Le club de Chauray, situé dans les Deux-Sèvres, a une histoire riche et diversifiée, marquée par son évolution dans le monde du rugby et ses initiatives novatrices. Autrefois une terre de football, Chauray a vu le nombre de ses licences augmenter au rugby, notamment en raison des relégations des clubs voisins, comme les Chamois niortais.
Le club de Chauray évolue en Fédérale 3, où les joueurs se battent pour le maintien. Les joueurs du président chauraisien Thierry Dufermier ont bien négocié leur rentrée à domicile lors de cette deuxième saison en Fédérale 3. En témoignent d’ailleurs les vingt premières minutes de la rencontre, où les Baulois sont bousculés et refoulés.

Les Chauraisiens se sont montrés supérieurs physiquement à leurs adversaires. Le premier orage de la journée est donc en faveur des locaux qui se relâchent ensuite tant dans leurs intentions que défensivement. En seconde période, le niveau de préparation physique des Deux-Sévriens leur permet d’accélérer encore.
Malgré tout, c’est avec beaucoup de sérieux et de détermination que les Deux-Sévriens ont préparé cette réception. Impossible de ne pas remarquer les rappels à l’ordre à l’entrée du club de Chauray dans les Deux-Sèvres. Affiches placardées à l’entrée du club house, éthylotests en libre-service, partout il est indiqué que l’alcool est mauvais pour la santé.
Un Engagement pour un Sport Sain
Depuis le début de la saison, le club de rugby de Chauray expérimente un nouveau label mis en place par le Comité départemental Olympique et l’association Promotion Santé Nouvelle Aquitaine. Son nom : 100% sport, le sport sans alcool, c’est plus fort.
Seuls deux clubs de rugby dans la région ont accepté de relever le défi, Parthenay et Chauray, deux équipes de Fédérale 3. Le club de Chauray ne propose plus d'alcool fort après les matchs, seule la bière a été maintenue à la carte. Une version est également proposée à la buvette.
Le club de Chauray, dans les Deux-Sèvres, compte 220 licenciés, une section féminine, des jeunes, et l’équipe sénior qui évolue en fédérale 3. Depuis un an, le président du club déploie un label vantant le sport sans alcool, une bannière est affichée dans le club house, lieu traditionnel dédié aux 3è mi-temps.
Le label s’appelle "100% sport, le sport sans alcool c’est plus fort". Ce label a été initié par le comité départemental olympique et sportif 79 et l'association Promotion Santé Nouvelle Aquitaine. Une dizaine de clubs y ont souscrits. Tous ne viennent pas du ballon ovale. Pour le rugby seuls deux clubs sur les huit du département y ont adhéré (Chauray et Parthenay).
Le message n’est clairement pas populaire, reconnait Dany Fournier, le président du comité départemental de rugby "c'est très dur de convaincre car les habitudes sont tellement ancrées. Mais quand on voit ce qui s'est passé cet été (ndlr : la tournée du XV tricolore en Argentine qui s'est soldée par une vidéo d'un joueur tenant des propos racistes, et la mise en examen de deux autres internationaux pour viols en réunion), on se dit qu'on a raison, que c'est nous qui sommes sur la bonne voie".
A Chauray, la buvette représente un bon tiers des recettes. La restriction de la consommation d'alcool aura forcément des conséquences financières, qu'il faudra compenser autrement notamment via des subventions. Désormais l’alcool n’est plus servi après les entrainements, les joueurs se voient proposer des sirops.
RCM - Rugby Club du Mans contre ARC Chauray Rugby
Pendant et après les matchs, plus d’alcool fort. Seule de la bière est proposée, mais aussi depuis peu une version sans alcool, vendue moins chère au prix des sodas, notamment depuis une bagarre au printemps dernier dans les tribunes à cause de spectateurs ivres.
Personne dans le club n’a la prétention de dire que tout va changer en si peu de temps, mais la consommation d’alcool est devenue au moins un sujet là où avant, ce n’était même pas questionné. Les joueurs sont tous d'accord sur l'idée de modérer la consommation, un groupe de femmes de joueurs n'est cependant pas dupe "s'ils veulent boire, ils boiront. Ce label est une bonne chose sur le papier mais ça ne sera pas suffisant pour réguler la consommation d'alcool".
A Chauray, comme dans tant d'autres petits clubs de rugby, dès la fin du match, avant même de passer sous la douche, certains joueurs s’arrêtent à la buvette, bière à la main. Le club de Chauray compte dans ses rangs un éducateur un peu particulier, Pascal Vallès est aussi policier. Au commissariat de Niort il est chargé de la formation anti-drogue.
Il est bien placé pour savoir qu'ici comme dans tous les clubs de France, le cannabis et surtout la cocaïne représentent de nouveaux risques pour les joueurs "Ce n'est pas du dopage, mais une conduite dopante avec la cocaïne. C'est une drogue de la performance. Dans un sport aussi dur sur le plan de l'engagement, certains pensent que ça va les aider sur le terrain en enchainant avec une fête d'enfer", affirme le policier qui concentre ses efforts avec les plus jeunes licenciés.
Le patron de fédération française de rugby, Florian Grill, est attendu dans les prochains mois dans les Deux-Sèvres pour regarder de plus près cette initiative, née sur une terre où la culture rugby n'est pas la plus ancrée du pays.
Une Affaire de Famille
Un partenaire de l'ARC Chauray avait offert des tee-shirts aux joueurs lors de la finale d'Honneur en avril dernier, tee-shirts arborant « Plus qu'un club, une famille ! » En se penchant un peu sur l'effectif chauraisien, on dénombre en effet en équipe première deux fratries et deux cousins : les Bouthier, les Riffault et les Bonneau.
Arrivé à Chauray en 2007, l'aîné des Bouthier, l'arrière/ouvreur Romain, 33 ans, est rejoint en 2011 par son frère Valentin, de deux ans son cadet, à la mêlée ou à l'arrière. Les deux Riffault, Valentin et Batiste, sont cousins germains, nés tous les deux en 1989, et sont arrivés à l'ARC Chauray en 2016, après une coupure de six ans pour Batiste et cinq pour Valentin.
Les deux cousins jouent au centre et à l'aile. Les frères Bonneau, eux, évoluent à Chauray depuis 2015. Jonathan, né en 1985, évolue au poste de pilier et Callixte, né en 1996, est demi de mêlée, ailier ou arrière.
Ces trois duos sont issus de la formation niortaise. Les frères Métayer taquinaient l'ovale à Chauray à la même époque. « Malgré les différentes origines des licenciés, la mayonnaise a bien pris la saison dernière et continue de prendre cette saison avec les nouvelles arrivées, les fers de lance de la convivialité savent intéger les nouveaux qui prennent vite goût au mode de vie chauraisien »,commentent les dirigeants de l'ARCC.
Après avoir soigné les blessures, et s'être remis des fêtes, les Bleu et Blanc prendront le chemin de Bourges le 15 janvier pour le début des matchs retour. Il reste neuf matchs aux Chauraisiens pour assurer leur maintien en Fédérale 3.
Le Temple de Chauray
Le temple est devenu l’emblème de la commune de Chauray. Avec son ami Guy Trouvé, Michel Grimault a signé en 2010 un ouvrage retraçant la vie de la commune depuis la Préhistoire, jusqu’à notre époque moderne. Il n’a pas son pareil pour narrer l’histoire de Chauray.
Construit au milieu du XIXe siècle, sur une partie du cimetière protestant de l’époque, l’édifice fait la fierté de la cité. Son utilisation est devenue culturelle, après avoir été cultuelle en sourit Michel Grimault. Et si celui-ci a pu susciter la division à l’époque, le temple moderne est le monument de Chauray.
Il a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1988, rappelle M. Grimault. Après quoi, une restauration lui a redonné son lustre avec quelques aménagements. Le temple a aussi été une cantine scolaire au début des années 70, nous fait part Michel Grimault.
