Qui est considéré comme le dieu du football?

Le débat est lancé entre les fans de ballon rond : qui est le meilleur joueur de l'histoire, Pelé, Diego Maradona ou Lionel Messi ? Pelé, Maradona, Messi ou même désormais Mbappé, qui peut être considéré comme le meilleur joueur de l'histoire du football?

En ayant remporté le dernier grand titre manquant à son palmarès, Messi rebat les cartes dans ce débat qui agite le monde du foot depuis une trentaine d'années. Voici quelques éléments comparatifs pour tenter de répondre à cette difficile question.

Les icônes du football argentin : Maradona et Messi

Le football argentin a produit certaines des plus grandes légendes de ce sport. Des superstars mondialement reconnues ont fièrement porté les couleurs de leur pays, captivant le monde entier avec leur talent exceptionnel. Lorsqu’on pense à une idole du foot argentin, 2 noms viennent immédiatement à l’esprit : Maradona et Messi.

Maradona est sans aucun doute l’une des figures les plus emblématiques du football mondial. En Argentine, il est souvent considéré comme un dieu grâce à ses performances extraordinaires sur le terrain. Outre la Coupe du Monde 1986, son passage à Naples de 1984 à 1991 restera gravé dans les mémoires des amateurs de football. L’aura charismatique de Maradona a transcendé les frontières du sport.

Messi peut se targuer d’un palmarès impressionnant aussi bien avec le club catalan qu’avec l’équipe nationale. Sous les couleurs du Barça, il a, notamment, remporté 4 Ligues des Champions de l’UEFA et 10 championnats espagnols. Sur le plan individuel, il a remporté 8 Ballons d’Or. Surtout, forte de sa capacité à inspirer et motiver ses coéquipiers - qui reste l’un de ses atouts majeurs - l’Argentine a remporté la Coupe du monde de football 2022. Désormais, Messi jouit d’une reconnaissance unanime.

Pendant des années, ses détracteurs arguaient que la victoire lors du Mondial de football était la condition sine qua non. Le trophée ayant été remporté lors de l’édition disputée au Qatar, Messi les a fait taire. De fait, chacun a apporté une contribution inestimable à l’histoire du sport. Le reste c’est une affaire de goûts et de couleurs.

Choisir son idole dépend souvent de la génération à laquelle on appartient, de la manière dont on a vécu les exploits de tel ou tel joueur. Bref, déterminer qui est l’idole du foot argentin est aussi une affaire personnelle. Pour ma part, je considère qu’ils font partie, aux côtés de Pelé, des 3 plus grands joueurs de tous les temps.

L’influence culturelle et sociale exercée par ces idoles dépasse largement l’univers du sport. Leurs histoires personnelles inspirent des millions de fans à travers le monde.

Triple couronne contre champions 1986 et 2022

Avec trois titres (1958, 1962, 1970) en quatre Coupes du monde, le record de Pelé reste inégalé. Il avait à peine 17 ans quand il a guidé la "Seleçao" vers sa première couronne (plus jeune champion du monde de l'histoire) avec 6 buts dont deux en finale. En 1962, il est blessé dès le deuxième match. Mais en 1970, c'est la consécration: Pelé est au sommet de son art dans une équipe mythique.

Maradona, ignoré pour le Mondial-1978 remporté par l'Argentine chez elle puis décevant en 1982, est étincelant lors du "Mundial" mexicain en 1986: il le gagne "à lui tout seul", tant le capitaine de l'Argentine est charismatique et décisif, notamment lors du quart de finale contre l'Angleterre marqué par le "but du siècle" inscrit en solo et la fameuse "main de Dieu", les deux faces de la geste "maradonienne". En 1990, il perd la finale et fond en larmes. En 1994, l'histoire vire à l'aigre: contrôlé positif à l'éphédrine, il est exclu de la Coupe du monde.

Champion du monde le 18 décembre, Messi a enfin bouclé la boucle. Son palmarès est désormais le plus complet avec un Mondial (2022), une Copa América (2021), quatre Ligues des champions, une multitude de championnats et de coupes nationales... et sept Ballons d'Or. "Messi a gagné sa première Coupe du monde, comme sa trajectoire le méritait", avait d'ailleurs salué Pelé depuis sa chambre d'hôpital sur Instagram, avec un clin d'oeil à Maradona, décédé en 2020: "Diego sourit certainement."

N°10 contre N°10

Les trois joueurs ont rendu mythique le N°10.

Le "Roi" évoluait dans une position proche de celle d'un "neuf et demi", penchant à gauche, lors d'une époque très prolifique en buts, d'où son total ahurissant de 1281 buts en 1363 matches, clubs et "Seleçao" confondus (record incluant des matches amicaux et homologué par la Fifa). Il partage désormais la tête du classement des buteurs en équipe du Brésil (77 réalisations en 92 capes) avec Neymar.

Maradona, lui, évoluait plus en retrait, dans l'axe ou côté gauche mais était très libre, tel un meneur de jeu très offensif. D'où des statistiques de but moins ronflantes que Pelé (346 en 680 matches), mais une influence aussi prégnante assortie d'innombrables passes décisives.

En empilant les buts (793 en 1003 matches professionnels), Messi peut regarder ses deux aînés dans les yeux. Aligné le plus souvent en soutien d'attaque mais aussi parfois en faux 9, la "Pulga" peut également se targuer d'une belle réussite dans les coups francs, penalties et passes décisives.

Des caractères aux antipodes

Pelé a toujours présenté une image lisse et a évolué dans deux clubs seulement, Santos (1956-74) et le Cosmos New York (1975-77). Maradona (six expériences de club), c'est le soufre, avec ses déclarations choc, ses gestes polémiques sur le terrain, de son carton rouge au Mondial-1982 à sa "main de Dieu" au Mondial-1986, et ses démêlés extra-sportifs, entre cocaïne et dopage.

Le Brésilien, qui fut ministre dans son pays, est proche des institutions, et a versé des larmes d'émotion lorsque la Fifa lui a remis un Ballon d'Or d'honneur en 2014. L'Argentin, aux amitiés controversées avec les dirigeants de Cuba ou du Venezuela, a au contraire longtemps été en conflit avec la Fifa depuis sa suspension en plein Mondial-1994.

Le côté enfant sage de Messi le rapproche davantage de Pelé. Le petit argentin a longtemps été fidèle à son club formateur, le FC Barcelone, avant un transfert retentissant au PSG en 2021. Mais ni ce choix pour l'argent d'un club financé par le Qatar, ni ses ennuis avec le fisc espagnol, ni ses critiques envers l'arbitrage lors du Mondial-2022 n'ont semblé ternir son image.

Brésilien contre Argentins, questions d'égo

"Le meilleur, c'est moi" : Pelé et Maradona n'ont cessé de revendiquer le titre de joueur suprême, dans une rivalité qui oppose traditionnellement leurs pays, géants sud-américains. C'est surtout le volcanique Maradona qui titille son aîné, en estimant par exemple que sa place est "au musée" et en moquant sa soumission aux pouvoirs en place. Le placide Pelé répond que le palmarès fait foi (trois Coupes du monde à une) mais aussi que son cadet, par sa consommation de drogues, n'est "pas un exemple" pour la jeunesse. Comme de vieux sages, ils ont enterré la hache de guerre en 2016.

Peut-être par peur de froisser les inconditionnels argentins de Maradona, Messi ne s'est jamais explicitement positionné dans ce débat visant à désigner le meilleur joueur de l'histoire.

Autres joueurs exceptionnels

Depuis l’existence du foot, et surtout des compétitions nationales et mondiales organisées autour de cette discipline, plusieurs joueurs exceptionnels se sont succédés sur les podiums. Nombreux d’entre eux ont, d’ailleurs, marqué l’histoire du foot grâce à leurs statistiques incroyables. Et surtout beaucoup ont inspiré le freestyle football avec leurs dribbles endiablés.

  • Cristiano Ronaldo, surnommé CR7, est l’un des sportifs les plus célèbres au monde. Sa carrière est marquée par une longévité impressionnante, un physique hors norme et une efficacité redoutable devant le but.
  • Johan Cruyff, icône du football néerlandais, est considéré comme l’architecte du « football total ». Il a marqué les années 70 par son style de jeu révolutionnaire, son intelligence tactique et son influence qui dépasse largement sa carrière de joueur.
  • Zinédine Zidane est l’un des plus grands joueurs français de l’histoire. Maître du ballon, il a offert à la France sa première Coupe du Monde en 1998 avec deux buts de la tête en finale contre le Brésil.
  • Surnommé « Der Kaiser », Franz Beckenbauer a révolutionné le rôle de libéro et reste une légende du football allemand. Il est l’un des rares à avoir remporté la Coupe du Monde comme joueur (1974) et comme entraîneur (1990).
  • Michel Platini, surnommé « Platoche », est l’un des plus grands meneurs de jeu de l’histoire. Avec son talent, il a mené la France à son premier titre majeur à l’Euro 1984, où il a marqué 9 buts en 5 matchs, un record encore inégalé.
  • George Best, joueur nord-irlandais, était surnommé le « 5e Beatles » pour son charisme et son style de vie.
  • Ronaldo Nazario, dit « Il Fenomeno », est l’un des attaquants les plus spectaculaires de l’histoire. Il alliait vitesse, puissance et technique.
  • Ronaldinho a enchanté le monde du football avec son sourire, ses gestes techniques et sa créativité.
  • Paolo Maldini, fidèle à l’AC Milan pendant 25 ans, est considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de l’histoire.

Les joueurs catholiques engagés

L’Argentin Lionel Messi, le Polonais Robert Lewandowski et l’Italien Jorginho ont été désignés lundi soir 1er, 2e et 3e meilleur footballeur de l’année au classement du Ballon d’Or. Ces trois joueurs sont aussi catholiques engagés, et l’affichent naturellement.

Qu’ils se signent après les buts (Messi), s’engagent à porter haut le nom de Jésus (Lewandowski), ou prient avant les matchs (Jorginho) : chacun a montré dans sa carrière une manière de ne pas avoir honte de la foi et de la vivre. Celui qui est considéré comme le meilleur joueur du monde affiche depuis quelques années un grand tatouage du visage de Jésus Christ couronné d’épines, sur son épaule droite (il a fait découvrir ce tatouage lors de sa victoire en Ligue des champions en 2015), ainsi qu’un vitrail de la Sagrada Familia. Ironique pour celui qui est surnommé le Dieu du football, à son corps défendant.

Quand on lui demande s’il est superstitieux, il répond non : « Je n’ai pas de talisman ou de rituel de chance. Tout cela, je n’en ai pas besoin. Je suis très croyant, cela suffit. » En plus de son talent, peut-être.

Robert Lewandowski a participé en 2013, avec des coéquipiers de l’Equipe nationale de Pologne, à une campagne appelant à assumer son appartenance chrétienne. A cette occasion, montrant un porte-clef où était gravé « Je n’ai pas honte de Jésus », il explique face caméra : « J’ai pris ce porte-clef parce que je suis catholique et que je n’ai pas honte de Jésus ni de ma foi. Parce que je sais que Dieu veille tout le temps sur moi. En ce qui concerne la foi, on sait que dans la vie, mais aussi dans le monde d’aujourd’hui, tout va très vite, et qu’on oublie souvent nos valeurs, et ce qui est vraiment pour nous le plus important. C’est aussi pour cela que la foi m’aide non seulement sur le terrain, mais également en dehors.

Dans le programme de match du club de Chelsea qui l’interroge : « Je ne dirais pas que j’ai des superstitions, plutôt des rituels. J’aime prier avant le match pour rendre grâce d’être dans ce moment et de demander seulement qu’aucun mal n’arrive à personne durant le match, et que ce soit un grand spectacle et un grand match ».

Leur foi a-t-elle façonné leur personnalité et poli leur attitude ? En effet, leur attention à l’autre et la simplicité de leur réaction face au trophée fut frappante.

88% des joueurs sur le podium des trophées du Ballon d’Or depuis 2007 (date de l’instauration du Ballon d’Or au format mondial) sont catholiques, soit 37 sur 42 lauréats. En comptant les autres confessions chrétiennes, ils sont… 98%.

Universels, ils n’en tirent pas une gloire communautaire, ce qui les rend tout à tous.

La mort de Diego Maradona

Fin novembre 2020, le monde du ballon rond perdait l’un de ses plus illustres représentants. Personnage controversé, adulé ou détesté, Diego Maradona n’avait pas d’égal sur le terrain. Pour le JDD, des spécialistes racontent le Dieu du foot argentin.

Dieu, c’est Diego Maradona, footballeur argentin, dont la mort voilà quatre jours a secoué le monde entier. Mort ô combien mystérieuse, dont les circonstances ne sont toujours pas connues quatre ans après. Un procès est en cours. Il avait 60 ans et, depuis l’âge de 15 ans et ses débuts professionnels pour les Argentinos Juniors, il avait fait de sa vie un spectacle.

Pour le JDD, le cinéaste anglais Asif Kapadia raconte l’icône argentine à qui il a consacré un somptueux biopic documentaire : « Son histoire, dit-il, c’est une tragédie grecque, un personnage mystique en route pour un voyage héroïque. À la fin, le combat est éternel. »

La fascination que le monde portait à Diego Maradona ne tenait pas au fait que c’était un astre du sport le plus suivi, mais surtout à sa vie, à son charisme. Seul peut-être Mohamed Ali, le boxeur, aura été au même niveau que lui. Les joueurs d’aujourd’hui sont protégés. Lui ne l’a jamais été.

Quand il a débarqué en Europe, à Barcelone, pour une somme très élevée, il n’était encore qu’un enfant qui aurait eu besoin d’aide. Mais non. Diego, très vite, a plongé dans la drogue, l’alcool. C’était déjà trop tard. Le mal était fait. Puis il est parti pour Naples où des personnes néfastes l’ont entouré et conduit vers d’autres excès, tous les excès.

Asif Kapadia encore : « On pouvait s’identifier à Diego, car sa vulnérabilité, ses failles, ses émotions vous emportaient. C’était une sorte de capitaliste socialiste baroque. Il se souciait sincèrement des autres mais voulait aussi être sûr d’être payé. »

Pour les amateurs de foot, tout Maradona est condensé dans le match Angleterre-Argentine de la Coupe du monde 1986 où l’artiste inscrivit deux buts : le premier est celui d’un tricheur, but de la main (de Dieu), le second porte la marque du génie.

Le mot de la fin à l’écrivain argentin Gustavo Bernstein : « Maradona est notre référence maximale. Personne n’incarne mieux notre essence.

José Mourinho adoube Lionel Messi

Après sa prestation exceptionnelle face à Liverpool, en Ligue des champions mercredi, Lionel Messi fait l'objet de nombreux propos élogieux. José Mourinho, ancien entraîneur du Real Madrid, a qualifié l'Argentin de «Dieu du football».

Lors de sa dernière sortie, après la prestation monstrueuse de Messi en demi-finales aller de la Ligue des champions face à Liverpool (3-0), Mourinho a dit tout le bien qu'il pensait de la star du Barça.

« Liverpool a été courageux dans son approche. Je ne crois pas que, lors des 20 dernières années, beaucoup d'équipes aient eu la possession de balle face au Barça en Ligue des champions. Après, le Dieu du football a fait la différence. Bien sûr que Barcelone a une bonne équipe, des joueurs phénoménaux, mais ce joueur est absolument incroyable », a déclaré le technicien portugais, actuellement sans club.

Le match de légende : Argentine-Angleterre de 1986

C’était en 1986, le 22 juin. Quart de finale de la Coupe du Monde de football. Au stade Aztec de Mexico. Argentine-Angleterre. Avec un certain… Diego Maradona. Victoire 2-1 des Argentins, doublé de Maradona. Doublé de légende.

Il y a le but du siècle, où Maradona dribble tout le monde et marque. Mais quatre minutes avant, il y a celui-ci : le but est accepté, au grand étonnement du commentateur anglais : c'est la fameuse "Main de Dieu", ce but inscrit de la main et qui sera validé par les arbitres. Un but qui a forgé la légende de Maradona, le fil rouge de la vie du Pibe de Oro, le gamin en or.

Deux buts, et une mi-temps pour l’histoire. L’Angleterre est au tapis. Battue, sonnée, trahie.

Maradona est bien l’un des plus grands joueurs du XXe siècle, un virtuose qui a marqué l’histoire du sport par ses buts extravagants. Son deuxième but marqué face à l’Angleterre en quart de finale du Mondial de 1986 est souvent qualifié de « but du siècle »… Mais le premier but du match est tout aussi célèbre, et pour cause : il l’a marqué avec la main !

Grâce à ce match de légende, Maradona a finalement pu réaliser son rêve d’enfant : permettre à l’Argentine de remporter un Mondial, le deuxième après celui de 1978.

Maradona, le génie du football au destin brisé - Documentaire complet

Tableau comparatif des joueurs

Joueur Surnom Coupes du Monde Ballons d'Or Buts
Pelé O Rei 3 (1958, 1962, 1970) 1 Ballon d'Or d'honneur 1281
Diego Maradona El Pibe de Oro 1 (1986) 0 346
Lionel Messi La Pulga 1 (2022) 8 793

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