Os Lobos : L'ascension du rugby portugais et le rôle clé du capitaine Tomas Appleton

Le rugby au Portugal connaît un essor remarquable, avec une équipe nationale surnommée "Os Lobos" (Les Loups) qui gagne en reconnaissance sur la scène internationale.

Seize ans après, "los Lobos" (les Loups"), le surnom de la sélection nationale, participent au deuxième mondial de leur histoire. Cet article offre un aperçu détaillé de l'équipe nationale de rugby au Portugal, de son histoire à ses joueurs clés, en passant par sa participation à des compétitions majeures comme la Coupe du Monde de Rugby.

How did Portugal reach the Rugby World Cup 2023?

L'histoire du rugby au Portugal

L'histoire du rugby au Portugal remonte au début du XXe siècle, lorsque le sport a été introduit par des immigrants britanniques et français. Les premiers clubs de rugby portugais ont été créés à Lisbonne et à Porto. Au cours des premières décennies, le rugby portugais a connu une croissance relativement lente, mais constante. Les clubs se sont multipliés à travers le pays et le sport a commencé à se populariser.

L'Association de Rugby du Portugal (FPR - Federação Portuguesa de Rugby) a été fondée en 1927 pour réglementer le rugby dans le pays. Le rugby portugais a connu un tournant significatif dans les années 1980 et 1990. L'équipe nationale portugaise a connu des améliorations notables et a commencé à participer à des compétitions internationales.

Os Lobos : L'équipe nationale portugaise

L'équipe du Portugal, affectueusement surnommée "Os Lobos", incarne un rugby de mouvement et de vitesse. Ce surnom, "Les Loups", est un clin d'œil à la faune locale, rappelant les quelque 300 loups ibériques (Canis lupus signatus) qui subsistent dans le nord du pays.

Bien que les Portugais n’aient jamais remporté de match en Coupe du Monde, ils ont participé à quatre éditions, dont celle de 2007 où ils ont affronté des équipes comme l'Écosse, la Nouvelle-Zélande, l'Italie et la Roumanie. Lors de la Coupe du Monde de Rugby 2023, l'objectif principal des Loups est de remporter leur premier match dans cette compétition. Pour se qualifier pour le Mondial, le Portugal a dû passer par le tournoi de Dubaï, où il a battu Hongkong et le Kenya, et a fait match nul contre les États-Unis.

Le rôle de Patrice Lagisquet

Celui-ci est arrivé grâce à Patrice Lagisquet. En 2019, le vice-champion du monde 1987 en tant que joueur avec le XV de France et triple champion de France avec Biarritz en tant qu'entraîneur (2002, 2005 et 2006) propose ses services à la Fédération portugaise.

"Dès le début, on avait en filigrane la possibilité de se qualifier pour cette Coupe du monde, racontait-il sur Stade 2, en février. C'est peut-être ma dernière aventure dans le rugby, ça peut être un challenge vraiment sympa."

Pour réussir son pari, Patrice Lagisquet (46 sélections en équipe de France) a puisé dans sa double culture. "L'idée est de se servir de la richesse du rugby portugais, qui est très créatif, orienté sur la prise d'initiative et en même temps aller chercher les forces du rugby français : conquête, mauls, mêlées", détaillait-il dans Stade 2.

Lagisquet ne "[veut] pas que ce soit juste un passage comme ça, pour faire un coup". "L'idée est de faire évoluer la culture de jeu du rugby portugais et participer à une évolution vers de nouvelles ambitions", détaillait-il.

Tomas Appleton : Capitaine emblématique

Symbole absolu de ce Portugal à deux vitesses, Tomas Appleton. À côté de son poste de capitaine des Loups et des Lusitanos XV (la franchise portugaise de la Rugby Europe Super Cup), le trois-quart polyvalent dirige son propre cabinet de dentiste à Lisbonne. Titulaire de deux maîtrises en chirurgie orale et implantologie, le joueur de 30 ans tout juste se met aussi à étudier la médecine, faute de revenus grâce au rugby.

« Le rugby ne paie pas les factures au Portugal », rappelle-t-il dans un entretien au quotidien britannique The Guardian. Titulaire au Centro Desportivo Universiatrio Lisboa (CDUL), cinquième du championnat portugais la saison passée, Tomas Appleton ne peut qu’évoluer à temps partiel avec son club dans un championnat national composé à 90 % d’amateurs.

Une double vie

C’est donc tout une double vie qu’il faut organiser. « Le plus important, c’est la gestion du temps. J’ai toujours vécu avec ça, à l’école, et au rugby, où j’ai commencé à jouer à 6 ans. Que ce soit au niveau de mes études ou du rugby, cela a été à chaque fois plus difficile. Mais on est habitués », confie-t-il dans les colonnes de Sud Ouest.

Sans plus jamais retrouver ce haut niveau, Tomas Appleton a fait ses armes au pays jusqu’à devenir l’un des hommes forts du sélectionneur français Patrice Lagisquet. « C’est une belle personnalité. Il a du charisme, il est emblématique, et il a du talent sur tous les plans. Et puis il me renvoie à l’époque de mon propre amateurisme, quand j’ai commencé. J’arrive à faire le lien, à comprendre ces problématiques », raconte l’entraîneur français, toujours pour Sud Ouest.

Composition de l'équipe du Portugal pour la Coupe du Monde de Rugby 2023

Voici la composition de l'équipe du Portugal pour la Coupe du Monde de Rugby 2023 :

  • Avants : Anthony Alvès, Martim Belo, Francisco Bruno, Lionel Campergue, Steevy Cerqueira, David Costa, Duarte Diniz, Diogo Hasse Ferreira, Francisco Fernandes, Thibault de Freitas, Joao Granate, Antonio Machado Santos, José Madeira, Nicolas Martins, Manuel Picao, Rafael Simoes, Mike Tadjer, Duarte Torgal, David Wallis.
  • Arrières : Tomas Appleton (capitaine), Joao Belo, Simao Bento, Pedro Bettencourt, José Lima, Pedro Lucas, Samuel Marques, Rodrigo Marta, Joris Moura, Vincent Pinto, Manuel Cardoso Pinto, Jeronimo Portela, Nuno Sousa Guedes, Raffaele Storti.

Les défis et perspectives du rugby portugais

Le rugby au Portugal, bien que prometteur, fait face à des défis importants. Le développement des infrastructures, l'augmentation du nombre de joueurs et l'amélioration de la professionnalisation des clubs sont autant de domaines où des efforts doivent être faits. Cependant, avec une équipe nationale de plus en plus compétitive et un intérêt croissant pour ce sport, l'avenir du rugby portugais s'annonce radieux.

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