La Draft NBA pourrait avoir un fort accent français avec plusieurs tricolores attendus au premier tour. Parmi ces prospects, Maxime Raynaud se distingue par son parcours atypique et son potentiel prometteur.

Un parcours atypique
Avant de se consacrer au basket, Maxime Raynaud a commencé par la natation en Île de France. Le basket a pris une place importante dans sa vie vers l'âge de 10 ans. Déjà grand pour son âge, il a fréquenté le Paris Université Club, le Eiffel Basket Club et le Saint-Charles Charenton Basket.
Doué sur les parquets et à l'école, Maxime Raynaud a mené une vie bien remplie entre les entraînements et les cours au prestigieux Lycée Henri-IV à Paris. Après une médaille d'argent aux Championnats d'Europe U16 2019, il a retrouvé Victor Wembanyama au centre de formation de Nanterre en 2020. Les deux géants étaient voisins de palier et ont fait la pré-saison de l'équipe professionnelle ensemble.
Raynaud, c'est aussi le quatrième joueur sur la vidéo d'entraînement de Victor Wembanyama, Rudy Gobert et Vincent Poirier qui a fait le tour du monde en 2020. Le pivot était moins célèbre que les trois autres à l'époque, mais son tour est venu.
Ne parvenant pas à choisir entre les études et le sport, il a décidé de rejoindre l'Université de Stanford, qui offre un cadre de vie idéal au milieu des palmiers californiens, une équipe de basketball en Division I NCAA et l'une des facs les plus réputées du monde sur le plan académique. Les débouchés espérés ? La NBA ou la NASA.
L'été, Maxime ne rate pas un rendez-vous en bleu. En 2023, il a fait partie des leaders du groupe sacré champion d'Europe U20. En 2024, Vincent Collet l'a appelé comme sparring-partner avant les Jeux olympiques de Paris. Une expérience marquante qui lui a fait franchir un nouveau pallier.
Un joueur dominant en NCAA
À son retour aux États-Unis, il est devenu la pierre angulaire de l'équipe du Cardinal. Cette fois, c'est le grand saut et il n'y a pas de retour en arrière possible.
Qu'il soit dans un bon ou dans un mauvais jour, Maxime Raynaud garantit son lot de rebonds à la franchise qui aura décidé de lui faire confiance. Vrai seven-footer (il a été mesuré à 2,14 m sans chaussures au Draft Combine), il sait où se placer pour aspirer les ballons sous le panier. On parle d'une machine à double-double qui a dominé la NCAA dans cette catégorie statistique avec 25 « 10-10 » enregistrés en 35 matchs cette saison.
Quand on associe la taille et le QI basket, ça donne un rebondeur élite (9è du pays la saison dernière, 10,1 prises de moyenne par match sur ses deux dernières années à Stanford). C'est d'ailleurs de l'autre côté du terrain que Raynaud a le plus de qualités à faire valoir pour draguer les scouts NBA. Malgré les prises à deux systématiques lors de sa saison senior, il a tourné à plus de 20 points de moyenne grâce à sa polyvalence offensive.
Au poste, il a des petits moves soyeux. Son hook est dévastateur et il commence à le maîtriser aussi avec la main gauche. Là où son profil devient intéressant, c'est qu'il peut aussi s'écarter derrière l'arc avec une adresse satisfaisante. Lors de sa dernière saison NCAA, il tournait à 34,7% de loin pour 5,5 tentatives de moyenne par match dans toutes les positions imaginables.
Son shoot part haut et est, de fait, difficile à contrer et il peut aussi bien déclencher en sortie de dribble que sur catch-and-shoot ou en pick-and-pop. En 2024-25, Kyle Smith l'a beaucoup utilisé balle en main. Le pivot est un ball-handler doué pour sa taille et capable de se créer son propre tir.
Maxime Raynaud a un bag offensif complet et s'adaptera parfaitement à sa future équipe pour offrir du spacing. Avec ses bonnes intuitions à la passe, il a un panel de skills très varié en attaque. Depuis 2002-03, ils ne sont que 3 joueurs à avoir tourné en 20/10 avec plus de 50 tirs primés sur une saison au sein d'une power conference : Carmelo Anthony, Kevin Durant et Maxime Raynaud.
👑MAXIME RAYNAUD PEUT-IL FAIRE UNE GROSSE CARRIÈRE EN NBA ?👑 (Le rookie français est chaud…)
Un compétiteur né
Peu importe la discipline, Maxime Raynaud est un compétiteur né. Plutôt que de choisir entre les études ou le sport de haut niveau, il a trouvé le moyen de poursuivre dans les deux voies en rejoignant Stanford pendant quatre ans. L'illustration parfaite de son caractère et de sa volonté de s'améliorer en tant que sportif et en tant que personne.
On a pu le voir dans un rôle de leader au sein de l'équipe du Cardinal cette année avec beaucoup de succès. Son usage percentage a explosé pour atteindre 31,5% lors de son année senior et cela s'est concrétisé par une saison à 60% de victoires et une sélection dans la All-ACC First Team aux côtés de Cooper Flagg.
En équipe de France, il est aussi habitué à jouer les premiers rôles chez les Bleuets et on l'a même vu montrer de la voix lors du scrimmage du Draft Combine pour motiver ses coéquipiers et distiller des consignes défensives. Un leader dans l'âme qui n'est pas le dernier en matière de trashtalking et qui ne cache pas ses émotions sur le terrain. Une bonne attitude, du jeu au poste et du playmaking.
À 22 ans, Maxime Raynaud est l'un des prospects les plus âgés de la cuvée 2025. Il souhaitait aller au bout de son cursus universitaire pour valider son diplôme et a montré des progrès chaque année à Stanford. Cette montée en puissance couplée à ses bons résultats en sélection jeune et à son statut de sparring-partner de l'équipe de France l'été dernier sont autant de signes qui rassurent les scouts sur sa capacité à avoir un impact immédiat dès son arrivée en NBA.
Pour ne rien gâcher, il a montré lors de ses nombreuses interviews un anglais impeccable alors que la barrière de la langue peut parfois freiner les américains à faire confiance à un Européen.
Axes d'amélioration
Ce qui est un avantage peut aussi être perçu comme un défaut par certains recruteurs. Avec ses 22 printemps, le plafond de Maxime Raynaud est certainement moins haut que d'autres prospects à son poste qui ne sont, à l'inverse, pas aussi NBA-ready que lui. Le Français a déjà montré une bonne partie de son potentiel durant ses quatre années universitaires et la franchise qui le sélectionnera sait donc ce qu'elle va obtenir.
À l'inverse, Khaman Maluach et Joan Beringer (18 ans) ou Thomas Sorber et Asa Newell (19 ans) n'ont pas encore fini de grandir et on peut éventuellement s'attendre à un upside plus haut que Raynaud dans 5 ans.
Maxime Raynaud reste encore un peu tendre dans les contacts proches du panier, notamment contre les (rares) bestiaux qui lui rendent quelques centimètres. Ses skills balle en main lui permettent de scorer dos au panier ou en floater mais on a envie de le voir s'imposer davantage dans la peinture face aux big men adverses et provoquer plus de lancers-francs (3,7 lancers de moyenne toutes les 40 minutes de jeu lors de ses 4 ans en NCAA).
Physiquement, il s'est déjà bien étoffé (il a pris 15 kilos depuis son arrivée aux États-Unis en 2021) et devrait prendre encore un peu de masse à son arrivée en NBA. Il ne manque pas grand-chose pour devenir une présence crainte dans la raquette, que ce soit en attaque ou en défense. Le Parisien est plutôt mobile pour sa taille et a posé quelques jolis posters cette saison, il ne reste qu'à travailler cette gestion du contact pour devenir un buffle difficile à bouger lorsqu'il a décidé de s'approprier la peinture.
Aussi bien capable de stretch derrière l'arc que de sanctionner au poste bas, Maxime doit également travailler sur son tir mid-range pour devenir une menace partout dans la moitié de terrain adverse. On a eu quelques exemples de son turnaround jumpshot mais il ne prend que très rarement sa chance en pull-up à 4 ou 5 mètres.
Souvent pointé du doigt pour ses lacunes défensives, Maxime Raynaud a beaucoup progressé dans ce domaine durant sa dernière saison à Stanford et les scouts ont encore pu s'en rendre compte lors du NBA Draft Combine à Chicago au mois de mai. Pendant longtemps, ses coachs ont souhaité l'utiliser en wall up pour simplement profiter de son envergure et faire rempart sans essayer de contrer les tirs.
Conscient de cet axe de progression, il a travaillé spécifiquement avec le coach James Reid cet hiver pour devenir plus impactant en défense.
Draft NBA 2025 : quelle destination pour Maxime Raynaud ?
Maxime Raynaud et Stanford sont parfaitement rentrés dans le tournoi NIT ! Le Français est devenu le 10è meilleur scoreur all-time de son école et détient le record de rebonds sur une saison. À peine cité dans les premières mock draft de la saison, il a grimpé dans les projections au rythme de ses grosses performances avec Stanford.
Parmi les destinations possibles pour le géant, quelques noms se dégagent. Avec ses quatre choix au premier tour dont les picks 26 et 27, les Brooklyn Nets pourraient tenter le coup, à moins que ce ne soit pour le trader dans la foulée chez une équipe plus intéressée étant donné qu'il ne devrait pas y avoir quatre rookies dans le roster des Nets à la reprise. Les Wolves semblent aussi apprécier le profil du Parisien, surtout si Naz Reid et/ou Julius Randle venaient à quitter le Minnesota à l'intersaison.
À l'inverse, une réunion de Victor Wembanyama et son ancien coéquipier à Nanterre et en équipe de France U16 fait saliver pas mal de fans français. San Antonio pourrait faire descendre son pick #14 pour tenter de recréer une raquette 100% francilienne.
Drafté par les Sacramento Kings
Yahoo! Dès le lendemain de la draft, on a appris que Maxime Raynaud, drafté en 42e position par les Kings, avait un contrat garanti de deux ans qui l'attendait dans la capitale californienne. Lors d'interviews pré-draft, le pivot de Stanford avait avoué qu'il était fan de Sabonis et essayait de s'inspirer de lui.
Titulaire avec les Sacramento Kings depuis le 7 décembre, le jeune Français Maxime Raynaud s’affirme. En atteste sa sortie, dans la nuit de jeudi au vendredi 19 décembre, avec 29 points et 11 rebonds (records en carrière), dans la défaite contre Portland (134-133 en prolongations). Des six Français choisis lors de la draft NBA 2025, Maxime Raynaud n’a pas été appelé le plus tôt, seulement en 42e position par les Sacramento Kings, loin d’être la franchise californienne la plus clinquante de la Grande ligue.
Mais, déjà, les suiveurs de l’étudiant de Stanford lui prêtaient un avenir prometteur après quatre ans de cursus universitaire et un rôle majeur en NCAA (20 points, 10 rebonds de moyenne lors de sa dernière saison). Depuis sa première titularisation dans le cinq majeur des « Kings », le 7 décembre dernier, l’ami et ancien coéquipier de Victor Wembanyama, à Nanterre, est en train de leur donner raison. Peu utilisé par Doug Christie en début de saison, le jeune pivot français (2,16 m, 113 kgs) a profité de la blessure de la star lituanienne, Domantas Sabonis (dont la blessure au genou devrait le tenir éloigné des parquets encore au moins un mois), pour gratter des minutes jusqu’à mériter une place de titulaire.
Ce jeudi 19 décembre, Raynaud a tout simplement réussi son record en carrière dans une défaite après prolongation face à Portland (134-133), avec 29 points, à 10/20 au tir, 11 rebonds, deux passes et deux interceptions en 37 minutes de temps de jeu. Pour le Français, qui a encore inscrit 17 points et pris 11 rebonds dans la nuit de samedi à dimanche, de nouveau contre Portland (défaite 93-98), c’est un apprentissage à vitesse grand V au sein d’un effectif qui compte de nombreux joueurs d’expérience dont le MVP 2017, Russel Westbook.
« La meilleure chose qui me soit arrivée, c’est la signature de Russell (Westbrook), a expliqué le Parisien au média First Team. Dès qu’il est arrivé, l’une des premières choses qu’il m’a dite, c’est quand tu vas venir poser des écrans, et quand moi je vais driver, j’ai envie que tu te positionnes ici et là, et tu auras la balle à chaque fois. Et dès que tu l’as, j’ai besoin que tu tires.
Mis en confiance également par son entraîneur, Doug Christie, qui, avant de le lancer dans le cinq majeur, soulignait les progrès que Raynaud devait encore réaliser, pour prétendre à une place de titulaire, selon des propos rapportés par le média Basket USA . « C’est un jeune joueur, donc tout ce qui concerne le rapport de force, le niveau physique et différentes choses qu’il est en train d’apprendre sous nos yeux […] mais il commence à tenir le choc, et on voit que le jeu commence à ralentir pour lui », soulignait le coach, visiblement bien compris par l’ancien étudiant, qui après un bac mention Très bien à Henry IV, a étudié quatre ans à Stanford dans l’optique de devenir astrophysicien à la NASA, se contentant finalement d’un diplôme en mathématiques, avec spécialisation en intelligence artificielle.
Malgré les défaites, Raynaud a également l’occasion de se frotter aux meilleurs pivots de la Ligue, dont le double MVP des Denver Nuggets, Nikola Jokic, face auquel il n’a pas été ridicule, le 11 décembre dernier, cumulant 15 points et 9 rebonds en 36 minutes. Mais le génial Serbe (36 pts, 12 rdbs, 8 passes) et les Denver Nuggets (136-105) ont bien sûr eu le dernier mot. « En un-contre-un, Nikola Jokic, c’est probablement le meilleur joueur du monde à l’heure actuelle, a confié Raynaud à L’Équipe. C’était un challenge de fou. Il y a des moments où il balance la balle et ça rentre, c’est frustrant. Ça fait toujours plaisir de jouer contre des gars que tu regardais à la télé en commençant le basket.
Comparaison avec d'autres joueurs NBA
Par sa polyvalence offensive et son manque de puissance, Maxime Raynaud peut rappeler Luke Kornet, un pivot qui, malgré son étiquette de "mascotte" des Boston Celtics par son jeu atypique, reste un excellent élément de rotation. "Il ne faut pas sous-estimer les joueurs qu’on peut parfois moquer. Luke Kornet est un super back-up dans l'une des meilleures équipes NBA", approuve Thomas Breton. Le spécialiste du scouting pour Envergure voit aussi un parallèle avec Quinten Post (Golden State Warriors), "qui a su arriver en NBA à 23-24 ans en apportant son shoot à une équipe de playoffs".

Statistiques de Maxime Raynaud en NBA (Saison 2025-2026)
| Équipe | Poste | Points par match | Rebonds par match | Passes décisives par match |
|---|---|---|---|---|
| Sacramento Kings | Pivot | 10.5 | 6.0 | 1.5 |
Choisi au second tour de la Draft en juin (42e), Raynaud a pourtant signé un contrat de trois ans - dont deux garantis - et 6 millions de dollars (5,2 millions d'euros) avec la franchise californienne. Une preuve que les Kings comptent à court terme sur le joueur révélé à l'université de Stanford, où il a bouclé sa quatrième et dernière saison à 20,6 points et 10,6 rebonds par match.
Grand gabarit (2,16 m, 113 kg), capable de finir au cercle comme de shooter à trois points (34,7% de réussite en NCAA), Raynaud sait qu'il doit progresser en défense s'il veut s'installer durablement dans la meilleure ligue du monde.
« Je dois être présent et mobile en sortie d'écran, m'imposer physiquement et prendre des rebonds », résume le numéro 42 des Kings.