympiques de 1900
L'Émergence du Water-Polo Féminin
Ça n’est pas beaucoup plus tard et pas beaucoup plus loin qu’est apparu le water-polo féminin. La pratique féminine de ce sport collectif aquatique serait née aux Pays-Bas, dans les années 1900. Petite ombre au tableau : les athlètes féminines ont, pendant plusieurs années, étaient reléguées au second plan.
C’est seulement deux ans avant cette révolution, au cours de la dernière année du XXe siècle, que le water-polo féminin devient sport olympique. Elle a été rejointe, ensuite, sur le banc des légendes du water-polo par d’autres athlètes d’exception, comme l’Américaine Maggie Steffens.
Toutes ces championnes qui se surpassent, qui vont au bout d’elles-mêmes nous inspirent et nous donnent à penser que tout est possible pour qui y croit. En 2025, elles ont encore été nombreuses à nous bluffer. Elles ont fait les belles heures du sport en 2025 et les nôtres aussi. On les aime toujours autant ces championnes, on les chouchoute, on leur donne la parole en format XXL. Elles nous surprennent encore, et ça fait 5 ans que ça dure !
Louise Guillet : Une Figure Emblématique
Louise Guillet, capitaine de l'équipe de France de water-polo
Louise Guillet : C’est venu comme ça, par hasard. Un jour, un entraîneur que je connaissais m’a dit de venir à la piscine. Je me suis dit : « oui, pourquoi pas ? ». Et on m’y a emmené. Ça s'est fait comme ça, au fur et à mesure. Il venait me chercher tous les soirs et il m'a fait découvrir ce sport en me mettant un ballon dans la main. Et après, j’y ai pris goût. Au début, je voulais aussi continuer mon basket et mon tennis à côté. Mais ce n’était pas possible de tout faire.
Louise Guillet : Je suis née à Limoges mais mes parents se sont séparés et donc, à trois ans, je suis partie à Bordeaux et j’y ai fait toutes mes formations jusqu'à l'âge de 18 ans. Déjà à 16 ans, j'avais eu mes premiers contacts pour partir jouer à l’étranger, mais mes parents m'avaient dit non. J'étais trop jeune, c’était hors de question pour eux. Finalement, je suis partie à 19 ans et j’ai joué en Espagne, en Grèce et en Italie.
Louise Guillet : La première fois que ma mère a vu un un match, elle s'est dit : « mais c'est quoi ce sport ? ». Quand les gens viennent pour la première fois, ils se rendent compte que c'est vraiment physique. Ce n'est pas violent, mais c'est physique. Dans le bassin, on n’a pas pied, on fait des allers-retours, et la particularité, c'est qu'on joue à la fois de manière horizontale, pour nager, et verticale, pour jouer et faire des passes.
Louise Guillet : Pourquoi on voit peu de water-polo féminin ? C’est parce que les garçons sont professionnels et les filles ne le sont pas. Donc ça attire déjà moins les médias. Mais depuis 2016, quand les garçons se sont qualifiés aux JO, on a eu un peu plus de visibilité. C'était extraordinaire. Même si on n'a pas gagné le match, parce qu'on jouait contre les triples championnes olympique américaines, on a fait un super match (Match perdu 6 - 12 NDLR). C'est en faisant des matchs comme ceux-là, en France, sur notre sol, qu'on va réussir à attirer l'attention du public et des médias.
Louise Guillet : Carrément ! Je sais qu’aux JO, il y a déjà tout qui est plein. Le stade de 5 000 places est déjà complet. C'est déjà énorme pour voir du water-polo.
Louise Guillet : Ce n'est pas la même chose, pas la même culture. Quand vous allez à l’étranger, chez les filles, il y a déjà 100 gamines qui sont là. En France, dans nos clubs en U11 (catégorie des moins de 11 ans NDLR), on a trois filles. Notre pyramide, à la base, elle n'est pas pareil que dans les autres pays. Ça nous pénalise et plus on monte, moins on a de filles. C'est compliqué. Après, il y a aussi la question du statut professionnel qui n’existe pas en France chez les femmes. C'est un handicap pour tout le monde, parce qu'on peut certes s'entraîner deux fois par jour, mais ce ne sont pas les mêmes conditions que pour une athlète professionnelle.
Louise Guillet : Oui, je pense que tous les sports mineurs ont envie de se montrer lors de ces JO, parce que c'est une vitrine. N'importe quel sport mineur qui fera une médaille, sera tranquille après, du moins je l’espère, pour les années futures. Que ce soit au niveau des licenciés, des aides pour les fédérations, pour les clubs et pour les joueuses. Donc, c'est super important. Plus on fera de résultats, plus on attirera du monde.
Louise Guillet : Oui, c’était pour mes premiers championnats du monde en sénior. J'étais jeune, je me rappelle, j'étais toute petite. C'était impressionnant. Je jouais, avec des filles qui étaient beaucoup plus âgés que moi, qui avaient plus de vécu. Moi, ça faisait quatre ou cinq ans, que je faisais du water-polo et je débarquais déjà en équipe de France sénior. C'était un rêve ! Je ne pensais jamais réussir à aller en équipe nationale. Je me rappelle, en 2003, il y avait ma mère dans les gradins. Ma sœur et moi, on ne comprenait pas ce qui nous arrivait, parce que c'était tout neuf, tout frais.
Louise Guillet : À l’heure actuelle, notre équipe est jeune. Donc, j'essaie de transmettre ma passion, mon sens du travail. J’essaie de leur transmettre que c'est à force de travail qu'on arrive à obtenir un résultat, à force de beaucoup de discipline, beaucoup de rigueur. Il ne faut pas compter les heures.
Louise Guillet : Oui c'est un objectif qu'on se fixe. On ne se le dit pas tous les jours, parce que ça nous met beaucoup de pression quand même. On est plus dans l'objectif d’avancer match par match. Mais oui, faire une médaille, on a toutes envie de ça. On a fait un super match contre les États-Unis le 6 mai et je pense que personne ne nous attendait à ce niveau. Avec cette équipe, il nous manque juste une référence mondiale, un déclic, et je pense qu'on est en train de l’avoir.
Louise Guillet : Je regarde les JO depuis toute petite à la télé. Même pendant les jeux à Pékin, je les regardais la nuit et je dormais la journée. Disputer les jeux, c’est un rêve que j’ai depuis toute petite.
Louise Guillet : Bien sûr. De toute façon, si on veut faire une médaille ou un quart-de-finale, il faut gagner des matchs et qu'on soit dans une poule ou dans l'autre ce serait la même chose. Toutes les équipes vont être à fond. Malheureusement, il n’y aura pas de petites équipes. On est aux Jeux olympiques. Il y a dix équipes qui sont extraordinaires. Mais on progresse énormément et je pense que les équipes commencent à avoir peur de nous. On va être devant notre public et surtout on aura que de la pression positive. On va faire ces JO sans pression, parce que personne ne nous attend en quart de finale, qui est notre objectif.
Louise Guillet : Quand je suis partie de France à 19 ans, je suis arrivée en Espagne. Lors du premier entraînement, on m'a dit : « t'es qui toi ? ». J'étais la Française qui débarquait de nulle part et qui voulait prendre la place d'une espagnole. Et à l'époque la France ce n'était rien, on ne connaissait même pas les joueuses. Il a fallu que je me fasse ma place dès les premiers entraînements et à force de travail et de volonté, j'ai réussi à prendre ma place et à me faire un nom. J'ai fini meilleure joueuse et meilleure buteuse de mes premières finales et aussi du championnat suivant l'année d’après. C'était des émotions énormes. Après, je suis partie. Pourquoi ? Pour me challenger encore. Parce que j'avais besoin de découvrir un autre niveau, un autre pays. Je n’avais qu’un but en tant que joueuse : aller jouer en Italie parce que c'était le meilleur championnat du monde, à l’époque. J’ai réalisé ce rêve et j’ai joué deux ans là-bas. C'était une tout autre culture. Tous les joueurs sont professionnels et tout le monde parle water-polo. On vous reconnaît même dans la rue.
Louise Guillet : J'avais déjà 28 ans et je commençais à avoir un peu le mal du pays, l’envie de retrouver ma famille, parce que quand on est professionnelle, à ce rythme là, on n'a pas de vacances. Donc je suis revenue à Lille, où je suis devenue la première joueuse pro en France. Malheureusement, ça n'a pas suivi pour tout le monde. Ça a duré deux ans et après, il n'y a aucune française qui est aussi devenue professionnelle. Après mes deux ans à Lille, je suis retournée à Bordeaux, parce que mon club d'origine m’a proposé de venir entraîner, et c'est ce que j'ai fait. Depuis 2022, je suis maintenant à Mulhouse. Le club a essayé d’aider les joueuses. On n'est pas devenues professionnelles, mais c’est comme si on l’était professionnel, et c’est l'avantage de Mulhouse.
Louise Guillet : Oui c'est ma dernière aventure. Quand le club m'a appelée, il y a deux ans, le président Ludovic Bavière, m'a présenté son projet et j’y ai cru direct. J'ai aussi voulu aider à structurer le club, à le faire évoluer. C'est le seul club qui était prêt à payer des Françaises et les aider pour les JO. Cette aventure à Mulhouse m’aura aussi permis de découvrir l'Alsace et toute la région. Mais je suis bien dans mon sud, près de ma plage, pour pouvoir aller surfer quand j’en ai envie.
Louise Guillet : Oui, parce qu'on n'est pas professionnelles. Donc, il faut bien se nourrir et travailler. Aujourd’hui, c’est mon père qui tient l’entreprise familiale qui se situe à Limoges.
Louise Guillet : Oui, c'est une aventure folle, ça, c'est sûr. Parce que je suis une femme qui va prendre la tête d'une entreprise de BTP de vingt salariés, un monde qui est quand même très masculin. On va me mettre au challenge. Mais ce sera comme dans ma vie d’athlète de haut niveau. Ça a toujours été des challenges, des décisions fortes, que j'ai prises. Je ne me voyais pas faire, un métier dans lequel je suis enfermée dans un bureau, je me voyais pas faire ça. Reprendre l'entreprise c'est un sacré challenge et c'est ça qui m'anime aussi.
Mia Rycraw : Un Talent Franco-Américain
Arrivée en France en 2018, la gardienne franco-américaine Mia Rycraw sera l’un des atouts des Bleues qui démarrent ce dimanche matin (11h30) les Championnats du monde à Doha (Qatar).

Au vu de sa taille (1,85 cm) et avec une mère ancienne joueuse en WNBA, aux Sparks de Los Angeles, Mia Rycraw avait toutes les prédispositions pour faire carrière sur les parquets avec un ballon orange. Mais elle fait aujourd’hui le bonheur de… l’équipe de France de water-polo, qui dispute son premier match au Championnat du monde à Doha (Qatar) contre la Grèce ce dimanche 4 février.
« L’objectif est de battre une grosse équipe et terminer la compétition le plus haut possible, confie la gardienne franco-américaine de 28 ans. Nous avons du talent, un bon coach, et de bonnes conditions d’entraînement. Pour moi, c’est juste une question de mental. On a la peur de gagner, car ce n’était pas dans nos habitudes par le passé. On se rapproche des meilleures mais on manque encore d’expérience.
Célia Barrot : De l'Eau Libre au Water-Polo
Première française médaillée mondiale en eau libre (troisième en 2010 à Roberval, Canada), Célia Barrot est aujourd’hui kiné libérale et joueuse de water-polo à l’ASPTT Limoges, en Pro A !
Célia, on t’a perdue de vue après les championnats de France 2015 du 25 km. D’abord, j’ai arrêté l’eau libre. Ma décision était prise depuis un petit moment. J’étais arrivée au bout de mon histoire d’athlète de haut niveau. Ça faisait plusieurs années que j’avais des emplois du temps très chargés, entre mes études de kiné que je n’ai pas pu étaler et que j’ai donc faites en trois ans et les entraînements deux fois par jour ! Et quand j’ai eu mon diplôme, j’ai encore organisé mon boulot en fonction du sport, en prenant un temps partiel dans un centre de rééducation… Non, j’avais besoin de faire autre chose, de voir autre chose. Du coup en novembre 2015, je suis partie à La Réunion pendant cinq mois pour découvrir véritablement mon métier et ma nouvelle vie.
Oui, c’est vrai. Je côtoyais déjà un peu les poloïstes de Limoges puisqu’on appartient au même club, mais ils m’ont proposé durant l’été de venir essayer. Ma vie d’athlète de haut niveau était déjà derrière moi, mais j’avais toujours envie de nager (et encore aujourd’hui d’ailleurs) alors je me suis dit que ça serait sympa. Je partais quand même de loin. Je ne savais pas faire de rétro, par exemple ! Et je n’avais (et je n’ai toujours pas d’ailleurs) de vision du jeu. Plus généralement, l’aspect tactique m’échappait et m’échappe encore en partie. En revanche, la transition s’est avérée plus facile pour quelqu’un qui venait de l’eau libre comme moi que pour des nageuses de bassin. J’étais à l’aise en crawl-polo ou pour passer du ventre sur le dos et inversement : ce sont des choses qu’on a l’habitude de faire en eau libre.
C’est vrai et c’est même ma nouvelle passion. D’ailleurs, j’ai demandé qu’on m’offre un ballon à Noël pour que je puisse m’entraîner au maniement contre le mur (rires)... Pour la Pro A, c’est plutôt un heureux concours de circonstances. Quand je suis rentrée de La Réunion où j’avais continué mon apprentissage « loisirs » dans les clubs de Saint-Louis et Saint-Denis, les filles de Limoges disputaient la finale pour les places 4 à 8 de N1. Elles m’ont proposé de fait partie du groupe, mais j’ai eu très très peu de temps de jeu. A la suite de ce tournoi, l’entraîneur nous a demandé si on voulait s’investir un peu plus pour la saison suivante et passer à trois entraînements par semaine avec l’objectif de se qualifier pour la « vraie » finale cette fois. On était toutes d’accord. Résultat : on a perdu un seul match, le premier, et on a fini championnes de France de N1 ! Il nous a posé la même question après le titre pour savoir si on était prêtes cette fois à jouer en Pro A avec un investissement au moins aussi important évidemment. Il y a une énorme différence entre les clubs « pros », comme Lille, et nous. Au niveau du jeu pratiqué, mais aussi au niveau physique, athlétique… C’est comme lorsque je me comparais, avec mes deux entraînements par jour, avec une nageuses qui s’entraînait trois fois semaine. Mais même si on a pris 26 à 2, j’ai trouvé ça super agréable de jouer contre les Lilloises.
Oh non certainement pas ! D’abord parce que je n’aurai jamais le niveau, mais surtout parce que le water-polo reste pour moi un amusement. Même en Pro A. J’ai donné tout ce que j’avais donné au sport de haut niveau avec l’eau libre.
Outre ton aventure poloïstique, tu as accompagné, cet été, l’équipe de France à la Comen en tant que kiné. Je veux dire tout d’abord que ça a été génial de les accompagner. Le plaisir de revenir dans le milieu… même si c’est de l’autre côté cette fois, mais aussi parce que J’ai découvert des pépites, des gamins motivés, sérieux, qui savent ce qu’ils ont à faire, où ils veulent aller... En plus, les coaches m’ont proposé de m’entraîner une fois avec eux. J’ai adoré et ça nous a permis de discuter un peu après sur l’eau libre. Et le dernier jour, j’ai fait le ravitaillement sur le 10 bornes.

Champions de France
À domicile, le champion en titre, Lille, a battu Mulhouse en finale. Hé oui, les poloïstes du LUC Métropole Water-Polo sont championnes de France pour la 9e fois !
| Équipe | Titre | Année |
|---|---|---|
| LUC Métropole Water-Polo | Championne de France | 9 fois |