Le Club Athlétique Périgourdin (CAP) et le Racing Club Narbonnais (RCN) ont une longue histoire de confrontations, marquée par des matchs intenses et des moments mémorables. Ces rencontres se sont déroulées à différents niveaux, de la première division au Pro D2, témoignant de la richesse de l'histoire de ces deux clubs.

De par leurs nombreuses saisons jouées en Première Division, le Club Athlétique Périgourdin et le Racing Club Narbonnais ont été amenés à se rencontrer à plusieurs reprises.
Les rencontres historiques
Lors de la saison 1969-1970, le CAP avait frôlé l’exploit de vaincre au « Dantou », le RCN et sa constellation de joueurs internationaux. Battus 9 à 11, les capistes avaient ce jour-là fait trembler les septimaniens jusqu’au bout. Puissant et ordonné, le pack audois avait été contré par un Huit périgourdin plus alerte, plus mobile. Dominant territorialement en début de match, les bleu et blanc vont voir leurs efforts récompensés par deux drops de Jacky Bordas et Jean Pierre Mercier.
Il faudra attendre plus de vingt minutes de jeu pour voir un essai de Claude Spanghéro, construit à partir d’une touche, par Walter Spanghéro, Gérard Viard et André Quilis. Suite à un placage à retardement de René Bénésis sur Henri Iharassary, Francis Thibaud manquera hélas la pénalité pourtant dans ses cordes. En deuxième mi-temps un nouveau drop de Jacky Bordas ne suffira pas en raison du magnifique essai inscrit par l’ailier Michel Camman bien amené par Alain Barthez (père de Fabien Barthez le footballeur champion du monde en 1998 avec l’équipe de France) et Jo Maso et du drop réussi par l’arrière Jean Michel Bénacloï.
Maurice Magnac revenu aux cotés de l’entraineur Claude Bouchet avait eu le flair en permutant Henri Iharassary et Jacky Bordas qui repositionné au poste d’ouvreur fit une partie de grande qualité. Une permutation qui se révéla des plus opportunes. A noter l’excellente production d’ensemble en ce jour de nos capistes devant plus de 4000 spectateurs conquis par un CAP volontaire et enthousiaste à deux doigts de réaliser un formidable exploit.
L'ère du Pro D2
En 2011-2012, le CAP et le RCN côtoyaient le milieu professionnel en Pro D2. Le 04 Février 2012, après avoir battu La Rochelle et obtenu un bonus défensif à Bourgoin, les capistes se sont inclinés de peu au Parc des Sports et de l’Amitié dans un froid polaire, non sans avoir entrevu la victoire jusqu’ à l’ultime minute de la rencontre.
Trois pénalités de Damien Vidal étaient bien vite contrecarrées par une pénalité puis un drop de Benjamin Botica. Les audois creuseront l’écart sur une nouvelle pénalité (12-6), mais un essai de Gautier Gibouin permettra aux bleu et blanc de virer en tête à la pause (12-13). Jérôme Bosviel réussira un drop, mais deux nouvelles pénalités suffiront aux narbonnais pour reprendre l’avantage (18-16).
Duel de buteurs avec une pénalité de Ben Botica et une d’Ed Barnes. Alors que les capistes s’étaient installés dans les 22 mètres adverses afin de mettre à la faute les orange et noir, l’arbitre italien d’origine roumaine Marius Mitréa ne bronchera pas se permettant même sur la sirène de siffler la fin du match alors que Guillaume Brouqui ouvrait sur son coéquipier pour une tentative de drop tout à fait réalisable. 21 à 19. Rageant !
Pour terminer sur une note plus optimiste, souvenons-nous du match Aller le 25 Septembre 2011 où le CAP s’est imposé face aux narbonnais sur la marque sans appel de 21 à 9. Six pénalités et un drop de Jérôme Bosviel à trois pénalités de Christopher Ruiz pour les septimaniens.
Devant 3500 personnes, les hommes de Marc Dantin, Pierre Cheyrou et Dorian Kenil avaient su maitriser leur sujet et pousser à la faute l’équipe audoise de Matt Williams, Justin Harrison et Sébastien Buada, venue pourtant pour gagner en terre périgourdine.
Saison 2023-2024 : Nationale
Samedi soir, le Cap a mis un terme à deux ans d’invincibilité du Racing à domicile. Au sein de ce championnat de Nationale, Narbonne était comme un poisson dans l’eau sur sa pelouse fétiche du Parc des Sports. Les hommes de Julien Séron n’avaient plus connu la défaite à la maison depuis le 11 mars 2023. À l’époque, Chambéry s’était imposé (24-17).
Samedi soir, celui qui a mis un terme à deux ans d’invincibilité à domicile, c’est Périgueux. Déjà à l’aller, les Capistes avaient dominé le dernier finaliste de l’épreuve (40-13). Pour ce nouveau face-à-face, ils ont brillamment confirmé (13-12).
Le RCN pourrait perdre également Chauvet (clavicule) et Antonescu (mâchoire). Il va peut-être falloir revoir les objectifs à la baisse ! Plus qu'une défaite, c'est une déroute que vient de connaître le RCN. Sans contenu, sans qualité de jeu et pire sans réaction ni révolte, les narbonnais concèdent et la défaite (40 à 13), très lourde tant au tableau d'affichage que dans les esprits.
Pire, ils laissent le bonus offensif à Périgueux (5 essais contre 1) qui revient à hauteur donc du Racing (5ème) au classement.
Avant un match de Nationale en 2024, pour son deuxième déplacement consécutif, après la défaite à Albi (29-22), le Racing Club Narbonnais se rend à Périgueux affronter une équipe, quatrième, qui n’a rien d’un promu en Nationale. Les Audois doivent tout de même en profiter pour relancer la machine à gagner cet après-midi (15 h 30).
Si les joueurs du Racing Club Narbonnais partent dès ce vendredi après-midi en direction de Périgueux, le tourisme et la gastronomie ne sont pas au programme. En tout cas, pas avant le coup de sifflet final de cette septième rencontre de Nationale ce samedi (15 h 30), d’autant plus que Narbonne sort de sa première défaite de la saison samedi dernier à Albi (29-22).
Alors certes les Audois ont pris un point de bonus défensif, mais ils veulent vite se remettre à gagner et à retrouver cette dynamique du début de saison. "On doit se reprendre", affirme le demi d’ouverture Tom Chauvet. "On a perdu une rencontre, ce n’est rien de grave, mais il faut aller chercher quelque chose sur ce match".
Avant que son manager argumente : "Le match de la relance est un terme un peu fort parce qu’on n’est pas non plus passé au travers à Albi. Alors même si l’infirmerie et les indisponibilités sont monnaie très (trop) courantes sur les bords de la Robine, Narbonne a la ferme intention de faire un coup à Périgueux et de prendre des points.
Pour ce faire, les Audois doivent enfin sortir leur match référence, leur prestation aboutit de bout en bout. Si la connexion défense-attaque-conquête se fait, enfin, le RCN peut se rendre irrésistible et très dangereux. Mais en face, cette équipe promue de Nationale 2, n’a rien d’une équipe qui découvre cette division pour la première fois.
Périgueux a déjà tout d’une équipe qui peut jouer les premiers rôles en Nationale. Dominateurs la saison dernière, ce n’est pas une surprise de les voir bien embarqués après sept journées de championnat (4e place avec 20 points, 4 victories dont 1 bonus offensif et 2 défaites dont 1 bonus défensif, ndlr). Le CAP (Club Athlétique Périgueux) a réalisé un recrutement intelligent, équilibré en faisant venir des joueurs comme l’ailier Axel Muller, les troisièmes lignes Afa Amosa, Clément Lanen ou encore le deuxième ligne sud-africain Jaco Willemse.
Cette équipe n’a pour l’heure que très peu de blessés. Point important, la semaine dernière, lors de leur deuxième défaite de la saison à Tarbes (30-13), les Périgourdins ont pu faire souffler des titulaires.
"On doit être sur l’état d’esprit qu’on va mener un gros combat chez une équipe invaincue à domicile, qui défend crânement sa position au classement donc, ce sera un match compliqué", concède Julien Seron.
"La météo va nous permettre de montrer qu’on n’est pas seulement bon dans le jeu, mais aussi dans le combat", assure pour sa part Tom Chauvet. Des conditions climatiques peu avantageuses pour le jeu du Racing, un horaire différent (15 h 30) et une rencontre disputée sur un terrain annexe, puisque le principal est en travaux.
J11 I RC NARBONNAIS - STADE NICOIS : Le résumé du match
Jacques Delmas et son passage à Périgueux
Après l’obtention du titre en Groupe B en 1992-1993, le CA Périgueux reste deux saisons en Groupe A. En 1995, le rugby devient professionnel. Périgueux débute cette nouvelle ère au sein du Groupe A2. Le club parvient à remonter en Groupe A1 pour la saison 1996-1997 avant de rechuter. C’est là, à l’orée de l’exercice 1997-1998, que débarque Jacques Delmas.
« J’avais entraîné dix ans à Narbonne, dont trois avec la première, de 1993 à 1996. Périgueux était ma première expérience hors de mes terres », explique le natif de Montpellier. L’objectif de Périgueux est de remonter immédiatement. Pour Delmas, c’est faisable car « je suis tombé sur un groupe de qualité, très soudé et qui vivait bien ensemble ».
Christian Blondy, champion en 1993, en faisait partie, comme d’autres anciens - Donnadier, Blum… Il se souvient d’un entraîneur qui a amené « des systèmes de jeu. C’était bien cadré, on avait un effectif un peu plus large qu’en 1993. »
David Mongis, lui, est arrivé au CAP lors de cette saison 1997-1998. « Delmas a bien utilisé les ressources dont il disposait. C’était une sorte de laboratoire, avec des semi-pros et des pros. » L’entraîneur explique sa méthode : « Nous travaillions beaucoup les fondamentaux.
Pour autant, les résultats sont là. Dans sa poule B du Groupe A2, le CAP fait régner l’ordre. « Il y avait du public, une communion. » Et 14 victoires pour quatre défaites. Périgueux termine devant Auch.
Lors des phases finales, le CAP se défait de Balma en quarts (30-14). Un succès qui le ramène en Groupe A1. Puis ce sont les retrouvailles avec les Auscitains en demies. Au stade Armandie d’Agen, près de 3 000 Périgourdins sont là. Le match est âpre. Périgueux passe trois essais aux Gersois. Deux de Mongis, un de Doussy.
Hélas, Doussy sera un peu trop court en finale, face au Racing. « Nous n’avons pas été payés », regrette Mongis qui se souvient de « Philippe tenter une pénalité de 50 mètres en toute fin de match. Il met un coup de pied monstrueux. Le ballon retombe à deux mètres de la barre. » Delmas souffle : « Nous avons peut-être fait notre finale en demi-finale. » Les Franciliens s’imposent finalement 31-29.
Pour son retour dans l’élite, le CAP se retrouve dans la poule de Toulouse, Brive et Pau. Pour trois points, il loupe les play-off, au profit de Colomiers. Versé en poule de relégation, il obtient son maintien tranquillement.
Cette saison est aussi européenne, avec le Bouclier européen, face au Connacht, à Rovigo, Newport, Narbonne, au Racing et Caerphilly. Là encore, deux points manquent pour filer en quarts. Un témoignage de la « force de caractère qui animait ce groupe. On énervait les Brivistes », dixit Jacques Delmas.
Le charme agit encore en 1999-2000. La saison démarre fort, avec des victoires face à Montferrand et Toulon. Mais l’hiver est rude. Finalement, une victoire face au Racing (22-6), au printemps, parachève la mission maintien des Périgourdins. Pour bien conclure, les Biarrots tombent au stade municipal (26-24). « Les gens nous respectaient », se satisfait Delmas.
« En quatre ans, nous n’avons rien gagné mais ce furent quatre ans de joie, dans un stade plein »
Ces deux belles saisons sont les dernières. Les ennuis débutent ensuite pour les Capistes. La Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion (DNACG) veille. Plusieurs joueurs sont contraints de quitter le club avant la fin de l’année pour maintenir les finances à flot. Périgueux a de plus en plus de mal à suivre le rythme du rugby professionnel.
Dans ce climat, l’ambiance se dégrade. « Il y avait des problèmes avec le président [NDLR : Francis Bordas], se souvient David Mongis. Il y avait un peu d’autogestion. »
Une fin terrible
Sur le terrain, Périgueux débute mal, avec trois défaites pour ses trois premiers matches à domicile. À chaque fois d’un souffle : 19-21 contre Pau, 9-10 contre Bourgoin, 21-22 contre Bègles/Bordeaux. Francis Bordas quitte son poste en novembre. Jacques Delmas suivra, en janvier.
« C’était la fin de l’aventure pour moi, confie-t-il. On avait pressé le citron. Et c’est forcément plus facile quand ça gagne. Mais les Boussarie, Blondy et compagnie, c’était toujours des grands moments de bonheur. En quatre ans, nous n’avons rien gagné mais ce furent quatre ans de joie, dans un stade plein. »
La fin de saison est terrible pour les Périgourdins, qui ne gagnent pas le moindre match. Jusqu’au dernier rendez-vous à domicile, face à Mont-de-Marsan. Là, le 13 mai 2001, Périgueux s’impose enfin (27-22). Christian Blondy prend sa retraite sur cette relégation. David Mongis garde « de grands souvenirs des mecs. On bataillait, même si on n’était pas bon. Il y avait un genre de rébellion ». Insuffisant pour sauver le CAP, qui a dit adieu à l’élite.

Analyse d'un match récent
Juste avant la mi-temps, ce samedi après-midi à Périgueux, le Racing Club Narbonnais avait l’occasion de prendre l’avantage sur un essai qui lui tendait clairement les bras. Et si Clément Clavières avait terminé sa course en terre promise juste avant la mi-temps, l’issue du match entre Narbonne et Périgueux aurait-elle été différente ? Pas si sûr. Pourtant, la première période a été "assez cohérente" selon les mots de Julien Seron.
Après le premier quart d’heure, le Racing ne voit pas le ballon. Ou très peu. Surtout, Périgueux engrange deux essais et se montre pragmatique. D’abord en s’appuyant sur ce que cette équipe sait faire de mieux, le ballon porté avec le talonneur à la conclusion (7-0, 9e). Puis sur une perte de balle audoise, une des nombreuses de l’après-midi, Konaté est au bout d’un contre assassin (12-0, 13e).
Voilà les orange et noir déjà en train de courir derrière le score. Mais Pierrick Nova va se mettre en mode réveil. Le demi de mêlée, pour son retour à la compétition, aplatit l’essai de la récolte (12-7, 20e). Et le Racing aurait pu, dû, se retrouver devant au tableau d’affichage à la pause. L’exemple parfait avec cette action à la 38e minute (15-12).
À la suite d’un (des rares) travail conquérant des avants, Pierrick Nova lance la cavalerie. La combinaison est clinique en première main. Peter Betham envoie Clément Clavières tel un frelon. L’ailier voit la ligne d’en-but juste devant lui. Mais au lieu de glisser, de se jeter, ou d’accélérer pour aller à dame, il tente une passe impossible vers Étienne Ducom sur l’aile. Pour un finisseur comme lui, cette action est marquante puisqu’une autoroute s’offrait à lui.
À coup sûr, avec de la confiance, Clément Clavières aurait terminé sa course en écrasant le ballon dans l’en-but "Il ne te permet pas de basculer devant à la mi-temps, mais je ne vais pas l’incriminer, il a mal jugé la situation. C’est quelque chose qui arrive.
Quand le président Xavier Marco peste : "Il faut que l’on revoit les images à la vidéo lundi avec tout le staff, de pourquoi Clément ne marque pas cet essai. Je pense qu’il aurait même dû y aller tout seul. Et si tu rentres à la mi-temps, avec deux points de plus ou à égalité, la physionomie du match aurait pu être différente". D’autant plus qu’au retour des vestiaires, le Racing va replonger au fond du seau.
Périgueux va se payer le luxe d’inscrire trois essais, à trois reprises grâce à ses avants par la puissance de son pack. Pendant ce temps, les Narbonnais vont inscrire trois petits points par la botte d’un Tom Chauvet à l’épaule en écharpe, l’acromio en vrac, après ce match.
Composition des équipes (exemple)
Voici un exemple de composition d'équipe pour un match entre le RCN et Périgueux :
Composition du RCN
- Moïse
- Estériola
- Talakai
- Antonescu
- Fifita
- Dyer
- Belzons (cap)
- Timani
- Nova (m)
- Chauvet (o)
- E. Ducom
- Betham
- P.H Ducom
- Clavières
- Goutard
Composition de l'équipe de Périgueux
- Borges
- Leiataua
- Pelmard
- Vieilledent
- Pace
- Lambert
- Konate
- Amosa (cap)
- Bordenave (m)
- Neisen (o)
- Giresse
- Couturier
- Hickès
- Fouillade
- Camou
Ces compositions peuvent varier d'un match à l'autre en fonction des blessures, des choix tactiques et de la forme des joueurs.
Les enjeux des rencontres
Ces rencontres entre Périgueux et Narbonne sont souvent cruciales pour le classement et les ambitions des deux clubs. Un succès peut permettre de grappiller des points importants et de se positionner favorablement pour la qualification en phases finales ou pour la montée en division supérieure.
Ces matchs sont aussi l'occasion pour les supporters de vibrer et de soutenir leur équipe, dans une ambiance festive et passionnée.