Le handball féminin en France est marqué par des rivalités passionnantes et des clubs historiques. Parmi eux, le Paris 92 et les Neptunes de Nantes se distinguent par leurs parcours riches et leurs confrontations mémorables. Cet article explore l'histoire de ces deux clubs, leurs succès, leurs moments clés et les figures qui ont contribué à leur développement.

La Halle de la Trocardière, lieu emblématique des Neptunes de Nantes.
Les Neptunes de Nantes : Une ascension remarquable
Nantes est déjà la seule ville de France à disposer d'un club en Première Division masculine comme féminine (le club de Paris 92 étant basé à Issy-les-Moulineaux en D1 féminine). Le 9 mai, les Nantaises remportaient la Ligue européenne (C2), premier titre de l'histoire du club féminin et, ce week-end, leurs homologues masculins vont tenter de les imiter lors du Final Four de la Ligue des champions. Ainsi va la vie dans la capitale du hand français cette saison.
« Nantes est devenue une ville de hand, c'est une certitude », pose Grégory Cojean, entraîneur adjoint d'Alberto Entrerrios au "H" et plus ancien salarié du club, depuis 2005. « Il y a une histoire du hand à Nantes, même si les clubs n'ont pas toujours évolué au plus haut niveau », souligne celui qui se souvient qu'en 2008, lors de l'accession en D1, « le hand national avait du mal à situer Nantes sur la carte ».
« Nantes est devenue une ville de hand, corrige Ali Rebouh, adjoint aux Sports à la ville depuis 2014. Avec les résultats du HBC Nantes, de plus en plus de gens sont attirés par ce spectacle. »
Émulation et concurrence
Évidemment, joueuses et staffs échangent. Certes, « on est une grande famille, ça crée une émulation », assure Guillaume Saurina. « Gagner des titres, notamment européens, est quelque chose de toujours très particulier et on ne peut que les féliciter », insiste pour sa part Grégory Cojean. Mais on se regarde d'un peu plus loin que ce voisinage le laisserait imaginer.
« Bien sûr qu'il peut y avoir de la concurrence, pose Gaël Pelletier, à la tête du club masculin depuis 2008. C'est une démarche utopique de dire "pourquoi ils ne s'uniraient pas alors qu'ils font la même chose ?" On vend le même produit ! Il y a plein de sujets sur lesquels on peut travailler ensemble. Mais pas nos équipes premières, car c'est notre vitrine. »
Les supporters jouent un rôle crucial dans le succès des Neptunes. Président des Ultr'H, groupe de supporters du club, Mickaël Gaignard a retrouvé le plaisir de vibrer avec la levée des restrictions sanitaires. « On est vraiment une plus-value. On fait le spectacle en tribunes, en accord avec la fanfare. Ça ne s'est pas fait comme ça, c'est beaucoup de boulot, puis les gens se sont approprié le truc et, dans le stade, si ton voisin gueule juste à côté de toi, tu vas le faire naturellement.
Cette ferveur n'a pas encore traversé la rue vers Mangin. Et pour cause, « on va aussi voir les filles, mais les matches sont souvent en même temps », justifie le chef des Ultr'H, preuve d'une certaine ineptie parfois. Marion Maubon et ses coéquipières évoluent plus souvent devant un millier de spectateurs dans cette salle qu'elles louent à la Ville - le « H » a une convention d'occupation de Beaulieu et y organise ce qu'il veut, comme trois combats de boxe de Tony Yoka. Un Mangin au confort loin d'être optimal pour l'accueil des VIP.
« Je suis admiratif de ce que fait le H, qui a tout compris et tout réussi, loue Yoann Choin-Joubert. La communauté autour du club, la performance, c'est très, très fort. » Le chantier du nouveau président est connu. L'identité, c'est fait. Le sportif, il le laisse à Guillaume Saurina, qui vante que son équipe « dégage quelque chose, les filles ont la banane, produisent du spectacle et méritent du public ».
Reste donc la salle, pour que la dynamique du premier titre se poursuive. « J'aimerais que les Neptunes soient le premier club propriétaire de leur équipement », annonce-t-il, évoquant « un investissement entre 10 et 20 millions d'euros ».
Paris 92 : Vingt ans d'histoire et d'ambition
Créé en 1999 sous le nom d’Issy-les-Moulineaux Handball, le Paris 92 va fêter cette année ses 20 ans. Un club jeune, qui possède déjà une belle histoire, qui lui a permis de s’installer et de s’imposer au plus haut niveau.
Cette saison, la formation francilienne entame sa neuvième saison de rang en LFH, depuis son retour au sein de l’élite, grâce à son titre de champion de France de D2F décroché à l’issue de l’exercice 2009-2010. Rapidement après son accession en première division, le club alors appelé Issy Paris Hand, va s’installer dans les hauteurs du championnat de France, en terminant à six reprises sur le podium de la Ligue Féminine de Handball.
Une régularité impressionnante, qui a été récompensée par un titre en 2013, avec une Coupe de la Ligue remportée au Stade Pierre de Coubertin face au HBC Nîmes. Souvent barré par le Metz Handball dans la course au titre de champion de France, Paris a pu compter sur des internationales françaises et étrangères de très haut niveau dans ses rangs pour jouer chaque saison le titre, à l’image de Stine Oftedal, qui a explosé aux yeux de tous sous les couleurs des Lionnes.
Depuis deux ans, le Paris 92 a débuté un nouveau chapitre dans sa riche histoire, avec le retour d’Arnaud Gandais à la tête de l’équipe première, et la mutation de l’effectif professionnel. Le collectif des Lionnes affiche un nouveau visage, et se retrouve aujourd’hui dans une période de transition, avec une place encore plus importante laissée aux jeunes.
Cette saison, suite à la blessure longue durée de Tamara Horacek, et au départ anticipé de Crina Pintea pour Györ, le club francilien s’appuie sur ses jeunes espoirs, encadrées par des plus expérimentées comme Chloé Bulleux et Sonja Frey. Si le collectif d’Arnaud Gandais est restreint en nombre, il n’en reste pas moins talentueux comme en témoigne le bon début de saison réalisé par les Parisiennes.
Après un début d’année 2019 plus difficile, qui a coïncidé avec le départ de Crina Pintea, le Paris 92 est parvenu à redresser la tête, et reste placé pour décrocher sa place pour les Playoffs, à trois journées de la fin de la phase régulière du championnat.
Habitué à jouer les premiers rôles en LFH depuis de nombreuses années, Paris 92 a connu une saison difficile il y a deux ans (2018-2019), qui avait contraint le club à disputer les playdowns pour conserver sa place au sein de l’élite. Un épisode marquant pour la formation francilienne, qui a su tirer des enseignements de cette expérience, pour rebondir et ouvrir une nouvelle page de son histoire.
Classé cinquième du championnat avant l’arrêt des compétitions (11V, 1N, 7D), le Paris 92 a réalisé une belle saison, qui a marqué la fin d’un cycle avec les départs de nombreuses joueuses cadres, dont Tamara Horacek, Allison Pineau, Lucie Satrapova, Melvine Deba ou bien encore Océane Sercien-Ugolin.
Pour compenser ses nombreux départs (9 au total), le staff parisien a misé sur de jeunes joueuses qui possèdent déjà une belle expérience du championnat, à l’image de Laura Flippes, Catherine Gabriel et Léa Serdarevic, et des joueuses étrangères à fort potentiel, comme l’internationale danoise Nadia Offendal, ou bien encore la pépite portugaise Joana Resende.
Un nouveau cycle
« Nous partons sur un nouveau cycle de deux saisons, avec la volonté de tirer la quintessence de ce groupe sur cette période. Le collectif est composé de joueuses étrangères, de jeunes françaises, et pour le moment l’amalgame se fait bien, et je prends du plaisir à diriger cette équipe. Maintenant le haut niveau c’est de l’efficacité à l’instant T, et nous il va nous falloir un peu de temps avant d’être vraiment efficient. »
« C’est difficile de définir un objectif précis pour cette saison, mais étant donné que nous allons jouer la coupe d’Europe, notre volonté est de pérenniser le club à cette place. Maintenant, notre principale ambition est d’amener ce groupe à maturité, et cela nous permettrait de viser un trophée la saison prochaine en conservant l’ossature de l’équipe. » annonce le technicien parisien, convaincu du potentiel de son collectif.
« Pour nous, le changement de formule n’est pas une bonne nouvelle à court terme. Il va nous falloir du temps, et même si ce passage à 14 clubs est très intéressant pour le championnat, de notre côté nous allons être sous pression rapidement, et pour un groupe jeune comme le notre ce n’est pas évident. » concède Yacine Messaoudi.
Pour son premier match officiel de la saison 2020-21, le Paris 92 va effectuer un déplacer périlleux du côté de Bourg de Péage. Une entrée en matière qui s’annonce animée, face à un adversaire qui affiche de belles ambitions, et qui s’appui sur un effectif très expérimenté.
Qualifié en European League, cette saison sera aussi marquée par le retour sur la scène européenne du Paris 92. Un moment important pour le club, comme l’évoque son entraîneur, « C’est un club qui a été habitué à jouer l’Europe pendant plus de dix ans, et qui est passé du statut d’européen, à jouer les playdowns. Ça a été un traumatisme, et retrouver la scène européenne est un grand moment, et nous voulons vraiment profiter de cela. Ces derniers mois ont été compliqués, et nous allons apprécier d’autant plus notre aventure en European League.« .
COMMENT ANALYSER UN MATCH ?! | TACTIQUE
Confrontations marquantes
Plusieurs matchs entre Paris 92 et les Neptunes de Nantes ont marqué l'histoire de ces clubs. Voici quelques exemples :
Paris 92 - Neptunes de Nantes : 26 -27
Quinze jours après leur défaite à domicile contre Metz (25-34), les Neptunes de Nantes ont particulièrement bien réagi en s’imposant, hier après-midi, face à Paris 92, concurrent direct au podium. « C’est une très belle victoire, se félicitait la coach nantaise, Helle Thomsen, à l’issue de la rencontre.
Des placements intelligents et une mobilité de chaque instant qui permettaient aux artilleuses comme Horacek de mettre les Parisiennes au supplice (4-11). Les huits arrêts de Ryde en première période donnaient un peu plus d’épaisseur à la leçon nantaise. Et face à une équipe de Paris bien plus agressive, les Nantaises connaissaient un gros trou d’air (5-0) entre passes mal assurées, ballons perdus et baisse d’efficacité (17-18). Il a fallu un penalty en force de Dupuis pour dégripper la machine.
Si ses joueuses continuaient d’assurer la cadence, elles ne réussissaient plus à se défaire des Parisiennes au tableau d’affichage (20-23 puis 24-25). Après la percée gagnante de Horacek, Paris marquait encore, et aura même la possibilité d’anéantir tous les efforts nantais dans les treize dernières secondes. Mais un pied parisien en zone mettait fin au suspense.
Statistiques du match :
- PARIS 92 : Serdarevic 11 arrêts sur 26 tirs, Placzek 3/15, Micijevic 6, Cissokho, Kanouté 3, Blonbou 3, Mazens 1, Lassource 2, Nocandy 1, Moretto 2, Fofana, Thobor 1, Prouvensier 5, Ouattara 2.
- NANTES : Ryde 11 arrêts sur 32 tirs, André (1/6), Fauske 5, Stromberg 4, Ondono 3, Bergum, Sanja 3, Dupuis 4, Lagerquist, Ahanda 1, Horacek 7, Grandveau, Vollebregt, Bellec.
Neptunes Nantes - Metz : Un match intense
Je suis satisfaite car on n’a pas rendu la partie facile à Metz qui a dû s’employer pour nous battre, se réjouit la coach Helle Thomsen. La dernière fois qu’on les a jouées, on a perdu de 11 ou 12 buts mais, là, on a réussi à faire jeu égal.
Un petit coup d’accélérateur pour passer de 2-2 (4e) à 5-2 (9e), un écart qui se retrouvera à la mi-temps (13-10). On a bien commencé, oui, sauf qu’on a manqué les dix premières minutes de la seconde période. Elles ont alors fait ce qu’elles ont voulu.
Bilan des courses, un écart comblé en cinq minutes chrono (15-15 ; 36e) avant une prise de pouvoir pour la première fois de la rencontre (15-16 ; 37e)… Tchao bye-bye, les Nantaises ne reviendront pas même si elles ont eu le mérite de ne pas lâcher le match, l’écart ne montant pas à plus de cinq buts (23-28 ; 58e) pour finir sur un honorable +4, 25-29.
Statistiques du match :
| Neptunes Nantes | Statistiques | Metz |
|---|---|---|
| Placzek 7 arrêts sur 25 tirs, André 3/14 | Gardiennes | Depuiset 3 arrêts sur 13 tirs, Sako 11/25 |
| Hagman 3/5, Loquay 0, Stromberg 3/9, Ondono 5/6, Moretto 0/1, Finstad Bergum 1/5, Dupuis 5/5, Ardouin 4/5, Ahanda 3/8, Grandveau 1/6, Dapina 0 | Joueuses de champ | De Paula 1/3, Valentini 0/4, Micijevic 1/1, Jorgensen 11/16, Horacek 2/5, Bont 0/2, Kanor 4/4, Jacques 1/1, Bouktit 7/7, Schulze 0, Maslova 2/5, Leblevec - |
| Mi-temps : 13-10 | Score | - |

Le HBC Nantes domine le PSG en finale de la Coupe de France.
Joueurs et moments clés
La gardienne Adrianna Placzek, qui ralliera la saison prochaine le Paris 92 après quatre saisons sur les bords de l’Erdre, avait, elle, bien du mal à trouver ses mots : C’est dur de dire quelque chose, c’est beaucoup d’émotions, ce sont tant de souvenirs. Ce sont des filles qui ont marqué de leur empreinte le club, c’est émouvant pour tout le monde , témoignait après la rencontre Oriane Ondono.
Les confrontations entre ces deux équipes ont souvent été l'occasion pour des joueuses de se distinguer et de marquer l'histoire de leur club. Des gardiennes aux ailières, chaque poste a vu émerger des talents capables de faire basculer un match.