Le «ruck», terme anglais (en français «mêlée spontanée»), désigne une phase de jeu où au moins deux joueurs, un attaquant et un défenseur, luttent pour la possession du ballon dans la zone plaqueur-plaqué. On dit alors qu’ils viennent gratter le ballon. Ceux qui interviennent ensuite ne peuvent le faire qu’au niveau de la zone arrière de cette phase. On dit communément qu’ils doivent passer «par la porte».
A la différence des phases statiques classiques (mêlée, touche) et du maul, tombé en désuétude depuis vingt ans, le ruck constitue désormais le principal rendez-vous du jeu. Il y a presque dix fois plus de rucks que de mêlées en match international, d’où l’intérêt que lui portent les grandes nations. On peut même avancer, sans risque de se tromper, que le style d’une équipe, désormais, se distingue à la façon qu’elle a de gérer cette phase.
Un ruck fait suite à un placage. Le joueur plaqué doit libérer immédiatement son ballon et ne pas se coucher dessus. Une fois plaqué, il ne doit plus interagir avec le ballon.
L'arbitre annonce « Ruck ! Le rucking est l'action consistant à talonner avec ses pieds de l’avant vers l’arrière pour récupérer ou retenir le ballon au sol dans une mêlée ouverte. Le joueur qui fait le rucking ne doit jouer que le ballon et ne doit pas être coupable de jeu dangereux.
Rugby : Contest dans le ruck
L'Évolution du Ruck et les Changements de Règles
C'est en 1998, soit trois ans après l’abolition des barrières entre le rugby à quinze et à treize, que le rugby nouveau est né. Le 1er août de cette année-là, à Christchurch, lors du Tri-Nations, l’Australie bat la Nouvelle-Zélande (27-23). Les Wallabies enchaînent percussions et libérations ultra-rapides au sol pour conserver ainsi le ballon durant seize temps de jeu et trois minutes non-stop afin de déborder leur adversaire. Ce match marquera l’avènement du ruck.
En 2004, la commission des règles de l’IRB a revu la structure du ruck. Sous la présidence de l’Ecossais Bill Nolan, un aréopage composé de techniciens avait comme première consigne d’éradiquer «la guerre des étoiles» pour «éviter que tout le monde se jette partout dans les regroupements en plongeant», se souvient Pierre Villepreux.
Quel est le principal changement, rendu effectif en 2005 ? «L’obligation d’entrer par la porte, c’est-à-dire, dans l’axe du ruck et par l’arrière, raconte Villepreux. Il faut aussi rester sur ses appuis pour disputer la balle au sol, ce qui est le principe de la mêlée ouverte.»
Le ruck correspond à une phase de jeu dans laquelle un ou plusieurs joueurs de chaque équipe sur leurs pieds, physiquement au contact, entourent le ballon au sol.

Un exemple de ruck lors d'un match de rugby.
Objectifs des Changements de Règles
- Favoriser la fluidité du jeu
- Éviter les gros tas informes
- Prévenir les percussions sur joueurs au sol, qui sont dangereuses
La volonté de Word Rugby est claire : favoriser la fluidité du jeu, ainsi qu'éviter les gros tas informes et les percussions sur joueurs au sol, qui plus est dangereuses.
L’organisme World Rugby (ex International Rugby Board), qui régule la pratique du rugby dans le monde depuis 1890, a édicté pas moins de trois articles au sujet du ruck sur les vingt-deux que compte le règlement du jeu : l’article 14 pour le jeu au sol, l’article 15 pour la zone plaqueur-plaqué, et l’article 16 concernant la mêlée spontanée.
Stratégies autour du Ruck
Autant en France la touche et la mêlée sont particulièrement travaillées lors des entraînements, autant le ruck et, de façon générale, la mêlée spontanée ne sont pas souvent abordés, en tout cas pas assez. A contrario, les Anglo-Saxons, à l’exception notable des Gallois, travaillent particulièrement ce secteur de jeu, au point d’en faire leur arme favorite.

Différentes options stratégiques autour du ruck.
Didier Retière, le nouveau DTN, ancien entraîneur adjoint du XV de France entre 2008 et 2011, reconnaît aux Néo-Zélandais et aux Australiens l’art de jouer les rucks. A ses yeux, l’essentiel se situe dans la technique individuelle du porteur de balle. «Celle des Australiens est remarquable, note Retière. Ils ne vont pas à plus de trois au sol. Cette qualité est liée au porteur de balle et au premier soutien. Le troisième joueur vient juste pour consolider. Du coup, comme ils sont efficaces, ils consomment des adversaires. Il ne faut leur opposer que deux joueurs, pas davantage» au risque de se retrouver en danger.
Concrètement, le ruck sert «à donner du rythme au jeu, précise Didier Retière. Enchaîner rapidement des rucks permet de maintenir une pression offensive», à condition de ne pas se consommer en attaque. Ce rythme offensif, «on l’appelle "le momentum"». La traduction française n’existe pas. Si ce n’est que le momentum signifie «imposer un rythme pour transformer le jeu». Les Australiens et les Néo-Zélandais savent parfaitement maintenir ce momentum.
Enchaîner trois ou quatre rucks successifs oblige l’adversaire à reculer, à se replacer, à venir plaquer. Cela a pour effet de troubler son replacement défensif, créant ainsi des brèches dans lesquelles peuvent s’engouffrer les attaquants.
Le ruck sert, pour certains, à ralentir les mouvements adversaires ; pour d’autres, à accélérer le rythme d’un match pour asphyxier l’adversaire.
Les Défis et l'Arbitrage du Ruck
Un ruck mal maîtrisé peut se retourner contre son utilisateur dans le cas où il n’est pas effectué à pleine vitesse, que le ballon n’est pas bien protégé pour être libéré en moins de deux secondes une fois qu’il touche le sol, et que l’adversaire est le plus prompt pour en contester la possession. Dans ce cas, les attaquants doivent se consommer pour bien étayer le ruck et se retrouvent en infériorité numérique plein champ. Dans ce cas de figure, deux conséquences : soit risquer de perdre le ballon sur un plaquage, soit s’en séparer au pied.
Tous les acteurs du jeu doivent digérer les évolutions réglementaires du ruck. Par la subtilité des positions du corps au sol et au-dessus du porteur du ballon, la promptitude d’intervention des joueurs et la fine séparation entre ce qui est autorisé et interdit, le ruck est sans conteste la phase de jeu la plus difficile à arbitrer, puisque la plus soumise à interprétation.
Le ruck est formé à partir du moment où un joueur de chaque équipe (celui du camp du joueur plaqué et un défenseur qui cherche à récupérer le ballon) est debout.
Les arbitres sont particulièrement attentifs dès le placage : "C'est dans la phase de plaqueur-plaqué qu'il y a le plus de fautes, relève Cédric Marchat. Notamment lorsque le joueur plaqué garde le ballon au sol. Il doit le lâcher pour permettre à l'adversaire de le gratter, de le contester.
Une fois que l’arbitre a prononcé le mot «ruck», les défenseurs, s’ils ne sont pas parvenus à attraper le ballon lors de cette première phase de lutte, ne sont plus autorisés à l’arracher. D’où l’intérêt d’être le premier à mettre la main dessus. Le plaqué, lui, doit se dégager le plus loin possible du ballon afin de le laisser en jeu, et le plaqueur s’éloigner de la zone où il se trouve.
| Phase de jeu | Nombre approximatif en match international |
|---|---|
| Rucks | Beaucoup plus (presque dix fois plus) |
| Mêlées | Moins |
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