Le prodige français Victor Wembanyama a fait ses débuts très attendus en NBA, et ses performances sont scrutées à la loupe. Cet article examine en détail son premier match et les statistiques qui en découlent.
Victor Wembanyama : La Malédiction des Géants ?
Un Début de Match Intense pour les Spurs
Après une première sortie inégale chez les Mavs, les Spurs, menés par un Jeremy Sochan omniprésent des deux côtés du terrain (17 points et 12 rebonds), ont élevé leur niveau d'intensité dès l'entame de la rencontre, avec notamment un 18-0 au cœur du deuxième quart-temps. Rapidement menés au score, les Rockets ont longtemps subi l'agressivité et la dureté de leur hôte du soir.

La Prestation Complète de Wembanyama
Appelant son équipe à « dépasser [ses] démons [de la saison dernière] », l’intérieur français a lui aussi élevé le niveau. Fade away, step back, alley oop, un-contre-un et tir du logo : dépassé physiquement à Dallas, “Wemby” a livré une prestation complète (29 points à 10/17 et 7 rebonds). Car alors que les Rockets étaient revenus à une possession en fin de match (104-102), Victor Wembanyama a laissé échapper un ballon à 26 secondes du terme. Sans conséquence car le bon retour de Keldon Johnson (et la mauvaise passe de Jalen Green…) empêchera Cam Whitemore de conclure la contre-attaque.
Sous l'impulsion de Jalen Green (29 points) et Fred VanVleet (18 points), les protégés d'Ime Udoka sont revenus à coup d'exploits individuels et d'isolations. Largement victorieux du dernier quart-temps (37-22), les Rockets étaient partis de trop loin, comptant jusqu'à 22 points de retard.
“Nous étions physiques en première mi-temps mais les Rockets l'ont davantage été que nous au retour des vestiaires ; ils nous ont rentrés dedans”, explique Gregg Popovich, indiquant que “face à genre d'équipes, le ballon doit bouger et changer de côté”. Si sa perte de balle dans les ultimes secondes aurait pu coûter la victoire aux Spurs, Victor Wembanyama - leader à l'applaudimètre lors de la présentation des équipes - est sorti sous la clameur du public texan.
“Bienvenue à la maison Spurs fans ! La victoire est la plus importante et on va essayer de les accumuler cette année”, a tenu à souligner Victor Wembanyama au micro de la salle. “Nous apprécions votre soutien inconditionnel comme toujours. On vous adore et ça m'a vraiment, vraiment manqué.” Avant que Wemby, exempté de conférence de presse, termine par un traditionnel “Go Spurs Go !”.
Chris Paul à la Manœuvre
Au bon souvenir de Lob City avec les Clippers, « CP3 » a caviardisé ses coéquipiers avec 9 passes décisives en 22 minutes. “Il nous aide énormément”, explique Jeremy Sochan. “Même quand il n'est pas sur le terrain, il nous coache.
Tableau des Statistiques du Match
Voici un aperçu des statistiques clés du match :
| Joueur | Minutes | Points | Rebonds | Passes décisives | Contres |
|---|---|---|---|---|---|
| Victor Wembanyama | 30 | 29 | 7 | 1 | 0 |
| Jeremy Sochan | 37 | 17 | 12 | 3 | 0 |
| Jalen Green | 33 | 29 | 6 | 5 | 0 |
| Fred VanVleet | 39 | 18 | 2 | 7 | 0 |

Alperen Sengun en Difficulté
Souvent dominateur face à Victor Wembanyama l’an passé, le pivot turc a cette fois été en difficulté.
Retour sur les Débuts de Wembanyama en NBA
Le N°1 de la dernière draft et rookie le plus attendu depuis LeBron James, Victor Wembanyama a disputé un de ses premiers matchs en NBA. L’occasion de faire le bilan de ses premiers pas, réussis, sur les parquets américains.
Le Positif
Il n’aura mis que huit jours avant de signer sa première performance d’envergure. Son acte de naissance en NBA. Le 3 novembre, soit un tout petit peu plus d’une semaine après son baptême du feu contre les Dallas Mavericks, l’ancien intérieur de Boulogne-Levallois s’offre un match XXL contre les Phoenix Suns: 38 points (15/26 au tir), 10 rebonds et deux contres. Il devient à ce moment-là le troisième joueur de moins de 21 ans à marquer plus de 35 points et prendre au moins 10 rebonds dans un seul match. Les deux seuls à avoir réalisé une telle performance avant lui ? LeBron James et Kevin Durant, rien que ça.
À titre de comparaison, LeBron James avait inscrit 15,8 points de moyenne lors de ses 10 premiers matchs NBA en 2003-2004. À l’époque, le futur quadruple champion NBA (2012, 2013, 2016, 2020) était notamment descendu sous la barre des 10 points à deux reprises (7 et 8 points lors de ses 3e et 4e match). Victor Wembanyama, lui, fait pour l’instant preuve d’un peu plus de régularité dans le scoring, avec un match à 11 points (4/10 au tir, le 30 octobre face aux Los Angeles Clippers) comme "pire" copie.
Sur ce début de saison, Wembanyama, meilleur marqueur, rebondeur et contreur de son équipe, affiche la meilleure ligne de stats de tous les rookies, loin devant Ausar Thompson (Detroit, N°5 de la draft, 11,4 points par match), Brandon Miller (Charlotte, N°2 de la draft, 13 points) et Scoot Henderson (Portland, N°3 de la draft, 8,8 points). Seul Chet Holmgren, N°2 de la draft 2022 mais blessé toute la saison dernière, semble en mesure de tenir la comparaison (16,4 points point et 7,6 rebonds par match), même si Wembanyama a déjà pris une petite longueur d’avance sur le joueur du Thunder d’Oklahoma City, autre "licorne" de la ligue (2,16m), dans la course au titre de rookie de l’année.
Défensivement, enfin, l’influence de Wembanyama est déjà palpable. Si sa présence ne se traduit pas encore sur la défense collective des Spurs la grande carcasse de l’intérieur tricolore fait déjà beaucoup d’ombre dans les raquettes. Après seulement deux semaines et demie sur les parquets NBA, il est déjà le deuxième meilleur contreur de la ligue (2,4 contres) derrière Anthony Davis (3). Mais son apport ne se limite pas à l’aspect purement statistique. Son activité en défense, son intelligence dans le placement, sa mobilité et bien évidemment sa taille gênent considérablement les attaquants adverses. On ne compte d’ailleurs plus le nombre de joueurs contraints de changer la trajectoire de leur shoot ou même obligés de rebrousser chemin après avoir tenté d’attaquer le cercle à cause du géant français.
Le Négatif
Le solide début de saison de Wembanyama à titre individuel tranche cependant avec les difficultés collectives de sa franchise. En s’inclinant 118-113 sur leur parquet contre le Miami Heat, les Spurs ont enchaîné une cinquième défaite consécutive. Après 10 rencontres, les Texans affichent un bilan de trois victoires et sept défaites qui les positionne à la 13e place (sur 15) de la conférence Ouest.
Ce démarrage difficile s’inscrit dans la lignée de ce que les Spurs ont proposé la saison dernière, quand la franchise texane affichait le 28e (sur 30) bilan de toute la ligue (22 victoires, 60 défaites). Wembanyama le savait, et c’est d’ailleurs le concept de base de la draft, qui permet aux franchises les plus en difficulté de sélectionner les meilleurs espoirs de la planète: il a débarqué dans une équipe en reconstruction totale, dont l’ossature est identique à celle qui végétait dans les bas-fonds du classement en 2022-2023.
En attendant, les hommes de Gregg Popovich affichent leur limite. Après 10 matchs, les Spurs possèdent la deuxième pire défense de toute la NBA. Offensivement, la marge de progression est également conséquente. Malgré les bons débuts de saison de Devin Vassell (18 points de moyenne) ou encore de Zach Collins, intéressant dans son binôme formé avec Wembanyama dans la raquette, les Texans sont encore très brouillons et Gregg Popovich, continue de tâtonner.
Si son rendement est évidemment l’une des seules satisfactions du début de saison des Spurs, Wembanyama peut toutefois s’améliorer dans quelques domaines pour essayer de tirer encore plus son équipe vers le haut. Le MVP de la dernière saison de Betclic Elite est encore en phase d’apprentissage, comme en témoignent ses sept balles perdues face à Miami ou ses quelques matchs délicats au niveau de l’adresse.