Le hockey sur glace est un sport qui passionne les foules, et certaines figures se distinguent par leur talent exceptionnel et leur dévouement. Parmi celles-ci, Jocelyne Lamoureux occupe une place de choix. Cet article retrace la biographie de cette athlète d'exception, de ses débuts à ses plus grands succès.

Les débuts d'une passionnée
Marion Allemoz est née le 4 juillet 1989 dans la ville savoyarde de Chambéry. Elle est la dernière des cinq enfants de la famille. En Savoie, la place du hockey est importante, et il s'avère également que cette discipline tient à cœur la famille Allemoz, puisque les deux frères et les deux sœurs jouent ou ont joué au hockey. Autant dire que pour la petite Marion, il était impossible d'échapper à la fièvre du palet, la passion familiale l'atteindra.
Elle débute sur les patins à l'âge de 4 ans, avec la bienveillance de la famille dont l'une de ses sœurs qui entraîne à l'école de glace. Jouer avec les garçons est toutefois une étape inéluctable pour toute hockeyeuse, d'autant plus que Chambéry n'abrite pas alors d'équipe féminine. Elle obtient la fameuse licence bleue lui permettant de jouer avec les garçons et les filles. Elle rejoint tout de même les féminines de Grenoble à l'âge de 14 ans, tandis qu'elle évolue avec les juniors masculins de Chambéry jusqu'à ses 18 ans.
Ascension vers l'équipe de France
Mais rapidement l'attention se renforce sur ce talent au féminin, cette joueuse combative sort du lot, et l'équipe de France ne tarde pas à lui ouvrir ses portes. Marion Allemoz reçoit sa première convocation en 2005, en équipe senior car l'équipe de France féminine U18 ne fera son apparition qu'un an plus tard sur la scène internationale. Âgée de 16 ans, 3 mois et 3 jours, elle obtient sa première sélection en équipe de France le 7 octobre 2005 à Courchevel, une victoire contre la Slovaquie 6-4. Un mois plus tard, elle a la chance de fouler le Palasport Olimpico de Turin, qui recevra les stars de la NHL trois mois plus tard à l'occasion des Jeux olympiques 2006. Malgré son jeune âge, ses prédispositions rendent sa place indiscutable dans la maison bleue avant les championnats du monde 2007.
L'équipe de France féminine est en Division 1, le deuxième échelon mondial, et s'envole pour Nikko au Japon. Marion Allemoz y inscrit 4 points dont deux buts pour sa première compétition internationale, le meilleur total de l'équipe qu'elle partage avec Sophie Serre.
Le Pôle France féminin et l'expatriation
2008 marque une avancée majeure pour le hockey féminin en France : la création du Pôle France féminin, initiée par l'ancienne joueuse et entraîneure de l'équipe de France, Christine Duchamp. Cette structure a pour vocation de concilier hockey et études, permettant par la même occasion de créer un vrai vivier de jeunes talents dans un environnement professionnel avec des entraînements quotidiens. En somme, une filière de haut niveau alors que l'on ne recense alors que 1000 licenciéEs au hockey sur glace. Heureuse coïncidence, la ville de Chambéry est choisie comme site de ce Pôle féminin, pour "la qualité de ses installations, son excellence en matière de formation et ses bonnes conditions d'accueil".
Que le talent le plus prometteur au féminin rejoigne le pôle dès sa création est une évidence. Allemoz sera d'ailleurs l'une des deux Chambériennes à intégrer ce pôle fédéral à domicile en septembre 2008 avec Françoise Bideaux, elle y évoluera pendant quatre ans. Un an plus tard, Marion Allemoz reçoit un honneur qu'elle gardera jusqu'à la fin de sa carrière : elle est nommée capitaine de l'équipe de France féminine à seulement 21 ans, succédant alors à Déborah Iszraelewicz. Un capitanat qui commence mal puisqu'il débute par une lourde désillusion : la relégation de l'équipe de France en Division 1B, le troisième échelon mondial, après cinq défaites en autant de matchs. Une immense déception, l'une des plus grandes sur le plan sportif pour Allemoz. Cette descente marque la fin d'une génération, mais aussi le symbole d'une nouvelle incarnée par la numéro 9.
Si le Pôle féminin de Chambéry a permis de niveler vers le haut le niveau des joueuses françaises, et alors que le championnat de France féminin manque d'envergure, l'idée de s'expatrier (et de se frotter à un meilleur niveau) commence à lui trotter dans la tête. Très vite, l'Amérique du Nord et ses circuits universitaires relevés, qui font office de passerelle vers le très haut niveau, deviennent une évidence. Elle est dans un premier temps en contact avec l'Université du Dakota du Nord, qui a alors dans ses rangs deux joueuses qui marqueront le hockey international, les sœurs Jocelyne et Monique Lamoureux. Mais des lacunes en anglais mettront fin aux négociations.
L'aventure à l'Université de Montréal
Une autre possibilité se concrétise rapidement. Danièle Sauvageau était entraîneure en chef de l'équipe du Canada championne olympique à Salt Lake City en 2002. Volontaire à l'occasion d'un programme de l'IIHF, Sauvageau accepte de devenir mentor de l'équipe de France, où elle tiendra une influence importante. Mais elle est également directrice générale d'un nouveau programme de hockey féminin au sein de l'Université de Montréal, "les Carabins". Sauvageau prend alors connaissance du souhait de la nouvelle capitaine des Bleues de rejoindre le Nouveau Continent. En accord avec Isabelle Leclaire, qui entraîne les Carabins, Marion Allemoz obtient le feu vert en décembre 2011. Le 4 janvier 2012, Marion Allemoz rejoint le Canada et "l'UdeM", la plus grande institution d'enseignement francophone d'Amérique. Deux jours plus tard, elle dispute son premier match et devient la troisième joueuse européenne à porter l'uniforme de l'Université de Montréal, après les Suisses Camille Balanche et Aline Desarzens.
Un jeu sur la glace plus rapide, plus physique, un sport qui est l'objet de toutes les attentions (et discussions) à Montréal, du hockey à la télévision tous les jours, c'est un véritable choc culturel. Hébergée chez sa coéquipière Stéphanie Daneau, Allemoz, centre de formation, évolue dans un premier temps à l'aile. "Le hockey, là-bas, c'est un sport national, c'est un autre monde. Le sport universitaire aussi est différent. C'était une expérience extraordinaire. Le niveau était complètement différent et cela m'a permis de franchir des étapes importantes dans ma carrière. J'ai beaucoup progressé et j'ai côtoyé les meilleures Canadiennes.
En s'expatriant dans le berceau du hockey, Marion Allemoz fait office de pionnière pour le hockey français, ouvrant une porte jusque-là fermée. En août 2012, l'équipe de France est même invitée à un camp et affronte les Carabins de Montréal. Trois joueuses supplémentaires des Bleues rejoindront ensuite l'UdeM à l'orée de la saison 2012-13 : Athéna Locatelli, Betty Jouanny et celle qui sera sa complice, Lore Baudrit. À l'issue de cette saison, la numéro 39 - le 9 qu'elle utilise avec les Bleues est déjà pris par Kim Deschênes - parvient en finale nationale. Les Carabins y retrouvent les Dinos de Calgary, qui avaient battu Montréal en finale la saison précédente en étant alors renforcés par la légende Hayley Wickenheiser. Sans "Wick", la finale tourne cette fois-ci à l'avantage des Montréalaises. Allemoz marque le but égalisateur à 2-2, d'une reprise de volée entre les jambières d'Amanda Tapp, l'Université de Montréal s'impose finalement 3-2.
Championne universitaire du Canada 2013, Marion Allemoz remporte à 23 ans un premier titre majeur. L'avantage des universités en Amérique du Nord, c'est qu'elles permettent de concilier sport de haut niveau et cursus universitaire. Dans la continuité des études commencées en France, la Savoyarde obtient un diplôme de criminologie, un domaine bien au-delà des clichés cultivés par les séries TV. "Tout le monde pense que c'est Les Experts, mais en fait, c'est surtout l'aspect social que j'ai étudié. Tout ce qui est maison de transition, victimologie, aide à la personne. Aussi bien sur le plan des victimes que des criminels. J'avais déjà entamé des études dans ce domaine en France, dans le travail social.
Retour en équipe de France et nouveaux défis
L'équipe de France est toujours dans son purgatoire, un troisième échelon mondial peu en phase avec les nouvelles ambitions. Pour sa dernière année derrière le banc tricolore, Christine Duchamp réussit à mener son groupe vers une promotion tant attendue en 2013. À Strasbourg, les Bleues réalisent un sans-faute, et leur capitaine est sur tous les fronts. Allemoz est omniprésente et est élue meilleure attaquante du tournoi après avoir mené les compteurs avec 10 points. Le succès est également populaire à l'Iceberg alsacien puisque les trois dernières rencontres des Françaises réunissent plus de 1500 spectateurs. Une réussite tant individuelle que collective avec une nouvelle génération talentueuse qui a désormais faim de réussite.
"2009 était vraiment un coup dur pour l'équipe, puisqu'on était descendues. Il y a eu une énorme progression, des moyens ont été mis en place. Il y a eu la volonté de progresser, de mieux faire. C'est ça qui a fait en sorte que notre groupe en est là aujourd'hui. L'implication de la fédération, la création du Pôle France, l'expatriation des joueuses vers un bien meilleur niveau sont autant de clefs qui permettent de viser plus haut.
Et à l'été 2013, Duchamp cède le flambeau de coach de l'équipe de France à son assistant Grégory Tarlé. Alors que la Canadienne Danièle Sauvageau et la Finlandaise Saara Niemi sont consultantes au sein du staff, Tarlé souhaite apporter une nouvelle vision tout en assurant une certaine continuité. Et cette équipe, alors promue en 2014, n'est pas bien loin de la médaille en République Tchèque au Mondial Division 1A, Allemoz terminant quatrième buteuse du championnat du monde avec 4 réalisations, notamment lors d'une mémorable victoire 7-2 contre l'Autriche.
Leader à Montréal et en équipe nationale
À l'Université de Montréal, la pionnière venue de France est à son aise, elle montre désormais l'exemple. À défaut d'un nouveau sacre national malgré la séquence de victoires la plus longue de l'histoire des Carabins, la Française inscrit plus d'un point par match durant la saison 2013-14, et est élue parmi la deuxième équipe étoile du circuit étudiant québécois. Ses 23 points en 20 matchs constitueront d'ailleurs un record personnel lors de sa carrière universitaire. En plus de ses habiletés techniques, ce sont aussi sa persévérance, sa constance, son éthique de travail qui en font une leader naturelle. À Montréal, on l'a bien compris. En 2015, Allemoz est nommée co-capitaine des Carabins avec Laurence Beaulieu, succédant à Kim Deschênes et Janique Duval.
Et cette première saison en tant que co-capitaine a tout pour plaire. Les Françaises Lore Baudrit, Athéna Locatelli, Amandine Cuasnet et Caroline Baldin évoluent avec Allemoz. Les Carabins remportent la saison régulière pour la première fois, au bénéfice d'une victoire 6-1 sur les Gee-Gees d'Ottawa. La copie sera parfaite pour les Carabins qui remporteront le titre provincial aux dépens de McGill et de sa capitaine Mélodie Daoust, Allemoz marque d'ailleurs un doublé au premier match. Victorieuse, l'Université de Montréal surclasse ensuite en finale nationale l'Université de Colombie-Britannique 8-0. Quand certains programmes universitaires mettent des décennies à obtenir un championnat du Canada, les Carabins de Montréal en ont gagné deux en sept ans d'existence.
Marion Allemoz a donc alterné entre le bleu carabin et le bleu de France. La sélection tricolore rejoint en 2016 le Danemark où elle connaît l'un des meilleurs résultats de son histoire, une médaille d'argent aux Mondiaux Division 1A. Si l'Allemagne demeure (pour l'instant) intouchable, les Bleues arrachent l'argent face aux Danoises avec 3 points de la capitaine Allemoz, 9 au total durant la compétition et des doublés contre l'Autriche et la Norvège. Le noyau de cette équipe de France se solidifie avec la naissance de leaders, Caroline Baldin, Gwendoline Gendarme, Emmanuelle Passard, Lore Baudrit, Lara Escudero, Betty Jouanny, Morgane Rihet.
La "Team Céline", en référence aux chansons de Céline Dion qui résonnent régulièrement dans les vestiaires, émerge, et avec elle d'autres ambitions qui commencent à naître : intégrer l'élite mondiale et participer aux Jeux olympiques. "Pour moi, les valeurs de l'équipe sont toujours restées les mêmes.
La CWHL et la Coupe Clarkson
À Montréal, la capitaine de l'équipe de France est une spectatrice occasionnelle de l'équipe féminine phare de la ville, les Canadiennes de Montréal. Les Canadiennes évoluent dans l'une des deux ligues majeures du hockey féminin en Amérique du Nord, la CWHL (Canadian Women's Hockey League), et compte dans ses rangs une constellation de stars avec Marie-Philip Poulin, Julie Chu, Caroline Ouelette, Charline Labonté. À l'été 2016, Allemoz se lance alors le défi d'intégrer l'équipe, elle travaille dur durant la période estivale et parvient à se mettre en évidence au camp. Et ce travail porte ses fruits. Le 24 août 2016, Marion Allemoz devient la première hockeyeuse française de l'histoire à être repêchée par une équipe d'une ligue majeure, elle est le cinquième choix de Montréal, 25e au total de cette draft CWHL. Elle est par ailleurs la deuxième Française conviée à ce niveau, après Virginie Bouetz-Andrieu qui a évolué...
En CWHL avec les "Fabs" comme on les surnomme, Allemoz monte d'un cran après ses années universitaires, elle y affronte une bonne partie du meilleur du hockey féminin et des équipes redoutables. La vitesse d'exécution est encore plus rapide qu'en universitaire, le jeu plus physique. Sa première saison est conclue d'un premier titre, la Coupe Clarkson. Les Montréalaises défont Calgary en finale, notamment par un but gagnant de l'inévitable Poulin. C'est un nouveau trophée pour la capitaine des Bleues qui avait tout gagné en universitaire. Moment marquant de cette victoire, la Savoyarde se voit conviée avec son équipe, le 14 mars 2017, à présenter la coupe Clarkson devant un Centre Bell rempli, en marge d'un match entre le Canadien de Montréal et les Chicago Blackhawks.
Après une saison 2016-2017 récompensée d'un trophée majeur, Allemoz, qui est à côté de cela coach en sport-étude, gagne en impact et obtient un rôle important pour sa deuxième saison avec les Canadiennes. La numéro 39 réalise d'ailleurs une fin d'année 2017 spectaculaire en inscrivant 10 points (4 buts et 6 assistances) en 13 rencontres. 9 de ces points ont été marqués en seulement 5 matchs ! Montréal survole la saison régulière mais échoue ensuite en demi-finale. Pas de deuxième coupe Clarkson mais la Française a gagné ses galons dans un vestiaire qui regorge de stars.
Constamment décisive avec l'équipe de France, Marion Allemoz se fait une place régulière parmi les meilleures. L'équipe de France féminine poursuit quant à elle sa montée en puissance. Elle ne parvient pas à se qualifier pour les Jeux olympiques de PyeongChang malgré la victoire du tournoi intermédiaire à Cergy. Au Tournoi de qualification olympique au Japon, la logique est respectée, mais les Bleues poussent l'Allemagne à la fusillade et battent l'Autriche, en dehors d'une défaite honorable contre les Nippones. Allemoz est buteuse dans chacun de ces matchs. Ces bons résultats entretiennent l'idée que cette sélection tricolore n'est pas si loin d'une qualification olympique et de l'élite mondiale, d'autant plus que la top division s'élargit de huit à dix équipes. "Mon rôle, c'est vraiment de guider l'équipe, l...
Marion Allemoz, capitaine de l'équipe de France féminine de hockey sur glace
Tableau des réalisations de Marion Allemoz
| Compétition | Résultat | Année |
|---|---|---|
| Championnat Universitaire du Canada | Championne | 2013 |
| Mondiaux Division 1A | Médaille d'argent | 2016 |
| Coupe Clarkson (CWHL) | Championne | 2017 |
