Qui aurait imaginé le 31 mai dernier que le poste de gardien de but serait le plus gros chantier de l'été parisien ? Peut-être ceux qui sentaient venir, depuis les premières rumeurs hivernales sur Lucas Chevalier, la fin de l'histoire avec Gianluigi Donnarumma.
Les arrivées de Lucas Chevalier et de Renato Marin, combinées aux départs attendus de Gianluigi Donnarumma et Arnau Tenas, bousculent la hiérarchie du PSG au poste de gardien de but avec encore une grande inconnue nommée Matvey Safonov. Etat des lieux du plus gros chantier de l'été parisien.

La bataille pour le poste de gardien de but au PSG est intense.
Le départ de Donnarumma et l'arrivée de Chevalier
C'est désormais acté et publiquement assumé par les deux parties, « Gigio » va quitter Paris d'ici la fin du mercato et doit se trouver un nouveau club. Le PSG a décidé de miser sur Lucas Chevalier et ce dernier ne vient évidemment pas pour être numéro 2. La hiérarchie est claire en l'état, mais encore loin d'être figée.
L'incertitude autour de Safonov
Avec l'arrivée du défenseur central ukrainien Illya Zabarnyi, l'avenir du gardien russe reste toutefois encore incertain. Selon L'Equipe, Safonov a déjà repoussé plusieurs approches, dont une d'un club français, et est déterminé à l'idée de rester au PSG cette saison. Cela peut-il poser un problème au PSG suite à l'arrivée de Chevalier, que le club semble vouloir mettre dans les meilleures conditions ? Ou au contraire servir à Luis Enrique, qui n'aime pas avoir des joueurs installés et persuadés d'être titulaire ?
Au 13 août, aucune de ces deux conditions n'est remplie et Safonov est bien dans le groupe du PSG pour défier Tottenham ce mercredi soir. Dans l'entourage du Russe, certains osent même avouer, selon L'Equipe, que le départ de Donnarumma rendrait la concurrence plus « facile ». Une manière de dire que Safonov craint moins Chevalier que l'Italien...
Le cas Tenas et le besoin d'un troisième gardien
Derrière Lucas Chevalier et Matvey Safonov, le numéro 3 du PSG ne sera pas Arnau Tenas cette saison. Le gardien catalan, qui ne s'est jamais imposé à Paris et a dû se contenter de miettes depuis son arrivée en 2023, n'a pas été convoqué lui non plus pour PSG/Tottenham et doit se chercher un nouveau club d'ici la fin du mercato.
Selon L'Equipe, le PSG réclame 6 M€ pour son gardien catalan, qui a des touches en Liga et en Serie A (Sky Italia a révélé cette semaine un intérêt de Côme, entraîné par Fabregas). Mais il reste encore 19 jours de mercato et un départ de Safonov d'ici le 1er septembre n'est pas à exclure et pourrait bien rebattre les cartes.
Et pousser le PSG à recruter un troisième gardien cet été ? Probable puisque Renato Marin ne suffira clairement pas derrière Chevalier, le gardien italo-brésilien de 19 ans n'ayant aucun match en pro au compteur.
Les gardiens du PSG depuis 2011
Quinze gardiens ont joué pour le PSG depuis l'arrivée de QSI, à l'été 2011 (*), et aucun n'a traversé sa carrière parisienne sans débats. Tous, un moment ou l'autre, ont été soumis à une concurrence qu'ils n'auront vu venir, ou non. Tous ont été confrontés au célèbre gros plan sur leur remplaçant, les soirs de boulette.
Un peu plus de cinq mois après ses débuts, Lucas Chevalier (26 matches, 28 buts encaissés) ne vit pas une première saison parisienne si différente de ses prédécesseurs, placé sous une pression à peine atténuée par la blessure de Matveï Safonov.
Nous avons examiné, ainsi, la première saison des gardiens titulaires du PSG depuis 2011, ce qui exclut, par exemple, les débuts de Safonov (17 matches toutes compétitions confondues en 2024-2025, après une concurrence passagère avec Gianluigi Donnarumma).
(*) Par ordre alphabétique : Areola, Buffon, Bulka, Chevalier, Donnarumma, Douchez, Le Crom, Letellier, Marin, Navas, Rico, Safonov, Sirigu, Tenas et Trapp.
Les premières saisons des gardiens titulaires depuis 2011
Salvatore Sirigu, brillant d'entrée
2011-2012, 24 ans, 41 matches, 42 buts encaissés.
Arrivé en provenance de Palerme pour 3,5 M€, il a accompli l'une des meilleures premières saisons d'un gardien parisien. Qualifié, dans ces colonnes, à la sortie de l'hiver, de « meilleure recrue du PSG, loin devant (Javier) Pastore », il avait écarté très vite la concurrence de Nicolas Douchez.

Salvatore Sirigu était arrivé à l'été 2011 au PSG. (R. Martin/L'Équipe)
Kevin Trapp n'a pas clos le débat
2015-2016, 25 ans, 46 matches, 25 buts encaissés.
Recruté après que le club voulait pousser dehors Sirigu, qui avait décidé de rester, l'Allemand avait dû s'installer dans cette ambiance particulière.

Kevin Trapp n'a pas clos le débat pendant son passage au PSG. (S. Mantey/L'Équipe)
Alphonse Areola, rétrogradé en décembre
2016-2017, 23 ans, 27 matches, 21 buts encaissés.
Après trois saisons en prêt (Lens, Bastia, Villarreal), Areola avait été installé par Unai Emery, mais Trapp était resté, comme une alternative, ou une menace. Et Areola avait perdu sa place de titulaire après une défaite à Guingamp (1-2), en décembre, ne jouant plus que les Coupes. Trapp avait même disputé plus de matches que lui à l'issue de la saison (31 contre 27).

Alphonse Areola avait perdu sa place de titulaire après la défaite du PSG à Guigamp (1-2), le 17 décembre 2016. (P. Lahalle/L'Équipe)
Gianluigi Buffon, entre classe et bévue
2018-2019, 40 ans, 25 matches, 25 buts encaissés.
C'était la première saison d'un gardien de 40 ans, certes 4e du Ballon d'Or France Football un an plus tôt, mais dont Thomas Tuchel n'avait pas l'intention de faire un numéro un permanent. Areola (31 matches), d'ailleurs, jouera plus que lui (25) et la seule saison parisienne de Buffon laissera un souvenir mitigé, sa responsabilité étant notamment engagée dans la défaite face à Manchester United (1-3) en huitièmes de finale retour de la Ligue des champions (2-0 à l'aller). Mais sa classe, en dehors du terrain, aura laissé un grand souvenir.

Gianluigi Donnarumma au côté de Thiago Silva, lors de la victoire du PSG contre Manchester United en huitièmes de finale aller de la Ligue des champions, le 12 février 2019 (2-0, 1-3 au retour). (P. Lahalle/L'Équipe)
Keylor Navas, le plus régulier
2019-2020, 32 ans, 35 matches, 26 buts encaissés.
Le PSG avait payé 13 M€ pour attirer le gardien du Real Madrid, dont les 33 ans inquiétaient moins que son 1,85 m et ses faiblesses dans les airs. Le triple vainqueur de la C1 sous l'ère Zidane (2016, 2017, 2018) avait vu Thibaut Courtois le pousser sur le banc du Real, mais il allait être immédiatement décisif avec Paris, qui atteindrait la finale de la C1 (0-1 contre le Bayern Munich) et toucherait du doigt l'apport d'un gardien de ce niveau et de cette expérience. Il sera, sans doute, le gardien le plus régulier de l'ère QSI.

Keylor Navas dégage le ballon du poing, lors de Real Madrid-PSG (2-2), le 26 novembre 2019. (N. Luttiau/L'Équipe)
Gianluigi Donnarumma, le cauchemar du Bernabeu
2021-2022, 22 ans, 24 matches, 23 buts encaissés.
Venu libre de l'AC Milan, tout frais champion d'Europe avec l'Italie, il n'avait pas eu d'autre choix que d'accepter une concurrence avec Navas, qui n'a pas profité à grand monde. Il attend la 5e journée de Ligue 1 pour être titulaire, est choisi pour les gros matches de C1, mais la signature de sa première saison parisienne restera cette célèbre erreur de relance devant Karim Benzema un soir de cauchemar au Bernabeu (1-3 en huitièmes de finale, 1-0 à l'aller).
S'il est élu meilleur gardien de L1 alors qu'il n'a joué que 17 matches sur 38 possibles, c'est faute de mieux, ou faute d'imagination de ses pairs, et parce que le PSG est champion.

Gianluigi Donnarumma avait précipité l'élimination du PSG en 8es de finale de la C1 face au Real Madrid par une grosse erreur de relance devant Karim Benzema, le 9 mars 2022 (1-3).
Focus sur le match Le Havre - PSG
Le Paris Saint-Germain s'est imposé sur le plus petit des scores face au Havre (1-0), samedi soir au Stade Océane, grâce à un but de Bradley Barcola. Les hommes de Luis Enrique comptent donc quatre points d'avance sur le RC Lens en tête de la Ligue 1, après le nul des Sang et Or vendredi contre Strasbourg.
Le Havre 0-1 PSG | LEE KANG IN Ballon D'or ! 🤣
Bradley Barcola a été le seul buteur de la rencontre, alors que Désiré Doué a manqué un pénalty en seconde période.
Les Parisiens sont en tête de la Ligue 1 avec quatre points d'avance sur le RC Lens, qui a fait match nul contre Strasbourg vendredi.
La composition du PSG contre Le Havre:
- Gardien: Safonov
- Défenseurs: Hakimi, Zabarnyi, Pacho, Hernandez
- Milieux: Vitinha, Zaïre-Emery, Dro Fernandez
- Attaquants: Kvaratskhelia, Lee, Barcola
Statistiques clés du match:
- Possession: PSG dominant
- Tirs cadrés: Avantage PSG
- Arrêts de Safonov: Plusieurs arrêts importants
Ilia Zabarnyi sur Ligue 1+: "C'était un match difficile, on s'y attendait. Ce n'est jamais facile de jouer ici. On a pris les trois points, c'est le plus important. Les critiques font toujours partie du foot, je suis toujours resté concentré, prêt à aider l'équipe. Dès que le coach ne donne du temps de jeu, j'en profite.la victoire est importante, on est concentré sur chaque match."