Hommage aux Légendes du Rugby Agenais : Pierre Montlaur et Michel Sitjar Disparaissent

Le monde du rugby et le SU Agen sont en deuil après la perte de plusieurs figures emblématiques. Récemment, le club a été frappé par les décès de Pierre Montlaur et Michel Sitjar, deux joueurs qui ont marqué l'histoire du club.

Pierre Montlaur, figure emblématique du SU Agen dans les années 1980 et 1990.

Disparition de Pierre Montlaur : Un Champion de France s'en Va

Quelques jours après Christian Béguerie, le SU Agen est à nouveau en deuil. C’est avec une grande tristesse et émotion que le SUA a appris la disparition de l’un de ses plus grands anciens : Pierre Montlaur, champion de France avec Agen en 1988, nous a quittés. À 60 ans, il est décédé de la maladie de Charcot. Le club aux huit Brennus vient de perdre un des joueurs qui a fait sa fierté entre les années 1980 et 1990.

Né à Castelsarrasin, dans le Tarn-et-Garonne, Pierre Montlaur était une figure du club agenais dans les années 1980 et 1990. Demi d'ouverture ou arrière entre 1983 et 1995, il a été de toutes les finales, heureuses ou malheureuses, du club phare du Lot-et-Garonne durant ces années-là.

C'est à Castelsarrasin que Pierre Montlaur a fait ses premières armes. "Charles Calbet, le secrétaire général du SUA, qui gardait toujours un œil sur son Tarn-et-Garonne natal, m'a repéré dès les cadets, nous confiait-il il y a quelques années. Il a continué à me suivre lorsque je fus sélectionné en équipe de France junior. Au CAC, j'ai joué directement en seniors. Pisté par une dizaine de clubs, un appel du président Albert Ferrasse l'a définitivement convaincu de rejoindre Agen à l'été 1983. "Il m'a gentiment demandé de choisir son club par une phrase du style : "Petit, c'est avec nous qu'il faut jouer". A vingt ans, il est difficile de dire non au président de la Fédération." Et bien lui en a pris.

Avec le Sporting, Pierre Montlaur a vécu une fabuleuse décennie, allant de finale en finale. Remplaçant pour celle, mythique, de 1984 contre Béziers, son échec dans la séance de tirs au but l'aura longtemps hanté. Jusqu'en 1988, lorsqu'il a soulevé le bouclier de Brennus avec les "bleu et blanc", passant un drop décisif en finale contre Tarbes. En 1992, il a également remporté le Challenge Yves du Manoir.

Très proche de Philippe Sella, avec les joueurs de cette génération dorée, il a incarné le rugby dit "à l'agenaise", fait de prise d'initiative, de mouvement. Avec le XV de France, il a été sélectionné douze fois comme remplaçant mais n'est entré qu'à deux reprises.

À la fin de sa carrière de joueur, il a entraîné Brive avec Laurent Seigne, menant les Corréziens à la conquête de la H-Cup en 1997. En 2014, avec Olivier Roumat et Laurent Cabannes, il s'était rendu en Afrique du Sud, pour rendre visite à son ancien adversaire Joost Van Der Westhuizen, atteint de la maladie de Charcot. Dix ans plus tard, c'est le même mal qui l'a emporté.

Décès de Michel Sitjar : Une Autre Légende S'éteint

Les légendes tombent comme les feuilles à l'automne en ce printemps maudit à Agen. Après Pierre Lacroix à la fin du mois de mars, c'est une nouvelle figure du Sporting union agenais qui vient de rendre l'âme en la personne de Michel Sitjar. Quelques mois après Pierre Lacroix, Agen pleure le décès d'un autre joueur emblématique.

Histoire de Rugby -1984 - Finale Agen / Béziers #france #rugby

Michel Sitjar, trois titres de champion de France avec le SUA (1962, 1965 et 1966), a été retrouvé mort à son domicile lundi. L'ancien troisième-ligne (13 sélections) a été retrouvé mort à son domicile lundi. Il avait 77 ans. Le fabuleux troisième ligne de la grande équipe d'Agen des années 1960, qui remporta trois Boucliers de Brennus (1962, 1965 et 1966) et un Challenge Yves du Manoir (1963), avait 77 ans.

Michel Sitjar, figure emblématique du SU Agen dans les années 1960.

Il a été retrouvé mort, hier après-midi, à son domicile de Lamagistère (Tarn-et-Garonne), à une vingtaine de kilomètres d'Agen. Selon Le Petit Bleu d'Agen, les premiers éléments de l'enquête portent sur une mort par arme à feu. Il s'agit d'une mort par arme à feu, d'après les premiers éléments de l'enquête. Il pourrait s'agir d'un suicide, mais cela reste à confirmer, les enquêteurs ont demandé qu'une autopsie soit réalisée.

Celui que ses coéquipiers surnommaient ''cocoye'' faisait partie des ces surdoués du rugby, aux prédispositions rares pour ce jeu. Une meilleure hygiène de vie lui aurait d'ailleurs permis de compter quelques sélections en plus. A 28 ans, il a tourné le dos au XV pour jouer à XIII.

Michel Sitjar menait un vie décalée, lui qui était un grand lecteur de poésie et avait même publié quatre recueils. Ces dernières années, il s'était retiré dans une maison au sud d'Agen, surnommée la maison des oiseaux car il y avait peint une fresque bucolique sur sa façade. On l'avait rencontré il y a un peu plus de dix ans, pour un reportage dans Midi Olympique. Il nous avait avoué ne plus être trop en phase avec le rugby moderne et ses successions de rucks. Il avait dessiné des oiseaux à la craie sur la façade de sa demeure.

Hommages et Soutien

Au sein du SUA, la terrible nouvelle a eu un retentissement particulier auprès de ses compatriotes fidjiens, notamment pour Kolinio Ramoka. « Nos joueurs ont une vie à côté et, des fois, on leur demande d’être hyper performant malgré ce qui peut leur arriver dans leur vie privée et là, c’est le cas avec Kolinio. Ce sont deux familles qui se voyaient beaucoup », a expliqué le manager Sébastien Calvet.

Ami très proche, le centre agenais a de suite été encadré par le staff qui a « témoigné son soutien ». Prévu pour démarrer un match décisif dans la course au maintien à Dax ce vendredi 9 mai (19 h 30), Kolinio Ramoka devrait tenir sa place.

La rédaction présente ses sincères condoléances aux familles et aux proches de ces légendes du rugby agenais.

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