Plus personne n’arrête San Antonio. Quelles que soient les situations, l’adversaire ou le profil de la rencontre, la franchise texane finit par l’emporter. Elle a décroché sa dixième victoire de rang mercredi soir contre Toronto (107-110).
Ils sont tellement habitués à gagner qu’ils ne savent plus comment s’y prendre pour perdre. Les Spurs ont engrangé cette nuit à Toronto une 10e victoire consécutive (110-107), leur 42e de la saison, alors qu’ils ont à peu près tout fait à l’envers. À 30 secondes de la fin du 3e quart-temps, ils étaient encore menés de 15 points.
San Antonio a fait la belle opération de la nuit, mercredi en NBA. Les Spurs et Victor Wembanyama (12 points, 8 rebonds, 5 contres en 30 minutes) ont décroché à Toronto (110-107) leur dixième succès d'affilée et poursuivent, sur les routes de l'Est, une série de victoires sans tache en février.
Les Spurs ont paru à côté de leurs pompes, physiquement et mentalement. Ils ont eu du mal à rentrer dans leur partie et Victor Wembanyama n’est pas sorti du lot (12 points, 8 rebonds, 5 contres, 3 passes au final). Le Français a expliqué cette méforme par le contre-coup du All Star Game.
« Je dois arriver à mieux suivre ma routine, à dormir davantage, a-t-il déclaré après la rencontre. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. C’est vrai, je n’étais pas en forme aujourd’hui. » Il n’a inscrit son premier panier de la soirée… qu’en début de seconde mi-temps. Il s’est un peu rattrapé en fin de match. Comme l’ensemble de ses coéquipiers, il a attendu le quatrième quart-temps pour se réveiller.
Les Spurs ont dû trouver des solutions offensives pour compenser le soir sans de Victor Wembanyama en attaque. Le Français a manqué 9 de ses 12 tentatives, même s’il s’est rattrapé en défense en captant 8 rebonds et surtout en bloquant encore 5 tirs ! Son différentiel de +19 témoigne en partie de son impact sur le jeu.
« La saison est longue, et on doit continuer à trouver des moyens de gagner, de contrôler nos matchs pour ne pas se laisser affecter par les événements et les échecs, a estimé l’entraîneur Mitch Johnson après-coup. On a fait du bon boulot de ce côté-là, et on a su se sortir d’une soirée difficile. »
Les Spurs ont ensuite cafouillé leurs lancers-francs (2 sur 8 pour Fox dans l’exercice), Wemby en a aussi laissé un en route dans les dernières secondes (5 sur 6 pour lui hier soir), mais même sans vraiment rien faire pour, les Spurs sont repartis du Canada avec la victoire.
Encore une fois, Toronto s’est bien battu et n’est pas passé loin d’empocher la victoire, mais San Antonio a fait parler sa force de caractère pour repartir de l’Ontario avec le sourire (110-107). Pourtant, ce n’était pas le meilleur match des Spurs qui, à l’image de Victor Wembanyama (12 points, 8 rebonds et 5 contres, mais à 3/12 au shoot dont 1/6 à 3-points), ont parfois peiné en attaque. Sauf que cette équipe de San Antonio a de la ressource, en ayant surtout confiance en son collectif.
Ainsi, même si « Wemby » n’a pas montré son meilleur visage, Mitch Johnson a pu s’appuyer sur Devin Vassell, De’Aaron Fox, Dylan Harper, Stephon Castle ou Julian Champagnie pour relancer la machine dans le dernier acte. Victor Wembanyama, toujours si précieux en défense avec son envergure, n’a pas manqué de se distinguer avec plusieurs contres dans le « money-time », dont un sans sauter sur Collin Murray-Boyles puis un énorme sur Jakob Poeltl dans la dernière minute.
Il n’ont péniblement réussi qu’un peu plus de la moitié de leur lancers-francs (13 sur 23), ce qui aurait pu leur coûter la victoire en fin de match si Toronto avait été plus adroit. Stephon Castle, pourtant brillant tout au long de la saison, a même été… largement trop court sur un de ses lancers-francs.
Mais San Antonio semble habité d’une force implacable, cette saison. Et le talent est tellement bien réparti autour de leur star française Victor Wembanyama qu’ils arrivent à se sortir de toutes les situations, même les plus compliquées.
Le match a pourtant été serré. San Antonio a fait la différence dans les 12 dernières minutes en profitant des 8 tirs consécutifs ratés par Toronto au début du quatrième quart-temps. Wembanyama a lui contré une tentative cruciale de Poeltl dans la dernière minute.
Devin Vassell a inscrit 21 points, De’Aaron Fox 20 et Dylan Harper en a ajouté 15 avec 7 passes en sortie de banc. Les Spurs sont désormais tout près de la première place de la Conférence Ouest et ils peuvent encore terminer la saison avec le meilleur bilan NBA.
Simultanément, dans le gros choc de la soirée, entre les deux leaders de Conférence, Detroit et Oklahoma City, le champion en titre a chuté (124-116) dans la salle des Pistons et perd donc du terrain dans la course à la pole position à l'Ouest, les Texans se rapprochant à trois victoires et deux matches en moins, à un mois et demi de la fin de la saison régulière.
Après un succès de haute lutte lundi à Detroit (114-103), les Spurs sont encore sortis vainqueurs d'un gros combat dans l'Ontario. Ils ont bataillé jusqu'à la dernière seconde puisque Brandon Ingram (20 points, 11 rebonds) a eu le tir de l'égalisation au bout des doigts, sur une ultime remise en jeu de Sandro Mamukelashvili, l'ancien Spur.

Dans un jeu d'écran, Ingram a réussi à semer Wembanyama. Et a pu recevoir la balle dans de bonnes conditions à l'angle zéro derrière la ligne à 7,23 m. Mais il a dévissé son tir qui a tapé la tranche du cercle. Le Français a saisi le rebond avec trois secondes au chrono et San Antonio a pu savourer un dixième succès de suite, une série que n'avait plus connue la franchise depuis 2016.
Avec leur leader en souffrance en attaque (3 sur 12 aux tirs, 1 sur 6 à trois points), les Spurs étaient pointés à 15 longueurs (90-75) en fin de troisième quart-temps, après un joli run des Raptors (21-9).
Encore à dix unités au début de la dernière période, ils ont laissé Toronto rater huit tirs de suite pour emmener les coéquipiers de Scottie Barnes (15 points) dans un money time brûlant. Luke Kornet a donné l'avantage à San Antonio (93-92) après un 18-2 à cheval sur les deux quart-temps. De'Aaron Fox a aussi participé à l'emprise texane dans le dernier quart (8 points pour 20 au final).
Et Victor Wembanyama a enfin pu s'illustrer en attaque avec deux passes décisives à destination de Julian Champagnie et un tir à trois points, le seul de son match, pour prendre deux possessions d'avance à un peu moins de quatre minutes de la fin.
Mais malgré un contre, pieds au sol, du Français sur Jakob Poeltl dans la dernière minute, Toronto n'a pas lâché et a maintenu ses chances jusqu'au bout. Au jeu des lancers francs, les Spurs ont manqué l'occasion de tuer la rencontre une bonne fois pour toutes avec quatre échecs sur six tentatives (13 sur 23 au final) dans les vingt dernières secondes.
Wembanyama a néanmoins réussi un lancer sur deux pour donner trois points d'avance (110-107) qui allaient s'avérer définitifs après l'échec de Brandon Ingram.
À Brooklyn jeudi et au Madison Square Garden dimanche, avec 58 % de réussite dans le dernier quart-temps et un Devin Vassell, de nouveau incisif (21 points, 5 sur 6 à trois points) après son gros match à Detroit (28 points), San Antonio a démontré qu'il développait un collectif ultra-solide à l'heure du sprint final vers la meilleure position en play-offs et pouvait, parfois, se passer de l'apport offensif de Victor Wembanyama.
Un prochain gros rendez-vous attend les Spurs dimanche au Madison Square Garden face à New York, après un court détour à Brooklyn la nuit prochaine.
Voici un tableau récapitulatif des statistiques clés du match :
| Équipe | Points | Tirs réussis | Rebonds | Passes décisives | Contres |
|---|---|---|---|---|---|
| Toronto Raptors | 107 | 38/90 | 50 | 17 | 4 |
| San Antonio Spurs | 110 | 40/86 | 40 | 28 | 5 |
Les joueurs :
Cunningham et Duren prennent le dessus sur un Thunder très diminué. Les Pistons ont repris la première place en NBA en s’imposant contre le Thunder (124-116). En face, Cade Cunningham et Jalen Duren, les deux All-Stars de Detroit, ont pris leurs responsabilités en postant respectivement 29 points et 13 passes pour le meneur et 29 points et 15 rebonds pour le pivot.
La série :
5 victoires en 6 matches pour Milwaukee. Nettement moins attendus depuis la deadline, probablement soulagés par le fait que Giannis Antetokounmpo n’a pas (encore ?) été transféré, les Bucks se lâchent et ils ont enchaîné un cinquième succès en six matches. Milwaukee a battu une autre équipe en forme, Cleveland, la nuit dernière (118-116). Le groupe de Doc Rivers paraît moins sous pression et les joueurs sont plus libérés, à l’image de Kevin Porter Jr (20 pts) et Ryan Rollins (18).
La performance :
Alperen Sengun détruit les Kings. Houston a facilement battu Sacramento (128-97) avec un triple-double d’Alperen Sengun : 26 points, 13 rebonds et 11 passes pour le pivot turc. Reed Sheppard a ajouté 28 points pour Houston.
La stat :
9 Comme le nombre de points minimum inscrits par un joueur des Warriors lors de la victoire contre les Grizzlies la nuit dernière (112-133). Ils sont aussi 9 à avoir atteint la barre des 10 unités. Le basket collectif de Golden State a fait la différence contre une équipe de Memphis pas vraiment déterminée à défendre. Les hommes de Steve Kerr ont distribué 37 passes décisives sur leurs 49 paniers. Le rookie Will Richard a marqué 21 points.