Pelé : La Légende Immortelle du Football

Le monde du football a pleuré la disparition d'une légende, Edson Arantes do Nascimento, plus connu sous le nom de Pelé, décédé le 29 décembre 2022. Pelé n'était pas seulement un joueur de football; il était une icône, un symbole de son sport, et pour beaucoup, le plus grand joueur de tous les temps. Son héritage transcende les trophées et les buts, touchant des générations de fans et inspirant des millions de personnes à travers le monde. Découvrons ensemble le parcours exceptionnel de celui que l'on surnommait "O Rei" (Le Roi).

Un Prodige Né dans la Pauvreté

Edson Arantes do Nascimento est né le 23 octobre 1940 à Três Corações, une petite ville du Minas Gerais au Brésil. Fils d'un footballeur professionnel surnommé « Dondinho », Pelé a grandi dans la pauvreté.

Il découvre sa dextérité en jonglant avec des chaussettes nouées ou des pamplemousses. Il écrit :

« Mon père voyait que j’étais petit et plutôt maigrichon (…). Comme je ne pouvais pas pousser les autres hors de mon chemin ou sauter plus haut qu’eux, il a simplement fallu que je sois plus doué. J’ai dû apprendre à faire du ballon un prolongement de moi-même. »

Son surnom de Pelé proviendrait d’une déformation du nom du gardien de l’AC Bauru, Bilé, auquel ses camarades le comparaient pour le charrier.

Dès ses 13 ans, Edson Arantes do Nascimento jouait pour l’Atletico Clube local, peaufinant sa technique par la pratique du football en salle, qui venait d’être introduit au Brésil.

Les Débuts Professionnels à Santos

Rapidement, il est repéré par Waldemar de Brito, un ancien international qui a pris part à la Coupe du monde de 1934. Ce mentor l’accompagne pour le présenter comme le futur « plus grand joueur du monde » aux dirigeants du Santos FC.

Pelé signe, en juin 1956, son premier contrat professionnel. Il n’est âgé que de 15 ans, et la prophétie de De Brito ne tarde pas à s’accomplir. Pour ses débuts avec l’équipe première de Santos, il s’illustre aussitôt par un but, le premier d’une multitude.

En 1958, dès sa deuxième saison à Santos, Pelé a remporté le championnat pauliste en inscrivant un total ahurissant de cinquante-huit buts en trente-huit matchs.

La même année, Santos devient officiellement la meilleure équipe du monde, grâce à sa victoire lors de la Coupe intercontinentale 1962, face à l’autre géant lusophone, le Benfica d’Eusebio. A Lisbonne, il s’impose 5-2, Pelé, en apesanteur, réalisant un triplé.

En 1959, les artistes triomphent au Tournoi Rio-Sao Paulo - qui couronne un champion national -, avant de dominer le continent en soulevant la Copa Libertadores, en 1961, aux dépens du Penarol de Montevideo. Rien ne leur résiste.

Les stades des Amériques, d’Europe et d’Afrique réclament Pelé et les « Santasticos », embarqués dans un cycle épuisant de tournées et de matchs de gala, sur le modèle des basketteurs des Harlem Globetrotters.

L'Ascension Internationale et les Coupes du Monde

Dix mois plus tard, en juillet 1957, il est convoqué en sélection nationale pour affronter l’ennemi argentin au Maracaña. Là, il devient le plus jeune buteur qu’ait connu le football international. En tête des goleadores du championnat de Sao Paulo dès sa première saison, il s’apprête à découvrir un nouveau continent et à faire connaître son nom au monde entier.

Malgré un genou douloureux, il est du voyage en Suède, qui organise la Coupe du monde en juin 1958. En pénétrant sur la pelouse de Göteborg, pour le troisième match de poule des Auriverde, face à l’Union soviétique, Pelé devient, à 17 ans, le plus jeune participant de l’histoire du Mondial. Puis son plus jeune buteur, lorsqu’il délivre les siens en quarts de finale en brisant la résistance galloise (1-0). Enfin, son plus jeune finaliste et vainqueur en se contentant d’un doublé face aux Suédois (5-2).

Le Brésil put enfin brandir le trophée Jules-Rimet et soulager le traumatisme du « Maracanaço » de 1950, la défaite imprévue, à domicile, en finale face l’Uruguay. Cette victoire reposait notamment sur la complémentarité entre ses deux merveilles, l’autre étant le dribbleur fou Garrincha, l’« ange aux jambes courbées », selon les mots du poète Vinicius de Moraes, le gamin du peuple et l’oiseau du Botafogo.

En demies, les Français de Kopa et Fontaine s’étaient vu infliger la même punition au score par la faute d’un triplé de l’attaquant.

Au Mondial 1958 en Suède, Pelé découvre le monde.

À 17 ans, Pelé est le plus jeune joueur de l'histoire à disputer une finale de Coupe du monde. Il marque deux buts lors de la victoire des siens face à la Suède (5-2). Au coup de sifflet final, il s'évanouit sur le terrain avant de pleurer dans les bras du gardien Gilmar.

Pelé termine la Coupe du monde 1958 avec six buts en quatre matches, deuxième ex-aequo derrière Just Fontaine et ses 13 buts, et est nommé meilleur jeune joueur. La légende est en marche. Ici avec le trophée Jules Rimet et ses coéquipiers Djalma Santos et Zagallo.

Pele -Top 10 Impossible Goals Ever

Pelé est attendu par la planète entière lors du premier match du Brésil au Mondial 1962 au Chili. Contre le Mexique (2-0), il fait une passe décisive sur le premier but et marque le second après avoir effacé quatre défenseurs.

Le Brésil, double champion en titre et qui compte dans ses rangs le meilleur joueur du monde, se présente comme le favori à sa propre succession à la Coupe du monde 1966 en Angleterre. Mais ses adversaire ont un plan : empêcher Pelé de s'exprimer en l'agressant dès qu'il touche le ballon.

Au Goodison Park de Liverpool, l’étoile connaît un premier échec retentissant. Molesté par un défenseur bulgare, mis au repos lors de la défaite face aux Hongrois, il ne peut empêcher une élimination dès le premier tour après un nouveau revers contre le Portugal.

Le Brésil se présente au Mondial 1970 au Mexique avec une équipe ultra-offensive et revancharde, qui deviendra la première «Dream Team».

En demi-finale du Mondial 1970 face à l'Uruguay (3-1), Pelé réalise l'un des gestes les plus célèbres de sa carrière... mais ne parvient pas à marquer. Sur une passe en profondeur, il efface le gardien de la Celeste, Idlo Maneiro, d'une feinte, sans toucher le ballon, qu'il récupère après l'avoir contourné. Il croise malheureusement trop son tir ensuite.

C'est l'une des photos les plus célèbres de l'histoire du sport. Pelé célèbre son but en finale de la Coupe du monde 1970 dans les bras de Jairzinho. Le Brésil bat l'Italie (4-1) et son numéro 10, également auteur de deux passes décisives dans ce match, est élu meilleur joueur de la compétition.

Avec lui, les plus grandes enceintes du monde, à commencer par la première, le Maracana de Rio de Janeiro, étaient transformées en cours de récréation géantes. Le feu follet y ridiculisait les défenseurs, soudain lourdauds, patauds, pétrifiés à son contact.

« Petit et plutôt maigrichon », Pelé, avant d’être une divinité, était un joueur, au sens littéral, ludique. Un éternel gamin pour lequel le foot demeurait un jeu où il pouvait laisser s’exprimer son inventivité et son culot phénoménal, son sens inné de l’« improvisation » - comme l’a souligné son capitaine Carlos Alberto -, qui le portait à accomplir des gestes adaptés à chaque situation, jamais répétés. Le propre d’une œuvre d’art.

A ce titre, Pelé - et c’est la marque de son génie - est sans doute le seul footballeur dont les échecs ont été élevés au rang de chefs-d’œuvre. Dès son entrée dans la compétition, il stupéfie les spectateurs de Guadalajara en osant un lob d’une cinquantaine de mètres aux dépens du gardien tchécoslovaque Ivo Viktor, mais manque sa cible de quelques centimètres.

Altruiste, Pelé savait aussi mettre les autres en valeur. C’est encore lui qui est à l’origine, toujours au Mondial 1970, de l’« arrêt du siècle » réalisé par l’Anglais Gordon Banks sur une tête piquée à bout portant (« J’ai marqué un but, mais Banks l’a stoppé », commentera-t-il) et, en finale contre l’Italie, d’un modèle de construction de but, avec sa remise à l’aveugle décalant Carlos Alberto pour le coup de grâce (4-1).

Il quitta cette compétition sur un triomphe, torse nu, soulevé comme un trophée par la foule au stade Azteca de Mexico. Pour la première fois, les foyers équipés avaient pu admirer l’idole en couleurs, dans son habit de lumière, auriverde, or et vert.

Pelé avait propulsé le Brésil vers un troisième sacre en ouvrant le score de la tête, après s’être élevé au-dessus du défenseur milanais Tarcisio Burgnich, qui le dépassait pourtant de plusieurs centimètres et dut déployer son bras en désespoir de cause.

Il est aussi à ce jour, le seul joueur à avoir remporté 3 Coupes du Monde (1958, 1962 et 1970).

Ce Brésil était vraiment flamboyante avec ses Carlos Alberto, Gérson, Jairzinho, Tostao et Rivelino en plus de Pelé.

C'est à l'issue de ce Mondial au Mexique que Pelé décide de prendre sa retraite internationale, fatigué par les nombreuses rencontres, mais surtout fâché avec la fédé brésilienne.

L'Expérience Américaine et l'Après-Carrière

Après dix-neuf saisons passées à Santos, le « Rei » sort de sa semi-retraite pour devenir le « King of New York ». A 34 ans, il cède aux sirènes de la neuve Ligue nord-américaine et surtout à un pont d’or, avec un salaire annuel de 1,4 million de dollars sur sept ans, record à l’époque.

C’est en pionnier que Pelé, à l’été 1975, s’installe dans la Grosse Pomme, pour développer le soccer aux Etats-Unis, rejoint plus tard par d’autres gloires, comme l’Italien Giorgio Chinaglia, le « Kaiser » Franz Beckenbauer ou son compatriote Carlos Alberto.

Il remporte, en août 1977, son ultime trophée, le championnat nord-américain, et tire définitivement le rideau, deux mois plus tard, devant les 70 000 spectateurs du Giants Stadium, lors d’un match d’adieu entre le Cosmos et Santos.

Il dispute une mi-temps dans chacune des deux seules équipes qu’il aura connues, et inscrit, sur coup franc, son dernier but.

Depuis sa retraite, il ne se passe pas un événement lié à la Coupe du monde sans la présence de Pelé.

L'Héritage d'un Roi

Engagé dans des actions auprès de l’Unicef et de l’Unesco, Pelé ne renonce pas pour autant aux feux de la rampe.

Pelé retournera dans l’arène, politique cette fois, en acceptant, en 1995, le ministère des sports proposé par le nouveau président Fernando Henrique Cardoso (Parti du mouvement démocratique brésilien, centre-droit).

Premier Noir de son pays à diriger un ministère, il y demeura trois ans, parvenant à faire voter avant son départ une loi à son nom qui, selon ses dires, a « affranchi tous les footballeurs brésiliens de l’esclavage ».

Il expliquait au Monde, en janvier 2012 : « Avant mon arrivée, le joueur était la propriété absolue du club : il n’était pas libre de son transfert, même à la fin de son contrat. Et quand certains clubs n’avaient plus d’argent, ils allaient voir la banque en lui disant : “Je te donne mon joueur.” »

Pelé représente l’essence même du football brésilien, tout ce qui inspire encore aujourd’hui les plus jeunes joueurs de son pays. Durant ses 21 ans de carrière, il a fasciné la planète par son talent.

Il a réalisé des gestes techniques difficiles avec une simplicité déconcertante et a été un buteur prolifique, un meneur de jeu magistral, un passeur hors pair et un maestro aux inspirations géniales hyper complet avec des statistiques de folie et un palmarès international inégalé.

Il laisse l'image d'un joueur complet aux qualités techniques et physiques hors-normes. Il joue des deux pieds, court vite, possède une incroyable détente verticale (comme sur le but inscrit de la tête en finale de la Coupe du monde 1970) et fait preuve d'un incroyable sang-froid devant le but.

Le talent de Pelé, c’était la capacité à inscrire des buts venus d’ailleurs dans des moments capitaux.

Pelé émane de lui une fascination qui fait qu'autrefois les gens voulaient le toucher comme on le fait pour un être surnaturel.

Mais sa légende, l’ancien attaquant l’a surtout construite en réalisant les gestes les plus fous durant près de vingt ans. Capable de tenter un lob sur le portier bulgare Georgi Naydenov depuis le rond central ou de réussir une feinte de corps suivie d’un grand pont sur l'uruguayen Ladislao Mazurkiewicz, le génie a sans cesse innové pour contribuer à l’évolution de son sport, tout en continuant de gagner (deux Copa Libertadores en 1962 et 1963, et deux Coupes intercontinentales, en 1962 et 1963).

Pelé est mort des suites de son cancer du côlon à l'âge de 82 ans le 29 décembre 2022, à l'hôpital Albert-Einstein de São Paulo. Une veillée funèbre est ouverte au public du 2 janvier au 3 janvier 2023 au stade du Santos FC.

Au final, c'est évidemment un pan entier de l'histoire du foot qui s'en va avec lui, il y laissera sans contestation son empreinte indélébile. Son nom continuera de nous éblouir rien qu'à son évocation, et cela, jusqu'à la fin des temps.

On retiendra pour toujours deux moments mythiques archi-connues et immuables de sa carrière. La première lors du Mondial 58 où il éclate aux yeux du monde à l’âge de 17 ans. La seconde sera ce Brésil 70 qui restera l'apothéose de sa carrière et la quintessence du football.

Parmi ses déclarations parfois farfelues, il y en avait tout de même une qui lui convenait parfaitement: "Je suis né pour jouer au football, tout comme Beethoven est né pour composer de la musique et Michel-Ange est né pour peindre." Divin.

Avant l’arrivée de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, le débat du plus grand footballeur de l’histoire se réduisait souvent à un simple duel : Pelé ou Diego Maradona ?

Statistiques Clés de la Carrière de Pelé

Voici un aperçu des statistiques impressionnantes de Pelé :

Statistique Valeur
Nombre de buts officiels 1281
Nombre de matchs joués 1363
Coupes du Monde remportées 3 (1958, 1962, 1970)

Ces chiffres témoignent de la domination et de l'influence de Pelé sur le football mondial. Son nom restera à jamais synonyme de talent, de passion et de succès.

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