La rivalité entre la France et le Brésil en football est jalonnée de rencontres mémorables, allant des matchs amicaux aux confrontations cruciales dans les grandes compétitions internationales. Cet article explore les moments clés de cette histoire, en mettant en lumière les victoires, les défaites et les anecdotes qui ont marqué ces duels passionnants.

Match entre la France et le Brésil lors de la Coupe du Monde 2006.
Les Premières Rencontres Amicales
Sur le chemin de retour de la Coupe du Monde 1930 en Argentine, le paquebot de l’équipe de France fait escale au Brésil. Le vendredi 1er août, à Rio de Janeiro, les Bleus jouent contre le Brésil de Friedenreich. Ils se font amicalement taper 3-2. Problème : contrairement à la fédé brésilienne, la FFF n’a jamais reconnu cette rencontre comme un match officiel !
Un dimanche, en amical, au stade de Colombes, lors d'une tournée européenne de la Seleção, ce France-Brésil se situe entre le Belgique-Brésil (5-1 !) et le Angleterre-Brésil (1-1) et y a que les Bleus qui perdent. Un 2-3 pas dégueu (Wisnieski et Di Nallo qui égalise à 2-2), mais une défaite quand même. Avec un triplé de Pelé, dont un péno.
Coupe du Monde : Des Confrontations Épiques
Suède 1958 : La Montée en Puissance du Brésil
Un mardi, en demi-finale de Coupe du monde en Suède, à Solna, la Seleção est trop forte avec Didi, Vava, Garrincha et « Pelé » , un p’tit noiraud de 17 ans qui plante même un triplé. En France, comme on aime bien la lose, on racontera aux enfants que la blessure de Jonquet en première mi-temps à 1-1 a tout changé : victime d’une fracture du péroné, il est resté sur le terrain, à ne rien foutre, car, à l’époque, il n’y avait des changements autorisés que dans les matchs amicaux.

Pelé, une légende du football brésilien.
Mexique 1986 : Le Chant du Cygne
Un samedi aprèm, la France a zappé Intermarché, la Fête de la zique et les brasiers de la Saint-Jean… Quarts de finale de Coupe du monde au Mexique, à Guadalajara : que du soleil, avec le ballon qui ne sort jamais des limites du terrain. C’est déjà le chant du cygne pour le foot romantique de Télé Santana, Sócrates, Zico, Platoche et Rocheteau. Une séance de pénos irrespirable avec course finale de Luis qui tombe dans les bras de Michel (il a envoyé son t.a.b dans les nuages).
Ce match, c’est Youtube qui en parle le mieux. Tapez « Roberto Carlos Best Goal - Free Kick Goal vs France (Tournoi de France 1997) » . On en est à 10 057 177 vues ! Ou bien tapez « Top 10 - Best free kicks of all time » : 3 233 655 de vues. Un mardi à Gerland, lors du Tournoi de France (France, Brésil, Italie, Angleterre).
Roberto Carlos Incredible Free Kick (France 1997) (Sky Sports English Commentary) [HD]
Allemagne 2006 : Le Sommet de Domenech
Un samedi de saucisse, à Francfort, un quart de finale de Coupe du monde résumé en cinq lettres majuscules : ZZXXL. En minuscule, ça donne raymondomenech dans L’Équipe du 23 mars 2015 : « C’est mon plus grand souvenir de sélectionneur. Je me suis demandé, après, ce que je pourrais faire de mieux. Alors, oui, j’ai eu la sensation personnelle d’atteindre mon sommet. C’est dans ce genre de moment qu’il faudrait savoir s’arrêter (sourire). » Et raymondomenech conclut : « Ce jour-là, j’étais le meilleur entraîneur du monde. Un an plus tard, je ne l’étais plus » .
Matchs Amicaux et Autres Compétitions
Un jeudi, en amical, mais il avait fallu veiller jusqu’à deux plombes du mat’, à cause du décalage horreur. Car ce fut bien l’épouvante pour les Bleus au mythique Maracanã. Face à une Seleção à 100 à l’heure qui planta 2 buts sur 17 occases par Edinho et Roberto, on avait honte d’avoir osé solliciter un match contre les Maîtres de l’Univers, chez eux. Et puis Saint Michel éclaira la nuit de sa lumière divine… Sur une ouverture céleste de Platoche vers l’Ange Six qui troue les nuées (1-2). Et une tête de Trésor, monté aux cieux, sur un corner de Rouyer à la 85e, parapha l’exploit (2-2).
Un samedi de farces & attrapes, en amical. À l’époque, le Brésil en France, c’est comme les All Blacks qui viennent en Europe une fois tous les dix ans : un must rarissime. Là, c’était au Parc du Prince, au Jardin de Michel. Platini plante du gauche à la 86e ! On en est sûrs, ce soir-là : la France sera championne du monde en Argentine en juin prochain. En fait, non : sortie au premier tour, la France n’était en fait que championne du monde des matchs amicaux.
Un vendredi, en amical, un récital brazileiro sur des rythmes samba qui résonnent à donf’ dans le Parc des Princes. Les Français sont considérés comme les « Brésiliens de l’Europe » . Sauf qu’on va découvrir Sócrates et Zico, « Brésiliens » tout court. Et là, aïe-aïe-aïe ! Zico plante sur une ouverture du Docteur, et le Docteur achève les Bleus d’un lob sur une louche géniale du 10 de Flamengo. En France, comme on aime la lose, on dira que Battiston, Giresse, Platini et Rocheteau étaient forfait, d’où la défaite. Foutaises ! Ce Brésil était trop fort.
Un mercredi, en amical au Parc des Princes, les Bleus entre deux loses… Entre un Euro 92 en Suède raté (Platoche a démissionné, Houllier a pris sa place) et une qualif pour le Mondial 94 achevée l’année d’après, en 93, sur un but signé Kostadinov. Même avec Papin, Ginola, Blanc et Deschamps, ce Brésil était injouable (buts de Martini sur CSC et de Luiz Henrique).
Un jeudi à Suwon (Corée du Sud), en demi-finale de Coupe des confédérations, formalité : buts de Pires et Desailly contre une Seleção en papier mâché. Ensuite, finale contre le Japon (1-0, Vieira) et triplette fastoche : Mondial 1998, Euro 2000 et Confédération’s Cup 2001.
Un jeudi au Stade de France, un amical, mais un amical classieux : c’était le centenaire de la FIFA. Le Brésil, on comprenait : ils étaient champions du monde en titre en 2002. Et pourquoi la France (championne de rien du tout) et pas l’Allemagne, l’Italie ou l’Argentine ? Ben, la France parce qu’elle avait créé la FIFA en 1904 grâce à Jules Rimet. L’arnaque.
Mercredi, pelouse pourrie… En amical au SdF… Impressions très lointaines… Blanc est sélectionneur, fait froid… France triste contre Brésil tristoune… Un centre de la droite de Ménez sur Benzema qui marque… Même que le Mou avait bavé sur Karim à l’époque au Real, une histoire de chat qui sait pas chasser… Un rouge pour un Brésilien, et les Bleus jouent à 11 contre 10… Thiago Silva et David Luiz ne se doutaient pas qu’ils reviendraient jouer à Paris, pour Paris. Nous non plus.
Dimanche, en amical, à Porto Alegre, ça sent la Coupe du monde 2014. Mais on n’y est vraiment pas : après une défaite contre l’Uruguay à Montevideo (0-1), les Bleus de Deschamps se mangent un 3-0 sec (Oscar, Hernanes, Lucas sur péno) qui laisse augurer une fin de qualif pour le Mondial angoissante. Après le match, DD poussera une gueulante mémorable à ses gars incapables de mesurer leur chance inouïe de jouer au Brésil ! « Face à laSeleção, p… ! » Peine perdue : ses Bleus ne se réveilleront qu’en novembre, en retour de barrage contre l’Ukraine (3-0). Les Brésiliens, eux, enquilleront sur une victoire en Coupe des confédérations qui les installera comme favoris de « leur » Coupe du monde. Les pauvres.
Jeux Olympiques : Désillusions Récentes
Incapables de se qualifier dans le dernier carré de sept des huit dernières grandes compétitions internationales, les Bleues quittent le tournoi olympique sur une nouvelle désillusion. Les Bleues n’avaient jamais perdu contre les Brésiliennes en douze affrontements, depuis vingt et un ans. L’impressionnante série a pris fin au plus mauvais moment, samedi 3 août, lors des quarts de finale des Jeux olympiques (JO). Au stade de la Beaujoire, à Nantes, l’équipe de France féminine de football, battue (0-1) par le Brésil, a eu pourtant toutes les cartes en mains pour rejoindre le dernier carré de la compétition : un penalty raté par Sakina Karchaoui en début de match, une barre transversale sur une tête de Griedge Mbock avant la pause et, au retour des vestiaires, une autre tête de la meilleure buteuse Marie-Antoinette Katoto. Mais ce sont leurs adversaires, accrocheuses et athlétiques, qui ont inscrit l’unique but de la partie par l’intenable Gabi Portilho dans les dix dernières minutes de la rencontre.

L'équipe de France féminine éliminée par le Brésil aux JO 2024.
Echec après échec, la malédiction des quarts de finale a donc encore frappé. La France, deuxième nation au classement de la Fédération internationale de football (FIFA), a échoué à sept reprises à ce niveau lors de ses huit dernières participations à un Euro, à un Mondial ou à des JO. Circonstances aggravantes, deux de ces dernières éliminations ont eu lieu à domicile : au Parc des Princes contre les Etats-Unis, il y a cinq ans, et ici, à Nantes.
« La malédiction continue », a reconnu Marie-Antoinette Katoto. Il manque à ce groupe quelque chose. Peut-être ce mental de gagnant qui fait les grandes équipes, à l’image des championnes du monde espagnoles qui ont été menées au score dans l’après-midi par les Colombiennes avant de renverser le score. Peut-être aussi de la justesse technique, symbolisée par une inefficacité devant les buts. Ou peut-être encore une incapacité à répondre à la malice de l’adversaire, qui a joué avec ses armes, parfois à la limite de la légalité, agaçant le sélectionneur français, Hervé Renard, pour qui « le football n’est pas sorti vainqueur ».
L’équipe féminine du Brésil n’a, en effet, pas grand-chose à voir avec la réputation virtuose de son football. Dans un passé proche, les coéquipières de la capitaine Wendie Renard les avaient éliminé lors des huitièmes de finale du Mondial 2019. L’an passé, elles s’étaient aussi imposées contre elles en match de groupe de la dernière Coupe du monde, en Australie.
Nommé en mars 2023 en remplacement de Corinne Diacre, Hervé Renard quitte son poste, comme prévu avant le tournoi, sur cette élimination amère. « Quand on ne se qualifie pas pour une demi-finale, c’est un échec, a-t-il asséné en zone mixte. Si vous voulez dire que c’est un échec, dites-le. C’est une analyse simple et moi, j’ai une analyse globale de tout le travail mis en place. Je trouve que l’on n’a pas été récompensé à notre juste valeur. »
La responsabilité des joueuses, qui ont été incapables de répondre présent lors des grands rendez-vous, se pose. La plupart ne savaient pas expliquer à chaud leur élimination, oscillant entre immense déception et perception positive de leur prestation. « Première fois que je ressens l’équipe comme ça aussi soudée, a réagi Sakina Karchaoui. On aurait pu mieux faire devant la cage, moi, la première avec mon penalty. On a déçu les supporteurs, on a déçu la France et nous, les premières. »
Aux joueuses de repartir dans une nouvelle campagne, avec à leur tête un nouveau sélectionneur ou une nouvelle sélectionneuse. « On ne lâchera pas, on fera tout pour passer ces quarts. On est la France. Nous avons beaucoup trop de bonnes joueuses pour ne rien gagner », a plaidé Marie-Antoinette Katoto. Prochaine tentative pour le football féminin français : l’Euro 2025, en Suisse, du 2 au 27 juillet.
Palmarès Olympique du Football
Voici un aperçu des vainqueurs des Jeux Olympiques en football :
| Année | Vainqueur |
|---|---|
| 1908 | Angleterre (Londres) |
| 1912 | Angleterre (Stockholm) |
| 1920 | Belgique (Anvers) |
| 1924 | Uruguay (Paris) |
| 1928 | Uruguay (Amsterdam) |
| 1936 | Italie (Berlin) |
| 1948 | Suède (Londres) |
| 1952 | Hongrie (Helsinki) |
| 1956 | URSS (Melbourne) |
| 1960 | Yougoslavie (Rome) |
| 1964 | Hongrie (Tokyo) |
| 1968 | Hongrie (Mexico) |
| 1972 | Pologne (Munich) |
| 1976 | République démocratique allemande (Montréal) |
| 1980 | Tchécoslovaquie (Moscou) |
| 1984 | France (Los Angeles) |
| 1988 | URSS (Séoul) |
| 1992 | Espagne (Barcelone) |
| 1996 | Nigeria (Atlanta) |
| 2000 | Cameroun (Sydney) |
| 2004 | Argentine (Athènes) |
| 2008 | Argentine (Pékin) |
| 2012 | Mexique (Londres) |
| 2016 | Brésil (Rio de Janeiro) |
| 2020 | Brésil (Yokohama) |
| 2024 | Espagne (Paris) |