Dans le monde exigeant du rugby de haut niveau, les blessures sont fréquentes, mais certaines histoires de résilience émergent de ces épreuves, captivant l’imagination des fans. La trajectoire de Pieter-Steph Du Toit, jalonnée de challenges et de triomphes, est plus qu’une simple série d’anecdotes : c’est une source d’inspiration, un exemple éloquent du pouvoir de l’esprit sur le corps.
Voilà un double champion du monde qu'on connaît mal ou si peu. Du Toit, 32 ans, célébré cette année, n'est pas un créateur de jeu, il est plutôt spécialiste du travail de sape et d'étouffement. Passé maître dans l'art du travail de l'ombre, il crève l'écran aux yeux des initiés.
Le Gotha du rugby s'était rassemblé dimanche soir pour célébrer les meilleures joueuses et joueur de l'année. Et c'est le Sud-Africain Pieter-Steph du Toit (32 ans) qui l'a emporté, pour la deuxième fois de sa carrière après avoir déjà reçu cette distinction en 2019. Preuve de la constance dans l'excellence de ce numéro 7, double champion du monde (2019 et 2023).
Lors de la finale de la dernière Coupe du monde remportée par l'Afrique du Sud face à la Nouvelle Zélande, du Toit avait été élu homme du match.
Depuis la création du joueur de l'année en 2001, seuls deux autres Sud-Africains ont reçu ce trophée : Schalk Burger, en 2004, puis Brian Habana en 2007. Le doublé de du Toit porte à quatre le nombre de distinctions reçues par les Springboks.
Le MEILLEUR plaqueur ?! | Les énormes coups de Pieter-Steph du Toit au rugby !
Un Héritage Familial et Viticole
Fils de vigneron, descendant de Huguenots français Comme l'indique son patronyme, Du Toit est le descendant d'une lignée de Huguenots, des Français protestants qui ont fui les persécutions religieuses catholiques, au XVIIe siècle, pour tenter une vie meilleure, ailleurs, en Afrique du Sud.
Né en 1992, Pieter-Steph a grandi à Kloovenburg, à une heure de route au nord de Cape Town, au sud du pays, où son père Pieter dirige une exploitation viticole. Enfant, avec ses frères, on adorait aider notre père, on récoltait les grappes à la main car à l'époque il ne possédait pas de machines. Puis on grimpait dans les cuves pour écraser le raisin avec nos pieds, les après-midi et les week-ends.
Petit-fils de Springbok Pieter-Steph Du Toit s'est construit avec la légende de son grand-père Piet. Né en 1935 et surnommé « Spiere » (« baraqué » en afrikaans), ce pilier avait intégré les Springbok en 1956. Il connaîtra sa première sélection face à la France en 1958, dans un match dont le score final était resté à 3-3.
Comme eux, Du Toit associe fraternité et entreprenariat mais version puissance 4 : avec ses trois frangins, Johan, Anton et Daniel, ils ont fondé « 8 Feet » : « Quatre frères, huit pieds, une famille, explique Pieter-Steph. On vend du vin, du café, des vêtements lifestyle, des chaussures...
Du Toit est l'ainé d'une fratrie de quatre garçons. Descendants d'une lignée de Huguenots français, venu ici chercher une vie meilleure.
Pieter-Steph a grandi avec l'aura et la légende de son grand-père « Piet ». Né en 1935, cet ancien pilier surnommé « Spiere » (musculature en afrikaans) avait intégré les Springbok en 1956 mais ne connaîtra sa première sélection face à la France qu'en 1958, dans un match dont le score finale était resté à 3-3.

Pieter-Steph du Toit avec ses frères.
Un Physique Discret, une Efficacité Redoutable
Longiligne, il culmine à deux mètres sans avoir des épaules impressionnantes (115 kg). « Je ne suis pas le plus rapide, ni le plus puissant, admet Du Toit. En revanche, je crois dur comme fer à la force du mental. C'est ce que notre père nous a transmis : la foi, une bonne attitude, une grosse capacité de travail. Tout ça permet d'aller au-delà du possible. »
La moyenne de ses statistiques avoisine une quinzaine de plaquages minimum à chaque match. Durant sa présence aux Sharks de Durban (2012-2015), Du Toit a suivi le programme « Eye Gym » auprès de la docteur Sherylle Calder, spécialiste de la vision.
Il avait une très bonne lecture des trajectoires, ce qui lui permet d'effectuer des courses à bon escient sans dilapider son énergie, détaille la coach, championne du monde avec l'Angleterre en 2003 puis avec l'Afrique du Sud en 2007.
Le Tendon Paternel : Un Symbole de Résilience
Il y a dix ans, alors qu'il jouait aux Sharks, Du Toit a subi une grave blessure aux ligaments antérieurs du genou gauche. Après une première opération, il est resté treize mois sans jouer. Revenu sur les terrains, il s'est de nouveau blessé au genou juste avant la Coupe du monde 2015. Cette fois, c'est son père, donneur compatible, qui lui a fait don de cellules souches.
« Je suis comme un vieux Range Rover dont on récupère les pièces détachées, se marre le papa en racontant l'anecdote par téléphone au milieu de ses vignes. Ils m'ont prélevé un bout de muscle dans l'ischio-jambier droit pour réparer son genou gauche. Mon fiston était étonné parce que lui a dû rester alité alors que moi je suis revenu bosser à la ferme le surlendemain. »
Jimmy Wright, spécialiste de la performance aux Sharks, s'est occupé de sa réhabilitation. C'est un joueur fier, pas le genre à picoler ou sortir. Il est investi pleinement dans sa carrière.

Pieter Steph du Toit avec son père lors de la greffe.
Une Blessure Frôlant l'Amputation
Touché à une jambe il y a deux semaines, le Sud-Africain Pieter-Steph Du Toit a été victime d'un syndrome rare et a échappé à l'amputation grâce à l’expertise d'un médecin. Stormers - Auckland Blues du 28 février dernier aurait pu être le dernier match de la carrière de Pieter-Steph du Toit. Le meilleur joueur du monde 2019 a été sérieusement touché à une jambe, et a échappé à l’amputation.
Comme le rapportent les médias sud-africains, le troisième ligne a été victime d’un syndrome très rare, et le staff médical des Stormers s’est rapidement rendu compte que la blessure du troisième ligne était bien plus importante que prévu.
« C’était une urgence médicale. Pieter-Steph avait un hématome qui est devenu un syndrome du compartiment aigu. Ce sont des cas incroyablement rares. Seulement 43 ont été recensés dans le monde », a déclaré le docteur des Stormers Jason Suter. C’est grâce à lui si Du Toit a encore la chance de pouvoir rejouer au rugby.
Transporté en urgence à l’hôpital, Pieter-Steph Du Toit a subi une opération dans la foulée. « Le chirurgien vasculaire qui l’a opéré a dû couper le muscle pour relâcher la pression. Le coach des Stormers, John Dobson, a tenu à remercier tout particulièrement son médecin pour son attitude et son professionnalisme.
Un Palmarès Élogieux
Pieter-Steph du Toit possède un palmarès significatif, illustrant son palier dans les sphères du rugby national et international.
| Année | Événement | Récompense/Mention |
|---|---|---|
| 2019 | Coupe du Monde de Rugby | Champion du Monde |
| 2019 | World Rugby Awards | Joueur de l'année |
| 2023 | Coupe du Monde de Rugby | Champion du Monde |
| 2023 | World Rugby Awards | Joueur de l'année |
Un Joueur Qui Inspire
Au-delà de ses performances de joueur, il demeure un modèle d’engagement et de ténacité. Ses accomplissements et son influence resteront gravés dans l’histoire, montrant que le talent et la volonté peuvent surmonter de nombreux obstacles.
« Sa force ne réside pas dans ses performances athlétiques mais dans son caractère, sa fierté » Jimmy Wright, spécialiste de la performance aux Sharks Pieter-Steph du toit l'a emporté en raison de sa « constance dans l'excellence ». Il répond présent non seulement dans sa performance individuelle mais dans ce qu'il accomplit pour le collectif. Rien ne remplacera la droiture au travail. Sa force ne réside pas dans ses performances athlétiques mais dans son caractère, sa fierté. Il a un ''calm leadership'', un leadership très posé, il ne motive pas les autres il les inspire. »