L'ère des "big men" en NBA a mis en lumière des spécialistes défensifs, excellant dans l'art de contrer leurs adversaires. Pendant longtemps, les pivots étaient responsables de la prise de rebonds et de la protection de la raquette. Cette description correspond à certains membres du top 10 des meilleurs contreurs de l'histoire de la NBA.
Le contre est une action spectaculaire et dissuasive qui peut changer le cours d'un match de basketball. Quand on parle de contre, on a en tête le "chase down block" de LeBron James lors des Finales NBA de 2016, revenant comme une furie pour mettre en échec Andre Iguodala. On pense à Dikembe Mutombo agitant son index pour dire à sa victime non, pas chez moi. On n’oublie pas non plus Tayshaun Prince qui scotche Reggie Miller sur la planche pour sceller la victoire des Pistons en 2004. On a une pensée émue pour le pauvre Charles Smith qui se voit contré à tour de rôle par Scottie Pippen et Horace Grant en 1993.
Cependant, la prise en compte tardive de cette statistique par la NBA fausse forcément les records historiques. En effet, les monstres comme Wilt Chamberlain et Bill Russell - partis à la retraite avant que les blocs ne soient officiellement répertoriés - ont probablement écœuré leurs adversaires à plus d’une reprise. Parce qu’il n’existe pas de statistiques pour quantifier les qualités de contreur de Bill Russell, légende NBA qui reste considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de l’Histoire du basket. Les blocks n’étaient effectivement pas comptabilisés à son époque.
Voici un aperçu des meilleurs contreurs de l'histoire de la NBA :

Le Top 10 des Meilleurs Contreurs de l'Histoire de la NBA
- Hakeem Olajuwon: 3830 blocks en carrière. Premier. 2000 de plus que le prochain joueur classé encore en activité (Brook Lopez). 3 titres de meilleur contreur, 2 DPOY, un quadruple-double. Hakeem Olajuwon a écœuré ses adversaires avec son mix de taille, force, agilité, rapidité… et pas seulement en attaque mais bien des deux côtés du terrain. Il était vif, ce qui explique aussi son grand nombre d’interceptions. Il jaillissait pour contrer tout le monde.
- Dikembe Mutombo: 3289 blocks en carrière. Le Congolais a eu 3289 occasions de toiser ses vis-à-vis durant sa carrière, du moins en saison régulière. Il a affronté la majorité des meilleurs pivots de l’Histoire et il les a tous rejetés. 3 fois premiers aux contres, il a surtout décroché 4 trophées de DPOY. "No, no, no." La marque de fabrique de Mutombo, avec son index pointé à la caméra (après que la NBA l’ait sanctionné quand il le faisait en direction de son adversaire).
- Kareem Abdul-Jabbar: 3189 blocks en carrière… alors que les contres n’ont pas été comptabilisés avant sa quatrième saison dans la ligue !!!! Bon, il a joué pendant vingt ans donc ça aide. L'un des hommes à qui le mot record colle à la peau, tant il a dominé la ligue lors des vingt saisons qu'il y a passé et a cimenté sa place dans les livres d'histoire de la NBA. Excellant dans cet aspect du jeu, il a terminé quatre fois meilleur contreur de la ligue, avec notamment deux saisons à plus de 4 contres par match de moyenne.
- Mark Eaton: 3064 blocks. Assurément le roi du contre dans les années 80. Joueur à la carrière relativement courte (11 saisons), Mark Eaton était une référence défensive avec le Jazz d'Utah et enchainait les saisons de haute volée au contre. Excellant dans l'art du contre, Mark Eaton s'est affirmé comme l'un des meilleurs défenseurs de la ligue à son époque. Tirant profit de sa très grande taille (2,24 m), il faisait régner sa loi dans sa propre raquette. Sur un seul exercice, la palme revient à Mark Eaton et ses 456 contres lors de la saison 1984-85. Une marque qui semblait jusqu'ici inatteignable.
- Tim Duncan: 3020 blocks. Le digne successeur de David Robinson dans la raquette des San Antonio Spurs, c'est lui. Joueur all-around, capable d'apporter dans tous les secteurs de jeu, Tim Duncan n'a jamais été le contreur le plus réputé de la NBA mais a su briller dans ce domaine pendant presque toute sa carrière, flirtant toujours avec les 2 contres/match de moyenne.
- David Robinson: 2954 blocks. Indissociable des San Antonio Spurs, David Robinson a porté la franchise durant toutes les années 90, jusqu'à ce que la génération Tim Duncan prenne le relais. Dix fois All-Star, David Robinson a connu ses meilleures saisons au contre à son arrivée dans la ligue, où il flirtait avec les 4 contres de moyenne par saison (pic à 4,5 contres/match en 1991-1992). Son arrivée dans la ligue après qu’il ait terminé son service militaire a marqué les esprits avec ses qualités athlétiques exceptionnelles. 3,9 blocks de moyenne pour sa première saison. Idem pour la seconde. Puis carrément 4,5 pour la troisième. Il est l’un des quatre joueurs à avoir compilé un quadruple-double dans l’Histoire de la NBA.
- Patrick Ewing: 2894 blocks. Brillant par son énergie, son impact global dans le jeu et son dévouement pour sa franchise, Patrick Ewing reste l'un des joueurs les plus emblématiques étant passé par la Grande Pomme. Un métronome défensif. Toujours présent dans la peinture, du début jusqu’à la fin de sa carrière. Parce que toujours bien placé et très intelligent, en plus d’être un roc.
- Shaquille O'Neal: Résumer Shaquille O'Neal à un très bon contreur serait excessivement réducteur, tant il a dominé la ligue dans bien des aspects au cours de sa carrière. Malgré son impact au contre, Shaquille O'Neal n'a jamais vraiment été réputé comme un pivot défensif, en atteste ses trois “petites” sélections dans une All-Defensive Team.
- Robert Parish: Pivot émérite, qui ne rechignait pas aux tâches dites ingrates, Robert Parish était l'une des clés de voûte défensives des Boston Celtics dans les années 80. Légende de la franchise du Massachussetts, Robert Parish l'a aidée à remporter quatre titres NBA, dans une équipe où figurait notamment Larry Bird.
- Tree Rollins: Comment ne pas classer un type surnommé « Tree » (arbre, pour les Anglais LV8) ? Difficile de ne pas évoquer Tree Rollins lorsqu'on parle des pivots ayant fait du contre leur spécialité en NBA. Pivot de grande taille (2,16 m), il a tiré un surnom de sa qualité de contre, “Tree”, qui remplace aussi son prénom (Wayne) dans l'imaginaire collectif. Toujours présent dans la peinture, du début jusqu’à la fin de sa carrière. Parce que toujours bien placé et très intelligent, en plus d’être un roc. 1,5 block de moyenne minimum chaque saison, à l’exception de la toute dernière.
D'autres joueurs méritent d'être mentionnés, comme Elmore Smith, surnommé « Elmore The Rejector » parce qu’il contrait tout ce qu’il bouge. Il détient 3 des 6 plus grosses performances de l’Histoire aux blocks dont un match épique à 17 contres. Un record NBA qui n’a encore jamais été battu.
En carrière, c’est Hakeem Olajuwon qui détient le record du nombre de contres avec 3830 crêpes en saison régulière. Sur un seul exercice, la palme revient à Mark Eaton et ses 456 contres lors de la saison 1984-85.

Victor Wembanyama : Le Nouveau Phénomène et le Futur du Contre
Victor Wembanyama, le prodige français qui révolutionne la NBA, démontre déjà un talent exceptionnel dans l'art du contre. Pour sa première année sur les parquets NBA, Victor Wembanyama affiche déjà la meilleure moyenne de contres par match de la ligue. Dans ce domaine, le phénomène tricolore est parti sur des bases extrêmement élevées. Au point de l’imaginer un jour rattraper Hakeem Olajuwon, actuel meilleur contreur de l’histoire de la ligue?
Avec 3,3 blocks par match en moyenne depuis le début de la saison, l’ancien joueur de Boulogne-Levallois est tout simplement le meilleur contreur de toute la NBA, devant Brook Lopez (2,7 contres), Walker Kessler (2,7), Chet Holmgren (2,7), Anthony Davis (2,7) ou encore Rudy Gobert (2,1). Sauf improbable retournement de situation, personne ne devrait le détrôner d’ici la fin de l'exercice 2023-2024, ce qui ferait de lui le premier rookie à terminer meilleur contreur d’une saison depuis Manute Bol en 1986.
En restant sur ce rythme de 3,3 contres par match, il faudrait un peu plus de 14 saisons complètes à Wembanyama pour dépasser Olajuwon. Largement dans les cordes du Français. S'il continue sur ces standards, même sans progresser, il sera le meilleur contreur de l’histoire.
Parmi les 10 meilleurs contreurs de l’histoire, un seul affiche une moyenne de contres par saison supérieure à celle de Victor Wembanyama: Mark Eaton (3,5 contres par saison sur l’ensemble de sa carrière). À titre de comparaison, Olajuwon a tourné à 3,1 contres par match en moyenne sur sa carrière.
Wembanyama est donc clairement parti sur des bases historiques. Dans toute l’histoire, seuls cinq joueurs affichent une meilleure moyenne de contres sur leur saison rookie: Mark Eaton (3,4 contres), Alonzo Mourning (3,5 contres), Shaquille O’Neal (3,5 contres), David Robinson (3,9 contres) et Manute Bol (5 contres). Quatre d’entre eux (Mourning, Eaton, O’Neal, Robinson) ont terminé dans les 11 meilleurs contreurs de l’histoire. Le cinquième (Manute Bol) a vu sa carrière écourtée par les blessures.
Le Tricolore est en effet dans le top 10 des meilleurs contreurs sur 82 matchs depuis 2000, pas loin de la marque référence de Theo Ratliff (3,7 contres sur la saison 2000-2001). Atteindre la saison de Mark Eaton, ça me paraît plus compliqué. Mais aller chercher les 4,6 contres de moyenne d'Olajuwon, c'est possible. Cinq contres, ça peut même devenir un standard.
En attendant, le Français a tout de même fini meilleur contreur de la campagne 2024/25, avec 176 “blocks”.
Autre stat complètement dingue sur le plan défensif : Victor Wembanyama en est désormais à 88 matchs consécutifs avec minimum un contre.
Au-delà de ses blocks monstrueux, sans même prendre la peine de sauter parfois, Wemby, qui tourne à 24,3 points, 11 rebonds, 3,7 passes et 1,1 interception par match cette saison, est à lui seul un rempart impressionnant dans la peinture.
En plus de ses 28 points, 10 rebonds et 5 passes de moyenne sur ce mois-là, celui qui a été élu pour la première fois joueur de la semaine tutoie aussi la barre des 5 contres par match. Récemment, il a dépassé la barre des 4 contres de moyenne sur l’ensemble de la saison. Ce qui le place au sommet des meilleurs contreurs de NBA, loin devant ses autres concurrents Walker Kessler (Utah, 2,8) et Myles Turner (Indiana, 2,1). Et aussi comme le grand favori au trophée de Défenseur de l’année, malgré le fait que les Spurs ne soient que la 15e meilleure défense de la ligue.
Mais au-delà du temps présent, cette moyenne le fait aussi rentrer dans l’histoire. Voilà presque 30 ans qu’aucun joueur n’avait réussi des choses similaires dans la grande ligue. « J’ai envie de progresser au contre, même statistiquement. Mais pour moi, être constant serait déjà un progrès. Les attaques s’adaptent, et je pense que si je contre de plus en plus loin du panier, c’est justement parce que j’ai moins d’opportunités de contrer à l’intérieur. Les équipes adverses commencent à se rendre compte de certaines choses.
Wembanyama fait paraître simple l’art du contre, que très peu d’autres joueurs ont réussi à maîtriser avec autant de régularité. Avec ses 2,24 m de taille et 2,43 m d’envergure, il est la force de dissuasion ultime. D’autant plus qu’il reste précis et intelligent dans sa protection d’arceau. Ce qui s’illustre notamment par son faible nombre de fautes (2,2 de moyenne), qui le place tout en haut du classement des contreurs les plus « propres » de NBA ces dix dernières années, selon les données collectées par le journaliste Benjamin Moubèche.
Lors de la défaite de San Antonio dans l’antre de Boston, la nuit dernière en NBA (116-103), Victor Wembanyama a encore réalisé deux contres vertigineux. De quoi permettre au géant français de 21 ans d’inscrire son nom dans la légende du basket US.
Le leader des Spurs (qui a en a réussi deux face aux Celtics) en est désormais à 85 matchs consécutifs avec au moins un contre. Une série inédite depuis trente ans en NBA. Cet enchaînement monumental permet à Wemby de dépasser le légendaire Hakeem Olajuwon, MVP en 1994 avec Houston.
Wemby venait de donner 21 points d’avance à San Antonio et un peu plus d’éclat à sa propre prestation. Il a bouclé la rencontre avec une ligne de statistiques encore venue d’ailleurs : 31 points, dont trois paniers primés, 14 rebonds, 4 passes décisives, 3 interceptions et 6 contres.
Depuis la reprise de la NBA mardi dernier, Victor Wembanyama totalise 18 contres en trois matchs. La stat est complètement folle et montre l’énorme impact de Wemby dans sa moitié de terrain, lui qui semble déjà assuré de terminer avec le titre de Défenseur de l’Année sauf pépin physique.
Au cœur de la défense des Spurs : comment Sean Sweeney a bâti un système autour de Wemby
Classement des Meilleurs Contreurs NBA (Saison 2025-2026)
Voici un aperçu du classement des meilleurs contreurs de la NBA pour la saison 2025-2026, illustrant la domination continue de certains joueurs et l'émergence de nouveaux talents :
| # | Joueur | Équipe | Contres |
|---|---|---|---|
| 1 | Victor Wembanyama | SA | 2.81 |
| 2 | Alex Sarr | WAS | 1.98 |
| 3 | Chet Holmgren | OKC | 1.96 |
| 4 | Jay Huff | IND | 1.92 |
| 5 | Evan Mobley | CLE | 1.84 |
| 6 | Isaiah Stewart | DET | 1.71 |
| 7 | Myles Turner | MIL | 1.67 |
| 8 | Rudy Gobert | MIN | 1.64 |
| 9 | Scottie Barnes | TOR | 1.63 |
| 10 | Ryan Kalkbrenner | CHA | 1.51 |
| 11 | Matas Buzelis | CHI | 1.47 |
| 12 | Donovan Clingan | POR | 1.47 |
| 13 | Derrick White | BOS | 1.47 |
| 14 | Jaren Jackson Jr. | MEM | 1.46 |

Le Top 10 des Meilleurs Pivots de l'Histoire de la NBA
- Kareem Abdul-Jabbar: Après avoir tout écrasé au lycée et à l'université sous le nom de Lew Alcindor, il a été MVP et champion dès sa deuxième saison en NBA, en 1971, avec les Milwaukee Bucks. S'en est suivie une carrière d'une longévité exceptionnelle, marquée par cinq autres titres avec les Los Angles Lakers et le record de points marqués en NBA.
- Bill Russell: Son record de onze titres entre 1957 et 1969, les deux derniers en tant qu'entraîneur-joueur, ne risque pas d'être battu. La légende des Boston Celtics, qui jouait à une époque où les contres n'étaient pas comptabilisés, est peut-être le meilleur défenseur de l'histoire.
- Wilt Chamberlain: Personnage de tous les excès, il se surnommait « l'homme aux 10 000 femmes ». Il a marqué 100 points dans un match lors d'une saison à plus de 50 points de moyenne, tourné à plus de 22 rebonds sur l'ensemble de sa carrière, mais n'a gagné « que » deux titres (1967, 1972).
- Hakeem Olajuwon: « The Dream » possédait la plus belle technique. La carrière du nigérian naturalisé, contreur n°1 de l'histoire de la NBA, est imbriquée dans celle de Michael Jordan. Il l'a devancé lors de la Draft 1984 et a profité de sa première retraite pour porter Houston au titre en 1994 et 1995.
- Shaquille O'Neal: N'en déplaise à Dwight Howard ou aux frères Gasol, entre autres, Shaquille O'Neal reste le dernier grand pivot dominant. Le Shaq était inarrêtable quand il a gagné trois titres (trois fois MVP de la finale) avec les Lakers en 2000, 2001, 2002. Il a aussi été titré avec Miami en 2006.
- Moses Malone: Il reste de loin le n°1 aux rebonds offensifs de l'histoire de la NBA. Ce qui résume son jeu tout en hargne. Trois fois MVP au tournant des années 1970 et 1980, il a su mettre sa force au service du collectif avec un titre et le trophée de MVP de la finale en 1983 avec les Sixers.
- David Robinson: « L'Amiral » (il a passé deux dans la Navy entre sa Draft en 1987 et ses débuts en NBA en 1989) a dû attendre l'arrivée de Tim Duncan à San Antonio pour connaître les joies du titre, en 1999 et 2003. Avant cela, il avait été Dream Teamer en 1992 et MVP en 1995.
- Patrick Ewing: Il n'a jamais été ni MVP, ni champion, mais qui oserait enlever « The Beast » du Top 10 ? Le Jamaïquain d'origine, leader des Knicks dans les années 1980 et 1990, était un mix détonnant de puissance et de technique. Sa présence dans la Dream Team est son bâton de maréchal.
- Willis Reed: Avec lui, les New York Knicks ont possédé la meilleure défense de la NBA pendant une demi-douzaine d'années et remporté les deux seuls titres de leur histoire, en 1970 et 1973. Compact et rugueux, ce joueur originaire de Louisiane a fini les deux fois MVP de la finale.
- George Mikan: La première star de la NBA. Après-Guerre, ce joueur d'origine croate a gagné quatre des cinq premiers titres avec les Minneapolis Lakers et fini trois fois de suite meilleur scoreur. Il n'a pas été élu MVP de la NBA mais l'a été en NBL juste avant qu'elle ne devienne la NBA.