Le 10 juillet 1960, il pleuvait dru sur le Parc des Princes. La pelouse était grasse pour la finale de cette toute première Coupe d'Europe des nations. C'était du football. Alors que la finale de l'Euro 2020 aurait dû avoir lieu ce week-end au stade de Wembley, à Londres, voici l'histoire compensatoire.
Les deux pays qui allaient s'affronter à la périphérie de Paris n'existaient plus aujourd'hui. D'un côté, l'Union soviétique de Nikita Khrouchtchev. De l'autre, la Yougoslavie du maréchal Tito. Pour sa première édition, donc, cette nouvelle compétition de football international n'attirait pas les foules. En vérité, il n'y avait que 18.000 spectateurs ce soir-là en tribunes. Et pourtant, c'était un match crucial sur le plan géopolitique.
Euro 1960 - Euro 2016 : ces pays qui n'existent plus
Les Origines de la Compétition
L'idée même de créer une compétition de football entre les nations européennes datait de l'entre-deux guerres. C'était un Français qui portait ce projet. Il s'appelait Henri Delaunay, ancien arbitre devenu dirigeant sportif avec moustache, costume trois-pièces et col de chemise anglais. Ce notable de la Troisième République mourut en 1955, juste avant de voir son ambition se concrétiser.
Cela dit, au départ, hormis la France, les grands pays de l'Europe de l'Ouest, sceptiques, refusèrent d'y participer. Et pour cet Euro 1960, ni l'Italie, ni l'Angleterre, ni les Pays-Bas, ni la Belgique, ni même la RFA, toujours en quête de légitimité, ne s'inscrivirent à ce tournoi de la reconstruction européenne.
Néanmoins, 16 nations participèrent à cette première compétition. Armée de Raymond Kopa et Just Fontaine, la France a tenté de jouer sa carte, mais après un match épique, les Bleus ont été éliminés en demi-finale par les Plavi yougoslaves au stade Vélodrome à Marseille. Arriva alors cette finale de l'Euro 1960. Un match qui se tint Porte d'Auteuil, au parc des Princes.

Lev Yashin : L'Araignée Noire
En URSS, à l'époque, ce ne sont pas les attaquants qui sont mis en avant, mais les gardiens de buts. Dans les médias russes, le gardien de but est associé aux gardes frontières, au dernier rempart, à celui qui défend la patrie jusqu'au bout de ses forces. Né à Moscou en 1929, Lev Yashin est à lui seul une propagande soviétique. Fils d'ouvrier, il n'a connu que l'usine et son équipe de football.
Mais avant cela, il y a eu la Grande Guerre patriotique contre le nazisme. Lev Yashin travaillait à la chaîne aux côtés de son père, dans des conditions très dures. "Mon enfance s'est arrêtée à 11 ans", dira-t-il. "Nous attendions en ligne pour avoir un morceau de sucre. Nous rêvions tout à la fois de la victoire sur le front et d'un petit morceau de sucre." J'ai dû faire des sacrifices à un âge où on ne devrait pas avoir à en faire.
L'enfance de Lev Yashin, c'est la misère. Lev Yashin sort de la Seconde Guerre mondiale fracassé. C'est un gamin dépressif. Il trouve le salut dans l'Armée rouge, où il se met au sport et très vite, ses aptitudes physiques éclatent au grand jour. Mais au départ, il hésite entre le ballon rond et le palet noir. Car Yashin se révèle être un excellent joueur de hockey sur glace, où il garde férocement les buts du Dynamo Moscou, le club de la police politique.
Finalement, Yashin choisit le gazon des terrains de football où il devient gardien de ligne de but, comme le soldat sur sa ligne de fond.

Retour sur l'Euro 2016 : Le Portugal Triomphe
Le Portugal a battu la France grâce à un but d'Eder en prolongation (1-0 a. p.) et remporte le premier Euro de son histoire. L’histoire était écrite d’avance. Après l’Euro 1984 et la Coupe du monde 1998, l’équipe de France devait gagner son troisième trophée à domicile. Toutes les conditions étaient réunies pour que le rêve se réalise. Mais le conte de fées ne s’est pas bien terminé. Battus par le Portugal en prolongation (0-1), sur une frappe puissante de l’attaquant lillois Eder (109e), auteur d’une entrée tonitruante, les Bleus sont tombés de haut.
Malgré la blessure rapide de Cristiano Ronaldo (voir ci-dessous), la Seleção a survécu et remporte son premier Euro. Elle inflige aussi aux Français une défaite cruelle au terme d’une rencontre globalement fermée. Un scénario qui n’est pas sans rappeler la finale de l’Euro 2004, perdue chez eux par les Lusitaniens face à la Grèce. Comme contre l’Allemagne, les Bleus étaient pourtant partis à l’abordage dès les premières minutes de jeu. Et un peu comme en demi-finales, c’est Antoine Griezmann qui s’est procuré la première occasion, sur une tête lobée en pleine course, bien claquée en corner par Rui Patricio (10e).
Remplis de bonnes intentions, à l’image de l’épatant Moussa Sissoko, et visiblement pressés de prendre les devants, les Tricolores ont multiplié les offensives (22e, 30e et 34e) contre une formation portugaise bien timide, prise de vitesse sur chaque mouvement adverse et perdue après la perte de leur leader. Mais dans son malheur, l’équipe de Fernando Santos s’est appuyée sur ses valeurs collectives et sa grande solidarité pour s’accrocher. Et pousser les Bleus à redoubler d’efforts.
Après la pause, le scénario n’a pas changé. Toujours aussi volontaires, les joueurs de Didier Deschamps ont accentué leur domination et se sont créé de nouvelles opportunités (54e et 58e). Sans en profiter. L’entrée en jeu de Kingsley Coman à la place de Payet a fait beaucoup de bien aux Bleus qui ont soudainement retrouvé de l’énergie. Sur un centre parfait du joueur du Bayern, Griezmann aurait pu encore jouer les sauveurs, mais sa reprise de la tête a fui le cadre (66e). Encore sur une passe de Coman, Giroud s’est ensuite heurté à l’excellent Rui Patricio (75e), comme Sissoko (84e).
Dans un Stade de France stressé par la tournure des évènements, Hugo Lloris a fait des miracles (80e et 104e) avant d’être plus tard sauvé par sa transversale (108e) sur un coup franc de Raphaël Guerreiro. André-Pierre Gignac a lui trouvé le poteau dans le temps additionnel (90e+1) alors que la victoire était toute proche. Elle a fini par échapper aux Bleus dans la prolongation. Ils ne gagneront pas cette année leur troisième Euro.
Eder l'inattendu
Lancé en fin de match (79e) par Fernando Santos, Eder a tout de suite pesé sur la défense tricolore. Entré en jeu alors que la charnière française avait déjà beaucoup donné, l'attaquant lillois n'a pas tardé à se montrer décisif. Il a d'abord obtenu un coup franc alors qu'il était lui-même l'auteur de la main imputée à tort à Laurent Koscielny. Un coup franc expédié par Raphael Guerreiro sur la transversale (108e). Puis sur l'action suivante, il a résisté à la charge de Koscielny et ouvert le score d'une frappe puissante à ras de terre, plein axe (109e). Nouveau héros de la nation portugaise, Eder n'aurait sans doute jamais joué si Ronaldo ne s'était pas blessé.
La sortie sur blessure de Cristiano Ronaldo
Le match venait à peine de commencer quand le premier coup de théâtre est survenu. Sur un contact appuyé de Dimitri Payet, près de la ligne de touche, Cristiano Ronaldo s’est effondré, en se tordant de douleur (8e). Rapidement, les soigneurs sont arrivés à son chevet. Après leur intervention, l’attaquant du Real Madrid, touché au genou gauche, a réussi à reprendre sa place une première fois. Mais dix minutes plus tard (18e), il s’est à nouveau écroulé, en pleurs, en faisant signe à son banc qu’il voulait être remplacé. Le staff médical lusitanien est encore parvenu à repousser l’échéance, en strappant l’articulation douloureuse. Ce qui n’a pas suffi puisque le capitaine de la Seleçao a peu après définitivement quitté les siens (24e), évacué sur une civière et sous l’ovation du public. Avant de revenir suivre la fin du match sur son banc, en transe, et de pleurer encore au coup de sifflet final. De joie cette fois.
Le Portugal n'avait plus battu l'équipe de France toutes compétitions confondues depuis 1975, soit 41 ans. Il restait même sur dix défaites consécutives, avant de mettre fin à cette série au meilleur moment.
| Équipe | Buts marqués |
|---|---|
| Portugal | 1 |
| France | 0 |
Les Bleus ont perdu la finale de l’Euro 2016, dimanche 10 juillet au Stade de France, face à l’équipe du Portugal. Malgré un très beau parcours, l’équipe de France n’est pas championne d’Europe. Les joueurs portugais fêtent leur victoire en finale de l'Euro 2016, dimanche 10 juillet au Stade de France. Les Bleus sont passés très près d’un troisième titre de champion d’Europe, hier soir. Ils ont eu les plus belles occasions de but et ont dominé leur adversaire. Le match avait pourtant très mal commencé pour le Portugal. Après seulement quelques minutes de jeu, la star Cristiano Ronaldo doit quitter le terrain sur blessure. Le Portugal est alors privé de son meilleur joueur.
En deuxième mi-temps, l’équipe de France manque plusieurs fois l’occasion de marquer le premier but. Antoine Griezmann, Moussa Sissoko et Olivier Giroud ne réussissent pas à battre le gardien portugais Rui Patricio, dans une forme exceptionnelle. À la 92e minute du match, sur la dernière action avant la prolongation (voir le mot du jour), André-Pierre Gignac tire sur le poteau. À 10 minutes de la fin du match et des tirs au but, l’attaquant portugais Éder, remplaçant au début de la finale, tente une frappe lointaine et trompe le gardien français, Hugo Lloris.
À la fin du match, Didier Deschamps et ses joueurs étaient inconsolables. La victoire était si proche. Mais les Bleus ont réalisé un très beau parcours pour arriver jusqu’en finale. Ils ont fait preuve de courage pour gagner des matchs à la dernière minute, contre la Roumanie et l’Albanie. L’attaquant français Antoine Griezmann termine meilleur buteur de l’Euro avec 6 buts marqués. Le gardien Hugo Lloris a été exceptionnel tout au long du tournoi. Certains jeunes joueurs, comme Samuel Umtiti ou Kingsley Coman ont prouvé qu’ils avaient beaucoup de talent.
Didier Deschamps, qui a réussi à créer une véritable équipe, peut être fier du travail accompli. Les Bleus vont devoir vite oublier cette défaite pour se concentrer sur leur prochain objectif, se qualifier pour la Coupe du monde 2018 en Russie. Ils pourront se servir de l’expérience obtenue pendant l’Euro 2016. Avec de jeunes joueurs talentueux et une forte envie de revanche, les Bleus voudront gagner un deuxième titre de champion du monde dans deux ans.