L'Évolution du Football en France: Des Débuts à l'Ère Moderne

Au milieu du XIXe siècle, les sports d’équipe se développent dans les collèges et universités anglais. L’unification des règles de jeu s’opère en 1863, avec la création de la Football Association (FA) selon les règles en vigueur à Cambridge. La popularisation du jeu, son adoption par les employés et ouvriers, favorise de nouvelles pratiques économiques sous forme de « manque à gagner » et de primes de transfert. Coexistent dès lors deux footballs, le football-rugby et le football-association.

Selon Alfred Wahl, « Alors que le rugby domine, y compris dans le Nord, le football fait une apparition, en 1888, à l’école Monge de Paris qui avait préalablement envoyé des élèves à Eton pour s’informer. L’USFSA ne se décide qu’en 1894 à s’occuper de la pratique du ballon rond. L’Union a longtemps favorisé le rugby, ses réticences vis-à-vis du football tenant à la crainte d’une contamination des sportifs français par le professionnalisme britannique. A partir de 1898, le football-association n’apparaît plus comme un jeu réservé à quelques initiés. L’USFSA organise des compétitions et classe les clubs en trois séries, elle institue aussi une compétition interscolaire.

Le ballon rond se répand aussi sérieusement en province. Dans le Nord en particulier, avec le S.C. Tourcoing ou le R.C. Roubaix. Le rugby, déjà installé dans le Midi, y laisse pénétrer lentement l’association. A Bordeaux, les deux footballs se côtoient. A Toulouse, le Stade Olympique des Etudiants de Toulouse bat l’équipe que viennent de monter les Sports Athlétiques Toulousains. Toutes ces sociétés pratiquaient jusqu’alors le seul rugby. On peut lire dans le bulletin de l’USFSA : « En province, c’est une véritable fièvre, les équipes naissent comme les champignons dans les bois au lendemain d’un orage. En 1899, l’Union décrète que le championnat, pour être national, doit être ouvert à la province.

1904 est une année qui sera cruciale car elle est le point de départ d’un nouveau « bond en avant » du ballon rond. Le championnat national de l’USFSA réunit treize représentants de régions. Parmi les nouveaux apparaissent notamment l’Olympique de Marseille et le FC Lyon, clubs de rugby partiellement convertis à l’association. Le Racing de Roubaix enlève le titre de champion de France pour la troisième fois consécutive. De nombreux clubs s’affirment dans les autres comités régionaux. Dans le Sud-Est tout particulièrement, le SC Nîmes, l’Olympique de Cette, l’AS Cannes et le Football Vélo Club de Nice.

C’est donc entre 1898 et 1904 que le football s’implante en Languedoc et plus particulièrement dans l’Hérault. Les deux villes qui ont été pionnières en Languedoc sont Nîmes et Sète (alors orthographiée Cette). Dans les deux cas, si l’on néglige quelques fugitives apparitions de ballon vers 1896 ou 1898, dont on ne sait d’ailleurs vraiment pour quel jeu pratiqué, c’est en 1900-1901 que se manifestent les premiers embryons de clubs de football. Dans les deux cas aussi, il s’agit d’initiatives de collégiens retour d’un séjour en Angleterre. A Sète, Jean Dugrip et Jean-Louis Julien créent l’Olympique de Cette et organisent quelques matches contre les seuls adversaires possibles, ceux du SC Nîmes apparu à la même époque à l’initiative d’Henri Monnier 3.

Mais rapidement l’île singulière voit apparaître des équipes rivales, ancrées dans un quartier ou une école de la ville, comme le Junior Club, ou encore l’Union Sportive, lancée par Emmanuel Gambardella, âgé de 15 ans, futur journaliste sportif et grand dirigeant de la Fédération. Pendant quelques années, les rencontres régionales de football se limiteront à ces tête-à-tête entre Sétois et Nîmois, jusqu’à ce que les étudiants montpelliérains se décident à taper dans un ballon rond. Lorsque le football fait sa première apparition à Montpellier, en 1905, donc très tardivement par rapport aux grandes cités méridionales, c’est parce que la ville est choisie par l’USFSA, sur des motifs purement géographiques, pour abriter un quart de finale de championnat de France entre le SOET toulousain, champion du Sud, et l’Olympique Etoile Bleue de Marseille, champion du Littoral.

Le match a lieu au Champ de Manœuvres de l’avenue de Toulouse, dans la plus grande indifférence (les rugbymen de l’USEM et de l’Etoile Sportive, chargés de préparer le terrain, se sont récusés). Selon le chroniqueur sportif local, il est vrai que « le football tend à remplacer le rugby dans beaucoup de régions. La raison en est que le jeu paraît moins brutal, ce qui est une erreur à mon avis. Les villes voisines comme Cette et Nîmes, possèdent des équipes d’association de toute première catégorie » 4. Mais rendant compte du match, il justifie l’assistance très clairsemée en faisant remarquer que « ce jeu tout d’adresse et de combinaisons, n’offre pourtant pas les émotions du rugby » 5.

Des rugbymen de l’USEM, sous l’impulsion d’un lecteur d’Anglais au lycée, Lowemberg, s’essaient cependant au nouveau sport, en fin de saison. Ils ont le mérite de persévérer l’automne suivant, car sans aucun succès, ni sportif (ils vont se faire battre sévèrement par les Nîmois), ni populaire. Début 1906, on peut encore lire dans la presse locale : « Je ne crois pas que l’Association soit bien aimée à Montpellier, car dès que les spectateurs aperçoivent le ballon rond, ils s’empressent de fuir » 6.

La verve du chroniqueur sportif de La Vie Montpelliéraine et Régionale (probablement Henri Diffre, futur footballeur de bon niveau qui garda les buts de l’Olympique de Cette quelques années plus tard) permet de revivre les dures conditions d’apprentissage des jeunes footballeurs, et ce qui fut écrit pour les Montpelliérains vaut à coup sûr pour bien d’autres équipes à leurs débuts : « Ce fut un véritable cafouillage d’un bout à l’autre du jeu ; d’ailleurs les joueurs avaient à leur disposition un ballon qui, pour un ballon d’association, était passablement ovale… Les joueurs donnaient des coups de pied à tort et à travers et aucune charge ne fut seulement esquissée… Le peu de monde qui était resté a dû se retirer bien désappointé ; pour ma part, je ne souhaite pas revoir une partie pareille… ». 7

La solution est donc dans l’entraînement. Après une nouvelle défaite de l’équipe de l’USEM à Cette contre l’Olympique par 2 à 0, une séance d’entraînement est prévue au Champ de Manœuvres : « Le capitaine Lowemberg a composé ses équipes de manière à faire jouer les lignes avant de la 1 contre les lignes arrières de la seconde, et réciproquement. Lowemberg a l’intention d’apprendre à ses hommes de nouvelles combinaisons et de leur montrer dans une partie moins dure qu’un match, comment on peut organiser la défense et pratiquer l’attaque » 8.

Pourtant, passé le premier moment de prévention, les Montpelliérains se jettent dans la compétition, en acceptant dans un premier temps de recevoir la leçon des Cettois et des Nîmois, plus aguerris. Tandis que les divers clubs de rugby qui se succéderont dès lors à Montpellier végéteront dans les séries inférieures en manquant régulièrement les occasions de rejoindre l’élite, le football, après un premier contact peu enthousiaste, se propage rapidement dans toutes les sphères sociales. Les clubs de quartier et de village se multiplient vite, comme à Nîmes ou à Cette, et comme le fait le rugby à Carcassonne ou à Perpignan. Le succès tardif mais massif du football à Montpellier est d’ailleurs plus quantitatif que sportif : aucun club important ne parviendra à émerger avant la guerre et la création du SOM en 1919. Mais sa diffusion populaire permet à ce sport de s’ancrer solidement, en lui assurant un relais géographique entre Cette et Nîmes, ses deux seuls points de fixation depuis le tout début du siècle.

Désormais, la proximité de plusieurs centres urbains voués au ballon rond va permettre une diffusion du football en tache d’huile, et la constitution d’un espace homogène permettant aux petits clubs sans moyens financiers de rencontrer à peu de frais des équipes voisines. La grande zone d’implantation est alors, comme aujoud’hui encore, la plaine languedocienne entre Agde et Lunel. Tout autour du bassin de Thau, sous l’influence de l’Olympique de Cette, dans les campagnes montpelliéraines, et jusqu’à la frontière gardoise, les clubs de village se multiplient. Dans les villes, les clubs apparaissent - et disparaissent aussi - à cadence rapide. Pour un petit nombre, solidement structurés et affiliés à une fédération, combien d’équipes à l’existence fugace, mais prêtes à ressurgir sous un autre nom à la première occasion ! A la veille de la Grande Guerre, on ne compte pas moins de 25 clubs à Montpellier, plus de 15 à Sète, 3 ou 4 à Lunel ou à Frontignan.

Dans les hauts cantons des arrondissements de Lodève et de St Pons, la création des clubs est plus lente, et il faudra généralement attendre les années 20 pour voir se dessiner les premiers terrains de football. Dans le Biterrois, où domine incontestablement le rugby, les clubs de football sont peu nombreux jusque dans les années 20. A Béziers même, avant la guerre, existent le Stade Béziers Sport ou le Cercle Sportif Biterrois, vers 1911 et 1912. Au sortir de la Grande Guerre, l’arrondissement ne compte guère que 7 ou 8 clubs, surtout à Roujan et dans le bassin minier de Bédarieux. Jusqu’à la Guerre de 14-18, l’Olympique de Cette est sans conteste le porte-drapeau du football héraultais. Il est le seul à se qualifier régulièrement pour les phases finales du championnat de France de l’USFSA, et dispute la suprématie sudiste au Club Helvétique de Marseille.

En 1913, il atteint la finale, qu’il perd contre l’Olympique de Lille. Club bien structuré autour d’une équipe dirigeante où Georges Bayrou, ancien joueur de qualité, assure avec efficacité le double rôle de recruteur et de directeur administratif chargé des relations, souvent orageuses, avec les instances dirigeantes de l’Union, disposant avec le stade des Métairies, d’un terrain en bon état et de tribunes dès 1908 pour accueillir un public payant, l’Olympique possède alors une solidité que les clubs montpelliérains sont loin d’approcher. L’arrivée en 1912 de l’Anglais Victor Gibson, joueur entraîneur, apporte aux Cettois un fond technique et tactique unique dans la région.

Carte de France des clubs de football

L'Ère de la Fédération et le Championnat Professionnel

En 1920, la toute nouvelle Fédération de football (la FFFA) qui prend la suite de l’USFSA et des autres fédérations rassemblées dans la Comité inter-fédéral, unifie enfin l’organisation du football en France. Désormais, chaque Ligue régionale organise son propre Championnat, les confrontations entre clubs des diverses régions n’intervenant plus que dans le cadre de la Coupe de France, créée en 1918, et désormais l’épreuve la plus populaire du calendrier. Entre 1920 et 1932, date du passage au championnat professionnel, trois clubs seulement se partagent le titre de Champion du Sud-Est : le FC Cette (qui a pris la suite de l’Olympique après la Guerre) sans interruption de 1921 à 1926, le SO Montpellier en 1928 et 1932, et l’Olympique de Marseille à quatre reprises.

L’instauration du professionnalisme (qui existe en Grande-Bretagne dès la fin du XIXe siècle, et dans quelques pays d’Europe centrale - Autriche, Hongrie, Tchécoslovaquie - à la fin des années 20) semble correspondre à la volonté pour certains clubs ambitieux de dépasser les limites de « l’amateurisme marron » qui était alors la règle, ainsi que le cortège d’hypocrisies qui en découlait. L’une des façons d’aller au delà de l’amateurisme strict est de faire appel à des joueurs étrangers qui apportent leur technicité, leur expérience tactique, et qui élèvent le niveau de leurs coéquipiers français. L’historien Alfred Wahl avance également une explication plus politique du passage au professionnalisme. Dans le système d’amateurisme marron, les présidents de clubs sont soumis aux caprices et au chantage pécuniaire des joueurs qui, amateurs en titre, n’ont aucune obligation vis à vis de leur club. Le contrat de travail professionnel permet de rétablit l’autorité des dirigeants il y aura désormais un patron et des employés 9.

Mais la présence des Sétois en fer de lance de la revendication pour le professionnalisme s’explique aussi par les nombreux conflits qui ont opposé l’Olympique puis le Football Club aux instances dirigeantes nationales. L’Olympique était dès avant-guerre volontiers accusé de débaucher des joueurs dans les autres clubs et de leur verser des (bien modestes) rémunérations occultes. Au SO Montpellier, qui s’est définitivement imposé sur la scène locale comme le grand club de la ville, il en va un peu de même. Le Suédois Bernston, passé par le FC Cette, est radié en 1925 pour professionnalisme. Mais le renom universitaire de la ville permet de faire venir des joueurs étrangers sous statut étudiant, dont l’amateurisme est des plus douteux. Les plus connus de ces joueurs étrangers sont des internationaux yougoslaves, Petkovic et surtout Sekulic. La filière estudiantine est également utilisée à la fin des années 20 par les Sétois.

Finalement, après trois ans d’études et de tergiversations, le premier championnat de France professionnel est lancé en 1932, avec la participation de 20 clubs, dont 9 issus de la seule Ligue du Sud-Est. Dans ces premières années d’un professionnalisme encore très fragile (le SC Nîmes déclarera forfait dès 1935, pour des raisons à la fois sportives et financières), les clubs de la région font massivement appel à des joueurs étrangers. En ce sens, ils semblent bien avoir une longueur d’avance sur les autres grands clubs français, et c’est pour une bonne part cet afflux d’étrangers talentueux qui va pendant quelques années placer Sète et Montpellier au sommet du football national. Entre 1932 et 1939, le SO Montpellier a recruté 23 étrangers, parmi lesquels 8 Hongrois (dont Istvan Zavadsky), 5 Tchèques, 4 Yougoslaves, 2 Roumains (les frères Kaucsar).

On voit que le FC Sète a été l’un des clubs majeurs de l’entre-deux guerres, et probablement le plus constant. Il a commencé par dominer le football du Sud-Est, l’un des plus difficiles et des plus denses, entre 1920 et 1926, il a joué en douze ans six finales de Coupe de France et en a gagné deux, il a enfin été sacré deux fois champion de France professionnel, et réalisé en 1934 le premier doublé Coupe-Championnat du football français. A côté de Sète, le SO Montpellier apparaît au sommet de façon beaucoup plus fugace, en fait entre 1928 et 1932, c’est à dire avant l’entrée dans l’ère professionnelle.

La Coupe de France et l'Ascension de la Ligue des Champions

La Coupe de France n’est pas encore l’épreuve de masse qu’elle est devenue, et seuls les meilleurs clubs s’y inscrivent : ils sont 380 cette année-là. En demi-finale, un seul club « nordiste« , Dunkerque, dont se défait le FC Sète par 2 à 1, tandis que l’autre match oppose deux « sudistes« , le SO Montpellier et le Stade St Raphaël, qui se sont déjà rencontrés en division d’Honneur du Sud-Est.

La Ligue des champions, dont l’entraîneur de Manchester United Alex Ferguson a estimé récemment qu’elle était plus intéressante que la Coupe du monde, est devenue au cours de la dernière décennie une extraordinaire entreprise commerciale, générant des revenus qui ont connu une croissance à la mesure de celle des droits de télévision.

Qui gagne à la répartition de ces richesses, ensuite? Ces sommes sont distribuées entre les clubs selon trois grands critères: une part fixe, une part « sportive » indexée au parcours dans la compétition et une part baptisée Market Pool, calculée en fonction du montant des droits de télévision payés par chaque pays… Ce qui en fait un levier puissant pour diriger les ressources là où elles sont déjà les plus concentrées. Les gains des clubs anglais représentent plus du double de ceux des clubs français. Mais le fossé se trouve surtout entre le top 5 et les suivants. Le Big Four n’est pas une vue de l’esprit. Seuls quatre clubs anglais ont participé à la compétition en sept ans. La Liga détient le record du nombre de participants (10) tout en ayant qualifié le duo Real-Barça 13 fois sur 14. Valence émarge à trois participations, les sept autres formations espagnoles en comptent une à deux.

L’Angleterre réalise un triplé sur le podium, pour deux titres remportés par Manchester et Liverpool - les Reds étant seulement huitièmes. Un seul titre a échappé aux membres du top 10 au cours des sept dernières saisons: celui du premier exercice, 2003/2004, qui est revenu au FC Porto de José Mourinho. Le FC Barcelone ne pointe qu’en sixième position, en dépit des deux titres remportés. L’Olympique lyonnais devance Barcelone, le Bayern, Liverpool, l’AC Milan et le Real… Il s’est assuré 100 millions d’euros de plus que son dauphin national, Bordeaux.

La Ligue des champions crée ainsi, aussi bien au travers de sa formule de compétition que de son système de répartition des gains, un cercle vertueux au profit des clubs les plus riches: ils sont assurés de récupérer une part des recettes qui leur garantit une position très dominante à la fois économiquement et sportivement - avec la capacité de truster le marché des meilleurs joueurs. On comprend aussi à quel point la qualification quasi systématique pour la C1 est une condition sine qua non pour se maintenir dans ce gotha.

Boris Helleu est maître de conférences à l’université de Caen. Spécialiste d’économie et de marketing du sport, il livre son analyse des évolutions économiques de la « C1 ».

Les changements de formats initiés depuis 1992, lorsque la Ligue des champions a remplacé la Coupe des clubs champions, n’ont eu pour objectif que de réduire l’incertitude sportive et d’accroître les revenus de la compétition. En instaurant une phase de poule, en permettant la qualification de plusieurs équipes par pays et en minorant le risque d’élimination directe en vigueur dans l’ancienne formule, l’UEFA a rassuré les plus grands clubs tentés par une ligue privée, fermée. En conséquence, une poignée de clubs participe systématiquement à la C1 et même, sauf accident, atteint de façon quasi assurée les huitièmes de finale.

L’année dernière, si l’on tient compte des phases qualificatives, ce sont 76 clubs de 52 pays qui ont pris part à la compétition. En phase de poule, il y avait 32 équipes de 18 pays, dont plus de la moitié provenait des cinq grands championnats. Pour les huitièmes de finale, il n’y avait plus que sept pays représentés. De façon très schématique, en progressant dans la compétition, les « petits clubs » de l’Est sont évincés tandis que les « riches » des grands pays commencent les choses sérieuses.

Le partage des droits télévisuels est toujours un choix stratégique et politique, selon que l’on favorise l’égalité et l’incertitude des compétitions, ou l’équité et le mérite. L’endroit où l’on place le curseur résulte d’un consensus. Le format actuel de la Ligue des champions, au niveau sportif et économique, semble satisfaire le plus grand nombre. Petits et grands participent à la plus prestigieuse des compétitions continentales même si, en définitive, les gains sportifs et économiques sont concentrés dans les cinq grands pays.

Ligue des Champions

Il existe véritablement un football à deux vitesses au niveau européen, mais aussi au niveau national puisque les clubs régulièrement engagés en C1 assoient leur position dominante sur leur championnat, grâce aux revenus considérables gagnés en Ligue des champions. La problématique à venir du football européen est l’articulation entre niveau national et niveau continental. Pour les clubs, quelle échelle favoriser? Alors que la tendance est à la globalisation et à la consommation internationale des spectacles sportifs, il n’y a guère que la Premier League anglaise qui dispose d’un prestige comparable à la C1.

Mercredi soir à Wembley, les Bleus ont remporté une victoire de prestige contre l’Angleterre (1-2), qui devrait leur permettre de toucher, en fin de saison, les primes de résultat prévues en pareil cas - soit 14.000 euros par joueur. Le 9 novembre dernier, le quotidien L’Équipe lance les débats avec un article accusatoire, titré « Les Bleus veulent garder la prime » et introduit ainsi: « Ceux qui avaient cru à la soudaine générosité des joueurs de l’équipe de France vont être cruellement déçus ».

Selon Étienne Moatti, le refus des joueurs de signer les documents présentés par la Fédération traduit le fait que « dans leur ensemble, [ils] estiment n’avoir jamais voulu abandonner cette prime ». Il s’avère le jour même que ce point de vue sur l’assiette des primes est exclusivement celui de la Fédération, et surtout que les joueurs ne refusent pas de rétrocéder leurs gains. Alou Diarra, capitaine temporaire de la sélection de Laurent Blanc, déclare que les joueurs entendent reverser eux-mêmes les sommes à des œuvres caritatives. Le lendemain, 10 novembre, L’Équipe poursuit pourtant sur le même registre (titre: « Le ridicule prime toujours ») et déplace les accusations sur le terrain de la mauvaise communication de la Fédération, qui expliquerait donc la publication d’informations lacunaires et univoques [ce qui n’est pas reconnu], présentées avec une virulence indue.

« Quatre mois après Knysna, l’affaire des primes de la Coupe du monde replonge le football français dans le burlesque », écrit aussi le quotidien, toujours aussi habile pour s’effacer lui-même du paysage. En définitive, l’imbroglio procède simplement du fait que personne n’a eu la présence d’esprit de définir, au moment de la promesse, quelles primes étaient concernées… Un accord prévisible est trouvé, incluant la phase de préparation d’avant-Mondial (trois matches amicaux) et le tournoi sud-africain. Chaque joueur abandonne 116.000 euros, pour une somme totale de 2,66 millions qui devrait être affectée par la FFF au financement du football amateur. « L’affaire s’est emballée sans fondement », écrit Le Parisien / Aujourd’hui. Si ce n’est celui de L’Équipe, posé sur quelques principes de journalisme élémentaires. Au mieux, le quotidien a été instrumentalisé par des opposants à Fernand Duchaussoy, président de l’instance.

L’épisode montre que, contrairement au désir de l’actuel sélectionneur, tout le monde ne veut pas tourner la page du fiasco sud-africain. Mais il s’inscrit aussi dans une histoire plus ancienne, qui a régulièrement vu s’exprimer le malaise lié à la rémunération des internationaux. En 1978, à la veille de la Coupe du monde en Argentine, les Bleus avaient choqué l’opinion en manifestant leur désaccord quant à la non-revalorisation d’une prime négociée avec Adidas. Lors de France-Italie, premier match du groupe A (1-2), ils avaient en représailles recouvert de cirage noir les trois bandes de leurs chaussures.

Au cours des décennies suivantes, les compétitions de sélections, championnat d’Europe et Coupe du monde, sont progressivement devenues des industries brassant des revenus considérables, redistribués aux fédérations nationales. Pour des footballeurs salariés dans les clubs les plus riches, ces montants représentent une sorte de treizième mois: des revenus marginaux pour eux, mais pas négligeables. La question de la légitimité de cette rémunération reste posée, à l’heure où l’on peine à financer le sport amateur et où l’équipe de France traverse une grave crise d’image.

Comment sont départagées plusieurs équipes d’un même groupe qui ont le même nombre de points ? Application du principe du « Carton Bleu ».

Comment sont départagées plusieurs équipes de groupes différents dans le cadre d’une accession ? Application du principe du « Carton Bleu ».

Comment sont départagées plusieurs équipes de groupes différents dans le cadre d’un maintien ou d’un repêchage ? Application du principe du « Carton Bleu ».

Le club le mieux classé est le club ayant totalisé le minimum de points de pénalité lors de ses rencontres de championnat.

Le football : des origines au sport mondial

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