En Islande, l’équipe de France, alors emmenée par Daniel Costantini, offrait en 1995 le premier titre mondial dans un sport collectif au pays. Le 21 mai 1995 à Reykjavik, en Islande, les Barjots du handball entraient en effet dans l’histoire du sport tricolore en devenant la première équipe à décrocher un titre mondial. Ils resteront à jamais les premiers, les Barjots, à décrocher le premier titre mondial dans un sport collectif pour une équipe de France.

Les explosions de joie sur le parquet de Reykjavik, les larmes de l’ailier Thierry Perreux. Autour de l’ancien président du CNOSF de l’époque, Henri Sérandour, les Barjots fêtent leur titre mondial.
Un Exploit sur le Sol Islandais
Sur le sol islandais, l’équipe de France de handball a réalisé un exploit : s’adjuger le premier titre mondial du sport collectif français en battant la Croatie en finale (23-19). Devant près de 5000 spectateurs en Islande, le score est net, 23 - 19. Ce trophée devient également le premier mondial pour la France tous sports collectifs confondus. Quand on vous dit qu’ils sont vraiment rentrés dans l’Histoire ! A titre personnel, Jackson Richardson est élu meilleur joueur du mondial.
« C’est la concrétisation d’années de travail, se réjouit encore Daniel Costantini, en poste entre 1985 et 2001. On avait commencé en 1987, alors que la France venait d’atteindre le Mondial B.
Médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992 et vice-championne du monde en 1993, elle est passée en dix ans du groupe C au sommet de l'élite mondiale.
La Progression Logique vers le Titre
« Ce titre de 1995 est le résultat d’une progression logique, estime toujours Bruno Martini, jeune gardien international à l’époque. Les cadres (Stéphane Stoecklin, Denis Lathoud, Jackson Richardson) étaient préparés à ça.
Après une finale perdue contre la Russie en 1993, les « Barjots » ont de nouveau la possibilité de décrocher le Graal en 1995. Inutile de vous prévenir qu’ils n’ont pas fait deux fois la même erreur. Cette finale, les Bleus l’ont gagnée !
Les Étapes Clés de la Victoire
Après s’être imposée contre l’Espagne lors des huitièmes, l’équipe de France élimine ensuite la Suisse. Débarrassés des Allemands en demi-finale, les coéquipiers de Grégory Anquetil ont rendez-vous avec la Croatie pour jouer le titre. Et ce France - Croatie là a bien tourné en faveur des « Barjots ».
Les Coulisses de la Victoire
« L’accouchement a été difficile »Une première finale en guise d’entraînement. « Cette expérience a apporté de la sérénité, estime le manager général du PSG Handball. Ça explique pourquoi lors de la finale en 1995, on n’a jamais été en danger, avec une maîtrise globale.
Tout n’a pas toujours été parfait pourtant au cours de l’épopée islandaise. « Après la phase de poule, je n’avais pas encore trouvé mon sept majeur, et sans le vouloir je foutais la merde », résume Daniel Costantini. Un bazar auquel il faut ajouter les soucis d’ego. Des tensions commençaient à poindre entre le clan des joueurs de l’OM-Vitrolle et les autres.
« Avant le 8e de finale contre l’Espagne, Denis Lathoud a réuni tout le monde. Le but était qu’ils poussent tous ensemble », poursuit le sélectionneur des Bleus jusqu’en 2001. « Ça avait enclenché l’union sacrée dans le groupe », analyse de son côté Bruno Martini.
« On était aussi tous dans l’excès, rappelle Daniel Costantini. Certains étaient des Barjots pour de bons. » Et c’est pour cela que la main de fer du Marseillais s’opposait bien à l’esprit de ces hommes. « Il valait mieux que Daniel apporte un cadre. Il était craint, en plus. C’est ce qui a permis de développer la créativité de tous, explique l’ancien gardien de Montpellier. Au plus les gens peuvent partir dans les extrêmes, au plus il faut quelqu’un qui puisse les ramener vers quelque chose de mesuré. Et cela a été le travail de Daniel Costantini pendant huit ans. Avec un temps alloué à l’équipe de France de plus en plus important.
« En 1992, ils ont découvert la vraie préparation physique pour aller chercher quelque chose, rappelle Bruno Martini. C’était une équipe hors-norme dans tous les secteurs, dont la capacité à travailler. Et à surprendre.
« En partant en Islande, je ne visais pas le titre, confesse le meilleur entraîneur de tous les temps selon la Fédération internationale. Ce sont les joueurs qui s’étaient mis en tête d’être champions du monde. Et c’est aussi pour ça que 1995 restera toujours à part, car l’accouchement a été difficile.
Equipe de France Handball - Championnat du monde 1995 - Islande
L'Après-Titre : Que Sont-Ils Devenus ?
Le 21 mai 1995, trois ans après l’épopée des Bronzés qui les avait vus monter sur la troisième marche du podium aux Jeux olympiques de Barcelone, les Barjots viennent à bout de la Croatie en finale à Reykjavik (Islande), les propulsant sur le toit du monde du handball.
- Christian Gaudin (gardien) : ll a connu de nombreuses expériences sur des bancs avant d’arriver sur celui de Cesson Rennes en 2018.
- Bruno Martini, après avoir été un immense gardien, a rempli son armoire à trophée en tant que manager général du PSG.
- Frédéric Volle (arrière) : Il est l’un des seuls à ne plus faire partie du monde du handball aujourd’hui. Il est devenu maître-chien au Canada.
- Denis Lathoud (arrière) : Il est aujourd’hui entraîneur de Strasbourg en Proligue depuis 2019.
- Guéric Kervadec (pivot) : Il est entraîneur en N3 au Pays d’Auray, dans le Morbihan. Avant ça, il a connu une expérience de Directeur sportif à Créteil en 2010.
- Grégory Anquetil (ailier) : Si vous êtes un assidu des retransmissions des matches de handball, vous l’avez sûrement vu ou entendu sur la chaîne L’Équipe où il est consultant.
- Laurent Munier (demi-centre) : Depuis 2002 où il a pris sa retraite, il est le manager général de Chambéry, son dernier club. Le club savoyard a remporté un Trophée des champions (2013) et une Coupe de France (2019).
- Jackson Richardson (demi-centre) : En 2014, il a débuté une carrière d’entraîneur prenant en main Dijon de 2015 à 2018 et Chambéry de 2014 à 2015. Il est également le sélectionneur du Gabon depuis 2017 qu’il mène à la 5e place du championnat d’Afrique des Nations en 2018 à domicile, le meilleur résultat du pays dans cette compétition.
- Stéphane Stoecklin (arrière) : Depuis la fin de sa carrière à Chambéry, il est parti tenter l’aventure en Asie.
- Patrick Cazal (arrière) : En 2008 il entre au club de Dunkerque en tant qu’entraîneur. D’abord en qualité d’adjoint auprès de l’ancien cessonnais Yérime Sylla, puis en tant que numéro un lors de la saison 2011.
- Philippe Gardent (pivot) : Entraîneur de Toulouse depuis 2015, il a effectué un passage à Paris sous l’ère Qatari, démarré en 2012.
- Thierry Perreux (ailier) : Il est coordinateur technique au PSG. Auparavant, il était entraîneur-adjoint de Zvodimir Serdarusic, également au PSG.
- Daniel Constantini (sélectionneur) : Après avoir mis un terme à sa carrière d’entraîneur d’abord au Stade Marseillais de 1973 à 1985 puis à la tête de l’Équipe de France pendant 16 ans jusqu’en 2001, il est devenu consultant Radio pour RMC Sport. En 2010, il est élu meilleur entraîneur de handball de tous les temps selon la Fédération internationale de handball (IHF), devançant le Suédois Bengt Johansson avec 6,88 % et le Russe Igor Tourtchine et le Roumain Ioan Kunst-Ghermănescu.