Cet article propose une exploration de divers aspects du monde du football, allant des critiques adressées à certains joueurs aux hymnes des supporters, en passant par les blessures et les représentations cinématographiques de ce sport.
❎️ Les blessures dans le sport de haut niveau avec l'athlète Marc PERRIN #clermontferrand #
Mickaël Landreau : Entre Critiques et Réalité
On ne laisse décidément rien passer à Mickaël Landreau. Dites-donc, vous ne trouvez pas que certains ne laissent vraiment rien passer à Landreau ? Pas très sympa ça, non ? Mais il est critiqué, ça c’est sûr. C’est vrai ça, après tout il n’a qu’à pas être petit ce Landreau. En parcourant les nombreuses interviews de Mickaël Landreau depuis des années, l’ancien portier nantais n’a jamais changé son fusil d’épaule : non, il n’était pas petit !
Alors du coup autant commencer l’article par là. Bah sinon je suis allé mater la fiche de Landreau là, et il mesure que 1m84 dites donc. C’est ce qu’on peut entendre et lire à droite et à gauche après les buts cousins du Stéphanois Dabo et du Grenoblois Akrour. Landreau victime de sa taille ? L’analyse, aussi simpliste soit-elle, mérite d’être développée.
Le week-end dernier, le plus petit gardien de L1 était sochalien. Teddy Richert (1m82), touché à une épaule, laissait alors sa place dans les « bois » à Jérémy Gavanon (1m80). Derrière, seul le portier nancéien Gennaro Bracigliano doit lever un peu la tête pour regarder Landreau dans les yeux avec ses 183 centimètres. Les 17 autres gardiens titulaires ce week-end affichaient au moins 185 centimètres à la toise, de Mandanda (1m85) au géant Pelé (Le Mans, 1m96).
Landreau ne rend donc que trois centimètres à ses collègues : suffisant pour expliquer ces frappes lobées gagnantes ? Mickaël Landreau a en effet tendance à jouer avancé. Très bon dans les duels en un contre un, très tonique dans ses sorties, le portier aime boucher les angles en s’avançant. Le souci, c’est qu’en agissant ainsi, il offre d’autres possibilités aux joueurs d’en face. À la décharge de Landreau, auteur jusqu’ici d’un bon début de saison, son talent lui permet régulièrement de contrer ces frappes.
Hélas, très exposé quand il a le malheur d’être surpris, cela se voit forcément plus que pour un autre, exposition médiatique du PSG oblige. Problème de taille ou de placement ? La vérité c’est que les frappes comme celle d’Akrour, on ne peut pas les arrêter. La preuve ? À Arsenal, Almunia a pris exactement la même contre Hull City, un jour à peine après Landreau. Oh, j’oubliais : le gardien espagnol mesure 1m91 et il était placé sur sa ligne.
Les Entorses du Genou : Décryptage et Conséquences
Le genou est, bien sûr, l’articulation reliant la cuisse à la jambe. Elle est composée de trois os, fémur, tibia et patella (rotule pour les anciens). La patella est un os sésamoïde, poulie de réflexion, essentielle au genou. Elle permet de maximiser la puissance du quadriceps (muscle extenseur du genou) par son placement en avant de l’articulation fémoro-tibiale.
Les surfaces articulaires sont recouvertes de cartilage, peu vascularisé, donc fragile - il se régénère mal - mais il est pourtant essentiel au bon fonctionnement de celle-ci, c’est la partie glissante. On note la présence importante d’un autre type de cartilage - fibreux celui-là : les ménisques (médial et latéral), sorte de coussins intercalés entre les condyles fémoraux et le plateau tibial. Le genou est une articulation peu congruente (comprendre peu emboîtée) et donc instable.
Chaque ligament, selon son orientation, limite un mouvement particulier du genou, afin d’éviter l’apparition de lésions. Chaque contrainte, selon sa force et son application, allant altérer préférentiellement la structure à laquelle elle est opposée. Chaque ligament a son rôle : les latéraux pour la stabilité transversale du genou (les inclinaisons si on veut), les croisés (Ligament Croisé Postero-Interne et le Ligament Croisé Antéro-Externe) pour la stabilité antéro-postérieure du genou (avant/arrière).
Selon la force du choc vont survenir des lésions diverses qui peuvent bien sûr se cumuler. Les entorses se classent par gravité de l’atteinte du ligament : du simple étirement à la rupture complète d’un ou plusieurs éléments. Les temps de rééducation vont évidemment beaucoup varier et, bien entendu, l’avenir de l’athlète en sera impacté également.
Pour un même geste parfois (cf Zlatan et Delort) deux résultats différents : un ligament croisé pour Zlatan et un latéral (interne apparemment) pour Delort. Une hyperextension dans le cas de Zlatan et un LC de moins. Une flexion/inclinaison/rotation pour Tolisso et Pirès et un croisé également.
Le test le plus connu et en général le premier à faire son apparition est celui qui va tester les LCAE/LCPI ; le célèbre test du tiroir. Il ne sert qu’à tester l’avancée ou le recul du tibia sous le fémur, genou fléchi. Si on sent une résistance en tirant, bonne nouvelle ! Le croisé antérieur n’est pas rompu (et inversement pour le croisé postérieur).
Le LCP étant plus solide ses lésions sont plus rares, la rupture du LCA est donc 10 fois plus courante. Et dans la vaste famille des entorses, celles du LCA (associées ou non) représentent presque deux tiers des lésions ligamentaires du genou. C’est une blessure très courante.
Après chirurgie, tout est refait, mais paradoxalement tout reste à refaire. Et pas n’importe comment ! La rééducation est longue, fastidieuse, très protocolaire afin de ne pas abîmer ce néo-ligament encore très fragile et souvent sujette à quelques contrariétés. Le plus difficile étant souvent de faire respecter au patient des délais qu’il n’arrive pas toujours à comprendre.
Une fois cette phase passée, même bien menée, les entorses ne sont pas toujours sans conséquences pour la carrière d’un sportif de haut niveau. Si nous considérons les interventions réussies (à n’en pas douter elles ont été exécutées par les meilleurs spécialistes) et la rééducation bien menée (elles aussi, ont dû être effectuées dans les meilleures conditions possibles) quel est ce grain de sable qui enraye ces si belles machines ?
Supposons également que le corps supporte mal les changements et que les compensations même minimes engendrées par ces déséquilibres nouveaux dérèglent cette mécanique de précision. Compensations pouvant s’étendre au bassin, à la colonne lombaire ou au membre inférieur opposé, jusqu’aux appuis au sol. Allons plus loin et supposons que ces sensations différentes puissent entraîner également l’envie de faire différemment et de repenser des gestes qui étaient autrefois tout à fait naturels et réflexes (schémas moteurs).

Critique de la Séquence "Le Buzz" de Canal Football Club
En critiquant la séquence "Le Buzz" dans un article récent ("Liberté d'éructation"), il nous avait bêtement échappé qu'elle constituait littéralement un cas d'école, un exercice destiné aux écoles de journalisme, grâce auquel les élèves apprendront tous les travers que leur futur métier requiert. Trois minutes trente de pure démonstration, une leçon en sept points :
- Choisir un sujet éculé et faire semblant de le mettre en question: "Paris SG, inéluctable crise d'automne?"
- Commencer avec une entrée dramatique sur fond de musique angoissante, en additionnant les poireaux et les carottes dans un style de rédaction de troisième.
- Interroger des personnes qui sont parties prenantes du problème, afin d'être sûr de ne pas avoir de recul. Les laisser avouer qu'ils parlent d'un phénomène qui est largement une vue de l'esprit.
- Passer du coq à l'âne et d'un marronnier à l'autre en embrayant sur les "tentations" parisiennes qui dévoieraient les joueurs.
- Passer de l'âne à la chèvre et du deuxième marronnier au troisième en embrayant sur la "pression" parisienne qui dévorerait les joueurs.
- Interroger des personnes qui sont parties prenantes du problème, afin d'être sûr de ne pas avoir de recul. Les laisser avouer qu'ils parlent d'un phénomène qui est largement une création de leur esprit.
- Revenir sur la lubie de départ pour faire croire qu'on ne parle que de ça depuis le début, en insistant bien afin de l'aider un peu à se produire.
"Tous Ensemble On Chantera" : L'Hymne des Supporters du PSG
Le 26 août 2023, le Paris Saint-Germain s’est imposé à domicile face au Racing Club de Lens (3-1) et a décroché la première victoire en Ligue 1 de sa saison. Euphoriques, les joueurs et le Parc des Princes ont explosé en fin de rencontre, emmenés par un homme : Warren Zaïre-Emery. Au bas de la tribune Auteuil, mégaphone à la main, le jeune « Titi » alors âgé de 17 ans qui en est à ses débuts avec l’équipe professionnelle s’est mis à entonner le désormais mythique refrain : « Paris SG ! Tous ensemble on chantera, cet amour qu’on a pour toi, qui ne cessera jamais… »
Toute l’enceinte parisienne s’est arrêtée pour observer et accompagner, en chœur, le milieu de terrain. Rapidement, les images ont fait le tour des réseaux sociaux et ont confirmé que le refrain est devenu en quelques années le plus populaire des chants de supporters du club de la capitale, aussi bien auprès des fans qu’après des joueurs.
Le morceau, qui a progressivement envahi les tribunes depuis 2016 et le retour des Ultras au Parc des Princes, est devenu l’hymne officieux du PSG. « Quand ils sont revenus, ils ont installé des chants progressifs, assez mélodieux et qui ont bien pris, raconte le journaliste Clément Pernia, auteur de plusieurs ouvrages sur le club dont Une histoire populaire du PSG - 1970-2020, 50 ans de passion. Ils ont su conjuguer des paroles à des hymnes assez sympas. Paris étant un club mondialement connu et médiatisé, tout ça a vite été repris sur les réseaux sociaux et ça marche. »
Les Paroles de "Tous ensemble on chantera"
Paris SG,
Tous ensemble on chantera,
Cet amour qu’on a pour toi,
Qui ne cessera jamais !
Après tant d’années, de galères et de combats,
Oh pour toi Paris SG,
On va se casser la voix
Avec un rythme assez lent, un ton et des mots moins provocateurs que certains entendus dans d’autres refrains, il parvient à marquer un temps d’arrêt lorsqu’il est entonné, à créer une sorte d’instant solennel qui unit l’ensemble des personnes liées au club. « Après tant d’années de galère et de combat, par exemple, ça met en avant les épreuves par lequel est passé le club, poursuit Clément Pernia. Tous les supporters peuvent se reconnaître dans ce morceau. »
Le club lui-même lui fait de plus en plus honneur, le mettant par exemple en scène ces derniers jours sur ses réseaux sociaux. Au moment de fêter son titre de champion de France en 2024, le PSG avait sollicité un orchestre symphonique et proposé une version plus musicale du morceau. Un succès.

"3 Zéros" : Une Comédie sur le Monde du Football
Avec Samuel Le Bihan, Gèrard Lanvin et Lorànt Deutsch, le foot est un business avec beaucoup de zèro! Entre l'amusante satire "Jet Set" et sa suite catastrophique "People Jet Set 2", Fabien Onteniente vogue tant bien que mal sur le large succès des Bleus en Coupe du Monde 98 et au Championnat d'Europe 2000 en rèalisant le fameux "Trois zèros" qui rassembla un peu plus de 1,2 millions de spectateurs à sa sortie!
Pour un fan de foot, c'est très sympa un film sur le foot même si évidemment on y voit pleins de clichés! Souvent décrié, 3 Zéros mérite pourtant une meilleure considération. Fabien Onteniente signe ici une comédie sportive au ton volontairement caricatural, mais qui capte assez bien l’ambiance du football des années 2000, avec ses excès, ses illusions et son univers bling-bling naissant.
Gérard Lanvin, impeccable comme toujours, apporte une vraie crédibilité à son rôle d’agent de joueurs. Sa présence donne du relief à un scénario parfois un peu inégal. À l’inverse, Samuel Le Bihan peine à exister : son personnage manque de consistance et ralentit le rythme du film.
Le plaisir vient surtout des clins d’œil au foot de l’époque - les apparitions de stars du PSG, un Stomy Bugsy rappelant furieusement Anelka, et une galerie de seconds rôles hauts en couleur qui renforcent le côté parodique. Sans être un grand film, 3 Zéros reste une comédie sympathique et bien ancrée dans son époque, à la fois critique et amusée du monde du ballon rond.
Pendant un bon moment « 3 Zéros » s'avère être une peinture tout à fait pertinente sur le football, fait par un réalisateur qui aime manifestement ce sport tout en restant totalement lucide sur ses zones d'ombre. Malheureusement, sur le dernier tiers le résultat se fait nettement plus racoleur voire légèrement vulgaire, au point de devenir parfois ridicule et trop éloigné de ce qu'il entendait développer au départ.
Les bons films sur le sport sont une denrée rare, "3 Zéros" en fait partie, n'en déplaise à ses nombreux détracteurs... Comment ne pas se régaler devant les scènes d'affrontement entre Gérard Lanvin, impeccable en ex-agent intègre, et Gérard Darmon, génialissime en agent magouilleur ? Quel fan de foot n'a pas eu ce petit rictus (synonyme de "putain, c'est tellement vrai !") en voyant Stomy Bugsy en clone d'Anelka jouer à la diva insupportable dans les vestiaires du PSG (dont les incroyables performances sportives sont d'ailleurs à mettre au crédit de l'imagination débordante du réalisateur...) ou encore la mine déconfite de Wladimir Yordanoff énorme en président de club complètement dépassé ?