L’équipe de France de handball entre dans une nouvelle ère avec l'arrivée de Talant Dujshebaev, un nom qui résonne avec prestige dans le monde du handball. Après des résultats en deçà des attentes, la Fédération Française de Handball (FFHB) a annoncé un changement à la tête de l'équipe, marquant un tournant significatif pour les Bleus.
Un mois après l’élimination de l’équipe de France lors du tour principal de l’Euro 2026 de handball, Guillaume Gille a décidé de quitter son poste de sélectionneur qu’il occupait depuis janvier 2020. Guillaume Gille a annoncé ce jour, lors d’une conférence de presse organisée à la Maison du handball, son retrait de l’équipe de France.
Remplacé par l'Espagnol Talant Dujshebaev, premier sélectionneur étranger à la tête de l'équipe de France depuis 1958, Guillaume Gille (49 ans) a évoqué ensuite son avenir. Sans savoir encore ce qui l'attend. Au lendemain d'une nouvelle désillusion, avec cette 7e place lors du dernier Euro, que les Bleus avaient pourtant entamé avec l'objectif de conserver leur titre, l'ancien adjoint de Didier Dinart intronisé entraîneur en chef en pleine pandémie a décidé de tourner le dos à six saisons aux commandes des Tricolores.
La Fédération française de handball a annoncé, mardi, le départ du sélectionneur des Bleus. Il est remplacé par l’Hispano-Russe Talant Dujshebaev, technicien reconnu et seulement deuxième entraîneur étranger nommé sur le banc des Bleus. Les Bleus du handball changent de tête.
La FFHB avait placé Guillaume Gille à la tête de l’équipe de France de handball en 2020, avec en ligne de mire les Mondiaux 2029, organisés conjointement par la France et l’Allemagne. Et l’avait conforté au sortir des Jeux olympiques (JO) de Paris. L’échec à l’Euro 2026 est survenu après l’élimination douloureuse des Bleus en quarts de finale des JO de Paris, contre l’Allemagne (34-35 a.p.).
« C’est ma décision, fondée sur mon ressenti et un grand temps de réflexion, a déclaré Guillaume Gille lors d’une conférence de presse organisée au siège de la Fédération, à Créteil. Et la « fantastique aventure » avec l’équipe de France du désormais ex-sélectionneur prend fin. Il l’avait commencée comme joueur, en 1996.
Guillaume Gille, dont le contrait courait jusqu’en 2029, a également affirmé que son départ n’était pas lié directement à l’échec à l’Euro. Mais ce revers l’a conduit « pour la première fois à (se) questionner : est-ce ce que j’ai envie de faire ? La bonne place pour moi actuellement ? Il a indiqué avoir pris cette décision « en pleine conscience de [ses] responsabilités ». Elle met « un terme à cette fantastique aventure » avec l’équipe de France, commencée comme joueur en 1996.
Arrivé à la tête des Bleus le 28 janvier 2020, Guillaume Gille aura dirigé 110 matchs (85 victoires, 3 nuls et 22 défaites). Il a remporté deux titres majeurs : l’or olympique à Tokyo en 2021 et le sacre européen en Allemagne, en 2024. Guillaume Gille compte également un titre de champion d’Europe 2024. Mais l’échec des Bleus en quarts de finale des Jeux olympiques de Paris puis l’élimination en phase de groupe du dernier championnat d’Europe ont acté la fin de collaboration entre le sélectionneur et l’équipe de France.
« C’est ma décision, basée sur mon ressenti, un grand temps de réflexion », a-t-il expliqué. Il a indiqué avoir pris cette décision « en pleine conscience de (ses) responsabilités ». Elle met « un terme à cette fantastique aventure » avec l’équipe de France, commencée comme joueur en 1996.
L’ancien « costaud » aux 308 sélections était arrivé en 2020 pour prendre la succession de Didier Dinart, dont il était l’adjoint. Il avait débuté son mandat par une quatrième place aux Mondiaux mais surtout le titre olympique à Tokyo en 2021, le premier de l’équipe de France depuis 2012.
Ce changement marque également un tournant pour les Bleus puisque l’Hispano-Russe devient le deuxième sélectionneur étranger de leur histoire, le premier depuis l’Allemand Bernhard Kempa en 1958. De sa fameuse boîte à outils, le théâtral président de la fédération française de handball a sorti pour la première fois dans l’histoire des Bleus, du moins depuis 1958 et l’Allemand Bernhard Kempa, un sélectionneur étranger.
Les dirigeants de la Fédération ont opté pour Talant Dujshebaev. Véritable légende du handball, le coach espagnol (57 ans), originaire du Kirghizistan, a été meilleur joueur du monde en 1994 et 1996 avant de d’embrasser la carrière d’entraîneur. Avec brio. Il a notamment remporté la Ligue des champions à quatre reprises avec Ciudad Real (2006, 2008, 2009) puis avec le club polonais de Kielce (2016) qu’il dirige depuis 2014.
Désigné meilleur joueur du monde en 1994 et 1996, Talant Dujshebaev a été demi-centre de la sélection soviétique au début des années 1990, puis de celle de l’Espagne. Devenu entraîneur, il a remporté quatre fois la Ligue des champions avec Ciudad Real (2006, 2008, 2009) et Kielce (2016), ainsi que dix championnats nationaux.
Talant Dujshebaev a surtout remporté quatre Ligue des champions en tant qu’entraîneur avec le Cuidad Real (2006, 2008 et 2009) puis avec Kielce (2016), où il est en poste depuis 2014. Il compte déjà deux expériences en tant que sélectionneur, en Hongrie et en Pologne, sans grands résultats. À ce poste pour une nation, l’équipe de France sera donc une première pour lui à ce niveau.
Sous contrat à Kielce jusqu’en 2028, le nouveau sélectionneur des Bleus cumulera dans un premier temps les deux postes, a précisé la Fédération. Et il étrennera son nouveau costume face à son pays, l’Espagne, les 19 et 22 mars, lors de matchs amicaux. Avant sa première grosse échéance à la tête des Bleus : les barrages de qualification au Mondial 2027, où ils affronteront la République tchèque.
Talant Dujshebaev débutera son expérience sur le banc français le 19 mars prochain (20 heures) lors d’un match amical face à..Philippe Bana : « La conférence de presse de ce jour fait suite à l’EHF EURO disputé en Norvège et au Danemark et qui a vu notre équipe manquer la dernière marche vers les demi-finales ; une contre-performance pour nos Bleus. Il était nécessaire de prendre le temps de l’analyse. J’ai demandé un debriefing profond avec l’étude de toutes les solutions possibles avec Pascal Bourgeais qui a suivi de l’intérieur toute cette campagne et avec Guillaume Gille, que nous avons rencontré depuis la fin de l’Euro. Ceci a conduit au retrait de Guillaume que je remercie pour son investissement constant depuis 2020. Parallèlement, nous avons dressé le portrait-robot de l’entraineur capable de produire un électrochoc auprès d’une équipe aujourd’hui arythmique. Nous cherchions un entraineur au contact du terrain, qui a déjà managé des sélections et qui connait le chemin des grandes compétitions. Je me réjouis que Talant Dujshebaev, qui figurait en première position de ce casting, nous rejoigne.
Philippe Bana a officialisé le nom de son remplaçant qui était devenu un secret de Polichinelle : Talant Dujshebaev, actuel coach de Kielce. C'est donc bien une révolution que va connaître l'élite du handball français et la fédération au sens large en s'attachant les services d'un coach étranger.
Pascal Bourgeais : « L’objectif est de préparer la qualification pour le Mondial 2027 avec la double confrontation face à la République tchèque prévue en mai. Nous sommes aussi déjà en ordre de marche pour préparer le prochain stage qui débutera le 16 mars à la Maison du handball. Nous allons finaliser la composition du staff et notamment la nomination de l’adjoint qui accompagnera Talant pour les compétitions à venir. Yohan Delattre m’avait en effet sollicité tout début janvier pour obtenir une disponibilité de cinq mois afin de répondre à la sollicitation des dirigeants de Dunkerque. Il m’avait aussi exprimé son désir de ne pas poursuivre au-delà de l’Euro avec l’équipe de France. Son départ n’est pas consécutif au retrait de Guillaume.
Talant Dujshebaev : « C’est vraiment un honneur pour moi d’entraîner l’équipe de France. C’est même quelque chose que je souhaitais plus que tout parce que la France dispose d’une formidable génération de joueurs.Pascal Bourgeais a aussi précisé que la composition du staff serait révélée au moment de l’annonce de la sélection, quelques jours en amont du prochain stage (16 au 23 mars, match au Mans le 19 mars à 20h00 et à Ciudad Real le 22 mars à 13h00).

« On a besoin d’un électrochoc, d’un numéro 1 incontestable mondialement », a poursuivi le président de la FFHB. Et ce pour insuffler un nouvel élan aux handballeurs tricolores, forts d’une nouvelle génération brillante, mais peinant encore à se défaire des lourds fantômes des glorieuses générations passées.
« On a besoin d’un électrochoc, d’un n°1 incontestable mondialement » a souligné Philippe Bana, président de la FFHB. Il a précisé que Dujshebaev cumulerait dans un premier temps le poste de sélectionneur avec celui d’entraîneur du club polonais.
La technologie prend en effet une importance de plus en plus grande dans nos réflexions et décisions, même si nous en connaissons les limites et n’utilisons donc pas tous les outils qu’elle propose. Mais nous avons par exemple beaucoup recours aux statistiques. Avec l’évolution du tracking vidéos, on arrive aussi à générer des sortes de fiches d’identité des joueurs: En fonction de ces profils, on peut essayer d’optimiser leur placement sur le terrain. Et puis ces données nous apprennent beaucoup sur les capacités et le fonctionnement de chaque joueur. C’est un peu comme si on disait : « montre-moi comment tu bouges et je te dirai qui tu es ».
En tant que coach, j’essaie de les responsabiliser. Bien sûr, c’est le coach qui a la responsabilité finale du résultat, mais les athlètes doivent être capables d’assumer leur part. Il y a des moments, dans la construction d’un match, où le coach doit donner une direction claire, où c’est cela qui est attendu de lui.
La pression juste avant un match à enjeu doit être folle. Il faut comprendre que pour un joueur, chaque match est quasiment une histoire de vie ou de mort. Plus rien n’existe autour de nous, la seule chose qui compte est de savoir si nous sommes au rendez-vous.
Une bonne équipe, pour moi, est une équipe qui sait pourquoi elle existe. C’est un groupe d’individus qui partagent une communauté de destins et de projets. Oui, il y a toujours des joueurs qu’il faut parfois recadrer, à qui il faut rappeler qu’ils sont là pour servir un objectif plus grand qu’eux. Tous les athlètes ont des motivations personnelles, c’est normal. Il faut, justement, commencer par leurs motivations individuelles. Personnellement, je vais commencer par leur parler d’eux, de leurs talents, de leur valeur. Autrement dit tout ce pour quoi nous les avons choisis. Il faut arriver à valoriser les joueurs individuellement, avant de leur rappeler que l’équipe a besoin de leur talent spécifique.
C'est toujours difficile de perdre l'un des joueurs importants de l'équipe, quelqu'un qui représente l'histoire de ce groupe, avec beaucoup d'expérience et une grande part prise dans les aventures couronnées de succès. En même temps, c'est une nécessité de ne pas rester là-dessus et de chercher les nouveaux équilibres sans Nedim. Ce que l'on avait déjà commencé à faire puisqu'il était déjà forfait sur les matches de préparation.
Bien évidemment, il le montre très régulièrement, que ce soit avec nous ou en club (avec Nantes). Il n'y a pas de question à se poser sur sa capacité à faire. Mais aujourd'hui, la question, ce n'est pas celle du meneur de jeu, c'est comment l'équipe de France entre dans son tournoi, avec toutes nos forces vives actuelles et avec l'idée de répartir la charge sur les différentes épaules.
Pour qu'il soit réussi, il faut qu'on soit déjà arrivés en demi-finales. Mais notre objectif, c'est de gagner. On ne se cache pas derrière notre petit doigt par rapport à ça. En même temps, on s'apprête à vivre simplement la compétition la plus dense, la plus relevée. Si on comptabilise notre tour préliminaire, avec un adversaire qui joue chez lui (la Norvège), et les potentiels adversaires au tour principal (Danemark, Allemagne, Espagne, Portugal notamment), il y a une densité folle. On aura beaucoup d'obstacles à passer si on veut trouver un chemin vers le dernier carré.
C'est une équipe relativement jeune mais qui a gardé l'expérience de son ancien entraîneur (l'Espagnol Xavi Sabaté, remplacé par Daniel Kubes l'été dernier). Avec un gardien expérimenté (Tomas Mrkva), des joueurs athlétiques, des tireurs de loin, quelques débordeurs, des pivots massifs et des ailiers qui se projettent très bien. C'est une équipe équilibrée. Pour un premier match de l'Euro, ça a tout de l'adversaire un peu piège.

Les Prochaines Étapes
Les prochaines échéances de l’équipe de France sont programmées dans un peu moins d’un mois avant deux matchs amicaux contre l’Espagne (19 et 22 mars) avant les barrages de qualification au Mondial 2027, en mai, contre la République tchèque (13 et 17 mai).
| Compétition | Date | Adversaire |
|---|---|---|
| Match amical | 19 mars | Espagne |
| Match amical | 22 mars | Espagne |
| Barrages de qualification au Mondial 2027 | 13 et 17 mai | République tchèque |
Handball : polémique après la nomination de Talant Dujshebaev chez les Bleus
tags: #selectionneur #equipe #france #handball