Au cœur de l’identité canadienne depuis des générations, le hockey sur glace rythme la vie de millions de passionnés à travers le pays. Si officiellement la crosse est reconnue comme sport national d’été, c’est bien le hockey qui occupe une place privilégiée dans l’imaginaire collectif. Quand on me demande quel est le sport national emblématique du Canada, je réponds sans hésiter : le hockey sur glace !
L’histoire du hockey sur glace au Canada remonte au 19e siècle. Je trouve intriguant de constater comment ce jeu, initialement pratiqué sur les lacs gelés par quelques téméraires, s’est progressivement institutionnalisé pour devenir le sport-roi.
Au Québec, l’attachement au hockey revêt une dimension particulière. J’ai pu observer lors de mes voyages comment ce sport transcende les barrières linguistiques et culturelles, unissant francophones et anglophones dans une même passion.
Ce qui m’impressionne toujours, c’est de voir comment le hockey influence le quotidien des Canadiens. Dans les rues de Montréal ou Toronto, je croise régulièrement des passants arborant fièrement les couleurs de leur équipe favorite. Les grandes vedettes du hockey canadien sont célébrées comme de véritables héros nationaux.
À Montréal, je me suis souvent arrêté devant la statue de Maurice Richard, légende des Canadiens, ou j’ai emprunté le boulevard Guy-Lafleur.
Le hockey sur glace se pratique sur une patinoire entourée de panneaux vitrés protégeant les spectateurs. Un match se divise en trois périodes de vingt minutes, avec des pauses entre chacune. L’objectif est simple : envoyer plus de fois que l’adversaire la rondelle (ou palet) dans le but opposé.
Ce qui me intéresse dans ce sport, c’est son intensité physique. Pour pratiquer le hockey en toute sécurité, j’ai vite compris que l’équipement est primordial. Les protections constituent un élément essentiel : casque avec grille faciale, épaulières, coudières, gants rembourrés, plastron, jambières et bien sûr, une coquille de protection. Les gardiens bénéficient d’un équipement encore plus imposant, avec un masque intégral et d’imposantes jambières.

La Ligue Nationale de Hockey (LNH) représente l’élite mondiale avec ses 30 franchises nord-américaines. Fondés en 1909, les Canadiens de Montréal constituent la franchise la plus titrée avec 24 Coupes Stanley à leur palmarès. Leur histoire glorieuse et leurs rivalités légendaires nourrissent la passion des supporters.
Le rayonnement international du hockey canadien se manifeste particulièrement lors des Jeux olympiques et championnats du monde. Cette implication s’est traduite par des politiques sportives ambitieuses et des investissements substantiels. L’Office national du film a même produit plusieurs documentaires célébrant le hockey canadien.
À travers mon exploration du hockey sur glace comme sport national du Canada, j’ai compris que cette discipline dépasse largement le cadre sportif. Elle forge l’identité d’un peuple, transcende les clivages sociaux et unit un pays immense autour d’une même passion.
Le hockey, création canadienne et sport national, est à Montréal ce que le basket-ball est à New York : un loisir si populaire qu’il transcende les générations et envahit l’espace urbain, à commencer par les parcs et les lacs de la métropole, où s’entrechoquent chaque hiver les bâtons et rondelles du quartier. Mais le vrai visage du hockey montréalais réside dans son équipe des Canadiens, pour laquelle vibrent les habitants.
Un culte parfois difficile à comprendre pour les nouveaux arrivants, si l’on considère les résultats en demi-teinte du club ces dernières années. C’est qu’au-delà du sport, l’histoire cette équipe est si intimement liée à l’histoire de sa ville qu’elle en devient un véritable miroir social et sociétal.
Apparu vers la fin du XIXe siècle, le hockey n’a pas toujours été aussi populaire qu’aujourd’hui, particulièrement au Québec, où il était un sport et un loisir réservé aux plus riches, c’est-à-dire aux anglophones. À cette époque à Montréal, c’est l’équipe des Wanderers qui représente la ville dans les compétitions professionnelles.
Au début du XXe siècle, les rivalités entre les anglophones et les francophones de la ville prennent de l’ampleur. Afin d’en tirer parti, John Ambrose O’Brien finance la création d’un club francophone. En 1911, il est spécifié dans les statuts du club que celui-ci doit être exclusivement composé de joueurs francophones. En 1925, le club acquiert même un droit de recrutement sur tous les Canadiens français du territoire.

Le nom du club emprunte le patronyme du « Club Athlétique Canadien » jusqu’en 1916. Le nom « Canadiens » perdurera avec d’autres appellations, comme celle des « Habitants », dont est dérivé le fameux « Habs ».
Même si les débuts sont difficiles, le club remporte en 1916 sa première Coupe Stanley, qui couronne le championnat nord-américain, la Ligue nationale de hockey (LNH/NHL en anglais).
Pendant les premières années de Ligue nationale, beaucoup de joueurs se distinguent, comme George Vezina, le gardien et leader de l’équipe, qui donnera son nom au trophée récompensant le meilleur gardien de la saison. Au cours des années suivantes, l’équipe s’ouvre. Elle est composée de joueurs venus d’Ontario, à l’image d’Howie Moretz, qui amène sa vitesse et sa technique sur le glaçon.
En 1924, Montréal accueille une autre équipe en LNH, mais à destination des anglophones : les Maroons, bâties sur la base des Wanderers. Cela aura pour conséquence de raviver les rivalités, sur la glace autant que dans les travées. En 1927, un trophée est même remis à celle des deux équipes qui aura le meilleur bilan lors des confrontations de la saison, histoire d’ajouter du sel dans les duels.
Cependant, la crise économique de 1929 vient perturber l’équilibre des forces. Une seule des deux équipes pourra continuer à exister. Ce sera celle des Canadiens, qui reprennent ainsi le flambeau montréalais à partir de 1938.
Évoluant dans le championnat nord-américain, les Canadiens de Montréal sont traditionnellement la seule équipe francophone de la Ligue - exception faite des Nordiques de Québec (1972-1995). Elle est ainsi bien plus qu’une simple équipe sportive : elle est le symbole de l’existence, de la résistance des Canadiens français non seulement au Québec, mais aussi sur le continent et, plus encore, de leur excellence face à l’hégémonie anglophone.
Le hockey sur glace enfièvre le pays
Popularisé à la fin du XIXe siècle, le hockey sur glace demeure associé à l'identité du pays. C'est à Montréal, le 3 mars 1875, que se déroule le premier match officiel en intérieur.
Aujourd'hui, de septembre à juin, les rencontres de la LNH (Ligue nationale nord-américaine de hockey) enfièvrent les Canadiens et monopolisent l'information sportive. La saison s'achève avec les séries éliminatoires de la célèbre Coupe Stanley qui récompense la meilleure formation de l'année.
L'équipe des Canadiens de Montréal est la plus titrée de l'histoire de la NHL (24 victoires), mais sa dernière coupe remonte à 1993.
Le hockey, sport national d'hiver
Sport national d'hiver depuis 1994, le hockey sur glace est une véritable institution au Canada. Michel Vigneault est un historien des sports canadien, spécialisé dans le hockey. Il évoque la place essentielle de ce sport dans la culture de son pays.
Depuis une loi votée par le Parlement fédéral en 1994, le Canada possède deux sports nationaux officiellement reconnus : la crosse pour l'été et donc le hockey pour l'hiver.
Le hockey participe à l'unité canadienne et il incarne aussi en quelque sorte le Canada que l'on vend aux francophones et aux immigrés.
Les 3 sports préférés des Canadiens :
- Le hockey Sport officiel d'hiver selon la Loi sur les sports nationaux du Canada, il fait partie de l'identité canadienne et reste le plus populaire dans les médias et les esprits.
- Le soccer Avec près d'un million de licenciés, le foot arrive en tête, devançant le hockey de 400 000 adeptes.
- Le basket-ball La culture basket grignote du terrain et les pratiquants ne cessent d'augmenter. Un engouement renforcé en 2019 par le titre de champion de la NBA des Raptors de Toronto, la seule équipe canadienne de la ligue nord-américaine et la première à l'extérieur des États-Unis à remporter ce trophée.
Origines controversées
Si les experts situent l'origine du hockey sur glace en Suède au début du 19ème siècle, trois villes canadiennes* se disputent la paternité de ce sport hissé au rang de Sport National par le Parlement canadien en 1994 : Kingston en Ontario où se serait déroulé un match entre soldats britanniques du régiment de la Royal Canadian Rifle le jour de Noël 1855 et les deux villes néo-écossaises d'Halifax et Windsor.
Dans ces trois cas, les historiens s'accordent à dire que ce sont les immigrants venus des iles britanniques qui ont amené ces pratiques dans leurs bagages. C'est faire fi des récits des missionnaires de Nouvelle France qui décrivent par le menu les jeux de "crosse" pratiqués sur la glace par les Amérindiens que les premiers colons français imitent en poussant des pierres sur les étangs gelés dans des joutes fraternelles. Les livres d'histoire ne rendent pas toujours à César ce qui lui appartient...
Historiquement S'il est avéré qu'une distraction, rappelant le golf moderne mais se déroulant sur la glace, nommée kolf, était populaire aux Pays-Bas au xviie siècle, le jeu de bandy, qui, dans la Grande-Bretagne du début du xixe siècle, opposait sur des étendues gelées deux équipes frappant une balle en bois ou en liège avec des crosses taillées dans du bois de saule, est considéré comme l'ancêtre du hockey sur glace.
À partir de 1855, des soldats britanniques en garnison à Halifax (Nouvelle-Écosse, Canada) organisèrent des rencontres de hockey sur les lacs gelés et, durant les années 1870, les étudiants de l'université McGill de Montréal s'adonnèrent à leur tour à ce sport. La première ligue de hockey sur glace vit le jour en 1885 à Kingston (Ontario). Ce sport devint rapidement populaire au Canada, des rencontres régulières étant organisées entre les clubs de Montréal, Ottawa et Toronto.
En 1892, lord Stanley of Preston, gouverneur général du Canada, décida qu'une coupe en argent serait offerte chaque année à la meilleure formation. La Coupe Stanley était née.
Le hockey sur glace commençait également à se développer en Europe - Pierre de Coubertin en encouragea la pratique dès 1891.
Professionnels et amateurs allaient dès lors créer séparément leurs propres structures. C'est ainsi qu'en 1904 la première ligue professionnelle (Pro Hockey League) voit le jour aux États-Unis, avant d'être remplacée en 1907 par la National Hockey Association (N.H.A.). Une ligue concurrente, la Pacific Coast League (P.C.L.), naît peu après.
En 1914, un championnat réunissant les deux ligues est organisé, le vainqueur se voyant attribuer la coupe offerte par lord Stanley. La N.H.A. va être supplantée par la National Hockey League (N.H.L.), qui organisa son premier match le 19 décembre 1917. Les Toronto Arenas remportèrent en 1918 le premier Championnat de la N.H.L. et enlevèrent la Coupe Stanley, en dominant les Vancouver Millionaires, lauréats de la compétition de la P.C.L. La P.C.L. disparut en 1926.

Dès lors, la N.H.L. allait régner sans partage sur le hockey sur glace en Amérique du Nord. Entre-temps, du côté des amateurs, la Ligue internationale de hockey sur glace avait été créée, le 16 mai 1908 à Paris, par la France, la Belgique, la Suisse et la Grande-Bretagne, avec pour président le Français Louis Magnus - champion de patinage artistique et journaliste. Un Championnat d'Europe fut organisé en 1910, tandis que le Championnat du monde allait voir le jour en 1930.
Dès 1914, le Comité international olympique accepte qu'un tournoi de hockey sur glace soit organisé à l'occasion des Jeux prévus à Berlin en 1916. Si ces Jeux sont annulés, le hockey sur glace fait bien partie du programme des VIes jeux Olympiques (d'été) qui se déroulent à Anvers en 1920. Le Canada (en fait l'équipe des Winnipeg Falcons) remporte le titre en battant les États-Unis par 2 buts à 0.
Même si les professionnels ne participent pas aux Jeux, les Canadiens dominent régulièrement le tournoi olympique, jusqu'à l'arrivée des Soviétiques qui, dès leur première participation en 1956, obtiennent la médaille d'or après avoir battu Américains (4-0) et Canadiens (2-0).
Quand on me demande quel est le sport national emblématique du Canada, je réponds sans hésiter : le hockey sur glace !
Le hockey sur glace va réellement devenir un sport médiatique en Europe en 1968 à l'occasion des Jeux de Grenoble : les affrontements entre Tchécoslovaques et Soviétiques, retransmis en direct par la télévision, avec le Printemps de Prague en toile de fond, resteront dans les mémoires.