Le passé est la lampe qui éclaire l’avenir ; les footballeurs "Jaune et bleu" d’hier ont souvent enfilé le bleu de chauffe, ont parfois mis l’habit de gala pour construire ou illuminer ce qui est aujourd’hui l’histoire du MFC. Certains ont attendu pour revenir à la lumière, d’autres ont enchaîné sans se soucier du présent, sans se projeter sur les lendemains, parfois heureux, quelquefois chaotiques. Le MFC n’échappe à aucune règle d’équilibre ou de vertige dans le déséquilibre.
L’histoire ne reste jamais figée ; elle se construit pas à pas, avec constance ou inconstance. Nos footballeurs d’aujourd’hui avancent dans leurs certitudes, dans un contexte à des années-lumière de leurs anciens. C’est tout le mérite de cette jeunesse insouciance mais tout aussi généreuse. Petit coup d’œil dans le rétro…
Un an à peine après sa création dans le quartier de la Médiathèque, le club de football compte près de 180 licenciés. L’Olympique Montalbanais est le club de football des quartiers autour de la Médiathèque. Saïd Guendouze, le président, nourrit de beaux espoirs pour son club.
"Nos quartiers recèlent une jeunesse en demande d’activités sportives. Or, ici, nous n’avions pas de club de foot, le sport le plus populaire en France. Depuis deux ans, ce projet était dans un coin de ma tête. Après m’être entouré de passionnés du ballon rond et de personnes sensibles à l’occupation des jeunes dans les quartiers de la médiathèque, nous avons rencontré l’adjoint aux sports Daniel Bory auquel nous avons présenté notre projet sportif mais pas seulement".
L’Olympique Montalbanais est un OVNI dans le paysage footballistique du département, un club qui se veut une passerelle sportive, éducative et sociale. Par la suite, après avoir obtenu le feu vert de la mairie de Montauban et l’attribution d’infrastructures sportives (terrain Courbet et Palais des sports Jacques-Chirac) proche des quartiers de la Médiathèque, les activités sportives de l’OM ont pu réellement débuter. "Nous nous sommes mis au travail afin d’accueillir dans des conditions optimales nos licenciés et leurs parents et nous avons adhéré comme club à la fédération française de football", poursuit le président.
L’Olympique Montalbanais rassemble plus d’une vingtaine de bénévoles qui sont là pour créer un esprit village en encadrant pour l’instant 179 licenciés filles et garçons, une trentaine d’autres sont en attente.
Un club qui ne bénéficie d’aucune subvention, avec ses difficultés de fonctionnement en grande partie dues à l’absence d’éclairage, ce qui les conduit à s’entraîner sur un terrain en bitume."C’est déjà bien de l’avoir", poursuit Saïd Guendouze. Les bénévoles ne bénéficient d’aucun défraiement, tous sont impliqués pour soutenir la cause que défend l’Olympique montalbanais.
Deux célébrités au soutien du club : Pour continuer à grandir, l’Olympique montalbanais peut compter sur le soutien de son président d’honneur Hassan Bouadar. Le cadre dirigeant de FedEx Express, que les lecteurs de "La Dépêche" avaient élu "Tarn-et-Garonnais de l’année 2021", a grandi dans ces quartiers Est de Montauban.
Moments clés de l'histoire du MFC
14 janvier 1995 : MFC-Beauvais
Modele de jeu, Les secrets des plus grands coachs
MFC-Beauvais : 1-2 (Brisson, 23e, pour Montauban ; Bizasène, 69e, et Garcia, 76e, pour Beauvais). Si le public avait un peu moins répondu que lors de la venue du TFC, ce sont quand même 7 000 spectateurs qui avaient envahi de Sapiac. Les dirigeants montalbanais n’avaient rien négligé, supervisant les Beauvaisiens lors de leur match de championnat à Guingamp ; relation de cause à effet avec l’ouverture du score ? Pas forcément quand on connaît le talent du pied gauche de l’ancien champion Olympique : corner enroulé qui surprenait l’infortuné Gomes (23e).
Les Montalbanais tenaient bon, jouaient à égalité avec cette équipe beauvaisienne qui s’en remettait, peu après l’heure de jeu, à son milieu offensif Camara ; l’entrée du vif-argent allait complètement dérégler la machine méféciste qui allait subir les effets du joker, intenable sur son côté gauche. Le petit Bizasène profitait du travail de son coéquipier (69e), alors qu’un nouveau coup de boutoir du Sénagalais donnait l’occasion à Garcia (76e) de sonner le glas d’un match… qui ne faisait que commencer.
L’équipe du MFC: Lavigne, Néhari (Goyer), Barrau, Gillot, Deltruel, Aouiriri (Tiriakian), Delplanque, François Brisson, Custodero, Quiroga, Bralley. Entraîneur : François Brisson, adjoint : Ghislain Descazeaux. (cinq Montalbanais faisaient partie de cette formation).
L’épisode Popovic: Une réclamation avait été déposée par les Montalbanais à l’encontre du joueur Serbe-Croate présentant une carte d’identité française. Requalifié amateur à la suite de son passage à Tours, le joueur ne pouvait prétendre à jouer ce match et à signer une licence professionnelle à Beauvais dans le délai de 12 mois. Popovic n’était donc pas qualifié pour cette rencontre. Monsieur Martin appuyait sa réclamation à la FFF ; le début d’une longue procédure qui se termina, longtemps après, devant les tribunaux. Le MFC obtint satisfaction sans pour autant pouvoir jouer ce fameux 1/16e (déjà enterré). Les Montalbanais eurent droit à… une grosse indemnité financière. Une carence des instances qui rappelait le traitement du dossier de Luzenac, privé injustement de D2.

Stade de Sapiac, où le MFC a disputé des matchs mémorables.
20 janvier 1984 : La défaillance contre Pau
Les Montalbanais retrouvaient au stade Armandie d’Agen leur meilleur ennemi palois ; sur une pelouse plus propice au jeu de plage de Copacapana (le terrain avait été sablé), les coéquipiers de Jean-Claude Truffert avaient pourtant pris le match par le bon bout et un penalty de Jean-Michel Labeyrie avait permis aux Méfécistes d’entrevoir longtemps la qualification, tant l’emprise s’avérait montalbanaise. Pau, toujours dans le match, allait pourtant égaliser en toute fin de match ; les prolongations n’apportant rien de plus, ce fut la terrible épreuve des tirs au but.
Jean-Claude Truffert, gardien de grand talent, permettait l’espoir. Pourtant, ce sont les Palois qui s’imposaient (2-3), le jeune Philippe Serres, volontaire pour le dernier tir, voyait son tir partir dans les nuages. L’entraîneur Cabaret, fiévreux, avait assurément manqué d’inspiration.
L’équipe du MFC: Truffert (cap), Combrié, Baudier, Schaeffer, Lespiau, Fernandez, Prouha, Labeyrie, Lagarde, Tacaille, Cheravola. Sur le banc des remplaçants : Delgado, Serres, Lacombe.
26 janvier 1986 : La grande frustration face à l'OM

Bernard Tapie et son équipe de l'OM.
Au stade Lucien Desprats à Cahors. C’est l’OM de Bernard Tapie qui est proposé aux joueurs de Jean Thysen, l’international belge. Devant 5 000 spectateurs, on se demande comment ces jeunes montalbanais vont pouvoir résister aux Zanon, Audrain, Diallo et autres Martinez ou Zénier… Pourtant, armés d’un culot énorme, les joueurs du président Manuel Ruiz sidéraient le public en ouvrant le score par le gaucher Jean-Philippe Lagarde.
Le passage au vestiaire n’allait rien changer au débat et le sobre et talentueux Robert Delgado profitait d’un centre chirurgical de Mehdi Kolbozia pour fusiller l’infortuné Antoine Bell (52e). Quelle référence ! Les pros allaient-ils lâcher ? Trahis par un des leurs, c’est le Lafrançaisin Jean-Louis Zanon qui ajustait un coup franc platinien (55e) ; Flak, dans la foulée (59e) égalisait dans la stupeur générale. Le plus dur était fait pour l’OM, le petit Martinez donnant la qualification à un OM qui avait eu vraiment très très chaud. Mais que de regrets pour cette équipe méféciste survoltée.
L’équipe du MFC: Guiseppin, Bordes, Périssé, Combrié (cap), Labeyrie, Delgado, Kolbozia, Ruiz, Laville, Portolès, Lagarde. Sur le banc des remplaçants : Néhari, Périssé. Entraîneur : Jean Thyssens.
24 janvier 1960 : Défaite face à Saint-Étienne
Saint Étienne (D1)-MFC : 9-0. Après avoir écarté Pau et Pauillac, les Montalbanais ont hérité d’un adversaire de choix avec Saint-Étienne, celui des Wicart, des frères Tilinsky, Ferrier, Domingo, Glowaki, Olecziack, et Robert Herbin, futur sphinx des Verts. Rien ne fut facile, pas même le déplacement en car qui s’éternisa : cinq heures furent… nécessaires pour rejoindre le parc Lescure.
Long tunnel, match long, trop long sans doute pour le gardien René Bousquet. Le Caussadais allait encaisser 9 buts dont un quadruplé de l’avant-centre Robert Liron ; la marche était vraiment trop haute pour les joueurs de Candela qui ne fermèrent jamais la porte. L’international Richard Tilinsky déclarait à l’issue de la rencontre ; "Nous avons effectué une bonne séance d’entraînement devant une équipe sympathique qui n’est jamais tombée dans l’antijeu." Tout était dit. Boudigues, Claude Estauver et René Gamel avaient été les meilleurs (photo).
L’équipe du MFC: Bousquet, Claude Estauver, Boudigues, Bouyssières, Candela, Harter, Francis Alcaraz, Claude Alcaraz, Jean Estauver, Gamel, Moussa. Entraîneur : Sauveur Candela.
14 janvier 1959 : Première qualification historique
MFC/TG- Béziers (Division 2 professionnelle) : 0-2 (à Brive). Nous sommes le 14 janvier 1959 ; l’équipe du MFC évolue en Division d’Honneur de la Ligue du Midi et vient de se qualifier pour la première fois de son histoire (le club a été créé en 1953) après avoir épinglé à son tableau de chasse, Fleurance, Bourassol (qui deviendra Toulouse Fontaines), le grand Cazères et le non point imposant Rodez, sans jamais descendre à des scores inférieurs à cinq buts. On croit rêver !
Le tirage au sort offre un adversaire qui évolue en Division 2 professionnelle. Les matchs sont programmés sur terrain neutre ; l’ironie du sort c’est ce choix fantaisiste qui oblige les deux équipes à se rendre sur le terrain de Brive. Qu’importe, l’ivresse n’a pas de frontière et c’est une longue colonie qui se rend en Corrèze. Le match ? Le tournant du match survint à la 35e minute lorsqu’un accrochage entre le scientifique Amara et le Montalbanais Robert Doumenge, milieu de terrain "box to box" (un langage non usité à l’époque), profite au Biterrois bien malin sur le coup.
Les Montalbanais réduits à 10, avaient déjà encaissé un premier but du grand Sauveur Candela (22e, csc), Amara enfonçant le clou peu après la demi-heure de jeu (35e). Les hommes de Sauveur Candela pouvaient avoir quelques regrets, leur seconde mi-temps leur ayant permis de lutter à armes égales avec une belle équipe de Béziers où excellaient les Albert, Luzy, Amara et autre Grobarzik.
L’équipe du MFC: Murga, Jean Estauver, Bouyssières, Candela (cap), Harter, Clauss, Peyras, Lacroix, Claude Estauver. Entraîneur : Sauveur Candela.
À noter que Michaël Combaud (entraîneur des gardiennes des féminines du MFC-TG) a eu l’occasion de rencontrer Clauss lors d’un déplacement de l’équipe dans l’Est de la France.
13 février 1982 : La résistance face à Toulon
Toulon-MFC : 1-0, ap (Dalger, 108e). 22 ans après Saint-Etienne, au Stadium de Toulouse, les Montalbanais retrouvent les 1/32e et une nouvelle formation de Division 2 dont les fers de lance se nomment Dalger (international), Diallo, et Alain Bénédet, l’actuel entraîneur de Blagnac. Les Montalbanais du président Raymond Tressens évoluent en D3, groupe sud.
Le choix du Stadium a-t-il été opportun ? Devant 2 000 personnes, un Stadium glacial, les coéquipiers de Ramondy allaient pourtant semer le trouble au sein d’une équipe varoise perturber par l’allant des Tacaille, Cheravola, et du grand sénégalais Arthur Gueye. Les Toulonnais poussés à la prolongation allaient bénéficier de la blessure de Frédéric Scheaffer, sévèrement touché, mais obligé de rester sur la pelouse. Petit détail, grosse conséquence ; un ballon mal dégagé atterrissait dans les pieds de l’international toulonnais : frappe tendue de Dalger qui se logeait dans l’entonnoir du but de Truffert (108e). Presque contre le cours du jeu.
L’équipe du MFC: Truffert, Schaeffer, Trevisan, Pages, Baudier, Lespiau, Ramondy, Robinson, Cheravola, Gueye, Tacaille. Sont entrés en cours de jeu : Giovana, Prouha.
Un 16e de finale... en 1931
Le Montauban football-club en 16e de finale ? Ce n’est pas une utopie... Nous sommes en 1931, l’USM venait de doter son club d’une équipe de soccers, le mot usité à l’époque. Grâce à ces grands dirigeants que furent MM. Nauges, Barreau, Coulonges, Laporte, les "Rouge et noir" des Cheminots montalbanais troquaient leur tenue pour celle des "Vert et noir" ; ils venaient à peine de se couvrir de gloire en atteignant les 1/16e de finale de la coupe de France ; nous avons retrouvé le nom de ces glorieux anciens : Andron Valsecchi, Grisvard, Giorgi, Parmigiani, Sacome, Dat, Montaut, Hamel, Flourens, Zanellon Greiner, Sanfati, Mommeja, Coy, Altchinack, Burdisso, Mathio, Bosso, Dellacasa, Azola, Gasparitz.
| Date | Match | Résultat | Événement |
|---|---|---|---|
| 14 janvier 1995 | MFC-Beauvais | 1-2 | 1/32e de finale de la Coupe de France |
| 20 janvier 1984 | MFC-Pau | 2-3 (tirs au but) | Coupe de France |
| 26 janvier 1986 | MFC-OM | 2-3 | Coupe de France |
| 24 janvier 1960 | Saint-Étienne-MFC | 9-0 | Coupe de France |
| 14 janvier 1959 | MFC-Béziers | 0-2 | Coupe de France |
| 13 février 1982 | Toulon-MFC | 1-0 (ap) | Coupe de France |
| 1931 | USM (Cheminots Montalbanais) | N/A | 1/16e de finale de la Coupe de France |