La nature a horreur du vide. Alors quand Neymar a quitté le Paris Saint-Germain, laissant vacant l’iconique numéro 10, il n’a pas fallu bien longtemps pour que celui-ci soit récupéré. Son départ vers Al-Hilal en Arabie saoudite a ouvert une nouvelle page, avec l'attribution du fameux numéro 10 à Ousmane Dembélé. Cet article se penche sur l'histoire du numéro 10 au PSG, le passage de Neymar et la succession de Dembélé.
L'Histoire du Numéro 10 au PSG
À Paris comme dans de nombreux clubs, le numéro 10 est riche en histoire, porté par certaines des plus grandes légendes du club : Rai, Ronaldinho, Ibrahimovic, Neymar, Pastore, Susic... Ousmane Dembélé en devient le treizième porteur « officiel » au PSG, depuis la saison 1996-1997 et l’adoption par la LFP de la règle visant à attribuer des numéros aux joueurs à l’année.
Dans le football, le numéro 10 est synonyme de technicien, leader, organisateur ou chef d’orchestre de l’équipe. Il y a encore bien d’autres mots qui peuvent être employés pour définir ce numéro mythique qui fait rêver beaucoup de monde à travers la sphère footballistique. C’était le mercredi après-midi. On avait goûté et le Club Dorothée démarrait. Au fond, un seul dessin animé nous intéressait. Olive et Tom. Pour Olivier Atton, le premier numéro 10 de nos vies.
Dans l’imaginaire des gens, le « 10 » sur un terrain de football est sacré. Souvent synonyme de meilleur joueur. C’est Pelé à 17 piges lors du Mondial 1958, c’est Diego Maradona, Michel Platini, Zinédine Zidane, Zico, Totti, Del Piero, Messi. Au sein du club parisien, ce n’est pas rien.

Ousmane Dembélé, le nouveau numéro 10 du PSG.
Les Prédécesseurs de Dembélé : Une Lignée de Talents
Tout d’abord, nous disons bien « essayer », car l’attribution à l’année des numéros pour les joueurs est rentrée en vigueur lors de la saison 1996/1997. Avant cela, il n’y avait pas officiellement de joueur équipé du numéro 10. La LFP adopte donc en 96 les numéros à l’année pour chaque joueur. Puis en 97/98, le flocage du nom accompagné du numéro au dos. Jusqu’à Rai en 1996, le 10 pouvait changer de joueur d’un match à l’autre, même si certains se l’étaient approprié de manière non-officielle.
- Jean-Pierre Dogliani : On peut dire que c’est le premier grand numéro 10 du PSG. C’est donc pour la saison 73/74 que ce Marseillais, de naissance et de formation, débarque dans la capitale en provenance de l’AS Monaco. Le PSG est en D2 et vise la montée. Il sera double buteur lors d’une des étapes les plus importante du Paris Saint-Germain, le barrage retour contre Valencienne le 04/06/1974. Ses deux buts permettront au PSG d’accéder à la D1. Finalement, à la suite d’une brouille avec Just Fontaine et une blessure, il met un terme sa carrière en 1976. Il sera par la suite président de l’association des anciens joueurs du PSG et recruteur pour le centre de formation de 96 à 00.
- François M’Pelé : Plutôt numéro 9, il récupère le 10 lors de l’arrivée de Carlos Bianchi au PSG en 1977. En effet, le buteur argentin récupérera le Numéro 9. M’Pelé signe au PSG en 1973 et il y reste jusqu’en 1979. Il lui faudra deux saisons pour devenir le meilleur buteur de l’histoire du PSG. Au fil des saisons, il portera son total à 95 buts en 217 matchs avec le PSG.
- Mustapha Dahleb : Pour commencer, historiquement son numéro est le 11. Numéro qu’il a quasiment toujours porté au PSG. Mais en neuf ans au PSG, il a aussi parfois porté le 10, comme lors d’un PSG-Swansea du 3 novembre 1982, comptant pour la Coupe des Coupes. Huitième de final retour qui sera remporté 2-0 par le PSG. Le natif de Béjaïa arrive au PSG en 1974 en provenance de Sedan et restera 9 ans à Paris. Tout au long de ses neuf années au PSG, il refusera notamment des offres du Real Madrid et de Barcelone. Il fait partie des équipes qui ont gagné les deux premiers titres importants du PSG, les Coupes de France 1982 et 1983. Pour conclure, le 31 aout 1983, lors d’un déplacement à Brest, il devient, avec 96 buts, le meilleur buteur du PSG. Il dépasse ainsi François M’Pele et ses 95 buts. Ce titre de meilleur buteur de l’histoire du Paris Saint-Germain, il le gardera jusqu’au 17 décembre 1986.
- Joao Alves : Le joueur portugais arrive au PSG en 1979 en provenance de Benfica. Courtisé par Bordeaux, le meneur de jeu star de l’équipe nationale du Portugal s’engage finalement avec le PSG. Sur le terrain, il est reconnaissable grâce à la paire de gants noir qu’il porte en match en hommage à son grand père Carlos Alves, lui aussi international portugais. Surnomé Luvas pretas (les gants noirs), Jao ne s’imposera pas au PSG malgré une belle prestation au Parc contre l’OM. C’était lors de la deuxième journée de D1 et le joueur quittera le stade sous l’ovation du public. Malheureusement, il se blesse le match suivant sur le terrain de Sochaux. Terrain glissant, 55ème minute, tacle mal maîtrisé de Genghini , jambe cassée et le jeu continue. Alves se tord de douleur et ne reviendra que 5 mois plus tard. Coup dur pour le joueur de 27 ans qui ne s’en remettra pas vraiment. Ainsi, il partira dès la fin de sa 1ere saison sans aucun but.
- Ivica Šurjak : Le Yougoslave, qui deviendra Croate en 1991, n’a joué qu’un an au PSG. De 1981 à 1982, mais laisse un bon souvenir à ceux qui l’ont vu évoluer sous nos couleurs. Comme tout joueur Yougoslave à l’époque, il doit attendre ses 28 ans pour quitter le pays. Star avec la sélection nationale et son club du Hajduk Split, il le sera aussi avec le PSG, grâce à son jeu de percussion et ses débordements. Le joueur qui était ailier et attaquant portera le numéro 10 quelques matchs. Notamment lors de la finale de la Coupe de France 1982, 1er titre du club. Lors de cette finale mythique pour le Paris Saint-Germain, il délivre 2 passes décisives et inscrit son tir au but. Cette finale de Coupe de France sera son dernier match avec le PSG.
- Osvaldo Ardiles : 169 jours, c’est le temps que passera l’Argentin champion du monde, en 1978, au PSG. Il arrive en prêt en 1982, mais la greffe ne prend pas. La raison, le joueur est nostalgique de Londres et de Tottenham qu’il a quitté à cause de la guerre des Malouines opposant l’Angleterre et l’Argentine. Ainsi, il repart pour Tottenham en décembre de la même année. Il laisse ainsi sa place à un autre 10, Safet Susic. Avec le PSG, il ne jouera que 17 fois, pour un seul but.
- Safet Susic : Arrivé à l’été 1982, en même temps que Ardiles, il ne peut débuter au PSG qu’en fin d’année. En effet, comme Šurjak, il est Yougoslave et doit donc attendre ses 28 ans avant de jouer avec un club autre que Yougoslave. Lors de sa première saison, sa qualité de passe et sa technique mettent tout le monde d’accord. S’il est passeur, il sait aussi être buteur. En témoigne sa finale de Coupe de France 1983 contre le FC Nantes. Lors de ce match, il sera impliqué sur les trois buts du PSG. En effet, il distillera deux passes décisives, une première passe pour l’ouverture du score de Zaramba. Il égalisera ensuite à 2-2 après un crochet suivi d’une frappe de 25 mètres. En dernier lieu, c’est lui qui lancera Toko dans la profondeur pour le but victorieux. Il sera aussi l’un des artisans du 1er titre du PSG en 1986 avec une dizaine de buts et de nombreuses passes décisives. En 1991, il partira en Légende après 345 matchs, 85 buts et 95 passes décisives.
- Valdo Filho : Le milieu offensif est la première recrue offensive brésilienne d’envergure pour le PSG. C’est aussi la premiere recrue phare du nouveau propriétaire du PSG, Canal +, et du président Michel Denisot. Il donc arrive du Benfica Lisbonne en compagnie de son compatriote Ricardo en 1991. Avec le PSG, il remporte le titre en 1994 et 2 Coupe de France en 93 et 95 et la Coupe de la Ligue en 1995. Il livre aussi une superbe prestation contre le Real Madrid en 1993. En effet, lors de ce match il marque le troisième but parisien et délivre deux passes décisives. La première pour l’ouverture du score de Weah et la deuxième sur le coup de tête victorieuse de Kombouaré. C’est aussi lui qui conseille à Denisot l’achat de Rai. Puis quelques années plus tard, il conseillera l’achat de deux autres brésiliens… Il quitte le club en 1995 pour retourner au Benfica Lisbone.

Valdo, une légende brésilienne du PSG.
- Rai : « Moi, j’ai un frère, un ami à moi : S’il vient ici, il va exploser la baraque. C’est Rai. Prenez-le, et après, on verra. Et si c’est lui qui joue, eh bien c’est OK pour moi. Le PSG le recrute donc sur les conseils de Valdo, Denisot s’envole pour Sao Paulo et signe le capitaine de la Seleção dès le mois de janvier 1992. Toutefois,il débarquera six mois plus tard. Même s’il marque et effectue un coup du foulard pour son premier match au Parc des Princes, il met du temps à trouver ses marques. Mais il s’impose lors de sa deuxième saison pour ensuite devenir LA Légende qu’il est aujourd’hui. Après le départ de Valdo, il devient le seul meneur de jeu de l’équipe et prend naturellement le 10. Il disputera 215 matchs, marquera 72 buts et distribuera 30 passes décisives. Pour conclure sa carrière parisienne, il eut droit à des adieux mémorables au Parc des Princes pour son dernier match contre l’AS Monaco. Son chant « Capitaine Rai » sur l’air du générique du dessin animé « Capitaine Flam » est désormais mythique. Elu meilleur joueur de l’histoire du PSG, il est officiellement le premier numéro 10 de l’histoire du PSG.
- Jay-Jay Okocha : Repéré par Charles Bietry lors de la Coupe du Monde 1998, Okocha signe au PSG, en provenance de Fenerbahçe, pour environ 17M€. Ce montant faisait d’Okocha le joueur le plus cher de division 1 et aussi le joueur africain le plus cher de l’histoire. Les fans du club Turc sont mécontents, mais le nouveau président parisien tient le successeur de Rai au poste de numéro 10. Son premier but lors de son premier match avec le PSG à Bordeaux est toujours dans les esprits. En effet, quelques minutes après son entrée en jeu, le sorcier Nigérian hérite du ballon, dribble deux joueurs et vient nettoyer la lucarne de Ramé d’une frappe de 30 mètres.Malgré cela, et à l’image du PSG, sa première saison est difficile. Lors de sa deuxième année, son repositionnement plus bas dans l’entre jeu, au côté de Pierre Ducrocq, est un succès. Sa troisième saison au PSG ne sera pas bonne, mais sa dernière saison au club en 2001/2002 sera sa meilleure en termes de statistique avec 10 buts. En fin de contrat, il partira à la fin de la saison 01/02 pour le Bolton Wanderers. Laissant ainsi le numéro 10 à Ronaldinho.
- Ronaldinho : Surement le brésilien le plus talentueux passé par le club. Celui qui est considéré comme la nouvelle star du foot débarque au PSG en avril 2001. Pendant six mois, il s’entraîne prenant son mal en patience. Pour sa première saison, il portera le 21, puis le 10 lors de sa deuxième saison après le départ d’Okocha. Pendant deux ans, Ronnie enchante le Parc de Princes. Champion du monde 2002 avec le Brésil, il quitte le club en 2003 pour le FC Barcelone. En 77 matchs avec le PSG, il marque 25 fois et délivre 22 passes décisives.
- Branko Bošković : Grand espoir serbe, Branko arrive en 2003 grâce à Vahid Halilhodzic pour remplacer Ronaldinho. Ainsi, il récupère le numéro du brésilien, mais malgré le 10 dans le dos, il ne parvient pas à convaincre. Il ne s’imposera pas et lors de sa troisième saison au PSG, il sera prêté à Troyes. À la fin de ce prêt, il négociera la rupture de son contrat et partira libre.
- Marcelo Gallardo : L’Argentin, véritable chef d’orchestre avec Monaco et River plate, ne laissera pas un grand souvenir au PSG. Libéré par River Plate, Gallardo signe au PSG en janvier 2007. Comme beaucoup avant lui, ça ne prend pas et il part aux USA en janvier 2008.
- Souza : Huum on le connaît tous. Il arrive en même temps qu’Everton en janvier 2008 et lui aussi sur les conseils de Valdo. Mais comme son compatriote, le milieu offensif ne s’impose pas vraiment et son image sera toujours liée au véritable flop que sera Everton. Il jouera quand même 17 matchs et fera une passe décisive pour son premier match. Il file au Gremio 6 mois après son arrivée.
- Stéphane Sessègnon : Le milieu offensif arrive au PSG en 2008 et se place comme l’une des révélations parisiennes. Très forte balle au pied, il est vite comparé à Jay-Jay Okocha. Il passe 2 saisons et demie au PSG. Sa 1ere saison est bonne, mais ses prestations lors des saisons suivantes déclineront. Lors de sa troisième saison, en janvier 2011, en froid avec Antoine Kombouaré, il sèche le stage au Maroc. Par la suite, il fera le forcing pour partir en Premier League, championnat qui l’attire. Il signera donc à Sunderland lors du mercato hivernal.
- Nenê : Le brésilien arrivé en 2010, porte d’abord le 19, mais bon : 1+9=10. Le 10 était alors en possession de Stephane Sessegnon et il le récupérera rapidement après le départ de ce dernier. Il renoue avec la tradition des grands 10 du PSG. Il arrive donc en 2010 en provenance de l’AS Monaco. À lui seul, il porte le PSG pendant deux ans faisant honneur aux grands numéros 10 parisiens. Sa deuxième saison dans la capitale est excellente, en l’espace de 47 matchs, il marque 27 fois et balance 19 passes décisives, soit un geste par match. Sur ces deux premières saisons en 98 matchs, il marque 47 fois et caviarde 30 fois. Sois 77 gestes décisifs. Énorme ! Cependant, le PSG changeant de dimension, il part au milieu de sa 3ème saison. Au total, il disputera 112 matchs pour 48 buts et 47 passes décisives.
- Javier Pastore : La recrue star du PSG pour lancer le projet QSI. Il signe en grande pompe le 18 juillet 2012 et a le droit à une présentation au Trocadéro. D’abord avec le 18, il prend le 10 après le départ de Nenê. Il s’imposera très vite comme le leader de l’attaque parisienne et de l’équipe de manière générale. Tête d’affiche du PSG, il devient le 4 octobre 2016 le meilleur buteur du PSG en effaçant les 109 buts de Pauleta. Il portera même le record à 156 buts. Record qui sera battu par Cavani.
- Zlatan Ibrahimović : La première recrue d’envergure du projet QSI. Il porte pendant longtemps le 27. Il prendra le 10 après le départ d’Ibrahimovic. Ce 10, il le gardera une année (16/17) et le portera lors du Trophée des Champions 2017, avant de le donner à Neymar lors de l’arrivée de ce dernier. Record pour un transfert en L1 à l’époque, il impressionne pour ses deux premières saisons au PSG. Les suivantes, il alternera le bon et le moins bon avec des périodes entrecoupées de blessure. Il reste au club de 2011 à 2018, jouant 269 matchs pour 45 buts et 56 passes décisives. Néanmoins, malgré ses hauts et bas, il est toujours apprécié des supporters, notamment grâce à ses gestes.
L'Ère Neymar : Le Numéro 10 sous les Projecteurs
Transfert le plus cher de l’histoire, avec un montant 222M€, il est venu pour faire franchir un cap au PSG. Véritable star mondiale, le club a célébré son arrivée en grande pompe, avec l’illumination de la Tour Eiffel et multipliant les attentions pour son numéro 10. Avec notamment l’illumination de certains bâtiments parisiens pour fêter ses 26 ans. Cependant, l'idylle entre le PSG et sa star n'a pas duré aussi longtemps qu'espéré, et la relation s'est détériorée au fil du temps.
Si les stats du Brésilien sont stratosphériques, 58 matchs, 51 buts et 28 passes décisives, il est absent lors des moments décisifs. La faute à deux blessures au pied-droit deux années de suite qui le priveront de 24 matchs sur ces deux premières années parisiennes.
| Saison | Matchs | Buts | Passes décisives |
|---|---|---|---|
| Ensemble | 173 | 118 | - |

Neymar Jr., le numéro 10 brésilien du PSG.
Avant de rejoindre le club saoudien d'Al-Hilal, Neymar a laissé une empreinte indélébile au PSG. L'attaquant brésilien a inscrit 118 buts en 173 rencontres toutes compétitions confondues avec le club de la capitale. Même après son départ, le PSG ne l'a pas oublié. Neymar a publié une story Instagram où l'on pouvait voir plusieurs tuniques du Paris-Saint-Germain avec le numéro 10 et les noms de ses enfants. Il a accompagné sa photo d'un commentaire : « Merci PSG. »
Ousmane Dembélé : Un Nouveau Chapitre avec le Numéro 10
À la suite du départ de Neymar pour Al-Hilal, Ousmane Dembélé a récupéré le numéro 10 au Paris-Saint-Germain. Le Français arrivé cet été au PSG pour environ 50 M€ a récupéré le numéro du Brésilien, qui vient de signer à Al-Hilal contre un peu moins de 100 M€ (bonus compris). Le club parisien l'a annoncé via une vidéo postée sur les réseaux avec pour légende « Sur les traces de la grandeur ». « Dembouz » succède à de grands joueurs de l'histoire des Rouge et Bleu comme Rai, Ronaldinho et Zlatan Ibrahimovic plus récemment.
Le natif de Vernon (Eure) a porté le 23 à Rennes, donc, puis le 7 à Dortmund, et enfin le 11 puis le 7 au FC Barcelone. En équipe de France, il a toujours porté le numéro 11, récupéré par Marco Asensio cet été au Paris Saint-Germain après avoir passé toute la saison 2022-23 sans propriétaire.
Sur la boutique officielle du PSG, il est d'ores et déjà possible de floquer la tunique parisienne avec le numéro 10 d'Ousmane Dembélé. Dembélé a déclaré : « Je sais ce que ce numéro représente, je le porterai avec fierté. Le 10, c’est magique ! » dit-il dans la courte vidéo publiée par le club.