Pour les féminines d'Issy, l'heure n'est pas à la joie depuis plusieurs mois.
Nouveau pensionnaire de la D1 Arkema en 2021-2022, le club d’Issy-les-Moulineaux a été rétrogradé en Régional 1 (4e niveau) par la DNCG sous fond de conflit et d’incompréhension avec la mairie.
C’est la descente aux enfers pour le GPSO 92 Issy. Encore en D1 Arkema lors de la saison 2021-2022, le club 100 % féminin a été rétrogradé en R1 (4e niveau) par la DNCG le 31 mai 2023.
Il passera en appel le 4 juillet mais chez les dirigeants et les licenciés (240 cette année), l’inquiétude est grande. Le déficit en comptant les fonds propres s’élève à 137 000 euros dont 67 000 euros correspondant à un litige prud’homal avec l’ancien entraîneur Yacine Guesmia (aujourd’hui à l’OM) pour lequel la décision est attendue le 11 juillet, après plusieurs reports.
Sur le terrain, l’équipe n’a pas réussi à se maintenir pour intégrer la nouvelle D2 (réduite à 12 clubs) et aurait donc dû évoluer en D3, également nouvellement créée.
« Malgré la situation budgétaire précaire qui s’annonçait, l’équipe dirigeante a pris le parti d’honorer tous ses engagements, notamment auprès de ses joueuses et de ses éducateurs, qu’ils soient contractuels ou non, assure le président David Valcke, qui a pris la suite de Christine Aubère, démissionnaire en juillet 2022. Le club n’a aucune dette au 30 mai 2023.
Après la trêve de Noël, retour sur les pelouses pour le club de football féminin isséen : le FFIssy.
Club Story #5 : Le futur au féminin avec le GPSO 92 Issy - Partie 2
Les origines du club : EuroPeru et la fondation du FFIssy
En 1997, trois sœurs d’origine péruvienne, Edith, Merlyne et Mercedes Boharquez, fans de foot, fondent l’association EuroPeru qui rassemble une vingtaine de jeunes femmes de la communauté péruvienne, en région parisienne… pour jouer au football.
En 2001, l’une d’entre elles, Corinne Mesas, prend en mains l’association EuroPeru à laquelle se joignent des Isséennes pour former le FFIssy (Foot Féminin d’Issy).
Le club va alors prendre son essor et gravir les échelons de la hiérarchie footballistique : du plus bas niveau régional à la division d’honneur régionale… jusqu’à atteindre, en 2012, la division 1 nationale !
En 2004, le club choisit un emblème « la chouette », compagne d’Athena, déesse grecque de la Sagesse et de l’Intelligence, animal sympathique et utile, elle aime se longer dans les villes pierres (allusion aux moulins d’Issy).
Dessiné par René Bouschet, l’emblème est agrémenté d’une devise latine « alti volans semper vigito » (je vole haut et demeure toujours en éveil).
En 2007, Christine Aubere, ancienne joueuse du PSG, qui avait créé à Paris le football club « Arc en Ciel » pour lutter par le sport contre les discriminations, vient prêter main forte au FFIssy. Elle en devient l’une des dirigeantes… puis la présidente en juin 2012.
Le FFIssy a une philosophie : « être sérieux sans se prendre au sérieux », qu’elle applique à travers des principes fondamentaux : l’amitié, la convivialité et la compétence.
Ainsi, un événement culturosportif est organisé en juin 2013 : le concours international de danses péruviennes au Palais des sports d’Issy-les-Moulineaux, en présence du consul du Pérou.
Créé en 1997 et exclusivement féminin depuis l’origine, le club a ouvert un nouveau chapitre de son histoire en devenant le Paris SO Cœur.
Avec plus de 300 licenciées, une nouvelle dynamique sportive et une ambition nationale, Paris SO Cœur incarne un football exclusivement féminin, structuré, innovant et ambitieux.
Margot Dumont est journaliste football à Canal +, sur la Ligue des Champions en bord terrain et aux interview & chroniqueuse pour l’émission Canal Football Club.
Joueuse du club plusieurs saisons entre 2012 et 2018, notamment en D1 et D2 féminine, Margot Dumont a spontanément accepté la proposition de devenir marraine bénévole de Paris SO Cœur.
Margot Dumont : « C’est tout d’abord un club dans lequel j’ai de très beaux souvenirs et également celui qui m’a permis d’évoluer en D1 féminine. C’est aussi un projet qui correspond totalement à ma vision du développement du football féminin, avec une organisation sportive et administrative rigoureuse, dans laquelle toutes les amatrices de football peuvent s’épanouir, sportivement et personnellement. J’ai la conviction que ce modèle, totalement pensé pour le football féminin, est le mieux adapté pour permettre son développement au niveau qu’il mérite. Trop souvent et à tous les niveaux, les sections féminines sont la variable d’ajustement des difficultés économiques et sportives des clubs mixtes ».
David Valcke, Président de Paris SO Cœur : « Je suis ravi que Margot devienne marraine du club. Elle incarne parfaitement le football au féminin par sa compétence et son professionnalisme, que tous ceux qui regardent les matches de Ligue des Champions sur Canal + connaissent. C’est aussi une ancienne joueuse du club, habituée de notre territoire et de nos installations. Je suis convaincu que son parcours, qui conjugue réussite sportive et professionnelle, sera inspirant pour nos jeunes joueuses et contribuera à faire rayonner notre projet de club 100 % féminin.
Margot Dumont interviendra auprès de toutes les catégories du club pour partager sa connaissance des enjeux du football de haut niveau.
Pour célébrer la finale de la Coupe du monde, l'EchoSport News se focalise sur le football féminin et part à la rencontre de l'ancienne joueuse Christine Aubère.
Cette semaine, notre focus met en lumière une femme accomplie et battante qui est presque née la balle au pied et qui continue à transmettre son savoir, notamment au sein du club de football féminin d’Issy les Moulineaux qu’elle préside. Notre invitée, c’est Christine Aubère.
L’ancienne joueuse de football est revenue sur son parcours, les obstacles et les avancées mais également sur son partenariat avec la Fédération Française du Sport d’Entreprise et le succès rencontré par le Critérium organisé conjointement.
Le sport en entreprise apporte un équilibre aux femmes, un bien-être mais aussi de l’assurance et une place de leader. La suite, c’est notre portrait en images.
Le 27 juin 2014, à l'occasion de la Coupe du monde de football (masculin) au Brésil, France 3, consacrait un reportage à l'essor du football féminin en France. Le sujet débutait par une séance d'entraînement de jeunes filles d'un club d'Issy-les-Moulineaux.
« Il y a deux ans [en 2012, NDLR], l’école de football comptait une quinzaine de filles seulement, elles sont aujourd’hui 85 », commentait le journaliste.
Leur entraîneur, Bruno Pennequin, ne tarissait pas d'éloges sur ses jeunes joueuses et appréciait le changement de mentalités qui permettait aux filles et aux femmes de s'approprier ce sport, longtemps réservé aux garçons et aux hommes : « Enfin les parents acceptent qu'une jeune fille puisse faire du foot ! Une fille ne porte pas forcément des jupes, elle peut être très féminine, très coquette, et aussi porter des crampons. Dans la cour de récré, la petite fille de 6, 7 ans, trouve sa place parmi ses copains. Avant, on la laissait jouer à l’élastique, à la corde à sauter, maintenant une fille qui joue au football est réclamée par les garçons à la cour de récré !
La professionnalisation du football féminin permettait alors à des joueuses d'être « payées comme des joueurs de Ligue 2 », expliquait l'agente de joueuses Sonia Souid.
En 2014, la France comptait 71 000 joueuses, mais un club sur deux ne pouvait toujours pas accueillir les petites filles, faute de bénévoles ou d’infrastructures. En 2021, selon la Fédération française de football, les joueuses étaient plus de 200 000 inscrites dans un club de foot.

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