Le Tournoi des Six Nations 2026 bat son plein, et l'équipe d'Italie se présente avec confiance pour affronter les Bleus lors de la troisième journée de la compétition de rugby. Le match se déroulera au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq (Nord).
Rarement un avant-match aura été aussi cordial. À deux jours de la rencontre du Tournoi des Six Nations entre le XV de France et celui de l’Italie, le sélectionneur des Bleus, Fabien Galthié a été invité par les journalistes à dire tout le bien qu’il pensait de son adversaire. L’ex-demi de mêlée ne s’est pas fait prier : la Squadra Azzurra est, dit-il, « capable de battre n’importe quelle équipe du Top 10 mondial » et même de « gagner » la compétition continentale.
« On le prend comme un gros compliment », lui a répondu son homologue Gonzalo Quesada, samedi, par conférence de presse interposée. « Fabien n’a pas besoin de s’enlever de la pression avec une phrase comme ça. Je pense qu’il est sincère. C’est vraiment sympa », a ajouté l’Argentin, qui partage avec le Lotois le fait d’avoir entraîné dans le Top 14, le championnat de France de rugby, et d’avoir notamment mené le Stade Français au titre.
Fabien Galthié n’est pas le premier à tresser des lauriers aux Transalpins. En novembre 2025, le sélectionneur des doubles champions du monde sud-africains, Rassie Erasmus, y était lui aussi allé de ses louanges. « Pour moi, cette équipe est sur une vraie dynamique ascendante. Elle est très sous-estimée », expliquait-il après avoir vu l’Italie offrir une belle résistante à ses troupes (32-14).

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Les Enjeux du Match
Les traditionnelles politesses qui précèdent chaque partie face à nos voisins transalpins sont teintées, cette année, d’une crainte non feinte. Vainqueurs de l’Écosse (18-15) puis passés tout près de la victoire à Dublin (20-13), les Transalpins se présentent face aux Bleus sans complexe, et même au contraire, plutôt sûrs de leurs forces.
« Depuis que je fréquente le rugby mondial, il y a un peu plus de 35 ans, il y a deux nations qui ont émergé : l’Argentine, et aujourd’hui c’est clairement l’Italie qui me semble être en train de prendre une position forte, dans le top 10. Pour moi, cette équipe peut gagner le Tournoi des 6 nations », a assuré Fabien Galthié, vendredi, après avoir dévoilé sa composition. Une façon de montrer que le XV de France prend son adversaire du week-end très au sérieux.
La Transformation de l'Équipe Italienne
Depuis que le technicien argentin Gonzalo Quesada a pris les rênes de la Squadra Azzurra en 2024, les vieux espoirs du début du siècle semblent enfin se concrétiser. Une ligne arrière talentueuse incarnée par Ange Capuozzo et le centre Tommaso Menoncello (désigné meilleur joueur de la compétition en 2024), et un paquet d’avants qui a su se hisser parmi les tout meilleurs au monde donnent à cette équipe une cohérence nouvelle.
« On a vraiment bossé sur les bases pour améliorer la conquête, la défense, la discipline et l’alternance. Pas mal de choses qu’on a mises en place commencent à se voir », s’est d’ailleurs réjoui Quesada auprès de L’Équipe cette semaine.

Le Souvenir du Nul de 2024
Après des Irlandais sur le déclin et des Gallois à l’agonie, on oserait presque affirmer que ce troisième match face à l’Italie est jusqu’ici le plus relevé pour les Bleus. Les Tricolores s’étaient bien sûr défoulés l’an dernier à Rome (73-24), vexés par leur sortie de route à Twickenham la semaine d’avant. Mais c’est bel et bien le nul du Tournoi 2024 (13-13), que Garbisi a manqué de transformer en défaite historique pour la France à la dernière seconde, qui est dans toutes les têtes à l’heure de revenir dans le Nord.
Les Forces en Présence
Prévenu, le XV de France arrive tout de même avec des armes plus affûtées que jamais. Sa puissance de feu se maintient dans ses standards (record) du Tournoi 2025, avec 45 points et 6,5 essais inscrits par match, son attaque est toujours plus imprévisible - même malgré le forfait de dernière minute de Matthieu Jalibert - et le staff tire le meilleur avantage d’un réservoir aussi dense que profond. L’Italie est prévenue.

Résumé du Match : France 33 - 8 Italie
Le XV de France a assuré l'essentiel ce dimanche à Lille en dominant l'Italie (33-8), à l'occasion de la 3e journée du Tournoi des Six Nations. Après trois essais inscrits en moins d'une demi-heure, les Tricolores ont ensuite baissé leur niveau d'intensité pendant une grosse quarantaine de minutes, mais ils ont fini par obtenir le point de bonus offensif en fin de rencontre.
Les hommes de Fabien Galthié ont inscrit 5 essais (Bielle-Biarrey, Meafou, Ramos, Dréan, Gailleton), qui s'ajoutent aux cinq plantés face à l'Irlande (36-14) et aux huit marqués au pays de Galles (12-54). Ils tournent ainsi à une moyenne de six essais par match, ce qui résume assez bien leur puissance offensive du moment.
Les Moments Clés du Match
- 4ème minute : À la retombée d'un coup de pied de pression italien, Antoine Dupont se saisit du ballon et tape aussitôt loin devant au pied pour le TGV Bielle-Biarrey qui prend tout le monde de vitesse et marque.
- 29ème minute : Une touche italienne trop longue dans le camp français est récupérée au pied par « LBB » qui dévisse mais trouve quand même Émilien Gailleton. Ce dernier traverse tout le terrain en diagonale avant de trouver Ramos au soutien.
Il leur a fallu ainsi attendre les dix dernières minutes, et une supériorité numérique consécutive à un carton jaune écopé par Lynagh (70e), pour inscrire deux essais plus collectifs et décrocher le point du bonus offensif.
Le Chiffre Clé : 18
Comme le nombre d'essais inscrits par les Bleus après trois matches dans ce Tournoi des Six Nations. À ce rythme, ils pourraient venir titiller leur record de 30 essais marqués sur l'ensemble du Tournoi de la saison dernière. Il leur reste deux matches en Écosse et contre l'Angleterre pour y parvenir.
Le Joueur : Ramos, entre ombre et lumière
Propulsé au dernier moment à l'ouverture, après le forfait de dernière minute de Matthieu Jalibert, le stratège toulousain n'a pas réalisé son meilleur match avec les Bleus. Il a commis des erreurs inhabituelles, comme cette passe à la main interceptée au milieu du terrain (10e), ce coup de pied direct en touche (12e), cette touche non trouvée sur pénalité (22e) ou encore cette tentative de relance kamikaze sous la pression italienne, qui aboutira à l'essai d'Ange Capuozzo (32e).
Mais il a quand même eu ces quelques fulgurances qui font de lui un joueur à part, au mental de fer. On pense à ce 50-22 trouvé depuis ses 30 mètres (13e), à cet essai inscrit en venant au soutien d'une percée de Gailleton, où il résiste au plaquage du dernier défenseur (29e), et à cette passe au pied pour l'essai du bonus de Gaël Dréan (72e).
