Nasser Al-Khelaïfi : Ascension et Influence à la Tête du PSG

Nasser Al-Khelaïfi est entré un peu plus dans l'histoire du PSG. Arrivé en 2011 à la tête du PSG, Nasser Al-Khelaïfi est devenu le président du club de la capitale à avoir tenu le plus longtemps en poste. Ce mardi, le 17e président du club parisien est officiellement devenu celui à avoir tenu le plus longtemps en poste depuis la création du club en 1970. Il devance ainsi Francis Borelli, président entre 1978 et 1991.

Avec 13 ans, quatre mois et 23 jours passés à la tête du PSG, il devance ainsi Francis Borelli (13 ans, quatre mois et 22 jours 1978 et 1991). Al-Khelaïfi possède également le palmarès le plus fourni. Arrivé à la tête du PSG le 4 novembre 2011 dans le cadre du rachat du club par le fonds d'investissement qatari QSI (Qatar Sports Investment). Grâce à ses 34 titres (dix Ligue 1, sept Coupe de France, six Coupe de la Ligue et onze Trophée des champions), le président de QSI se place largement en tête, devant Michel Denisot, qui avait glané huit titres lors de son passage entre 1991 et 1998.

Voici un aperçu des présidents du PSG qui sont restés le plus longtemps en poste :

PrésidentPériodeDurée
Nasser al-KhelaïfiDepuis 201113 ans, quatre mois, 23 jours
Francis Borelli1978-199113 ans, quatre mois, 22 jours
Michel Denisot1991-1998Six ans, onze mois, onze jours
Laurent Perpère1998-2003Quatre ans, cinq mois et 14 jours
Daniel Hechter1974-1978Trois ans, cinq mois et 27 jours

Depuis plusieurs mois, Nasser al-Khelaïfi adopte une posture plus discrète au sein du PSG. Longtemps omniprésent dans toutes les décisions sportives depuis l’arrivée de Qatar Sports Investments, le président parisien a choisi de s’éloigner du management quotidien de l’équipe. Pour autant, cette moindre exposition médiatique ne signifie pas un désengagement. Selon son entourage, Nasser al-Khelaïfi reste fortement impliqué dans la gouvernance globale du club. Il supervise les grands projets comme le futur stade, dirige les réunions stratégiques et représente le PSG lors des cérémonies officielles.

Son rôle dépasse même le football, avec des missions accrues dans la gestion des clubs satellites, des partenariats internationaux et des négociations avec d’autres entités sportives, comme la NBA.

Devenu l'un des hommes les plus puissants du monde du football, le Qatari est également l'un des meilleurs ambassadeurs de l'émirat à l'étranger. Agé de 43 ans, Nasser Al-Khelaïfi est issu des couches moyennes du Qatar. "Je suis d’une famille normale, expliquait l'intéressé dans Le JDD, il y a quelques années. J’ai quatre frères et une sœur. Mon père travaillait dans les ports", comme pêcheur de perles. Père de quatre enfants, il reste discret sur sa vie privée. Ses proches ont compris le message.

Avant d'arriver au ballon rond, Nasser Al-Khelaïfi s'est d'abord consacré à la petite balle jaune, dès l'âge de 11 ans. En 1995, il fréquente le club de tennis des Vespins, à Saint-Laurent-du-Var, raconte Le Monde. Membre de l'équipe qatarie, il s'entraîne cinq mois par an sur la Côte d'Azur, de 1998 à 2000, au Tennis Club Nice Giordan. Après onze ans sur les courts, le bilan du joueur est modeste : 28 victoires pour 73 défaites, avec une place de 995e au classement mondial, en 2002. La passion, elle, reste intacte.

A cette époque, surtout, Nasser Al-Khelaïfi fait la connaissance du futur émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, de six ans son cadet et lui aussi joueur de tennis. Leur amitié est née en 1992, lors d'un Open du Qatar. "Je le considère comme un frère, résumait ainsi Nasser Al-Khelaïfi dans L’Equipe Magazine.

Après un MBA d'économie, il rejoint la chaîne Al-Jazeera en 2003 et y fonde une branche sportive en compagnie de deux Français, où il dirige les acquisitions de droits. Nasser séduit et cumule. Il devient directeur général de BeIN Sports (en anglais) en 2006, puis prend la tête du PSG en 2011, lors du rachat du club par le fonds souverain du Qatar dédié au sport (QSI)... qu'il dirige également.

Son ascension doit beaucoup à sa proximité avec le fils de l'émir. Quand ce dernier prend la tête du Qatar, en 2013, il nomme son ami ministre "hors-cadre" du Qatar. La fonction ne prévoit pas de rôle précis, mais elle est vécue comme "un honneur" par l'intéressé. Les deux hommes continuent à passer "énormément de temps ensemble", ajoute une source à l'AFP.

Nasser Al-Khelaïfi est un bourreau de travail, à en croire ceux qui le côtoient ou l'ont côtoyé. "Il répond à tous les messages, et très vite", se souvient l'ancien président du club, Alain Cayzac, cité par Capital. "Ce n'est pas un gars qui fanfaronne. C'est un gars discret, mais qui travaille", résume Gervais Martel, dans une enquête de L'Equipe consacrée à l'influent président du PSG.

Plusieurs personnalités de l'ombre composent sa garde rapprochée : Sophie Jordan (directrice générale de BeIN), Youssef Al-Obaidly (président de BeIN Sport) et Jean-Martial Ribes (directeur de la communication du PSG). Tous veillent au grain pour contrôler l'image du PSG. Un président trop lisse ?

En coulisses, Nasser Al-Khelaïfi n'a rien d'un Bisounours. Il est en effet connu pour ses coups de sang. Résultat ? Le président du PSG est désormais apprécié par de nombreux homologues de Ligue 1 - le président de Montpellier, Louis Nicollin, parlait notamment "d'un ami", en vantant son intelligence et sa facilité pour apprendre le français. "C'est quelqu'un à l'écoute et qui a le respect des institutions", ajoute Didier Quillot, directeur général de la LFP, dans le reportage de L'Equipe. Celles-ci le lui rendent bien.

Grâce au réseau de son chef de cabinet (et ancien arbitre de tennis), Adel Aref, il fait venir des stars, comme Jay-Z et Beyoncé lors de PSG-Barcelone. En 2015, il est même invité chez Nicolas Sarkozy, rapporte Challenges, à l'occasion de son 60e anniversaire.

Aujourd'hui, l'influent Nasser Al-Khelaïfi fait presque figure d'ambassadeur bis du Qatar. Il est "là pour défendre les intérêts du Qatar. (...) Il est dur en négociations, mais 'fair', juste", estime l'homme d'affaires Arnaud Lagardère dans L'Equipe. Il n'hésite pas non plus à monter au créneau, quand l'émirat est critiqué.

Football, médias, réseau politique et économique... Nasser Al-Khelaïfi est aujourd'hui la troisième personne la plus influente du Qatar, selon le magazine économique Gulf Business (en anglais), derrière les présidents de Qatar Petroleum et de Qatar Airways. La revue estime ainsi que "son influence dans l'industrie des médias grandit d'année en année".

Pouvoir Scandale et Gros sous les hors jeu du PSG

Le président qatari du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, a marqué un point procédural dans la guérilla juridique l'opposant à l'un des acteurs du dossier dit des "barbouzeries" autour du club parisien, qui accuse l'émirat de l'avoir pris en "otage" pour lui extorquer une signature.

Dans ce dossier à tiroirs, l'attention de la justice et des enquêteurs se porte notamment sur un accord, signé par un Franco-Algérien présenté comme un lobbyiste international, Tayeb Benabderrahmane. Ce dernier, par ailleurs mis en examen en France, s'engageait à ne pas divulguer des documents "confidentiels" potentiellement compromettants pour le patron du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, surnommé "NAK", sous peine de devoir lui verser 5 millions d'euros.

Avant de signer, M. Benabderrahmane avait fait six mois de prison au Qatar, à partir de janvier 2020, pour des soupçons d'espionnage au profit d'un Etat étranger. Il avait signé l'accord en juillet, puis avait quitté l'émirat en novembre.

Au pénal, il a porté plainte avec son épouse et obtenu en 2023 l'ouverture d'une information judiciaire pour enlèvement, séquestration, tortures et menaces. Au civil, il a demandé l'annulation de l'accord.

Une lecture qui fait bondir la défense du Franco-Algérien. "Nasser Al-Khelaïfi peut impunément se payer des procédures pénales qu’il a lui même construites de toutes pièces et créer ainsi des contre-feux procéduraux !", dénoncent auprès de l'AFP ses avocats, Mes Luke Vidal et Romain Ruiz.

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