Le Stade Malherbe Caen (SMC), club de football emblématique de Normandie, possède une histoire riche et passionnante, marquée par des moments de gloire, des défis et une fidélité inébranlable de ses supporters. Des anecdotes extraordinaires émaillent le parcours du club, entre exploits sur le terrain et péripéties en coulisses.

Les origines et la fondation
Les prémices du club remontent à 1892 : au lycée Malherbe, les lycéens et leur proviseur créèrent le Club Malherbe qui deviendra l'Union Athlétique du Lycée Malherbe trois ans plus tard. En 1899, un autre club de sport vit le jour à Caen : il s'agit du Club Sportif Caennais aux couleurs rouge et bleu. En 1907, l'Union Athlétique du Lycée Malherbe deviendra le Club Malherbe Caennais et se spécialisa dans la pratique du football. L'événement majeur de la vie de ces deux clubs aura lieu à l'automne 1913 avec la fusion des deux entités sportives. Le Stade Malherbe Caennais naquit le 17 novembre 1913, sur la terrasse du café du Chalet (place du 11 novembre).
La naissance du club normand fut rapidement suivie de ses premiers malheurs durant la grande guerre. 39 personnes du club décédèrent entre 1914 et 1918. Les noms de ces joueurs et dirigeants figurent sur la plaque funéraire du monument aux morts. Cette stèle est placée aujourd'hui devant l'entrée d'honneur du Stade Michel d'Ornano.
Entre-deux guerres et Coupe de France
Entre les deux guerres, le SM Caen tentera une courte aventure chez les professionnels. En 1933, lors d'une assemblée générale, les nouveaux statuts furent adoptés par une grande majorité des membres. Certains dirigeants démissionnèrent, peu enclins à l'idée de rémunérer des joueurs de football. L'expérience ne dura que quatre saisons où Malherbe découvrit la deuxième division. L'abandon du statut professionnel se fit dans l'indifférence générale en 1938.
Les années 50 rimèrent avec la Coupe de France pour les Normands. La valeureuse équipe de CFA du légendaire capitaine Claude Mercier réussit l'exploit de s'offrir la tête du Stade de Reims en 1953. Les champenois étaient à cette époque le plus prestigieux des clubs français. Caen se forgea alors une solide réputation d'équipe de coupe. Une autre aventure ponctuée par l'élimination du Racing CP en 1956 renforça ce statut. En 1958, c'est un marathon de 5 matchs contre le FC Nantes qui frappa les esprits.
Des années 70 à la montée en D1
Les années 70 marquèrent un tournant dans l'évolution du club. Malherbe retrouva, enfin, la 3ème puis la 2ème division pour une période de Yoyo. Pascal Théault et Alain Douville furent les joueurs emblématiques de cette période. Les chocs en championnat de division 3 opposaient le SMC à Lisieux ou bien l'US Normande. Les derbys face au club de la SMN attiraient les foules : il n'était pas rare de réunir 6.000 à 7.000 personnes pour ces matchs là ! Aujourd'hui encore, il est bien rare qu'un match de national attire autant de monde ...
Après 2 échecs pour la montée en Division 2, le SM Caen s'attacha les services de Pierre Mankowski en 1983. Sous sa direction, Caen parviendra à s'extraire du piège de la division 3 en écartant un adversaire de taille pour la montée : l'ambitieux CA Lisieux de Jacques Santini. Caen réussit ensuite à s'installer dans l'antichambre de l'élite et s'offrit même une nouvelle dimension en 1985 avec le passage au statut professionnel, un retour vers le passé nécessaire pour grandir. En 1987, Caen flirta pour la première fois avec l'élite du football français. 2ème de division 2, le SMC n'est devancé que par les Chamois Niortais d'Abedi Pelé. Malherbe échoua à l'épreuve des barrages ...
Un an plus tard, Caen termine juste derrière Strasbourg au classement de D2. Les deux clubs n'étant départagé que par deux buts d'écarts ... Caen découvrit la première division à l'été 1988. Les débuts du Stade Malherbe en D1 furent plutôt laborieux avec 6 premiers matchs couronnés d'autant de défaite. Le déclic se produisit à Venoix devant le leader Toulon et une victoire 2-1, le vieux stade du boulevard Detolle devint rapidement une citadelle imprenable à l'ambiance explosive au point d'être nommé le "petit chaudron" en hommage à Geoffroy Guichard. Cette saison là, le SMC se promena tout au long de la saison à la limite de la zone rouge pour finalement se sauver au soir de la dernière journée grâce à un succès 3-0 contre Cannes.
Après avoir manqué la montée en barrage en 1987, Caen ne rate pas la marche la saison suivante. Premier, à égalité avec Strasbourg à l'issue de la saison régulière, Malherbe élimine Lyon, puis Niort en barrage pour accéder à la D1 pour la première fois de son histoire.
Les années 90 : apogée et nouveau stade
Les sommets du Stade Malherbe furent atteints en 1992. Au terme d'une énorme saison ponctuée d'une 5ème place, les Caennais décrochèrent l'Europe. A l'hiver 92, les Normands étaient même 2ème du championnat derrière Marseille mais devant Auxerre, Monaco ou le Paris SG ... Cette période de réussite sportive étant malheureusement rattachée à l'abyssal déficit financier du club.
Jean Jacques Fiolet laissa donc le flambeau à Guy Chambilly qui parvint à assainir les finances du SM Caen. C'est encore à Venoix que Caen fit son entrée sur la scène européenne la saison suivante, le stade Michel d'Ornano était alors en chantier. Devant les caméras de TF1, Caen offrit l'un des plus beaux matchs de son histoire en battant les espagnols de Saragosse 3-2 avec un infernal tandem Paille - Gravelaine aux avants postes de l'équipe rouge et bleu.
Qualifié pour la première fois de son histoire en Coupe de l'UEFA, Caen écope du Real Saragosse, l'équipe qui monte en Espagne. Au terme d'une double-confrontation aux scénarios improbables, l'équipe de Daniel Jeandupeux est éliminée dès son entrée en lice (3 buts à 2, défaite au retour 2 buts à 0). En championnat, la saison est moyenne. Caen brille par intermittence sous les exploits de sa pépite Xavier Gravelaine, 22 buts toutes compétitions confondues.
Le 6 juin 1993, Malherbe prit possession de son nouveau stade : le Stade Michel d'Ornano. Caen s'offrit la tête du Bayern Munich (4-1) en match inaugural. Après une première saison décevante sur sa nouvelle pelouse, Malherbe retrouva les ambitions du passé en 1994-95 avec les arrivées de Kenneth Andersson, irrésistible buteur de la coupe du Monde et d'Amara Simba l'ex-international français. En 1996, les normands furent irrésistibles au point de remonter illico en D1 après une saison de rêve : 19 victoires sur 21 matchs à domicile, un titre de champion de France de D2 devant l'Olympique de Marseille et un trio d'attaque efficace : Priou - Michel - Vahirua.
Malheureusement, l'année suivante le championnat s'offrit une particularité avec le passage à 18 clubs. L'année où il ne fallait pas terminer 17ème, Caen termina à cette place ... La période 1997-2004 vit l'éclosion de jeunes talents comme William Gallas, Jérôme Rothen ou encore Mathieu Bodmer. En 2001, Caen passa près du couperet en terminant 17ème de Ligue 2, le salut du club passa par la forme étincelante d'un joueur de club comme Cyrille Watier, meilleur buteur de l'histoire du stade Michel d'Ornano. En 2003, Xavier Gravelaine choisit de quitter sa Normandie pour jouer des tours "au club de son cœur". Après un faux départ pour Ajaccio il rejoignit Istres.
Caen joue profil bas, pourtant, la jeunesse à la rage de vaincre. L'objectif de la saison passée était simple : se maintenir. Cette mission était chiffrée à la barre de 42 points. Si Caen parvint à atteindre ce total, il fallait cette saison là 43 points pour rester au plus haut niveau, du jamais vu dans une L1 à 20 clubs.
Coupe de la Ligue et ascenseur émotionnel
Le dernier événement majeur de la vie du club reste la finale de la coupe de la ligue disputée au Stade de France devant 80.000 personnes. Pour sa première grande finale, Malherbe défia Strasbourg pour une défaite 2-1. A n'en pas douter, notre club connaîtra d'autres grands moments dans son existence !
Caen retrouve la Ligue 1 après huit ans à l'échelon inférieur. Avec une équipe inexpérimentée, Malherbe ne remporte que quatre matchs lors de la phase aller. Pire, le club normand ne gagne que deux fois entre la 15ème et la 32ème journée, même si Lyon, futur champion, Monaco (3ème) et Marseille (5ème) figurent au tableau de chasse des Normands. Ce parcours contraste avec l'épopée en Coupe de la Ligue où Caen s'incline en finale contre Strasbourg. L'entraîneur, Patrick Remy est limogé, remplacé par Franck Dumas, devenu entre temps directeur sportif.
Après cet aller/retour, et une finale de Coupe de la Ligue, les Caennais ont connu des débuts catastrophiques. Accusant un lourd retard à l’allumage, les Malherbistes échouèrent finalement d’un rien, grâce à une seconde partie de saison extraordinaire, derrière Lorient. Au printemps 2010, les hommes du Président Jean-François Fortin et du Manager général Franck Dumas décrochèrent une nouvelle accession en Ligue 1, symbolisée par la mentalité et l’état d’esprit d’une équipe exemplaire. Vainqueurs des clubs les plus huppés de France - Marseille et Lyon - en ouverture du championnat, Nicolas Seube et ses partenaires réussirent même deux des exploits les plus prestigieux de l’histoire du Stade Malherbe Caen.
En 2011-2012, après un bon début de saison du Stade Malherbe (9ème après 13 journées), les Caennais traversent trois mois d'hiver sans gagner le moindre match de championnat. La saison 2012-2013 marque un changement à la tête de l'équipe car Patrice Garande, alors entraîneur adjoint, prend la place de Franck Dumas qui avait dirigé l'équipe première durant 7 saisons. Nouvel entraîneur, nouvel effectif, cette saison de transition aurait pu se terminer en exploit car les Malherbistes terminent ce championnat de Ligue 2 à la 4ème place alors qu'ils ont occupé une place sur le podium durant 13 journées.
En octobre 2013, le SMC célèbre ses 100 ans par une belle victoire 3-0 contre l'AC Milan mais le lendemain de fête est difficile à digérer car Caen ne remporte que deux de ses huit matchs avant la trêve. Seulement 8ème après 23 journées, avec six points de retard sur le podium, le Stade Malherbe réalise un superbe sprint final symbolisé par une invincibilité de douze matchs dont huit victoires. Anecdote marquante de la saison : l'imbroglio du match Caen - Nîmes. Le brouillard au dessus de la Normandie empêche les Crocodiles d'arriver à temps à d'Ornano. D'abord gagné, logiquement sur tapis vert, le match est donné à rejouer. Caen fait plusieurs fois appel mais doit finalement disputer la rencontre entre les deux dernières journées de championnat, une décision pourtant contraire au règlement. Terminé sur une score nul (1-1), ce match valide la montée du Stade Malherbe.
Après deux années au purgatoire, Caen est de retour dans l'élite du football français, bien décidé à s'y installer durablement. A l'intersaison, Xavier Gravelaine est revenu au club dans le costume de directeur général, avec le Projet 2020 dans la mallette. Première originalité, le SMC doit disputer ses deux premiers match "à domicile" au Mans, dans le MMArena à cause des Jeux Equestres Mondiaux organisé en Normandie : deux défaites.
Malgré deux victoires à l'extérieur pour entamer la saison, Caen n'est pas au niveau et termine la phase aller avec seulement 15 points au compteur, soit cinq de retard sur le premier non relégable. Mis à part Sochaux en 2008/2009, aucun club n'avait réussi à se sortir de pareil bourbier, d'autant plus qu'en coulisse, la justice s'en prend au SMC, le soupçonnant d'avoir arrangé le "match de la montée" contre Nîmes la saison précédente. Pourtant, malgré cette guigne, Malherbe se sauve, faisant appel à Gérard Baglin, un coach mental, ramenant notamment une victoire du Vélodrome malgré deux buts de retard (3-2) et un nul du Parc des Princes (2-2) avec le même handicap et une fin de match à 11 contre 9 alors qu'aucun joueur parisien ne voit rouge.
L'année 2015 est un cru exceptionnel au SMC. Sur la lancée d'un maintien extraordinaire, Caen reprend la saison en marchant sur la Ligue 1. Avec une solide base défensive et l'apport du trio offensif Rodelin-Bessat-Delort, Malherbe manie l'art du contre et récolte neuf victoires en quinze matchs. A la trêve, Caen est 4ème et même si la phase retour est moins aboutie, le club normand termine à la 7ème place de Ligue 1, le meilleur classement de son histoire au stade d'Ornano.
Lors du dévoilement du calendrier de la saison, au mois de juin, on avait déjà un mauvais pressentiment sur la saison de Caen. La disposition des matchs n'était pas pour favoriser le club normand mais nous étions loin de penser que la météo y ajouterait de la complication. Quatre matchs reportés pour cause de brouillard ou de gel, cela ne s'était encore jamais vu. Et ce n'est peut-être pas fini...
Déjà quatre matchs reportés depuis le début de la saison, un nouveau record pour le Stade Malherbe de Caen. Suivre le club normand, comme supporter passionné, simple spectateur ou journaliste, c'est l'assurance de ne (presque) jamais s'ennuyer. Plongeon dans l'histoire rocambolesque du SMC.
Matchs reportés, pénalties concédés, affaires extra-sportives, exploits retentissants, montées en Ligue 1, descentes en Ligue 2... Difficile de vivre une saison "normale" en Normandie. Sur le terrain, ou en coulisses, de son propre gré ou à son insu, le Stade Malherbe de Caen collectionne les anecdotes extraordinaires.
Les fans Rouges et Bleus ne comptent plus les ascenseurs émotionnels, ils vivent aux rythmes des hauts et des bas de leur club de cœur avec l'impression d'avancer dans le chariot d'une montagne russe. Retour sur dix saisons marquantes du SMC.
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Palmarès
Voici un aperçu du palmarès du Stade Malherbe Caen :
* Ligue 2 : Champion en 1996.* Coupe de la Ligue : Finaliste en 2005.Le SM Caen a également connu plusieurs montées et descentes entre la Ligue 1 et la Ligue 2, témoignant de son statut de club oscillant entre les deux divisions.
| Compétition | Performance |
|---|---|
| Ligue 2 | Champion (1996) |
| Coupe de la Ligue | Finaliste (2005) |
Joueurs emblématiques
Plusieurs joueurs ont marqué l'histoire du club, notamment :
* Nicolas Seube (232 matches joués)* Fabrice Divert (40 buts marqués)
Nicolas Seube, joueur emblématique du SM Caen
L'Association La BUTTE DE CAEN
L’Association La BUTTE DE CAEN a été officiellement fondée le 27 mai 1971. Elle a été déclarée à la Préfecture du Calvados le 10 juin 1971 et enregistrée sous le N° 934.
L’Association a pris naissance en 1953 à travers un Club de jeunes du quartier. En pleinereconstruction, ce quartier de CAEN en limite de la plaine s’est développé sur une petite butte qui a disparue depuis. Cette petite colline est devenue le symbole de l’Association depuis ce temps là.
La vocation du Club était de se réunir pour jouer au football et faire du sport. Elle est toujours la même. Les dirigeants du Club s’engagent à suivre les pionniers de l’époque pour offrir aux habitants des alentours un lieu de pratiques sportives et culturelles, un espace de liberté pour se détendre ou pratiquer la compétition en harmonie avec les règlements des différentes Fédérations sportives.