Pauline Peyraud-Magnin : L'Histoire d'une Gardienne de l'Équipe de France de Football

Pauline Peyraud-Magnin, figure emblématique du football féminin français, incarne la résilience et la détermination. Son parcours, semé d'embûches et de moments de gloire, témoigne d'une force de caractère hors du commun. De ses débuts hésitants à son rôle de gardienne titulaire de l'équipe de France, PPM a su surmonter les obstacles et s'imposer comme une référence à son poste.

Les Débuts et l'Apprentissage à Lyon

Après avoir fait ses gammes comme milieu de terrain avec Caluire SC et l’US Montanay, Peyraud-Magnin débarque à l’Olympique lyonnais à 16 ans. L’apprentissage est rude, d’autant qu’elle arrive dans une formation au sommet du football français qui glane ses deux premières coupes d’Europe en 2011 et 2012. Daniel Jaccard fait la rencontre de « PPM » lorsqu’elle est promue troisième gardienne de l’effectif pro.

« Elle était plutôt discrète, mais elle faisait preuve de détermination dans le travail. Au milieu des taulières comme Wendie Renard, Camille Abily, Eugénie Le Sommer ou encore la gardienne Sarah Bouhaddi, la novice se fait petite et passe les étapes les unes après les autres. On ne peut pas exister dans le football si on n’a pas de tempérament, de détermination, de force de caractère. En définitive, elle a été éduquée par le foot de cette manière-là », pose l’actuel responsable de l’académie de l’AS Saint-Priest.

Barrée par la concurrence à l’OL, celle qui rêvait d’être archéologue quand elle était petite a mis les voiles pour gratter du temps de jeu à Issy, l’ASSE et Marseille. Être professionnel, ce n’est pas faire un ou deux bons matchs par an, c’est enchaîner les saisons et se mettre en danger en allant chercher d’autres projets, environnements, cultures.

Les Épreuves et la Résilience

Pourtant, il y a eu bien des moments difficiles dans la vie de la gardienne de la Juventus, première internationale française à révéler son homosexualité au grand public pendant sa carrière. À quelques jours du début de l’Euro 2022, sa compagne, Camille Nell, est retrouvée morte dans leur appartement, un drame auquel s’ajoute la perte quelques semaines plus tard de l’un de ses jeunes cousins, dont elle était très proche.

La scène résume à elle seule la vie de Pauline Peyraud-Magnin : le 4 avril 2019, la gardienne honore sa première titularisation dans les cages des Bleues. Un moment teinté d’émotion, censé marquer une vie. Oui mais voilà, à la 22e minute, « PPM » se tord de douleur après un dégagement anodin. Verdict : luxation de la rotule, sortie sur civière. Parce qu’elle a l’habitude que le sort s’acharne, elle lâchera « Au moins, je n’ai pas pris de but ! » en rigolant à sa sélectionneuse Corinne Diacre, probablement décontenancée.

À partir de juin 2023, la goal prend la décision de se faire suivre par un coach mental. « L’aspect mental est important pour beaucoup, détaille-t-elle dans le podcast La Voix des gardiens. C’est quelque chose qui a été énormément sujet à controverse. Parce que quand on pense à l’aspect mental, cela renvoie à être faible, alors que pas du tout. J’avais énormément de colère en moi. J’ai su exploiter au maximum cette colère et surtout la faire sortir. Cela ne m’a pas desservi, ça m’a aidée à me relever, à avancer, à toujours aller de l’avant. »

Le Goût de l'Aventure et les Expériences à l'Étranger

Souvent comparée à Tom Sawyer pour son goût de l’aventure, la Tricolore découvre l’Espagne et l’Atlético, vice-champion d’Espagne, en 2020. Mais encore une fois, tout ne se passe pas comme prévu. Recrutée en tant que numéro 1, la Française était censée voir arriver lors du mercato une gardienne remplaçante. La surprise est totale pour elle quand la taulière suédoise Hedvig Lindahl débarque en provenance de Wolfsburg.

Ses décisions, PPM les prend souvent sur un coup de tête. Quand elle apprend, après seulement une vingtaine de matchs avec les Colchoneras, que la grande Juventus est sur ses côtes, elle n’hésite pas longtemps à partir à la découverte d’un troisième pays : elle fonce rejoindre le club de l’une de ses idoles, Gianluigi Buffon, et devient par la même occasion la gardienne la plus chère de l’histoire (50 000 euros) étant également la première gardienne transférée contre une somme d’argent dans l’histoire du football féminin. La suite ? Un Scudetto et une Coupe d’Italie.

Championne en titre avec les Gunners à l’été 2019, la Française se blesse, et l’Autrichienne Manuela Zinsberger en profite pour lui chiper sa place. Contestée, encore et toujours. « Elle a avancé avec l’âge, les échecs, les succès, les expériences diverses et variées dans des pays et des cultures différentes. Elle a pris en maturité, cela se ressent dans son jeu. Elle est plus calme, plus sereine et surtout plus fine dans l’analyse du jeu, décortique Daniel Jaccard. Je suis impressionné par sa longévité, son évolution dans le temps. »

PPM a fait sienne la devise de la Juve « fino alla fine » (jusqu’au bout en VF), où elle vient de prolonger jusqu’en 2026. Le club bianconero a permis de trouver de la stabilité et surtout un cadre accueillant, comme en témoigne son père : « Pauline a besoin pour être apaisée de sentir que ça se passe bien autour d’elle. Pas d’animosité, un fleuve tranquille. Il faut qu’elle sente qu’on lui fait confiance et qu’elle est entourée. Elle est dans un club où elle se sent très bien. »

L'Évolution du Poste de Gardienne et l'Avenir

Christiane Endler, la gardienne chilienne de l'Olympique Lyonnais, est, quant à elle, devenue une référence à ce poste très exigeant qui a « vraiment évolué lors des cinq dernières années », assure Pauline Peyraud-Magnin, la gardienne n° 1 de l'équipe de France, qui fait ce constat après avoir joué dans quatre pays.

« L'une des raisons à cette progression, c'est qu'on a plus de joueuses, donc plus de choix, analyse Sandrine Roux qui entraîne actuellement les gardiennes des moins de 23 ans françaises. Par ailleurs, le fait que les staffs s'étoffent avec des entraîneurs spécifiques est évidemment un plus. »

Gilles Fouache, l'entraîneur adjoint de Corinne Diacre appuie les propos de sa collègue en donnant l'exemple des efforts réalisés en France : « Il y a un travail de fond pour donner envie aux petites de venir sur le poste, pour mieux former les adolescentes et qu'elles aillent ensuite vers le haut niveau. On souhaite aussi que leurs entraîneurs soient mieux formés. »

« On peut considérer cela comme un poste dangereux, mais cela ne l'est pas, assure Chavas. Si une petite fille veut se lancer, il ne faut pas hésiter à la lancer dans le grand bain. On aimerait être des modèles pour les petites. Si on arrivait à leur montrer notre passion, les faire venir à ça, ce serait génial. J'ai commencé dans le but toute petite. J'espère que d'autres petites filles pourront faire la même chose. C'est une bonne chose pour nous. » Peyraud-Magnin opine : « Il faut peut-être redorer le poste de gardienne et cela passe par bien former celles qui arrivent.

Marie Petiteau, jeune gardienne internationale du Montpellier HSC, incarne l'avenir du poste. Tout va très vite pour Marie Petiteau qui enchaîne les premières cette saison. Premier match en D1 Arkema avec Montpellier, où elle est revenue l’été dernier après son prêt à Saint-Malo, le 16 septembre contre Dijon. Première convocation en Équipe de France féminine dans la foulée pour participer aux trois premiers jours de stage à Clairefontaine avant d’être appelée en octobre puis en novembre afin de pallier les forfaits de Pauline Peyraud-Magnin et de Constance Picaud.

« Je me souviens que lorsqu’on affrontait une autre équipe, les garçons d’en face disaient : ‘‘C’est une fille aux cages, ça va être facile’’ ! J’y puisais une motivation supplémentaire et je leur prouvais le contraire. J’étais aussi protégée par mes coéquipiers, notamment mon frère qui jouait dans l’équipe. Il était défenseur central, c’était plus facile de lui crier dessus. Du coup, il prenait un peu pour les autres », raconte Marie Petiteau.

À l’entrainement on la voit bondir pour repousser une, puis deux, puis trois balles. Pour elle, être gardien est une vocation. Son champion : Fabien Barthez. Très présent physiquement, avec des éclairs de génie, Barthez est comme elle une personnalité lumineuse, pleine d’humour, aussi sensationnelle sur le terrain qu’en dehors.

Au coeur de l'entraînement des gardiennes de but I FFF 2021

Tableau des Joueuses les Plus Capées de l'Équipe de France Féminine

Joueuse Nombre de sélections
Eugénie Le Sommer 199
Sandrine Soubeyrand 198
Élise Bussaglia 192
Laura Georges 188
Camille Abily 183

tags: #gardienne #equipe #de #france #de #football