Le Classement Mondial du Hockey Féminin : Les États-Unis Reprennent la Tête

Le hockey féminin connaît une évolution constante, avec des équipes qui rivalisent pour la suprématie mondiale. L'équipe américaine n'avait plus remporté le Mondial depuis 2019, marquant une période de domination canadienne. Après deux défaites en finale contre le Canada en 2021 puis 2022, les États-Unis ont remporté le Mondial féminin de hockey sur glace dimanche soir, face aux Canadiennes (6-3).

Un match de hockey féminin entre les États-Unis et le Canada.

La Revanche Américaine

Battues par le Canada en finale du Mondial féminin en 2021 puis 2022, les Américaines tiennent leur revanche. Team USA est redevenue championne du monde dimanche soir face à son ancienne bête noire (6-3) et, cerise sur le gâteau, devant le public canadien à Brampton. Menés 2-3, les États-Unis ont inscrit quatre buts dans la dernière période.

Avec un peu plus de trois minutes à jouer, Hilary Knight a donné l'avantage à Team USA d'un joli but sur la gauche de la gardienne canadienne. Moins de trente secondes plus tard, Knight a de nouveau marqué - son troisième but du match - avant que Cayla Barnes ne scelle le succès des Américaines devant un but canadien vide. Team USA remporte son premier tournoi majeur depuis le Mondial 2019. L'équipe américaine avait également pris la médaille d'argent olympique en 2022 à Pékin... battue par le Canada.

La République Tchèque sur le Podium

Avant la grande finale, la République tchèque a remporté la médaille de bronze aux dépens de la Suisse (3-2). La République tchèque complète le podium.

Podium du Championnat du monde de hockey féminin 2024.

Les Enjeux Futurs

Le prochain grand défi pour l'équipe de France sera la qualification pour la Coupe du Monde 2026, une compétition que la France n’a plus disputée depuis 1981. Dans cette dynamique ambitieuse, la Fédération et le staff technique travaillent et préparent ces prochaines échéances depuis plusieurs semaines. Ils ont convenu ensemble d’un passage de relais après l’EuroHockey A 2025.

La FFH tient à saluer chaleureusement Gaël FOULARD (Head Coach) et Nicolas JAQUET (Entraîneur adjoint) pour leur engagement depuis 2018. Sous leur impulsion, durant les sept dernières années, l’équipe a gagné 16 places au classement mondial (de la 33e à la 17e), franchi des paliers majeurs et posé les bases d’un projet féminin solide, notamment avec la préparation des Jeux Olympiques de Paris 2024.

USA vs. Canada FULL HIGHLIGHTS | 2024 Women's World Hockey Championship Gold Medal Game

Le Mondial Féminin 2025 en Tchéquie

Le 9 avril prochain débutera donc la 24e édition du Mondial élite féminin. En l’espace de 25 ans, ce n’est que la neuvième fois que l’Europe accueille les meilleures nations, et la toute première fois en Tchéquie. Et les Tchèques ont bien l’intention d’en faire une grande fête populaire. Cela fait plusieurs années que le projet est au centre des attentions de la fédération tchèque.

C’est un autre bastion du hockey tchèque, la ville de České Budějovice, qui accueille ce grand évènement. La dernière édition européenne, en 2022 au Danemark, n’était pas parvenue à trouver son public, mais le monde sortait à peine de la période Covid. Ce Mondial tchèque s’inscrit dans une autre temporalité, celle de la PWHL qui a redéfini les normes à bien des niveaux, avec plusieurs matchs à guichets fermés dans des arènes NHL.

Format du Tournoi

La formule demeure inchangée pour cette édition 2025 avec deux groupes de niveau, les cinq nations les mieux classées dans le groupe A (Canada, États-Unis, Finlande, Tchéquie, Suisse) et les autres dans le groupe B (Allemagne, Suède, Japon, Hongrie, Norvège). Il s’agit toutefois de la dernière année pour cette formule mise en place en 2012 pour éviter les scores fleuves et répétés des USA et du Canada. De l’eau a coulé sous les ponts depuis, le niveau s’est resserré, beaucoup le réclamaient : une composition de groupes égaux entrera en vigueur en 2026.

L'Ascension du Hockey Féminin au Canada

Avec le succès populaire de la PWHL en toile de fond, Hockey Canada a décidé de passer la vitesse supérieure en matière de développement du hockey féminin, avec le souhait d’augmenter nettement les licenciées, de 108 000 actuellement à 170 000 prévues en 2030.

En Tchéquie, l’équipe toujours entraînée par Troy Ryan, qui officiera pour son sixième championnat du monde, se présente après avoir remporté trois des quatre dernières éditions des Mondiaux. Après une première saison PWHL quelque peu contrastée, Ann-Renée Desbiens a retrouvé toutes ses sensations devant les filets de Montréal en menant la ligue au pourcentage d’arrêts (93,2%), à la moyenne de buts encaissés (1,85) et au nombre de victoires (13). De très bonnes performances jusqu’à hélas une blessure au genou en mars contre le Boston Fleet.

Dix-sept championnes du monde à Utica rempilent à České Budějovice, dont les Marie-Philip Poulin, Laura Stacey, Jocelyne Larocque, Erin Ambrose, Sarah Nurse, Sarah Fillier, Claire Thompson, Renata Fast, ainsi que Danielle Serdachny qui avait offert l’or mondial en prolongation en 2024. Fillier a fait une entrée fracassante en PWHL, deuxième meilleure marqueuse à sa première saison dans la grande ligue.

Les Ambitions Américaines

Au sommet mondial, la suprématie canadienne devient de plus en plus gênante au goût des Américaines, qui ont laissé filer quatre des cinq derniers tournois majeurs, en plus de céder une fois de plus lors de la Rivalry Series. L’objectif est évidemment de reprendre une couronne mondiale que les USA avaient remportée pour la dernière fois en 2023. Et pour cela, le coach John Wroblewski pourra compter sur le retour de l’une des meilleures défenseures de la planète, Lee Stecklein, qui avait mis en parenthèses sa participation avec l’équipe nationale.

Voilà un capital expérience non négligeable en plus des habituées Megan Keller, Cayla Barnes, Savannah Harmon, Kendall Coyne Schofield, Alex Carpenter ou Hilary Knight. On suivra particulièrement Laila Edwards qui a disputé son premier Mondial en 2024… avant d’être nommée meilleure joueuse du tournoi ! Une attaquante qui avait marqué 6 buts en 7 matchs mais… qui va changer de position.

Si Edwards évolue à l’aile à l’Université du Wisconsin, Wroblewski l’a convoquée en tant que défenseure, il l’a testée cette saison à ce poste et cette expérimentation semble l’avoir satisfait. Edwards est devenue championne universitaire avec les Badgers aux côtés de Caroline Harvey, Kirsten Simms, Ava McNaughton et Lacey Eden, également sélectionnées.

La Finlande en Quête de Renouveau

L’année dernière, le site spécialisé Jatkoaika a publié un brûlot en plusieurs parties qui a fait mal, mais qui a détaillé une réalité : une comparaison entre le hockey féminin en Suède, où il connaît un fort développement, et en Finlande. Cette série d’articles pointait un hockey féminin finlandais en souffrance, entre manque de vision, inaction de sa fédération et stagnation des licenciées.

La rénovation de la ligue féminine, désormais intitulée Aurora Liiga, est un premier pas mais il lui faudra de nombreux efforts pour réellement concurrencer la SDHL suédoise, encore et de loin la ligue majeure en Europe. Sur le plan sportif, après deux années sans médaille, la Finlande a tout de même remis la main sur le bronze à Utica.

Rien n’est jamais acquis, surtout en tenant compte du développement permanent des sélections féminines, et l’entraîneur de la Finlande Juuso Toivola l’a bien compris. Toivola avait partagé ses objectifs avant de divulguer la liste : la vitesse et le rythme de patinage doivent être au centre de la physionomie de jeu. Évidemment les stars offensives de l’équipe Elisa Holopainen, Petra Nieminen, Viivi Vainikka, Susanna Tapani et Noora Tulus remplissent largement les critères.

La Montée en Puissance de la Tchéquie

Cette année, ce sont donc les Tchèques qui reçoivent à domicile, et cette première organisation se conjugue à une réelle montée en puissance du hockey féminin. Une nouvelle ligue de hockey féminin a d’ailleurs été créée en 2024, dont le HC Fox Vysočina qui fait office d’académie. Par ailleurs, un accord a été réalisé entre la fédération tchèque et USA Hockey pour garantir des confrontations de manière régulière et réaliser des camps d’entraînement communs.

Depuis que la technicienne canadienne est en poste, son équipe s’est qualifiée dans le dernier carré mondial ces trois dernières années dont deux médailles de bronze. À Milan-Cortina l’année prochaine, les Tchèques participeront à leurs deuxièmes jeux olympiques consécutifs. Et cette saison, les Tchèques ont remporté trois de leurs quatre tournois, soit un bilan de 9 victoires pour 3 défaites.

L’arsenal de la Tchéquie est désormais impressionnant. Tereza Vanišová en est maintenant la tête d’affiche, elle avait inscrit 2 buts à sa première saison en PWHL, elle en a marqué 15 avec Ottawa en saison 2. La sélection a beaucoup gagné en densité en plus des Denisa Křížová, Noemi Neubauerová, Natálie Mlýnková, Aneta Tejralová et Daniela Pejšová.

Klára Peslarová est toujours la grande titulaire, 92,6% d’arrêts en 7 matchs au Mondial 2024 mais elle a vu très peu d’action en PWHL : 40 minutes jouées… et aucun but encaissé !

La Suisse : S'accrocher au Top 5

Depuis 2019, la Suisse s’assoit à la table du top 5 sans pour autant finir en bronze, la dernière médaille date d’ailleurs des Jeux olympiques de Sotchi en 2014. Ce groupe des cinq meilleures nations, la Frauen Nati a bien failli en sortir l’année dernière, le salut venant de l’incontournable Alina Müller en prolongation lors du match pour la cinquième place contre l’Allemagne.

La concurrence est forte avec des nations comme la Tchéquie, la Suède ou l’Allemagne qui veulent aussi leur part du gâteau, et la nouvelle formule des groupes mélangés l’année prochaine risque bien de fragiliser une équipe helvète qui s’accroche péniblement à la table des meilleures. Cependant, l’implication des grands clubs du pays a permis de redynamiser le hockey féminin, à l’image de Zoug qui a recréé une équipe féminine en 2022 et qui a terminé en finale en 2025.

À bientôt 31 ans, Lara Stalder s’est justement associée au projet de Zoug, elle était la quatrième meilleure marqueuse de la ligue cette saison avec ses 50 points. Stalder continue d’être un élément clef de la sélection à la croix blanche, aux côtés d’Alina Müller, l’une des meilleures attaquantes de la PWHL, qui a inscrit 19 points en 26 matchs avec le Boston Fleet.

La Suède à un Virage Décisif

La Suède arrive à un virage décisif. Il y a quelques années, le programme Olympisk Offensiv a été lancé par la fédération suédoise de hockey en collaboration avec le comité olympique suédois et la ligue féminine, avec pour but de faire de la Damkronorna une équipe médaillée aux Jeux olympiques 2026 et 2030. Deux groupes de joueuses sont d’ailleurs identifiés pour les deux échéances avec un programme spécifique à chaque alignement.

Mais vu que les échéances arrivent à grands pas et que l’équipe connaît une stagnation ces dernières années, l’entraîneur Ulf Lundberg n’a qu’un seul mot d’ordre : « passer à la vitesse supérieure ! » L’enjeu de ce Mondial 2025 est donc important alors que la dernière médaille de l’équipe féminine date des Mondiaux 2007.

L’objectif d’une médaille devra s’accomplir sans Maja Nylén Persson, l’un des rouages essentiels de la Damkronorna depuis plusieurs années. Nylén Persson, qui a fait une première saison concluante en PWHL, est en convalescence pour une blessure au « haut du corps ».

Classement IIHF

Ce vendredi 29 mai, l’IIHF a actualisé ses classements pour les sélections féminines et masculines. Dans les deux catégories, il y a eu du mouvement aux portes du top 10. Les Bleues comme les Bleus ont vu une nation leur passer devant au classement IIHF.

Bien que reléguée de l’Elite, la Chine grimpe au 12ème rang grâce à sa quatrième place dans la poule B. L’équipe de France masculine, bien que victorieuse d’un match en République Tchèque, concède une place à l’Autriche, auteure d’un excellent tournoi.

Rang Équipe
1 États-Unis
2 Canada
3 Finlande
... ...
12 Chine

tags: #hockey #feminin #classement