Le Paris Saint-Germain (PSG) s'est retrouvé au cœur d'une controverse après le déploiement d'un tifo pro-palestinien par ses supporters lors d'un match de Ligue des champions contre l'Atlético de Madrid. Cet événement a suscité de vives réactions politiques et a soulevé des questions sur la liberté d'expression dans les stades de football.

Le Tifo Controversé
Le 6 novembre 2024, lors du match de Ligue des champions entre le PSG et l'Atlético de Madrid (soldé par une défaite 1-2 des Parisiens), le Collectif Ultras Paris (CUP) a déployé un tifo avec le message « Free Palestine ». Ce tifo, aux couleurs rouge et bleu du PSG, comprenait un drapeau palestinien ensanglanté, le drapeau du Liban, Jérusalem, des chars et une personne portant le keffieh. L'immense toile surmontait une banderole « La guerre sur le terrain mais la paix dans le monde ».
Le club a assuré dans un communiqué n’avoir pas eu « connaissance du projet d’affichage d’un tel message », et dit s’opposer « fermement à tout message à caractère politique dans son stade ».
Réactions Politiques
Le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a fermement condamné cette banderole sur X et pensait qu'elle était forcément contraire aux différents règlements : « De tels messages sont d'ailleurs proscrits par les règlements de la Ligue et de l'UEFA. ». « Ce tifo n'avait pas sa place dans ce stade », a-t-il fustigé sur le réseau social X. « Je demande au PSG de s'expliquer et aux clubs de veiller à ce que la politique ne vienne pas abîmer le sport, qui doit toujours rester un ferment d'unité. De tels messages sont d'ailleurs proscrits par les règlements de la Ligue et de l'UEFA. ».
« C’est inacceptable », a affirmé de son côté Bruno Retailleau au micro de Sud Radio. Le ministère de l’Intérieur a expliqué qu’il ne s’interdisait « rien » et qu’il allait commencer par demander « des explications » et « des comptes » au Paris Saint-Germain.
Le ministre des Sports, Gil Avérous, a renchéri en appelant le PSG à « respecter les règles » des compétitions « dans lesquelles il est engagé ». « Non aux dérives inacceptables dans les tribunes de nos stades. Les terrains de sport ne doivent pas devenir des tribunes politiques », a-t-il estimé.
Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Yonathan Arfi, avait dans la soirée réagi sur X : « Scandaleuse banderole ce soir au Parc des Princes ! Une carte où l'Etat d'Israël n'existe plus. Un combattant palestinien masqué.

Position de l'UEFA
L'UEFA n'a pas ouvert de cas disciplinaire contre le PSG après le déploiement par ses supporters d'une banderole « Free Palestine » mercredi soir avant le match de Ligue des champions face à l'Atlético de Madrid. De son côté, l’instance européenne a annoncé qu’elle n’engagerait aucune procédure contre le PSG « puisque la banderole déployée ne peut pas être considérée comme provocatrice ou insultante dans ce cas précis ».
Selon l'UEFA, le message « Free Palestine » n'entre pas dans ce cadre car il n'est pas considéré comme insultant. Dans le même ordre d'idée, l'UEFA ne sanctionne pas les clubs lorsque des drapeaux palestiniens sont brandis dans des tribunes.
L’article 16.4 du règlement disciplinaire de l’instance européenne permet de sanctionner « tout message provocateur inadapté à un événement sportif », notamment « tout message provocateur de nature politique, idéologique, religieuse ou insultante ». Il ne bannit donc pas toutes les proclamations politiques des enceintes de football, mais uniquement celles jugées « provocatrices » ou offensantes.
L'UEFA a fait évoluer son règlement pour ne plus sévir lorsque des banderoles ou des chants soutiennent une cause sans en rajouter. Il s'agit aussi de ne pas être obligé de multiplier les procédures dès qu'une banderole est visible dans une tribune.
Mesures Prises par le PSG
En réponse, le PSG s’est notamment résolu à interdire les tifos au Parc des Princes jusqu’à la fin de l’année. Comme révélé par RMC Sport, il a également été décidé que l’accès au Parc en dehors des jours de match serait interdit au Collectif Ultras Paris et ce pour une durée non définie.
Selon une information de L'Equipe, des supporters et sociétés possédant des loges au Parc ont menacé de résilier leur abonnement pour manifester leur désapprobation après le déploiement du tifo "Free Palestine" lors de PSG-Atlético. Le club leur a répondu: "Nous ne pouvons donner une suite favorable à votre demande de résiliation, étant également précisé que les conditions générales de vente applicables à votre abonnement et acceptées lors de sa souscription ne prévoient pas une telle faculté.".
Contacté par RMC Sport, le club parisien a livré des mots dans la même veine: "Le club garde comme priorité de proposer un stade inclusif et ouvert à tous. Le PSG se dit toujours à l'écoute de ses supporters. Il a entendu chacun de ceux qui les ont sollicités et leur a apporté une réponse individuelle après ce tifo.
Tableau Récapitulatif des Réactions et Mesures
| Acteur | Réaction | Mesure |
|---|---|---|
| Collectif Ultras Paris (CUP) | Déploiement du tifo "Free Palestine" | Accès au Parc des Princes interdit en dehors des jours de match |
| Bruno Retailleau (Ministre de l'Intérieur) | Condamnation du tifo | Menace de sanctions et demande d'explications au PSG |
| Gil Avérous (Ministre des Sports) | Appel au respect des règles | / |
| UEFA | Pas de cas disciplinaire | / |
| PSG | Déclaration d'opposition aux messages politiques dans le stade | Interdiction des tifos jusqu'à la fin de l'année |
En conclusion, le tifo « Free Palestine » a déclenché une polémique significative, mettant en lumière les tensions entre la liberté d'expression, les règlements sportifs et les considérations politiques. Les réactions variées et les mesures prises par les différentes parties prenantes témoignent de la complexité de cette situation.