La mêlée est une phase cruciale dans le rugby, souvent mise en place après une faute d'un joueur, comme un en avant. Comme l'explique Dimitri Szarzewski, entraîneur adjoint du Racing 92, "la mêlée, c'est une phase de remise en jeu après une faute d'un joueur".
Comprendre le rugby en 5 minutes !
La mêlée, aussi appelée mêlée fermée ou ordonnée, est une phase de jeu cruciale qui se forme à l'endroit où il y a eu faute ou arrêt de jeu ou au plus près de ce point. À ne pas confondre avec le ruck ou mêlée spontanée ou ouverte.
Pour former une mêlée, les avants de chaque équipe se regroupent en un pack, un bloc pour faire simple. Les deux packs se mettent en place, alignés face à face pour essayer de conquérir le ballon.
Lorsqu'une mêlée est formée, le paquet d'avant de chaque équipe, qui comprend les joueurs numérotés de 1 à 8, se regroupe face à face, légèrement décalés sur la gauche pour créer un bloc solide. Cette formation est essentielle car elle permet de prendre l'ascendant psychologique sur l'adversaire, un aspect que Szarzewski souligne en disant que "quand on a une bonne mêlée, que ce soit offensive ou défensive, généralement le match se passe plutôt bien".
Les avants ont pour objectif de dominer physiquement l'adversaire et de créer des opportunités pour leurs trois quarts. Szarzewski mentionne que "le but de la mêlée, c'est déjà de prendre l'ascendant physique et psychologique sur l'adversaire pour mettre nos trois quarts dans les meilleures conditions". Cela montre l'importance stratégique de la mêlée dans le déroulement d'un match.
L’arbitre donne le signal et les joueur·ses des deux packs se lient (s’accrochent par les bras et les mains à leur coéquipier·ère ou leur adversaire). Le·la demi de mêlée introduit le ballon en mêlée, le dépose au centre, mais toujours par la gauche.
Si les joueur·ses poussent avant que le ballon ne soit introduit, l’arbitre ordonne des sanctions. Pour éviter de faire écrouler la mêlée ou de causer des blessures, les joueur·ses doivent avoir les épaules au même niveau que le bassin. La mêlée prend fin quand le ballon est sorti.
Les risques et la sécurité en mêlée
La mêlée présente également des risques, notamment lorsque celle-ci s'écroule. Szarzewski souligne que "le plus gros danger, c'est au moment de l'impact, si la mêlée s'écroule", ce qui peut entraîner des blessures graves pour les joueurs, notamment pour le talonneur et le pilier. Pour cette raison, les règles ont évolué afin de garantir la sécurité des joueurs.
Il explique que "pour la sécurité des joueurs, on demande la liaison entre les premières lignes pour réduire cet espace". Le renforcement musculaire est une autre mesure de sécurité, car il aide les joueurs à se protéger tout en étant performants sur le terrain. Szarzewski précise que "on ne fait pas de la musculation pour faire joli, on fait de la musculation aussi pour se créer une carapace, une armure". Cela met en lumière l'importance de la préparation physique dans le rugby, non seulement pour la performance, mais aussi pour la sécurité des joueurs lors des phases de mêlée.
Saviez-vous que les avants, surtout les joueur·ses en première ligne, sont les plus concerné·es par ce qu'on appelle “les oreilles en chou-fleur” ? Cette pathologie, la périchondrite, se manifeste par une déformation du cartilage et du pavillon qui, à force de coups violents et de frottements, devient flétri tel un chou-fleur : d’où ce nom. Comment ? C'est le sang qui, en s'accumulant entre la peau et le cartilage de l'oreille, forme un hématome. Hématome après hématome, l'oreille s'épaissit, le pavillon gonfle et prend cet aspect cabossé si particulier. D'ailleurs, c'est pour cette raison que certain·es joueur·ses portent des bandages ou un casque.

Évolution des règles et adaptation en France
La Fédération française de rugby a confirmé dans un communiqué l'adoption dès janvier 2025 en Top 14, ProD2 et en coupes européennes des nouvelles règles expérimentales instaurées par World Rugby en ce début d'année. La 15e journée du championnat de Top 14, fin janvier, sera l’occasion de tester quatre nouvelles règles instaurées par World Rugby, et adoptées en France par la LNR et la FFR "afin de garantir une cohérence et une équité" dans les compétitions.
Ces nouvelles directives - expérimentales - visant à favoriser la vitesse du jeu seront effectives dès le week-end prochain lors de la 3e journée de Coupe des champions et de Challenge Cup, disputées du 10 au 12 janvier.
Nouvelles règles expérimentales
- La limite de 60 secondes pour les transformations, afin de s’aligner sur les pénalités et d’accélérer le rythme. Elle est déjà effective en France depuis le début de la saison, dans les championnats de Top 14 et de Pro D2.
- Les alignements en touche n’auront que trente secondes pour se préparer, et ce afin de réduire les temps morts.
- La poursuite du jeu sera autorisée lorsque les touches ne seront pas contestées, même si le lancer n’est pas droit.
- La protection du demi de mêlée pendant les mêlées, les rucks et les mauls. Le n°9 ne pourra plus être perturbé par la défense adverse au moment d’éjecter le ballon.
Ces règles seront appliquées lors du prochain Tournoi des Six Nations (31 janvier-15 mars). Si la LNR et la FFR se félicitent de l’adoption de telles mesures, elles en critiquent également le timing, réclamant à World Rugby la mise en place de nouvelles règles uniquement avant chaque début de saison "à l’avenir".
La Fédération internationale World Rugby a annoncé cette semaine l'entrée en vigueur immédiate, toutes compétitions confondues, d'une nouvelle règle destinée à réduire la pression sur les cervicales lors de l'affrontement en mêlée. Un nouvel amendement des règles de la mêlée (art. 19.10), destiné à préserver encore mieux l'intégrité physique des joueurs, va entrer en vigueur dès les prochains matches (Rugby Championship, Coupe du monde et Championnats domestiques), a annoncé la Fédération internationale en ce début de semaine.
Le règlement de World Rugby interdit désormais aux joueurs de première ligne de poser le sommet de leur crâne sur l'épaule de leur adversaire avant que l'arbitre n'ordonne l'introduction. Pour mémoire, lors d'une entrée en mêlée, l'arbitre décompose la séquence en trois commandements : « flexion », « liez », « jeu » (en anglais : « crouch », « bind », « set »). Depuis quelques années, au moment de la liaison (« bind »), les joueurs avaient pris l'habitude de mettre la pression sur l'adversaire en exerçant une « pré-poussée » avec le dessus de leur tête sur l'épaule de leur vis-à-vis. Un moyen de tenter de remporter l'épreuve de force, en anticipant le moment où l'arbitre annonce « jeu ».
Face à une recrudescence de hernies cervicales ces dernières saisons, cette modification a été proposée par le groupe de révision du règlement (Law Revision Group), qui s'est réuni à Londres le mois dernier, et dont faisaient partie les internationaux Ken Owens (Galles), Rory Best (Irlande) et Jamie George (Angleterre). Après avoir pris connaissance des résultats d'une étude menée conjointement par les Fédérations néo-zélandaise et anglaise, les experts ont clairement conclu à un risque accru pour la zone du rachis cervical des joueurs quand ils exercent une rotation et une poussée juste avant l'engagement. Modifié en profondeur en 2013, le règlement concernant les entrées en mêlée a depuis permis de réduire de 25 % les pressions subies par les joueurs.
Autres règles et terminologies importantes
Il sera également possible désormais de marquer un essai en plongeant par-dessus un ruck. Qui dit nouvelle saison de Top 14, dit nouvelles règles ! L'une d'entre elles est l'apparition dans les poches des arbitres du carton orange. Imposée par World Rugby, l'instance internationale qui régit les lois du jeu, cette nouvelle règle consiste à sanctionner un joueur en l'excluant, mais en autorisant son équipe à le remplacer au bout de 20 minutes. Ce carton se situe donc entre le jaune (exclusion temporaire de dix minutes) et le rouge (exclusion définitive). La saison passée, 19 cartons rouges, synonymes d'expulsion directe, avaient été distribués en Top 14. Le nombre pourrait ainsi diminuer avec cette déclinaison française du "carton rouge de 20 minutes".
D'autres changements vont survenir en ce début de saison, avec par exemple la possibilité pour les joueurs de marquer un essai en plongeant, ballon en main, par-dessus un ruck, sans retomber sur un autre joueur. Nouveauté également : l'ouverture du micro de l'arbitre principal au moment de communiquer la décision à la suite d'un arbitrage vidéo. Le public présent dans le stade pourra ainsi entendre cette décision. La personne au sifflet est appelée à mieux faire respecter les règles en mêlée en sanctionnant une introduction non droite sans talonnage.
Aussi, les joueurs des deux équipes feront une haie d'honneur aux arbitres à l'entrée sur la pelouse. La LNR - l'instance dirigeante du rugby professionnel français - a souhaité "marquer le respect envers les arbitres". Appelée à être déployée en Pro D2 dans un second temps, cette innovation ne fait pas l'unanimité.
L'en-avant : Toutes les passes à la main doivent être faites vers l'arrière. Si le ballon est passé vers l'avant, l'arbitre arrête le jeu et ordonne une mêlée pour l'adversaire. Même punition si un joueur laisse échapper la balle devant lui. Il n'y a qu'une exception : lorsqu'un joueur contre un coup de pied, il n'y a pas en-avant, le jeu continue. En revanche, s'il commet un en-avant volontaire, ou que l'arbitre le juge comme tel (pour empêcher une passe entre deux adversaires, par exemple), il est sanctionné d'une pénalité.
Le maul : Également appelé "cocotte", le maul est une véritable épreuve de force. Il se forme lorsque le porteur du ballon est saisi par un adversaire, ou plusieurs, mais qu'il reste debout et qu'au moins un de ses coéquipiers vient le soutenir dans son effort. Chaque équipe pousse alors pour essayer de gagner un maximum de terrain. C'est une sorte de mêlée spontanée. Il est strictement interdit de faire s'effondrer volontairement le maul ou d'y entrer par le côté. En revanche, un joueur peut s'infiltrer en son cœur, en passant par l'axe, pour le neutraliser. Lorsqu'un maul est improductif, le ballon est redonné à l'équipe adverse via une mêlée.
Le ruck : Aussi appelé mêlée ouverte, le ruck se forme lorsque le porteur du ballon est plaqué et mis au sol. Le plaqueur doit immédiatement lâcher le plaqué et se remettre sur ses quatre appuis pour essayer de récupérer le ballon, que le plaqué se doit de libérer au plus vite. Un coéquipier du joueur au sol arrive, se lie au plaqueur et défend le ballon. Ils peuvent ensuite être rejoints par d'autres joueurs, qui ont, eux aussi, l'obligation de rester debout pendant le mouvement. Un joueur qui tombe dans un ruck, ou qui y rentre sur le côté, est immédiatement sanctionné par l'arbitre.

Le plaquage : Pour récupérer le ballon, les joueurs en défense doivent stopper le porteur adverse en le faisant tomber au sol. On parle alors d'un plaquage. Mais tous les coups ne sont pas permis. Ce geste est strictement encadré, puisqu'il doit être effectué sous la ligne des épaules, avec les deux bras. Le plaqueur doit accompagner le plaqué dans sa chute, sans le retourner ou le précipiter la tête la première vers la pelouse. Pas question de plaquer un joueur qui n'a pas le ballon ou dont les deux pieds ne sont pas au sol. De même, un coup d'épaule est sanctionné. Une fois à terre, le joueur plaqué doit immédiatement libérer le ballon et ne pas en empêcher la récupération avec son corps. Le plaqueur, lui, doit lâcher le joueur déséquilibré.
Le grattage : Gratter est une expression typique du rugby. Elle désigne l'action d'un joueur qui met les mains sur le ballon dans un ruck, pour tenter de récupérer la possession. Pour cela, il doit être sur ses "quatre appuis". Cela signifie qu'il ne doit pas s'affaisser sur le ballon, ne s'appuyer ni sur ses coudes ni sur ses genoux. Il doit rester d'aplomb, "droit dans ses crampons". Le cas échéant, si le gratteur n'est pas déblayé au bout de quelques secondes et que le joueur au sol ne relâche assez vitre pas le ballon, l'équipe en défense bénéficie d'une pénalité.
La touche : Quand le ballon sort des limites du terrain, il est remis en jeu par une touche. Même si ce n'est pas une obligation inscrite dans les règles officielles, c'est le talonneur qui s'occupe du lancer. Les deux équipes forment chacune un alignement, composé des avants, et s'organisent pour essayer de récupérer le ballon. Généralement, un joueur de chaque formation saute pour l'attraper, porté par deux de ses coéquipiers. Attention pour réaliser une bonne touche, le talonneur doit lancer le ballon entre les deux alignements et non vers son équipe. Le cuir doit parcourir au moins 5 mètres le long de la ligne de remise en jeu avant de toucher le sol, de toucher ou d'être touché par un joueur. Par ailleurs, il est interdit d'attraper le bras d'un joueur lorsqu'il est toujours dans les airs.
La touche directe : Botter directement en touche signifie que le ballon a été expédié hors des limites du terrain sans rebondir dans l'aire de jeu ni toucher un joueur ou l'arbitre. Si le tireur se trouvait dans ses propres 22 mètres alors l'équipe adverse récupère un lancer à l'endroit où le cuir est sorti. Au contraire, si le botteur ne se trouvait pas dans ses propres 22 mètres, la formation rivale recouvre la possession au niveau du départ du coup de pied.
Le hors-jeu : Dans le jeu courant, un joueur est hors-jeu s'il se trouve devant son coéquipier qui porte le ballon ou tape le cuir dans la moitié de terrain adverse. Il ne doit alors plus participer au jeu et rester temporairement en retrait, sous peine d'être sanctionné. Lors d'une mêlée, la ligne de hors-jeu pour les avants est la ligne imaginaire passant par le ballon. Les joueurs doivent rester liés tant que le ballon n'est pas sorti. Pour le ruck, il y a deux lignes de hors-jeu, une de chaque côté du regroupement. Elles passent par les pieds du dernier participant et ne doivent pas être dépassées.
Le 50-22 : World Rugby a récemment introduit une nouvelle règle permettant de mettre à l’honneur les gros "coups de pompe". Une équipe peut récupérer un lancer après que l’un de ses joueurs a trouvé une touche indirecte (après un rebond ou avoir touché un joueur ou un arbitre). Deux conditions cumulatives sont nécessaires. D’une part, le botteur doit se trouver dans son camp, soit avant la ligne médiane, au moment du départ du ballon. D’autre part, le ballon, lui, doit sortir dans les 22 mètres adverses.
Le recours au TMO (Television Match Official) : En cas d'action litigieuse, l'arbitre peut s'appuyer sur l'assistance vidéo pour prendre une décision. Dès lors, il arrête le chronomètre et consulte les images sur les écrans géants du stade. Il tranche après avoir consulté tous les angles et/ou ralentis disponibles. À noter que le TMO est généralement utilisé pour valider ou refuser un essai, en déterminant si le ballon a été aplati par exemple, ou pour sanctionner des actes de jeu dangereux (plaquage haut, plaquage en l'air, charge à l'épaule dans le visage, etc.)
Le protocole commotion : Il est déclenché dès qu'il y a une suspicion de commotion cérébrale après un choc à la tête (choc direct ou mouvement très rapide de la tête de l'avant vers l'arrière ou de l'arrière vers l'avant). La commotion est un dysfonctionnement du cerveau pendant un court instant, qui peut entraîner des signes cliniques (vertiges, vomissements, perte d’équilibre, troubles du sommeil…) pendant plusieurs jours, voire semaines. En plus des séquelles neurologiques, un joueur commotionné est plus susceptible de contracter une blessure grave. Lorsque le protocole est déclenché, le joueur concerné est remplacé. Il a ensuite dix minutes pour se soumettre à une batterie de tests qui déterminent son aptitude, ou non, à revenir en jeu.
Les sanctions : Coups de poing, coups de pied, charges non réglementaires, doigts dans l'œil... Toutes ces joyeusetés sont formellement interdites sur les terrains. Mais le règlement est moins précis quant aux sanctions à appliquer en cas de dérapage. C'est à l'arbitre de décider. Cela peut aller du simple rappel à l'ordre au carton rouge, synonyme d'exclusion définitive. La sanction la plus courante reste le carton jaune, qui a valeur d'avertissement.