La Coupe du Monde de rugby est une compétition internationale masculine qui se déroule tous les quatre ans depuis 1987. Elle est ouverte à toutes les fédérations reconnues par World Rugby. La première édition s’est déroulée conjointement en Nouvelle-Zélande et en Australie en 1987.
Le samedi 28 octobre, la Nouvelle-Zélande a affronté l’Afrique du Sud pour la finale de la Coupe du Monde de rugby. Les deux équipes avaient la possibilité de décrocher une quatrième couronne. Les deux sélections rêvaient de décrocher un quatrième titre planétaire record.
Most DRAMATIC Rugby World Cup final ever | New Zealand v South Africa | Rugby World Cup 2023
Un Passé Riche en Confrontations
Elles ont un passé bien riche en Coupe du monde : cinq confrontations dans l’histoire, avec trois victoires pour les All Blacks, mais une en finale pour l’Afrique du Sud.

Le capitaine de l’équipe de rugby d’Afrique du Sud, François Pienaar, est félicité par le président de la République sud-africaine, Nelson Mandela, après la victoire de son équipe en finale de la Coupe du Monde le 24 juin 1995 à Johannesburg.
1995 : La Première Coupe du Monde en Afrique du Sud
En 1995, se tient la première Coupe du monde en Afrique du Sud. À Johannesburg, les Springboks sont en mission. Ils passent les poules sans difficulté, écartent facilement les Samoa en quarts de finale (42-14). En demie, ils dominent les Bleus (19-15), dans un match considéré par le sélectionneur de l’époque Pierre Berbizier comme « l’une des plus grandes escroqueries de l’histoire du sport ». En finale, les Boks affrontent les Blacks. Ils créent la surprise en arrachant la prolongation. Ils finissent par s’imposer dans la douleur (15-12, ap) grâce au jeu au pied de leur ouvreur Joël Stransky. Même Jonah Lomy, auteur de sept essais dans ce Mondial, sera impuissant en finale.
1999 : La Petite Finale
En 1999, l’Afrique du Sud domine largement ses trois adversaires (Écosse, Espagne, Uruguay) et termine première de son groupe. La Nouvelle-Zélande fait de même, en dominant les Tonga, l’Angleterre et l’Italie. En quarts de finale, les deux nations de l’hémisphère sud ne font pas dans le détail : l’Afrique du Sud écrase l’Angleterre (44-21), quand les All Blacks viennent à bout de l’Écosse (30-18). Les meilleurs ennemis de l’ovalie se retrouvent alors en petite finale, à Cardiff. Devant 50 000 spectateurs, dans un match serré, les Springboks prennent le meilleur sur leurs adversaires du soir et se consolent avec la médaille de bronze (22-18).
2003 : Quart de Finale Tendu
En 2003, les deux pays ont perdu du terrain sur la scène mondiale. Les nations de l’hémisphère nord commencent à les concurrencer. L’Afrique du Sud en fait les frais dès les phases de poule, en Australie, en recevant une leçon du XV de la Rose (6-25). Les Blacks et les Boks se retrouvent dès les quarts de finale, à Melbourne. Les Sud-Africains sont étouffés, surdominés : ils encaissent trois essais et ne parviennent qu’à passer de pauvres pénalités (3). En seconde période, les All Blacks changent du tout au tout leur stratégie et axent leur jeu sur les avants. Et ça paye encore.

Le demi d’ouverture Dan Carter passe un drop.
2015 : Une Victoire Serrée des All Blacks
La Nouvelle-Zélande boucle son premier tour avec quatre victoires, dont trois bonifiées, soit 19 points sur 20 possibles. L’Afrique du Sud, à l’inverse, craque dès son entrée en lice face au Japon (34-32). À Twickenham, les hommes en noir sont dominés et pénalisés. Leurs nombreuses fautes donnent l’avantage au score aux Boks à la pause (12-7). Mais l’ouvreur Dan Carter change la donne au retour des vestiaires, en passant un drop (46’), transformant l’essai de Barrett (52’), puis convertissant une pénalité (60’). Passés devant au score, les All Blacks conservent leur avance jusqu’au bout et s’imposent 20 à 18.
2019 : Phase de Poule Intense
Versés dans la même poule en 2019, lors du Mondial au Japon, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud se retrouvent dès leur premier match. Un choc aux allures d’une finale. À Yokohama, la rencontre est de très haute intensité. La fougue néo-zélandaise (deux essais de Barrett et Bridge) prend le dessus sur la densité des Boks.
La Finale de 2023 : Un Match Épique
Handré Pollard et les Sud-Africains ont remporté leur quatrième titre mondial en battant d'un point la Nouvelle-Zélande (12-11), grâce notamment à une défense formidable et à des individualités hors-norme. C'était la deuxième fois que Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud se retrouvaient en finale de la Coupe du monde. En 1995, les Boks avaient soulevé leur premier trophée Webb Ellis, à domicile, sous les yeux de Nelson Mandela. C'est donc la deuxième fois qu'ils battent la Nouvelle-Zélande en finale.
L'Afrique du Sud est la première équipe à remporter un quatrième titre mondial. C'est la première fois qu'elle prend la tête du classement du nombre de victoires, devant la Nouvelle-Zélande (3), l'Australie (2) et l'Angleterre (1). Néo-Zélandais et Sud-Africains se partagent les titres mondiaux pour la 5e édition consécutive, soit depuis 2007. Après les sacres de l'Afrique du Sud (2007, 2019) et de la Nouvelle-Zélande (2011, 2015) s'ajoute donc celui des Boks version 2023.
Le carton rouge de Sam Cane, à la 34e minute de jeu, constituait la première exclusion d'un joueur en finale de Coupe du monde de l'histoire de la compétition. Les All Blacks ont disputé 44 minutes de la finale en infériorité numérique. Ils ont disputé 61 minutes à 14, mais « seulement » 44 en infériorité numérique puisque les Sud-Africains ont également été sanctionnés de cartons jaunes.
Les Néo-Zélandais ont nettement eu la possession à leur avantage ce samedi soir (56 %). En revanche, ils ont subi l'occupation puisque 53 % du jeu s'est déroulé dans la moitié de terrain des Néo-Zélandais. Les All Blacks ont bien plus tenu le ballon que les Springboks ce samedi soir, adressant 217 passes au total, contre seulement 83 pour leurs adversaires.

Les Sud-Africains soulèvent le trophée Webb Ellis, le 2 novembre 2019.
Statistiques Clés de la Finale
Voici quelques statistiques marquantes de la finale de la Coupe du Monde de Rugby 2023 :
| Statistique | Détails |
|---|---|
| Meilleur plaqueur | Pieter-Steph du Toit (28 plaquages) |
| Plaqueurs Sud-Africains dans le top 10 | 9 sur 10 |
| Premier essai encaissé par l'Afrique du Sud en finale | Beauden Barrett (58e minute) |
| Joueur avec le plus de défenseurs battus | Mark Telea (9) |
| Victoires consécutives de l'Afrique du Sud par un point d'écart en phase finale | 3 |
Pieter-Steph du Toit a livré une prestation héroïque en défense, réussissant 28 plaquages (3 manqués), soit le meilleur total pour un joueur de la finale. Preuve du plan de jeu établi par les Boks mais aussi de leur hargne peu commune en défense, 9 des 10 meilleurs plaqueurs de la finale sont Sud-Africains.
En encaissant un essai, par Beauden Barrett à la 58e minute, les Sud-Africains ont encaissé le premier essai de leur histoire lors d'une finale de Coupe du monde, eux qui étaient restés imperméables aux attaques adverses en 1995, 2007 et 2019. Avec son essai, Beauden Barrett est d'ailleurs devenu le premier joueur de l'histoire à marquer dans deux finales de Coupe du monde différentes, lui qui avait déjà inscrit l'essai du break en toute fin de match en 2015, contre l'Australie.
Encore très remuant lors de la finale, l'ailier néo-zélandais Mark Telea est le joueur qui a battu le plus de défenseurs (9), comme sur l'essai de Beauden Barrett où il élimine plusieurs adversaires. Les Sud-Africains viennent de remporter leur troisième match d'affilée en phase finale par un seul point d'écart.