L’annonce d’une expansion de deux équipes en 2025 sur le circuit PWHL simultanément à celle d’un match organisé à Québec a fait monter en température l’idée du retour du hockey « professionnel » dans la capitale de la Belle Province. Et le dossier de Québec a bon nombre d’arguments pour faire revivre la flamme.

Un passé glorieux marqué par Guy Lafleur
Guy Damien Lafleur, né le 20 septembre 1951 à Thurso et mort le vendredi 22 avril 2022, est un joueur professionnel de hockey sur glace, surnommé le « Démon blond » ou « Flower » par ses coéquipiers. Il fait ses débuts dans la LHJMQ lors de la saison 1969-1970, première saison de la ligue et du club. Au terme de la saison régulière, Guy Lafleur compte 170 points décomposés en 103 buts et 67 aides, deuxième meilleur pointeur de la saison avec quatre points de moins que Luc Simard des Ducs de Trois-Rivières.
L’équipe termine en tête du classement puis passe les différentes rondes des séries éliminatoires battant tour à tour les Rangers de Drummondville, les Eperviers de Sorel puis le Alouette de Saint-Jérôme pour la finale de la Coupe du Président en ne concédant que trois matchs sur quinze joués et aucun match en finale. Lors des quinze matchs joués durant les séries, Guy Lafleur finit meilleur pointeur avec 43 points.
Guy Lafleur commence la saison suivante en tant que capitaine de l’équipe et il guide les siens à une nouvelle première place de la saison régulière. Guy Lafleur , Michel Brière Note et André Savard briguent les trois premières places des meilleurs pointeurs avec respectivement 209, 144 et 139 réalisations, Guy Lafleur recevant le trophée Jean Béliveau du meilleur pointeur de la ligue.
La marque des 130 buts restera le record du nombre de buts sur une saison qui ne sera battu qu’en 1983-1984 par Mario Limieux qui inscrit 133 buts. Les Remparts sont sacrés meilleure équipe de l’Est mais remportent également par la même occasion la Coupe de Memorial 1971.
Il grandit en voyant toutes les rencontres des Canadiens de Montréal de la Ligue nationale de Hocky (LNH) à la télévision et admire alors Jean Béliveau numéro 4 des Canadiens. Il fait ses débuts avec les Quebec Canadian Tire au sein de l’association de hockey du Québec, en 1966-1967, puis il rejoint les As de Québec Jr au cours de la même saison.
Il y joue pendant trois saisons avant de rejoindre la toute nouvelle Ligue de hockey junior majeur du Québec et les Remparts de Québec dirigée par Maurice Filion. Le trophée remis par la Ligue de hockey junior majeur du Québec au meilleur joueur des séries éliminatoires au porte le nom de « trophée Guy Lafleur ».

Un match insolite dans la LHJMQ
Un hockeyeur québécois a vécu un match un peu spécial. Il l'a commencé dans une équipe, avant de le terminer dans l'autre. Il s'appelle Pier-Olivier Lacombe, il a 19 ans, et il est québecois. Il évolue dans la prestigieuse ligue junior majeur du Québec - c'est un peu l'antichambre de la grande Ligue nationale de Hockey - la NHL, qui recrute bon nombre de ses meilleurs jeunes dans cette ligue. Et Pier-Olivier Lacombe a vécu un match un peu spécial, il y a quelques jours.
Le 4 novembre dernier, Pier-Olivier Lacombe et son équipe des Olympiques de Gatineau - sur la rive québecoise d'Ottawa - recevaient les Remparts de Québec. Il restait un peu plus de 21 minutes à jouer. Pier-Olivier et les Olympiques étaient menés 2 buts à 1. Et là... le blackout ! Panne de courant. Impossible de reprendre le match. La ligue décide alors de jouer les minutes restantes un autre jour, en l'occurence, la semaine dernière.
Mais entre temps, Pier-Olivier Lacombe.... a changé de camp ! Il a été transféré pendant les fêtes aux Remparts de Québec, et le revoilà sur la glace, dans l'équipe d'en face, pour terminer un match qu'il était en train de perdre deux mois plus tôt. Du coup, il a gagné, 4 buts à 2. Pier-Olivier Lacombe n'a pas marqué, mais il a tiré cinq fois au but : trois fois avec Gatineau, et deux fois avec Québec.
Le traumatisme du départ des Nordiques
L'Avalanche du Colorado revêt de nouveau le chandail des Nordiques
25 mai 1995. Cette date résonne encore tristement dans les mémoires de la Ville de Québec : l’officialisation du déménagement des Nordiques vers le Colorado pour devenir l’Avalanche. Alors que les « Fleurdelysés » avaient réalisé une excellente saison NHL, premiers de la conférence est avant de s’incliner en playoffs face aux Rangers champions sortants, c’est toute une ville qui a subi un coup de massue.
Les Nordiques avaient fait les frais d’un contexte économique difficile, le dollar américain était en forte hausse, les joueurs et les gros marchés étaient sortis gagnants du lock-out qui a précédé la saison. Les Québécois perdaient alors un fleuron de leur sport national, un symbole du Canada francophone et de l’alternative à Montréal. Le triomphe un an plus tard des ex-Nordiques devenus Avalanche qui brandissaient la Coupe Stanley a élargi une cicatrice béante.

Québec candidate malheureuse à la NHL
Québec est devenue candidate pour réintégrer le circuit en 2015, seule face à… Vegas, qui a remporté la mise. Gary Bettman et la ligue ont préféré le dossier des Golden Knights… puis Seattle. Bettman avait alors annoncé que Québec n’était pas un point d’intérêt, et que la situation géographique de Vegas et Seattle permettait d’équilibrer les deux conférences, la relocalisation des Coyotes dans l’Utah l’a ensuite corroboré.
Le coût d’une nouvelle franchise a également refroidi les investisseurs de la Belle Province. Le montant des droits d’entrée en NHL pour les Vegas Golden Knights s’élevait à près de 500 millions de dollars, 650 millions pour Seattle. Québec a bien accueilli deux rencontres des Kings de Los Angeles en pré-saison mais l’événement a vu son image écornée. Leur venue a fait débat car elle a fait l’objet de subventions publiques.
L'espoir renaît avec la PWHL
Dix ans après son inauguration, le Centre Vidéotron de Québec ouvrira donc ses portes à un match PWHL sur « glace neutre » en accueillant la Victoire de Montréal et l’Ottawa Charge le 19 janvier prochain. L’enceinte attend toujours d’accueillir une équipe « professionnelle ».
Malgré un bassin de population moins important que les grandes villes américaines, estimé à 800 000 habitants dans l’agglomération, Québec demeure un vivier de connaisseurs, en témoignent les plus de 9000 personnes qui assistent régulièrement aux matchs de l’équipe junior des Remparts. Et la vente des tickets pour la rencontre PWHL est un véritable coup de force : 17 000 places ont été réservées en deux jours !
Cela signifie que l’affluence devrait atteindre les guichets fermés, soit 18 259 spectateurs, ce serait alors plus que les deux matchs des Kings de Los Angeles qui se sont joués devant 17 320 et 17 334 personnes. L’arène est l’une des exigences de la PWHL en vue de l’expansion. Et il y en d’autres que Québec remplit. Le Canada connaît déjà un contexte économique plus favorable qu’en 1995.
Le dossier de Québec a en plus l’appui d’un allié de poids. Québecor, géant des médias et des télécommunications, est gestionnaire du Centre Vidéotron. Martin Tremblay, qui est président d’une des filiales de Québecor, Gestev, a indiqué à Radio Canada que les représentants de la PWHL avaient visité les installations du Centre Vidéotron durant l’été.
Hormis les partenaires financiers, le dossier PWHL de Québec a également le soutien des élus locaux. Une personnalité est d’ailleurs au centre de ce dossier. Jackie Smith est une élue du district de Limoilou, l’un des six arrondissements de Québec, elle est cheffe du parti Transition Québec et future candidate aux élections municipales.
Smith est une enthousiaste de ce projet, elle s’est impliquée sur la tenue du match le 19 janvier tout en ayant à l’esprit qu’il pourrait servir de rampe de lancement. Jackie Smith travaille sur le dossier de candidature depuis des mois avec toute une équipe autour d’elle, et elle est en lien avec le maire actuel, Bruno Marchand. « La communauté est prête et le marché est là, c’est ça, la démonstration à faire » a martelé Jackie Smith.
Le projet a le soutien des élues, l’intérêt de partenaires économiques, et le soutien des joueuses originaires de la capitale de la Belle Province. La gardienne superstar de Montréal Ann-Renée Desbiens, qui a été formée dans les environs, n’a pas été choisie au hasard pour être l’une des porte-paroles à l’annonce du match au Centre Vidéotron.
L’un des critères qui est retenu par la PWHL est l’existence d’un niveau amateur de hockey féminin. Ottawa, Toronto et Montréal ont tour à tour affiché des records, jusqu’au record absolu du Centre Bell avec ses 21 105 spectateurs le 20 avril dernier. L’exposition médiatique est en plus potentiellement importante avec deux grands quotidiens implantés à Québec, le Soleil et le Journal de Québec.
À ce titre, Détroit, avec sa situation géographique et qui a établi un record d’affluence pour une ligue féminine de hockey sur le sol américain le 16 mars dernier avec 13 736 spectateurs, sera en position de force. Québec a toutefois, vous l’aurez constaté, beaucoup d’atouts dans sa manche.
La création d’une équipe PWHL permettrait également d’instaurer de nouveau la rivalité sportive Québec / Montréal, qui a connu son apogée en NHL de 1979 et 1995. La PWHL a une occasion en or de pouvoir capitaliser sur l’histoire et le puissance de cette rivalité déchue mais jamais oubliée.