Nikola Karabatic, né le 11 avril 1984 à Niš (Yougoslavie, aujourd'hui Serbie), est une figure emblématique du handball mondial.
Ses parents sont Branko Karabatic, un père croate, qui fut le gardien de but de l'équipe de Yougoslavie aux jeux Olympiques de Moscou en 1980, et d'une mère serbe.
La famille a déménagé en France quand Nikola avait quatre ans.

À six ans, il a commencé à jouer au handball, au Colmar H.B. En 1992, il rejoint le Thau Handball Club de Frontignan. L'enfant est doué - ses coéquipiers ont tous quatre ans de plus que lui - et ambitieux.
Ascension vers le sommet
L'adolescent travaille avec acharnement, s'impose des séances de musculation supplémentaires et parvient à concilier sa vie de lycéen (il obtient le bac S avec mention) et sa carrière naissante de handballeur de haut niveau.
En 2000, il signe au Montpellier Handball. Avec le club de l'Hérault, il est quatre fois champion de France (2002-2005), remporte quatre fois la Coupe de France (2001-2003, 2005) et, surtout, gagne la Ligue des champions en 2003.
En 2005, il quitte Montpellier et rejoint le club de Kiel, en Allemagne. Certains de ses proches craignent qu'il soit alors trop jeune (vingt et un ans) pour se lancer dans une aventure à l'étranger.
Mais l'entraîneur de sa nouvelle équipe, Zvonimir Serdarusic, un ancien international yougoslave, sait le convaincre. Surtout, il rejoint dans le club allemand son idole, Stefan Lövgren, champion du monde (1999) et quatre fois champion d'Europe avec l'équipe de Suède.
Enfin, pour assouvir son ambition, il sait qu'il lui faut évoluer en Bundesliga, le championnat national le plus relevé du monde. Karabatic s'impose rapidement à Kiel, devenant la star du club.
Il est champion d'Allemagne en 2006, 2007 et 2008, et remporte la Ligue des champions en 2007. Néanmoins, il souhaite relever de nouveaux défis. En juin 2009, il rejoint son ancien club, le Montpellier Handball, qui propose un projet sportif ambitieux.
En 2012, son nom est cité dans une affaire de paris suspects qui touche son club. Au début de 2013, il quitte Montpellier et s’engage avec le Pays d’Aix Université Club. En juin 2013, il rejoint le F.C. Barcelone. En juillet 2015, Nikola Karabatic s’engage avec le Paris-Saint-Germain Handball.
Nikola Karabatic a prolongé son contrat avec le Paris SG jusqu’en juin 2024. Il aura alors 40 ans. Pour le moment, le meilleur joueur de handball de l’histoire est à l’arrêt. L’ancien Montpelliérain (2002-2005 et 2009-2013) souffre d’une phlébite à la jambe droite et doit suivre un traitement à base d’anticoagulants. "Je dois repasser un contrôle d’ici un mois. On verra comment ça évolue, si je dois continuer les anticoagulants.
Carrière internationale
En équipe de France, Nikola Karabatic fait ses débuts en novembre 2002, à dix-huit ans, et gagne rapidement une place de titulaire au sein du sept tricolore : alors arrière gauche, il devient vite l'un des meilleurs buteurs de l'équipe nationale.
Avec les Bleus, il obtient la médaille de bronze au Championnat du monde en 2003, puis en 2005. En 2006, lors du Championnat d'Europe, il montre tout son talent. Jackson Richardson a pris sa retraite internationale et l'équipe de France se cherche une nouvelle star : Nikola Karabatic sera celle-ci.
En finale, il inscrit 11 buts face à l'Espagne, et les Bleus sont champions d'Europe (31-23). Le Championnat du monde 2007 laisse aux Français un goût d'inachevé (quatrième place), mais Karabatic se voit élu meilleur arrière gauche du tournoi.
Pour lui et ses partenaires se profile un nouvel objectif : les jeux Olympiques de Pékin, en 2008. Au sein de l'équipe de France, le rôle de Nikola Karabatic évolue : il n'est plus positionné au poste d'arrière gauche, mais il joue demi-centre.
JO-496. Nikola Karabatic rêve de participer à ses sixièmes JO, en 2024, à Paris.
Élu meilleur handballeur du monde de l’année 2007 puis de l’année 2014, Nikola Karabatic est la figure de proue de l'équipe de France championne d'Europe en 2006, en 2010 et en 2014, championne olympique à Pékin en 2008 puis à Londres en 2012, championne du monde en 2009, en 2011 et en 2015.
Organisateur du jeu d'attaque, buteur inspiré, il est aussi le plus médiatisé des joueurs français. Dès 2004, il a ainsi créé une société qui gère son image. Selon L’Équipe Magazine, ses revenus se montaient à 650 000 euros en 2012, une somme considérable pour un handballeur.
Nikola Karabatic, c’est un palmarès hors du commun. Triple champion olympique (2008, 2012, 2021), quadruple champion du monde, triple champion d’Europe, il a aussi connu de nombreuses récompenses individuelles.
Meilleur joueur du monde 2007, 2011, 2013, 2017, élu meilleur joueur d’un tournoi à huit reprises : il n’y a pas mieux sur le marché.
Récompenses et distinctions
Voici un aperçu des principales récompenses et distinctions de Nikola Karabatic :
| Compétition | Année(s) |
|---|---|
| Championnat d'Europe | 2006, 2010, 2014 |
| Jeux Olympiques | 2008, 2012, 2021 |
| Championnat du Monde | 2009, 2011, 2015 |
| Meilleur joueur du monde | 2007, 2011, 2013, 2017 |
En clubs, Nikola Karabatic a aussi tout gagné.
À Athènes, lors de la cérémonie d’ouverture. Juste avant d’entrer sur le stade et de défiler avec toute l’équipe de France, on a entonné la Marseillaise dans les couloirs.
Vous êtes triple champion olympique. Devant vous, il y a seulement deux escrimeurs et Martin Fourcade (cinq médailles d’or en biathlon). J’évite de me poser cette question.
Je sais que j’ai réalisé quelque chose d’énorme dans le handball et le sport français. J’en suis fier, mais j’essaie de ne pas trop me prendre au sérieux. Certaines personnes me voient peut-être comme une légende mais j’évite que ça me monte à la tête.
Il y a beaucoup d’athlètes qui le méritent. On parlait de Martin Fourcade, il représente parfaitement l’olympisme. Il y a aussi de nombreux handballeurs : Luc (Abalo), Mika (Guigou), moi, si je ne fais pas les Jeux Olympiques.
Quand tu gagnes trois médailles d’or, il y a forcément plus de bons que de mauvais souvenirs. Si je ne devais en retenir qu’un seul, je dirais la dernière médaille d’or, à Tokyo. La joie familiale de le gagner avec mon frère pour la première fois.
La joie individuelle enfin, pour être revenu de blessure après une course contre la montre.
Pour les athlètes, l’une des plus belles parties à vivre durant les JO, c’est l’expérience du village olympique. En étant à Lille, du premier au dernier jour, c’était impossible.
Ça a fait bouger les choses. On doit les remercier pour ça. On a fait passer le message à notre fédération, aux responsables des JO, à Tony Estanguet.
C’est vrai, on n’est pas monté au créneau comme les basketteurs. Pour ma part, ce n’est pas vraiment une posture que j’aime prendre.