La saison 2024 a été riche en rebondissements et en performances marquantes dans le monde du hockey sur glace. Cet article explore les trajectoires de plusieurs équipes et joueurs, mettant en lumière les moments clés et les défis rencontrés.

Le Triomphe de Zurich et les Défis des Autres Équipes
Zurich a confirmé son statut de favori en remportant le championnat en 2024. Après avoir décroché le titre l'année précédente, l'équipe a su éviter le relâchement, la démobilisation et la fatigue physique. Grâce à un effectif profond et aux renforts du club-école des GCK Lions, Zurich a pu gérer efficacement la saison régulière et la Champions Hockey League (CHL).
En parallèle, ils ont enchaîné les tours de CHL jusqu’à s’adjuger le trophée, dominant les Suédois de Färjestad en finale. Les deux internationaux suisses ont aussi brillé sur la scène nationale : Andrighetto (20 buts, 39 points en saison régulière, puis 22 points en 16 matchs de playoffs) et Malgin (36 points en 39 matchs, 20 en séries) ont formé avec Derek Grant (40 points dont 21 buts) un trio redoutable, renforcé par la constance de Jesper Frödén (41 points en 45 matchs) et l’efficacité à deux sens de Juho Lammikko (38 points, +23).
Si l’attaque zurichoise a su répondre présent (3e de la ligue), c’est surtout par sa défense que Zurich a construit son succès. Derrière un Simon Hrubec impérial (2,25 buts encaissés et 92,1 % d’arrêts en saison régulière, 1,60 et 94,0 % en séries), les Lions ont pu s’appuyer sur une arrière-garde expérimentée et solide. Dean Kukan (24 points, +20 en saison, +15 en playoffs) a mené le groupe avec autorité, bien épaulé notamment par Yannick Weber (+17 en saison régulière) ou encore l’inamovible Patrick Geering (+15 en séries).
Avec un budget estimé à 60 millions d’euros pour l’ensemble de la holding ZSC Lions, le club zurichois repose sur une structure tentaculaire, forte de 1 687 licencié-e-s réparti-e-s dans 79 équipes. Ce vivier impressionnant alimente une filière de formation parmi les plus performantes du continent : les GCK Lions ont été sacrés champions U20, tandis que le ZSC s’est offert les titres en U18 et U16. Une pyramide solide et bien huilée, qui fait du ZSC un club modèles en matière de formation et de résultats dans le paysage suisse.
Les Défis de Lausanne et Fribourg-Gottéron
Au regard de l’intersaison 2024 agitée - départ du gardien titulaire Connor Hughes (partit tenter sa chance en Amérique du Nord) et de cinq joueurs étrangers - on n’attendait pas forcément le finaliste malheureux de 2024 à pareille fête. L’éclosion du jeune Kevin Pasche, propulsé titulaire à 22 ans, a été l’une des grandes révélations de la saison. Le portier vaudois a impressionné : 42 matchs, 2,09 buts encaissés en moyenne, 92,6 % d’arrêts et 9 blanchissages, à une seule unité du record de Leonardo Genoni.
En playoffs, le LHC a montré un visage combatif. Poussé à 7 matchs par Langnau en quart-de-finale (malgré l’absence de Stéphane Charlin dans les buts adverses pendant 5 matchs), le club vaudois a ensuite réalisé une remontada spectaculaire contre Fribourg, effaçant un déficit de 3 victoires à 1 pour l’emporter au bout du suspense. Mais la marche était trop haute en finale face aux ZSC Lions. Et l’été s’annonce encore agité. Quatre défenseurs quittent le navire (Andrea Glauser, Lukas Frick, Gavin Bayreuther, David Sklenička), tout comme quatre attaquants, dont trois étrangers (Kuokkanen, Pajuniemi, Raffl) et Tim Bozon.
Ce devait être une saison de transition, elle fut finalement digne d’un thriller. Dès le mois d’août, quelque chose ne tourne pas rond : mauvaise énergie, vestiaire fracturé, changement mal accepté par certains cadres. Mais la greffe ne prend pas, Fribourg-Gottéron se traîne en queue de classement « Dès le premier jour, au mois d’août, quelque chose ne jouait pas. Il y avait une mauvaise énergie, clairement. Le changement d’entraîneur a déplu à certains joueurs et cela a eu un impact dans le vestiaire » confiera Zenhäusern au journal La Liberté.
En quart-de-finale, Gottéron dispose en costaud du grand rival bernois et file en demi-finale défier Lausanne avec la volonté de venger l’élimination vécue au même stade de la compétition par les Vaudois un an auparavant. Mais les pensionnaires de la BCF Arena vont être rattrapés par leur lose légendaire. Alors qu’ils mènent la série par 3 victoires à 1 et que les Lausannois sont dans les cordes, les Dragons vont se prendre les pieds dans le tapis, laissant les Lions effectuer une remontada et remporter la série en 7 matchs (avec un score cumulé de 11 à 3 sur les 3 derniers matchs).
HC Davos et SC Berne: Entre Progrès et Turbulences
Sixième en saison régulière l’an passé et éliminé en quarts de finale, le HC Davos a confirmé sa montée en puissance cette saison en terminant à la 5e place avant de s’incliner en demi-finale face au futur champion, le ZSC Lions. Une élimination logique face à une équipe zurichoise plus complète, alignant quatre lignes offensives équilibrées et trois paires défensives solides.
L’histoire retiendra également que cette saison marque la fin de la carrière d’Andres Ambühl, véritable légende du hockey suisse. À 41 ans, il raccroche les patins après :1322 matchs professionnels, dont 1147 avec Davos ? 221 matchs de playoffs ? Un monument tire sa révérence, alors que le HC Davos, en reconstruction, semble progresser à chaque saison.
Sportivement, le SCB renoue avec les sommets : 3e de la saison régulière (à seulement 2 points du 2e) avec la 2e meilleure attaque du pays derrière Zoug. Mais comme l’an passé, tout s’est effondré en quart de finale, qui plus contre le rival Fribourg-Gottéron dans un derby des Zähringen à la sauce playoffs . Ni la densité de l’effectif (8 étrangers pour 6 places), ni l’alternance gardiens n’ont permis de trouver la bonne formule.
La saison aura aussi été marquée par le clash permanent en coulisses, où la communication absente du manager général Patrik Bärtschi a cristallisé les critiques (la presse, Klaus Zaugg en tête, s’en est donné à cœur joie). Résultat : Czarnik, top scorer de la ligue, file à Lausanne, Patrick Nemeth à Fribourg, Philipp Wüthrich à Ambrì, et surtout Dominik Kahun, en froid total avec le coach Jussi Tapola, finit placardisé (24 matchs, 9 points), puis part en fin de saison régulière… à Lausanne, remplacé par Miro Aaltonen (ex-Kloten), suspendu puis relancé malgré un contrôle positif à la cocaïne. Le tout au moment où Martin Plüss reprend le flambeau en intérim, en attendant le 5e directeur général en 10 ans… Un feuilleton à épisodes.
Le HC Zoug et le EHC Kloten: Désillusions et Paradoxes
Clap de fin amer pour Dan Tangnes, qui espérait conclure ses six années à la tête de Zoug sur une note plus glorieuse. Mais au terme d’un exercice marqué par une forme de continuité dans la régularité (4e de saison régulière), les Zougois ont subi une sortie de route brutale : balayés en quart de finale par un HC Davos redoutable… dirigé par Josh Holden, ancien assistant de Tangnes devenu coach à succès.
Le départ de Zoug vers une politique plus sobre sur le plan budgétaire a conduit à un contingent d’étrangers moins clinquant que par le passé (et notamment lors de la conquête des titres de 2021 et 2022) et ce pour des résultats mitigés : Jan Kovář, en regain de forme, termine meilleur pointeur du club (36 points), Daniel Vozenilek a surpris agréablement (35 points, 16 buts), mais Fredrik Olofsson (6 buts seulement, 29 points) et Andreas Wingerli (27 points) ont déçu.
Après une saison 2023-2024 aussi ratée sportivement qu’agitée en coulisses, le EHC Kloten abordait cet exercice avec un objectif simple mais essentiel : retrouver de la stabilité. Pour cela, le club a confié les rennes de l’équipe Lauri Marjamäki (pour sa première expérience hors de Finlande), épaulé par les anciens joueurs Kimmo Rintanen et Benjamin Winkler.
Malgré une attaque modeste (10e) et une défense quelconque (9e), malgré le pire powerplay (15,9%) et le pire penalty killing (69,9%) de la ligue, les Aviateurs ont terminé 7e. Leur secret ? Le début de saison a été porté par un Miro Aaltonen étincelant (35 points dont 20 buts en 36 matchs)… jusqu’à ce qu’un contrôle positif à la cocaïne en janvier vienne ternir son parcours.
SCL Tigers: Une Saison de Concrétisation
En progrès constants depuis trois saisons, les SCL Tigers ont enfin concrétisé leurs efforts en retrouvant les playoffs, une première depuis l’épopée surprise de 2018-2019. Le grand atout de Langnau cette saison ? Sa défense. Avec seulement 126 buts encaissés en saison régulière (2e meilleure performance derrière Zurich), les Tigres ont affiché une solidité impressionnante… du moins en apparence.
Car paradoxalement, ils ont concédé beaucoup de tirs (32,5 par match, seul Ajoie fait pire) et surtout un grand nombre d’occasions dangereuses dans le slot (près de 15 par match). La vraie explication tient donc en un nom : Stéphane Charlin.
Les Français et le Hockey: Une Présence Croissante
La teinte tricolore aux Vernets n'est pas neuve - Philippe Bozon a son numéro retiré qui pend au plafond - mais le sacre d'avril dernier a projeté un peu plus la lumière sur les Français du staff. Il faut dire que le titre de champion était une propriété décennale des Suisses allemands et de leurs clubs comme Berne, Zurich ou Zoug.
Le Genève-Servette a enfin changé le nom sur le bail : premier de saison régulière et la Coupe au bout des bras du capitaine Noah Rod dans une finale intense (4 succès à 3 face à Bienne). Voilà 118 ans que le canton attendait ça. Les Vernets, remplie jusqu'aux tôles du toit, suait de bonheur.
C'est dans les dédales des Vernets, où ça sent bon la lessive, que la pousse française a germé et grandi. « En 2001, Philippe Bozon, qui jouait ici, m'a dit que le club cherchait un chef matériel... », glisse Aurélien Omer dit « Jimmy ». L'été suivant, il débarquait de Reims où « on plaçait nous-mêmes les panneaux publicitaires tout autour de la glace avec le président Charles Marcelle, le papa du club ».
Vingt-et-un ans plus tard, il est toujours là, rejoint aux ateliers par un autre Français, Jordan Nardi. Une tâche faite dans l'ombre mais essentielle où, pour une fois au hockey, les Français n'ont rien à envier à leurs voisins suisses et allemands. Les deux gèrent flux et stocks.
« Le niveau d'exigence est très élevé et tu dois être à ce niveau d'exigence tous les jours. » Aurélien Omer dit « Jimmy », chef matériel au Genève-Servette
Yorick Treille compose avec le Suédois Rikard Franzen le duo d'adjoints de Jan Cadieux, l'entraîneur en chef genevois. Il a connu une belle carrière de joueur : circuit universitaire américain, AHL mais aussi République tchèque. Comme une évidence, le Français l'a rejoint sur le banc la saison du sacre, lui qui était déjà l'adjoint de Philippe Bozon en équipe de France.
Au Genève-Servette, il supervise le jeu offensif, qui a été la meilleure attaque en saison régulière l'année dernière. « Nous sommes comme une PME, où chacun dans son secteur travaille avec minutie. On a les moyens pour aujourd'hui. On peut mesurer par exemple, grâce à un indice calculé, le degré d'intensité d'entraînement de chaque joueur. Moi, je travaille sur nos adversaires, je fais des retours individuels à nos attaquants. J'aime la philosophie de Jan. Il travaille par rotations. Parfois ce sont les adjoints qui prennent la tête des entraînements de la semaine. Cela apporte de la fraîcheur dans une saison très longue. Je reste un jeune entraîneur mais j'ai énormément grandi en une année. »
Gaëtan Brouillard est le préparateur physique du Genève-Servette mais aussi de l'équipe de France. « J'ai eu la chance de trouver des entraîneurs qui ont su me laisser une place. Quand je suis venu passer les entretiens, je suis arrivé avec un projet de développement. Je leur ai dit qu'il fallait changer la salle de musculation, certains appareils, pour mieux travailler. »
Des atouts pour l'équipe de France. Le titre fêté, Gaëtan Brouillard s'est rendu au Mondial en Finlande. « Tu sors crevé mais je me suis dit que je devais amener toute cette confiance de la saison, même si je devais me battre avec une piscine de bain froid qu'il fallait regonfler chaque jour du Mondial. » Le maintien acquis avec les Bleus, son repos a été de courte durée. Le club a un titre à défendre, se veut ambitieux en CHL avec une intersaison toujours très athlétique pour les joueurs.
Dix-huit joueurs français sont passés dans l'effectif du Genève-Servette depuis 2000. Beaucoup de joueurs formés à l'académie genevoise comme Thomas Thiry, Enzo Guebey et Floran Douay mais aussi des cadres de l'équipe de France, comme Philippe Bozon, Laurent Meunier, Kévin Hecquefeuille, Stéphane Da Costa ou Yorick Treille.

Yorick Treille a « énormément grandi en une année » dans le club helvète. (A. Réau/L'Équipe)
Yorick Treille: Un Parcours Inspirant
Le père, Philippe, était hockeyeur (international et deux fois champion de France avec Grenoble). La maman était professeur de patinage artistique. « La patinoire était comme une deuxième maison », se souvient Yorick Treille. On est au début des années 80. L'actuel coach des Bleus vient de mettre les pieds dans le monde du hockey et n'en est plus sorti. Il jouera à Grenoble en jeunes. Mais, très vite, il a senti l'appel de l'Amérique.
Et le 26 juin 1999 lors de la draft NHL, les Chicago Blackhawks sélectionnent le jeune homme, 19 ans à l'époque. « J'ai été un peu surpris, raconte Yorick Treille. Ce n'était pas un objectif. Moi, je voulais finir mon cursus universitaire. Mais ç'a été une très grande fierté. » Treille plonge dans l'univers féroce des ligues mineures, où nombre de joueurs tentent de gagner une place en NHL.
Treille joue à Mulhouse, quand il prend en main l'équipe en cours de saison. « Ce n'était pas un objectif d'être entraîneur, dit-il. Mais, vers 30 ans, j'ai eu des soucis de santé et je me suis dit que j'étais plus proche de la fin que du début. Le hockey sur glace représentait tellement dans ma vie. Donc si je pouvais transmettre, apporter une expertise... » Treille retrouve les Bleus, pour diriger les U20 puis être l'adjoint de Philippe Bozon, le sélectionneur de l'équipe de France.
En juin dernier, Philippe Bozon a été écarté, alors que le TQO pour les Jeux Olympiques 2026 approchait, et Treille nommé à sa place. « Cela n'a pas été facile à vivre, confesse ce dernier. Mais être à ce poste est un honneur. J'ai décidé d'accepter. Il fallait y aller, on ne sait pas ce qui peut arriver le lendemain. » Treille n'est pas parvenu à qualifier les Bleus, mais, en raison de la guerre en Ukraine, ces derniers peuvent récupérer la place de la Russie si cette dernière est suspendue.
De ses joueurs, Treille dit : « J'aime ce qu'ils donnent, l'implication physique, le dépassement de soi, la solidarité ». Le sélectionneur des Bleus a lancé dans le grand bain Antoine Keller, le jeune et prometteur gardien (20 ans) qui appartient aux Washington Capitals en NHL. Il a fait venir comme entraîneur-assistant le Canadien Norm Bazin, le coach d'UMass-Lowell « pour apporter un autre background ».
Treille est lié à la sélection jusqu'en 2028, année où la France organisera le Mondial. Il sera encore l'entraîneur de Genève la saison prochaine. « Ce n'est pas facile de cumuler, reconnaît-il.
| Joueur | Poste | Équipes Notables | Réalisations |
|---|---|---|---|
| Philippe Bozon | Défenseur | Genève-Servette, Équipe de France | Numéro retiré par Genève-Servette |
| Yorick Treille | Attaquant/Entraîneur | Équipe de France, Genève-Servette | Adjoint entraîneur champion de Suisse |
| Stéphane Da Costa | Attaquant | Plusieurs clubs KHL, Équipe de France | Expérience internationale |
Mondial 2023. Etats-Unis - France (9-0), la réaction de Philippe Bozon
La KHL en Mutation
En achetant pour une compensation symbolique les deux grandes vedettes du Dynamo Moscou, le centre Vadim Shipachyov et le défenseur Vyacheslav Voynov, l’Ak Bars Kazan a positionné très tôt ses ambitions cet été. Ces deux très gros salaires posaient problème en termes de plafond salarial, mais le club tatar a renégocié avec chacun des deux joueurs en revoyant leur rémunération à la baisse (d’environ 15 à 20%) en échange d’une prolongation de contrat d’une année supplémentaire.
Comme si cela ne suffisait pas, Kazan a recruté un autre vétéran, Aleksandr Radulov, principale star à avoir rejoint la KHL cet été. S’il est là, c’est qu’il a été en net déclin lors de sa cinquième et dernière saison à Dallas. Placé en présaison avec Shipachyov, sans trop de succès, Radulov est depuis lors repositionné sur un deuxième trio aux côtés du centre Kirill Semyonov, qui a refusé plusieurs offres supérieures pour rester dans ce que la Russie a vite qualifié de « dream team ».
L’avantage de Magnitka est d’avoir misé sur les Canadiens en pressentant assez tôt qu’ils n’auraient pas de problème à rester en KHL. Le Metallurg a sans doute le duo de gardiens le plus stable de la ligue. La première ligne qui avait fait sensation l’an passé a été entièrement conservée. L’ailier russe Nikolaï Goldobin - qui a écouté mais finalement refusé les propositions NHL durant l’été - n’est plus aligné à leurs côtés mais cela permet de mieux répartir les forces offensives.
Le bon exemple de cet affaiblissement, c’est le Traktor Chelyabinsk. Il y a deux ans, son conseil d’administration délibérait une « stratégie 2025 » qui visait à lutter pour le titre avec un budget en hausse. La saison passée, il faisait effectivement partie des favoris. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas, parce que ses quatre joueurs dominants ont tous quitté la KHL : le gardien tchèque Roman Will, ses compatriotes de l’attaque Lukáš Sedlák et Tomáš Hyka ainsi que le défenseur Nick Bailen.
Après une saison complètement ratée et interrompue sous la barre de qualification en play-offs, l’Avtomobilist Ekaterinbourg a vocation à revenir à un niveau plus conforme à ses ambitions. Certes, les vaines annonces publiques de contrat avec les Finlandais qui avaient signé avant la guerre étaient bizarres, mais le club ressort malgré tout gagnant de l’intersaison.
Le club s’est même renforcé en offrant un contrat de deux saisons à Sergei Shirokov. C’est un risque pour un joueur de 36 ans, ses mouvements n’ont certes plus la même vivacité, mais il se maintient en forme, sent bien le jeu et peut être très précieux en avantage numérique. Il a même été élu capitaine après un vote de l’équipe, devant le défenseur physique Nikita Tramkin qui pourra peut-être se concentrer sur son impact dans le jeu, décevant depuis deux ans.
Les Dilemmes des Joueurs Français en KHL
Tout en précisant que la FFHG n’avait pas de position officielle à ce stade (contrairement à son homologue de basketball qui s’est montrée ferme mais n’est concernée que pour des joueurs rarement appelés en équipe nationale), son nouveau président Pierre-Yves Gerbeau a précisé que Da Costa ne serait pas sélectionnable à ce jour. La fédération dépend de toute façon de son ministère de tutelle et appliquera donc une position claire de celui-ci… si celle-ci s’applique à tous et pas seulement à un sport jugé mineur en France.
Le cas de Yohann Auvitu est plus épineux encore. Le défenseur n’a pris personne par surprise, il avait expliqué son intention de signer au Neftekhimik Nijnekamsk à Pierre-Yves Gerbeau qui a essayé de l’en dissuader. Auvitu a pris sa décision en toute conscience, il a fait un choix solitaire, et il est d’ailleurs parti seul, sans sa femme qui est russe mais qui ne l’a pas suivi !
Si le Neftekhimik est considéré comme le moins glamour de KHL, il y a une raison. En avril 2021, en effet, TAIF, la compagnie pétrochimique du Tatarstan à qui le Neftekhimik doit son existence même, a été fusionnée dans le géant russe du secteur Sibur, dont un des actionnaires est l’ex-président de la KHL Gennadi Timchenko.