L'histoire des stades de rugby à Nantes et leur capacité

Nantes, ville sportive, a une riche histoire en matière de stades, notamment ceux dédiés au rugby. De Malakoff à la Beaujoire, en passant par le stade Pascal-Laporte, ces enceintes ont été le théâtre de moments mémorables pour les clubs et les supporters nantais.

Le Stade de la Beaujoire : un symbole du sport nantais

Dès la fin des années 1970, sous l’impulsion de Louis Fonteneau, alors président du Football Club Nantes Atlantique, la décision de créer un stade à la hauteur de l’équipe de football nantaise, tête d’affiche du football français, est prise. Louis Fonteneau implique l’État et la Fédération Française de Football dans la construction et le financement du stade en vue du championnat d’Europe de football de 1984. C’est ainsi que le 8 mai 1984, le stade de la Beaujoire est inauguré.

Le stade de la Beaujoire s’appelle officiellement Stade de la Beaujoire - Louis Fonteneau du nom du Président du club nantais à l’origine de sa création. La Beaujoire est un quartier nantais. Lors de son inauguration, le stade est sujet à controverse, et même si la plupart louent l’esthétisme de l’œuvre de Berdje Agopyan, « La Beaujoire est une incontestable réussite esthétique. C’est un bel écrin moderne, aux courbes si agréables à contempler.

Du 8 septembre au 28 octobre 2023, l’édition 2023 de la Coupe du monde de rugby a lieu en France. Si les matchs de demi-finales et la finale ont lieu au Stade France à Paris, de nombreux matchs sont joués en province, à Marseille, à Nice, à Nantes, Lille, Toulouse, Lyon, Saint-Etienne et Bordeaux. À l’occasion de cette Coupe du monde, nous avons choisi de faire un focus sur ces stades emblématiques, sur l’histoire de ces lieux presque sacrés de rassemblement et de ferveur sportive.

FC Nantes Tour : La Beaujoire comme vous ne l'avez jamais vu !

Le Stade Pascal-Laporte : l'avenir du Stade Nantais

Le club de rugby, premier de sa poule de Fédérale 1, a signé un bail emphytéotique de 25 ans avec la Ville de Nantes concernant le stade Pascal-Laporte. Le Stade Nantais va pouvoir mener à bien des travaux de modernisation au stade Pascal-Laporte. La nouvelle a été annoncée avec autant d’enthousiasme qu’une victoire acquise par les joueurs sur le terrain. Le Stade Nantais, large vainqueur d’Oloron (54-24) dimanche et leader de sa poule de Fédérale 1, a signé un bail emphytéotique de 25 ans avec la Ville de Nantes concernant le stade Pascal-Laporte, situé à l’ouest de la cité des ducs, dans le quartier du parc de Procé.

Le Stade Nantais, qui cherche à monter en Nationale 2, ambitionne de devenir une locomotive pour le rugby régional. Mais pour cela, outre les résultats sportifs, il doit se mettre à niveau du côté des infrastructures. Le stade Pascal-Laporte, plutôt vétuste, a aujourd’hui une capacité de 2 500 places. L’installation d’une pelouse synthétique fait également partie des desseins du club.

Le Stade de Malakoff : un lieu historique pour le rugby nantais

En 1936, Pascal LAPORTE et le Dr THOMAS, alors président du SNUC, utilisèrent leur influence politique pour que le stade soit construit près de la gare, facilitant ainsi l'accès aux équipes adverses arrivant en train. Cependant, les terrains disponibles étaient rares dans cette zone. Avec détermination, nos dirigeants entreprirent une dernière prospection et découvrirent un terrain en bordure de la Loire. Cet emplacement avait l'avantage de ne pas perturber les habitudes des fervents amateurs de rugby, qui avaient l'habitude de se rendre chaque dimanche dans ce quartier pour assister aux matches des équipes locales et de leurs célèbres adversaires.

Une partie du terrain appartenait à la ville, suite à une donation de la famille Babin-Chevaye, sous la condition de construire un abattoir sur place. Toutefois, les responsables municipaux décidèrent de changer la destination du terrain, optant finalement pour la construction d'un stade, qui fut nommé simplement "Malakoff". L'autre partie du terrain provenait du remblaiement de l'ancien canal Saint-Félix. Cependant, le terrain était assez restreint, et lors de la présentation du projet "parc des sports" au sous-secrétaire d'État aux Sports, Léo LAGRANGE, ce dernier s'étonna de l'absence de pistes d'athlétisme.

Les travaux de nivellement commencèrent le 1er février, et le gazonnement du terrain débuta le 12 avril 1937. En juin de la même année, des travaux furent adjugés pour la construction de deux tribunes. La première tribune mesurait 70 mètres de long sur 8,90 mètres de hauteur, offrant une capacité de 1 160 places avec des vestiaires au rez-de-chaussée pour les joueurs et l'arbitre, des douches, un espace de stockage pour le matériel, etc. Une deuxième tribune, adossée à la Loire, offrait 920 places. L'assurance de l'adjoint aux sports que le nouveau stade serait prêt pour le 3 octobre encouragea le comité directeur du SNUC à entreprendre une importante campagne de communication pour attirer un large public.

L'inauguration officielle eut lieu le 28 novembre, lors de la réception de l'ancien club de Pascal LAPORTE, le Stade Bordelais, et battit tous les records d'affluence. À Malakoff, les rugbymen à XV partageaient désormais l'enceinte avec ceux du tout nouveau club de rugby à XIII de Nantes, créé en 1936. Cette cohabitation se poursuivit pendant deux saisons sans heurts majeurs, contrairement à ce qui se passa dans d'autres villes françaises.

Malakoff devint rapidement un lieu de prédilection pour le rugby, bien que quelques rares matchs de football, comme les finales de la Division d'Honneur de la Ligue Atlantique, y furent également organisés. Après les bombardements meurtriers de septembre 1943, le stade fut endommagé et ne rouvrit ses portes qu'en octobre 1944. À la libération, le FC Nantes prit possession de Malakoff, attirant davantage de spectateurs que le rugby, qui se concentra progressivement sur son propre stade à Malville, devenu le Stade Pascal LAPORTE.

Dès la saison 1945-1946, l'affluence atteignit un premier record avec 8 000 spectateurs lors de la venue du Stade Français. Le 11 novembre 1954, Malakoff établit un nouveau record d'affluence avec 13 500 spectateurs pour un match de la première Coupe du Monde de rugby à XIII, opposant la France à l'Australie. Pour répondre à la demande croissante du public nantais, de nouvelles tribunes furent construites à l'été 1955, portant la capacité du stade à 20 000 places.

Le stade accueillit également deux matchs internationaux de rugby : France-Italie le 29 mars 1959 et France-Roumanie le 10 décembre 1967. Rénové au début des années 1960, le stade, doté de 25 000 places, fut rebaptisé "Stade Marcel-Saupin" en mai 1965, en hommage au président et membre fondateur du FC Nantes, décédé deux ans auparavant. Après la construction du Stade de la Beaujoire en 1984, Malakoff fut laissé à l'abandon. Laissé en l’état pendant plus de 20 ans, le stade est démoli en grande partie en août 2006.

Voici un tableau récapitulatif des capacités des stades mentionnés :

Stade Capacité
Stade de la Beaujoire 35 322 places
Stade Pascal-Laporte 2 500 places
Stade Marcel-Saupin (anciennement Malakoff) 25 000 places

tags: #stade #rugby #nantes