Le Football en République Dominicaine : Une Histoire en Devenir

En République Dominicaine, le sport roi est sans conteste le baseball. Cependant, le football gagne du terrain, porté par une diaspora active et une volonté de développer le sport sur l'île. Cet article explore l'histoire du football en République Dominicaine, son contexte social, les figures marquantes et les villes clés.

Le Baseball : Un Roi Incontesté

La « Rep Dom », comme on l'appelle affectueusement, est avant tout la patrie du baseball. Bien plus que le football ou toute autre pratique sportive, cette discipline est une vraie passion. Pour les Français, peu familiers avec le baseball, il est surprenant de voir ce sport dominer en République Dominicaine.

Les historiens du sport débattent encore de l'introduction du baseball dans l'île. Certains avancent 1894, avec des Cubains exilés qui auraient importé ce sport. D'autres pointent du doigt les frères cubains Ignacio et Ubaldo Alomá. Quelle que soit son origine, le baseball a pris de l'ampleur dans les années 1940, sous l'influence du dictateur Rafael Trujillo. Dans les années 1950, la Ligue de baseball professionnelle de République dominicaine (LIDOM) a été créée, structurant ainsi le sport.

Aujourd'hui, le baseball est le sport numéro un du pays. Il représente pour certains jeunes l'espoir d'une vie meilleure, à l'instar des joueurs dominicains ayant réussi à faire carrière aux États-Unis. La saison de baseball s'étend de mi-octobre à fin janvier. La République dominicaine est le premier « fournisseur » de joueurs étrangers de la ligue américaine MLB. Au quotidien, beaucoup de Dominicains jouent dans la rue, les champs de canne à sucre, les terrains vagues, avec l'espoir d'être repérés et d'intégrer une équipe.

L'Ascension du Football : Un Long Chemin

Tournée vers les États-Unis depuis son indépendance au XIXe siècle, la République dominicaine adopte les pratiques sportives américaines. « En République dominicaine, le football est encore marginal, assure Elihú Castillo, journaliste sportif pour le média local Doce Pasión. Il passe après le volley, le basket, et surtout le baseball ».

En raison de cette désaffection, le ballon rond doit longtemps se résoudre à n’être qu’un sport amateur dans le pays et il faut attendre 2015 pour qu’y soit créée une première ligue professionnelle. Bien qu’elle permette d’améliorer le niveau local, elle ne compte pas de clubs aussi compétents qu’à Madrid, Orlando ou Hoffenheim. Grâce à l’émigration massive de Dominicains vers l’Espagne ou les États-Unis, notre équipe peut profiter de joueurs disposant d’une formation optimale, bien meilleure que sur l’île.

Qualifiée pour la première fois de son histoire aux Jeux olympiques, la République dominicaine aura fort à faire pour espérer atteindre le tour suivant. Avec sa 150e place au classement FIFA, elle est la moins bien classée des seize équipes engagées à Paris. Pour rattraper au mieux et au plus vite le retard accumulé vis-à-vis de l’Europe ou de l’Amérique du Nord, la fédération dominicaine s’est tournée vers sa diaspora.

L’ailier droit de Getafe Peter González, son pendant à gauche Óscar Ureña ou encore le jeune défenseur madrilène Edgar Pujol sont tous nés en Espagne et y ont été formés. Tous les trois défendent aussi les couleurs dominicaines pour la première fois à Paris.

Rony Beard, longtemps international dominicain, est devenu l’incarnation du projet des Quisqueyanos. Résidant toujours en Espagne, le directeur sportif de la sélection olympique est aussi en charge de la prospection de la fédération à l’étranger. « Grâce à l’émigration massive de Dominicains vers l’Espagne ou les États-Unis, notre équipe peut profiter de joueurs disposant d’une formation optimale, bien meilleure que sur l’île », se satisfait-il.

« Beaucoup de joueurs ont des coutumes différentes, admet Elihú Castillo. Mais le Dominicain est ouvert aux étrangers alors ça se passe très bien avec les binationaux, qu’ils soient natifs ou non de l’île ».

Pour preuve, la fédération a même nommé Ibai Gomez comme sélectionneur de ses U23. Pur produit du football basque où il a effectué la majeure partie de sa carrière de joueur, il s’est reconverti comme un entraîneur adepte de Marcelo Bielsa. « Par sa connaissance du foot espagnol, Ibai Gomez a été fondamental pour convaincre certains joueurs de notre projet », témoigne Rony Beard.

Pour éviter d’avoir à faire le tour du monde pour trouver des joueurs prêts à défendre les couleurs des Quisqueyanos, la fédération dominicaine tente d’élever le niveau sur l’île. Après les premier pas d’une ligue professionnelle, l’île a accueilli plusieurs académies comme la Barça Escola ou la DV7, l’école de foot de David Villa, toutes deux à Saint-Domingue.

« Le niveau local s’améliore d’année en année, assure Elihú Castillo, mais le football dominicain a encore de grosses lacunes tactiques ». Pour compenser ce manque, la sélection semble encore dépendante de ses binationaux. « On veut le meilleur pour la sélection et selon nous, tout Dominicain a le droit de la représenter, peu importe là où il est né », juge Rony Beard.

Pour le tiers d’internationaux dominicains nés en Espagne, la rencontre face à la Roja aura une saveur particulière. En cas de succès, ils pourraient motiver d’autres binationaux à préférer la sélection caribéenne à l’ibérique.

Démographie et Contexte Social

En 2017, la population de la République Dominicaine était estimée à 10 734 247 habitants, avec une densité moyenne de 217 habitants par km². Le pays est un mélange de cultures, avec une population principalement créolophone et des influences amérindiennes, africaines, asiatiques, françaises et américaines.

Une part importante de la population émigre vers les États-Unis, laissant souvent leurs enfants à leurs parents et envoyant régulièrement de l’argent pour subvenir à leurs besoins. L'accès à l'éducation reste faible et déséquilibré au détriment des filles. La religion catholique est prédominante, bien que l'on observe un nombre croissant de personnes sans religion.

Le carnaval est la fête la plus populaire, célébrée en février et pendant la semaine de Pâques. Les festivités explosent un peu partout, avec des traditions variées selon les régions. Par exemple, le Guloya de San Pedro de Macoris est une tradition du XIXe siècle importée par les immigrés britanniques, tandis que la Tumba francesa est un héritage des colons.

Spécialités Culinaires et Boissons

La cuisine est une affaire sérieuse en République Dominicaine. Les plats traditionnels incluent le pico pollo (poulet frit avec des bananes frites) et les chicarones (couenne de porc marinée). Goûter aux fruits et légumes locaux est une expérience incontournable. La bière Presidente est la boisson locale la plus populaire, et le rhum est un incontournable pour les amateurs.

Villes Principales

Voici un aperçu de quelques-unes des villes les plus importantes de la République Dominicaine :

  • Saint-Domingue : La capitale, fondée en 1496, est la plus ancienne ville européenne des Amériques. Elle abrite des sites historiques classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.
  • La Romana : Connue pour le complexe Casa de Campo et les excursions vers les îles de Catalina et Saona.
  • Puerto Plata : Ville portuaire avec des stations balnéaires populaires comme Costa Dorada et Playa Dorada.
  • Las Terrenas : Ancien village de pêcheurs devenu une destination touristique prisée, notamment par les Européens.
  • Higüey : Ville dynamique avec une économie basée sur la pêche, l'agriculture et le tourisme.
  • Santiago de los Caballeros : La deuxième ville la plus peuplée, située au cœur de la vallée du Cibao.
  • Punta Cana : La principale station balnéaire de l'île, réputée pour ses plages magnifiques et sa végétation luxuriante.

Quand Partir en République Dominicaine ?

Le climat tropical de la République Dominicaine est agréable toute l'année, avec des températures oscillant entre 25 et 30°C le jour et autour de 20°C la nuit. La température de l'eau varie de 26 à 28°C. Il est conseillé de se munir de chapeau, de lunettes de soleil et de bonnes chaussures pour les visites et randonnées.

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