L'Histoire et l'Évolution des Maillots de Gardien de But du PSG

Dans l’histoire du football, les gardiens de but ont souvent attiré la lumière, au point de voir des matchs être résumés à leurs duels avec les numéros 9 les plus prolifiques. Les portiers sont les héros des grandes soirées où ils privent les attaquants de buts, mais aussi ceux qui sont blâmés à la moindre erreur. Ce poste est si particulier que l’on a longtemps pu croire que les gardiens pratiquaient un sport dans le sport, tant tout ce qu’ils faisaient différait des actions des joueurs de champ.

À l’origine du football et sur les premiers règlements en vigueur, le poste de gardien n’existe même pas. Ce n’est qu’en 1871 que le gardien se distingue officiellement des autres postes en devenant l’unique joueur à pouvoir attraper ou repousser le ballon avec ses mains. Avant que la révolution n’ait lieu, le poste de gardien était importantissime, certes, mais il était surtout totalement à part.

On pouvait presque dire qu’une équipe était composée de 10 joueurs et d’un gardien plutôt que de onze joueurs. Et pour cause, les gardiens ne font rien comme les autres, ils s’entraînent à part, n’ont pas le même équipement que les joueurs de champ et ont surtout le droit de prendre le ballon à la main. Pendant longtemps, ils pratiquent un sport bien différent, à tel point que depuis 1886, il s’agit du seul poste où la moindre spécialisation est évoquée par l’IFAB, qui est l'instance qui détermine et fait évoluer les règles du jeu.

Aujourd’hui encore, quand on parle de composition d’équipe, il est très rare que le gardien soit mentionné, on parle de 4-3-3, de 3-5-2 ou encore de 4-4-2 mais très rarement de 1-4-3-3 ou de 1-3-4-3 par exemple. « On se sent toujours différent quand on est gardien. Déjà, basiquement, c’est le seul poste où on peut prendre le ballon à la main.

« Le gardien de but doit se placer au centre du but qu’il est appelé à défendre, toujours prêt à repousser le ballon si celui-ci menaçait son but, il doit savoir conserver son sang froid, et ne jamais quitter son but d’autant qu’il a le champ libre pour le dégager », expliquaient N.G. Tunmer et Eugène Fraysse dans le livre Football Association paru en 1897.

Ce petit espace à défendre laisse place à des profils de gardien forts et rugueux, comme ceux qui étaient envoyés aux cages par défaut dans la cour de récréation. Ainsi, les derniers remparts sont souvent extrêmement costauds à l’origine du jeu et pour cause, ils sont souvent amenés à jouer des duels avec les attaquants où ils n’y vont pas de main morte. Ces duels ont d’ailleurs marqué l’histoire du poste avec des accidents gravissimes.

Entre l’origine du jeu et le 21ème siècle, les gardiens ont évidemment bien évolué, aussi bien physiquement, que techniquement et tactiquement, mais certaines caractéristiques sont restées et notamment ces sorties spectaculaires et assez violentes que l’on voit encore régulièrement au plus haut niveau. «Il faut être fou pour être gardien », rapportait Paul Pogba dans la « PogSérie » diffusée sur Canal+ avant le Mondial 2018.

Durant le 20ème siècle, l’arrivée d’un nouveau type de football entraîne la mutation du gardien. Mais avant même ces changements tactiques, quelques gardiens s’éloignaient déjà des codes de l’époque. On parle notamment de l’Allemand Heinrich Stuhlfauth qui sortait loin de sa surface pour soutenir ses coéquipiers dans les années 1920. Il est le premier d’une longue lignée de gardiens de la Mannschaft adeptent des sorties lointaines.

La démocratisation d’un football plus offensif entraîne ensuite l’arrivée de véritables références au poste de gardien. Avant le règne du football total Hollandais, il y a son ancêtre tout droit venu de Hongrie. « Nous avons, en quelque sorte, inventé l’ancêtre du football total des Néerlandais », déclarait Ferenc Puskás.

Dans le fameux onze d’or hongrois du début des années 1950, Gyula Grosics se distingue du reste des meilleurs gardiens en sortant loin de ses cages pour annihiler les passes en profondeur adverses. Et pour cause, il y a de l’espace dans le dos des défenseurs hongrois puisque c’est une équipe extrêmement offensive. Qui dit style de jeu protagoniste dit aussi repartir proprement de derrière donc Gyula Grosics ne dégage pas le ballon le plus loin possible avec ses pieds comme le font les gardiens de l’époque.

Celui que l’on surnomme la « panthère noire » en raison de sa tenue vestimentaire, devient même le premier gardien à devenir une véritable star en Europe, avant Lev Yachine, qui sera d’ailleurs surnommé de la même façon. Le Russe est connu pour être le seul et unique gardien ayant été Ballon d’or. Et pour cause, il a tout simplement révolutionné son poste. Si Gyula Grosics lui a montré la marche à suivre quelques années plus tôt, le gardien du Dynamo Moscou a définitivement fait entrer le poste de gardien dans une nouvelle ère.

Gardien-libéro, c’est ce à quoi ressemblait le Ballon d’or 1963 et c'est aussi ce qui lui a fait défaut à ses débuts. « Yachine, comme tous ceux dont le style devient une révélation pour chacun, a brisé des règles et des tabous et à cause de cela, on ne le laissait pas exprimer son potentiel. Tu n'es pas au cirque, lui disait-on ! En plus d’avoir un style mobile et proactif, le portier moscovite était le maître des airs dans sa surface et a démocratisé le fait de « boxer » les centres et plus globalement de ne pas capter le ballon à tout prix sur les frappes.

Quand il avait le contrôle du ballon, Lev Yachine ne perdait pas de temps et relançait immédiatement à la main pour lancer la contre-attaque avant que l’équipe adverse n’ait le temps de se replier. Il développait également son jeu au pied pour devenir le premier relanceur de son équipe et a révolutionné son poste à bien des égards. Lev Yachine est en quelque sorte le premier gardien moderne. Celui dont Peter Schmeichel, Oliver Kahn ou Gianluigi Buffon se sont inspirés pour boxer les ballons de plus en plus flottants et compliqués à capter.

Celui à qui Manuel Neuer a emprunté les sorties lointaines ou les relances rapides à la main une fois le ballon capté pour lancer les contre-attaques. Après Lev Yachine, le football total venu des Pays-Bas a entraîné lui aussi l’émergence de gardiens proactifs. Dans l'Ajax de Rinus Michels qui pratiquait un football révolutionnaire, Heinz Stuy était impliqué dans toutes les actions, que ce soit sans ballon pour masquer les failles défensives du système de jeu hollandais ou avec le ballon pour justement amener le surnombre.

Pour pratiquer ce type de football, pas question d'avoir un gardien qui jettait les ballons, il fallait repartir proprement de derrière. Plus tard, Johan Cruyff a hérité du football total de Rinus Michels et l'a mis en place en tant qu’entraîneur. Pour lui aussi, le gardien ne devait pas rester figé sur sa ligne, il devait participer au jeu. « Dans mon équipe, le gardien est le premier attaquant et l'attaquant le premier défenseur », déclarait-il.

Après avoir joué sous les ordres de Johan Cruyff, Pep Guardiola est aussi devenu entraîneur et a prôné lui aussi une philosophie protagoniste au FC Barcelone, demandant à Victor Valdes de ne jamais jeter le ballon sous pression, quitte à faire des erreurs offrant des buts à ses adversaires. « Il a démontré sa valeur et peut se permettre toutes les erreurs qu'il veut tellement j'ai confiance en lui », racontait Pep Guardiola alors que Victor Valdes s'attirait les foudres des médias espagnols suite à ses erreurs.

En 1992, l’IFAB instaure la règle interdisant aux gardiens de capter le ballon suite à une passe en retrait d’un partenaire. Jusque là, certains gardiens profitaient de ces passes pour bloquer le ballon et gagner du temps. Cette règle a révolutionné le poste puisque les gardiens sont revenus en quelque sorte à l’origine du jeu lorsque leur équipe est en possession du ballon, devenant de nouveau des joueurs de champ. Tous les portiers sont devenus alors « multifonctions », incarnant à la fois le rôle de dernier défenseur et celui de premier attaquant.

Le gardien moderne est aujourd’hui parfaitement incarné par Manuel Neuer, Marc-André ter Stegen ou encore Ederson. Si le premier cité est le plus complet des trois, les gardiens du Barça et de Manchester City se sont particulièrement distingués ces dernières années pour leurs sorties lointaines et leur jeu au pied digne de certains numéros 10. En 2015 contre le Bayern Munich en demi-finale de Ligue des champions, ter Stegen a contrecarré les plans de Pep Guardiola grâce à son jeu au pied.

« Guardiola a mis en place un pressing haut sur l’homme mais en laissant seul Ter Stegen. Et c’est lui qui nous a tout compliqué. Ederson a lui totalement changé le visage du Manchester City de Pep Guardiola à son arrivée, rendant l’équipe quasiment impossible à presser grâce à son sang froid balle au pied pour ne pas jeter le ballon et relancer court. L’autre grande caractéristique du gardien brésilien vient de son superbe jeu long idéal pour contrer les pressing haut de plus en plus populaires.

Au niveau des sorties lointaines, les gardiens les préparent en amont en se plaçant loin de leur cage en fonction d'où se situe le ballon. « Un ou deux pas peuvent faire la différence. Il ne faut pas rester au milieu du but, mais se placer comme les défenseurs. Ce sont des détails qui font la différence dans la lecture de l’action et dans l’intervention du gardien », analysait Hugo Lloris dans un entretien accordé à France Football.

Le gardien-libéro n'est plus aussi rare qu'avant et cela se ressent dans les statistiques. Selon une étude de FootballReference, les gardiens des 5 grands championnats européens se seraient en moyenne tenus à plus de 14 mètres de leur cage durant la saison 2020-2021, les portiers de Liga s'exilant même à 15 mètres.

En plus de ces caractéristiques tactiques qui se démocratisent, les meilleurs gardiens du football moderne ont un point en commun : ils sont très grands et tournent autour du mètre 90. Gianluigi Buffon et Manuel Neuer n’ont donc pas uniquement hérité des caractéristiques techniques et tactiques de Lev Yachine, ils ont également hérité de son gabarit. Thibaut Courtois fait lui le bonheur du Real Madrid et des Diables Rouges du haut de son mètre 99.

La taille, c’est ce qui fait la force du Belge selon Christophe Lollichon, ancien entraîneur des gardiens à Chelsea: « il est grand, hein. Pour autant, il existe quelques exceptions, comme Iker Casillas et son mètre 82, Jan Oblak et son mètre 86 ou encore Keylor Navas et son mètre 85.

Ils font pourtant partie des meilleurs portiers du monde, ce qui montre qu’avoir un style plutôt « old school » ne condamne pas nécessairement les gardiens au plus haut niveau. « Ces dernières années, on a pu constater l'émergence d'entraîneurs qui veulent à tout prix conserver le ballon, qui tiennent à repartir par le gardien quand il n'y a pas de solutions. Et si ce portier a les pieds fourchus et qu'il envoie tous les ballons en touche, ça pose problème. Mais, moi, ma réflexion, c'est que quand on joue le maintien par exemple, on a pas besoin de ce genre de gardiens là.

Comme à chaque poste, le gardien doit être choisi en fonction de son profil et des intentions de jeu d'entraîneur en poste. Jan Oblak ne collerait par exemple pas au Jeu de position de Pep Guardiola à cause de ses difficultés dans le jeu court, comme Ederson collerait moins au jeu défensif de Diego Simeone à l’Atlético, étant moins fiable que le Slovène sur sa ligne. D’autant qu’en dehors de Manuel Neuer et de Marc-André ter Stegen durant ses plus belles années, bon nombre de gardiens dits modernes ne sont pas « complets » et ont donc des défauts que le jeu au pied et la lecture de jeu ne peuvent pas toujours masquer.

En somme, les gardiens ont fortement évolué depuis les origines du jeu grâce aux changements de règles, aux nouvelles approches tactiques des entraîneurs ainsi qu’à quelques avant-gardistes. L’émergence de portiers complets comme Manuel Neuer ou de gardiens aux pieds de numéros 10 comme Ederson donne de nouvelles perspectives quant à la construction du jeu, au rôle de chaque joueur ou encore à l’interprétation des espaces sur phases défensives comme offensives.

Les Numéros et Couleurs Historiques des Gardiens

Historiquement, on attribue le numéro 1, le 16, le 30 ou encore le 40. Le gardien de l’équipe de France et désormais gardien du PSG, Lucas Chevalier, porte le numéro 30. Et c’est justement de façon purement arbitraire que Lucas Chevalier a hérité du 30. Un chiffre qui devient alors symbolique et que Lucas Chevalier ne veut plus quitter.

Habillé en noir de la tête au pied en sélection, à une époque où les seules couleurs autorisées pour les gardiens étaient le vert, le bleu, le rouge et le blanc ; excepté pour les matchs internationaux ou le jaune et le noir étaient autorisés.

Dans certains pays, le vert est considéré comme une couleur qui porte-malheur. Tout comme les Algériens, Hugo Lloris n’aime pas le vert.

Lors de la saison 2001-02, le PSG de Ronaldinho se déplace au stade Vélodrome pour le compte de la 32e journée de D1. Il s’agit là d’un coup marketing du club francilien, qui veut marquer le coup pour le Classique face à l’OM. Valentino Rossi et son casque illustré d’un dessin en référence à son surnom (The doctor) tiennent de qui s’inspirer.

Anecdotes et Superstitions Liées aux Couleurs

Dans certains pays, le vert est considéré comme une couleur qui porte-malheur. Les Algériens, probablement, ne diront pas le contraire. Entre 2006 et 2010, les Fennecs enfilent à huit reprises leur ensemble vert, pour des matchs contre le Gabon, le Burkina Faso, l’Argentine, le Brésil, la Gambie, le Sénégal, l’Égypte et le Malawi. Résultat des courses ? Bah, huit défaites… Et la malédiction du vert s’est poursuivie au fil des années avec, entre autres, des défaites face aux USA lors du Mondial 2010, au Mali lors des éliminatoires du Mondial 2014, à la Tunisie lors de la CAN 2013, ou même lors du match aller des barrages de la Coupe du monde 2014 contre le Burkina Faso.

À tel point que les fans demandent à ce que celui-ci ne soit plus utilisé. L’opération « rétro » débute avec la saison 1997/1998.

Lucas Chevalier a eu des débuts un peu compliqués au PSG. Ça montre l’importance du contexte tactique pour un gardien, il faut du temps pour s’adapter, il y a une différence entre être le remplaçant et le titulaire. Ce n’est pas le premier gardien de l’équipe de France à avoir eu des débuts compliqués, ce ne sera pas le dernier.

Il lui faut entrer dans un contexte très différent. A Lille, il ressortait parce qu’il était très sollicité, alors qu’au PSG ce n’est pas le cas. Je trouve que c’était une bonne idée de la part du PSG d’être allé le chercher, et c’était aussi un bon message, parce qu’on a souvent reproché au PSG de ne pas avoir assez misé sur les joueurs français. Là, le fait d’avoir un des deux ou trois meilleurs gardiens français du moment dans le meilleur club français du moment, c’est cohérent.

Mais il y a autre chose qui entre en compte, c’est qu’en changeant de club on change d’entraîneur des gardiens, de contexte d’entraînement. Il a dû apprendre une nouvelle façon de travailler, il a fallu plusieurs mois pour la digérer. Il a quand même majoritairement respecté ce que lui a demandé son entraîneur. Mais c’est la preuve que les gens sont impitoyables et oublient vite, comme on l’avait vu pour Donnarumma.

Hugo Lloris a connu aussi un grand moment de solitude, un jour de finale de Coupe du monde contre Mandzukic, mais sans conséquence. Peut-être plutôt une déconnexion, un relâchement psychologique. On se dit qu’on est presque arrivé, mais c’est bien parce que ce but-là rappelle à tout le monde qu’ils ne sont pas encore arrivés. Qu’il va falloir resserrer le match.

Parfois il y a des choses inexplicables. J’en ai parlé avec Stéphane Ruffier sur son erreur au Parc des Princes contre le PSG, il me disait que parfois, le même contrôle que tu fais 500 fois par saison, ce soir-là tu vas le rater. Pour Lloris, il y a peut-être eu un relâchement. Mais on ne mesure pas à quel point ces gars-là ont une pression monumentale. Et quand on arrive tout près de son rêve, on lâche un peu du lest.

Dans son histoire, l’équipe de France a eu quelques gardiens qui n’hésitaient pas à expérimenter, comme Pierre Chayriguès, Julien Darui, René Vignal ou plus récemment Fabien Barthez. Chevalier, c’est plus la continuité d’une formation globale en France, il a travaillé avec plusieurs écoles, des Français, des Espagnols, des Portugais… S’il est devenu si moderne, c’est parce qu’il a travaillé avec plusieurs écoles.

S’il y a un révolutionnaire dans l’histoire des gardiens français, je pense que c’est lui. Lama a apporté aussi des choses qu’on ne voyait pas trop chez les gardiens. Il se prenait pour Pelé dans son enfance, c’était un goal volant.

En sélection, il peut arriver qu’un gardien retrouve en face un attaquant de son club, qu’il connaît donc bien (et inversement), comme Lloris face à Kane en 2022. Les deux. Mais il y a un autre exemple, c’est Buffon et Trezeguet, ou Pagliuca et Djorkaeff. Ce sont des gens qui se pratiquent toute la semaine.

Il va y avoir de plus en plus d’anciens gardiens entraîneurs, ça ne me choquerait pas. En Ligue 1, il y a eu Alain Casanova, Philippe Montanier, Elie Baup, Pierre Sage aujourd’hui… Ils ont beaucoup réfléchi sur le jeu. Alain Casanova, c’est un puits de science tactique, Montanier et Sage pareil. Ils n’hésitent pas à aller voir ce qui se fait ailleurs, ils ont le goût du collectif. Je pensais qu’ils étaient un peu solitaires, mais en fait, c’est le poste le plus collectif, car on est rien sans les autres.

Dans les équipes féminines, elles ont souvent été moquées, comme si la professionnalisation de leur poste avait pris du retard. Le retard est en train d’être rattrapé. En France, Pauline Peyraud-Magnin a changé des choses à son poste, notamment dans le jeu au pied.

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