Alors que le coup d'envoi de la Coupe d'Afrique des Nations approche, il est intéressant de se pencher sur les surnoms des sélections africaines, souvent inspirés d'un animal, d'un symbole national ou d'un pan d'histoire. Chaque appellation raconte une histoire, reflétant une relation au territoire, à la mémoire collective et à la représentation du pouvoir ou de la résistance.
Plusieurs sélections africaines ont choisi l'aigle comme emblème, symbolisant des valeurs comme la force, le courage, la vigilance ou l'agilité. Le Mali s'identifie aux « Aigles », un symbole ancien présent dans l'histoire impériale du pays. La Tunisie honore quant à elle les « Aigles de Carthage », référence directe à l'ancienne cité punique, haut lieu de l'histoire méditerranéenne. Le Nigeria complète ce trio avec les « Super Eagles », l'aigle figurant sur les armoiries nationales. Le « Super » a remplacé le « Vert » il y a quelques années pour refléter la puissance de la sélection.
À la CAN, les surnoms ne sont pas de simples éléments marketing. Ils participent pleinement à l'identité collective, à la narration autour des équipes et à l'attachement des supporters. Ils traduisent une vision du collectif, un rapport à l'histoire et une manière d'incarner la nation sur la scène internationale. Des changements ont parfois été opérés pour moderniser l'image de la sélection, renforcer son impact symbolique ou mieux correspondre aux attentes du public.
Le Mali ne devait être qu'un nouveau venu à la CAN 1972 ; il en sortira finaliste… et affublé d'un surnom qui n'a rien d'anodin. Finaliste surprise de la CAN 1972, le Mali s'impose dans la mémoire du continent grâce à une génération flamboyante, Salif Keita, Moussa Traoré et quelques autres, qui porte l'équipe jusqu'en finale, finalement perdue face au Congo. Ce parcours marque plus qu'une simple épopée sportive : il scelle l'identité d'une sélection qui, depuis, répond au nom des « Aigles ». Car rien, au départ, ne destinait le Mali à se parer de plumes. À l'inverse de la Côte d'Ivoire et de ses « Éléphants », le pays n'a jamais pris l'aigle pour symbole national. L'animal qui représente le Mali est l'hippopotame.
Tout s'éclaire pourtant lorsque l'on remonte au début des années 1970, avec l'arrivée d'un homme : Karl-Heinz Weigang. Alors sélectionneur, l'Allemand ne se contente pas de diriger l'équipe. En 1973, Weigang s'en va. L'aigle, lui, demeure.
Qualifiés pour la CAN 2025, les Aigles du Mali arrivent avec une génération talentueuse, portée par une dynamique positive depuis quelques années. Dans le cadre de leur préparation à la CAN 2025, le Mali a fait match nul 0-0 contre la Jordanie le 18 novembre 2025 au Stade Olympique Hammadi-Agrebi de Radès, en Tunisie. Ce résultat encourageant a permis au staff de tester l'équipe et de renforcer sa cohésion. Des matchs amicaux et des entraînements sont prévus pour peaufiner la tactique avant le tournoi au Maroc (21 décembre 2025 - 18 janvier 2026).
Les Aigles du Mali abordent la CAN 2025 avec une génération prometteuse et une volonté de franchir un cap. Leur collectif solide allie expérience et créativité, incarnant l'ambition d'un premier titre continental.
Parallèlement, le monde du football a été témoin d'une ascension fulgurante : celle du Fc Aigles du Congo. Le Fc Aigles du Congo remporte le championnat national de football pour la 1ère fois de son histoire en seulement deux années d'existence et dans l'élite du football congolais. C'est un exploit retentissant pour cette jeune formation qui a très bien préparé ce sacre depuis la saison dernière où elle avait déjà montré ses intentions. Elle avait déjà failli participer à la Coupe de la Confédération et c'est le TP Mazembe, justement, qui lui avait barré la route lors de la dernière journée au profit du Fc Saint Eloi Lupopo. Avec 35 points, les Samourai ne peuvent plus être rejoints ni par Lupopo ou Maniema Union qui étaient également en course pour le sacre.
Ainsi, l'histoire des "Aigles" dans le football africain est riche et variée, allant des symboles nationaux aux exploits sportifs, en passant par les choix identitaires et les ambitions continentales.
CAN 2017 - À la découverte des surnoms des équipes de la Coupe d'Afrique des Nations

Autres équipes portant des noms d'animaux
Au-delà des "Aigles", de nombreuses autres équipes africaines arborent des surnoms animaliers, chacun porteur d'une signification particulière :
- Maroc : « Lions de l'Atlas », hommage à une espèce de lion autrefois présente dans les montagnes de l'Atlas.
- Cameroun : « Lions Indomptables », incarnant la force et la combativité.
- Sénégal : « Lions de la Téranga », ajoutant la notion d'hospitalité à la force du lion.
- Côte d'Ivoire : « Éléphants », symbole fort enraciné dans l'histoire du pays et le commerce de l'ivoire.
- République Démocratique du Congo : « Léopards », symbole de vigilance et ancien emblème du pouvoir.
- Bénin : « Guépards », remplaçant les « Écureuils » jugés peu intimidants.
- Gabon : « Panthères », misant sur la puissance et l'agilité.
- Algérie : « Fennecs », un petit renard agile et redoutable.
- Angola : « Os Palancas Negras » (« les antilopes noires »), espèce emblématique du pays.
- Botswana : « Zèbres », choisis pour leur neutralité entre les différentes tribus.
- Burkina Faso : « Étalons », rendant hommage à la légende des Mossis.
- Mozambique : « Les Mambas », du nom de l'un des serpents les plus venimeux d'Afrique.
- Comores : « Coelacanthes », poisson préhistorique rarissime réapparu près de l'archipel.
- Soudan : « Les Crocodiles du Nil ».
Ces surnoms animaliers sont majoritairement choisis pour symboliser des valeurs comme la force, le courage, la vigilance ou l'agilité. Le lion est l'animal le plus utilisé, mais d'autres animaux, tels que les éléphants, les léopards, les panthères, les fennecs et les antilopes, sont également populaires.
Au-delà des animaux
Toutes les sélections ne puisent pas dans la faune. L'Égypte de Mohamed Salah arbore fièrement « Les Pharaons », référence directe aux souverains de l'Antiquité qui régnaient sur la nation. L'Afrique du Sud a abandonné les Springboks pour « Bafana Bafana » (« les garçons » en zoulou) dans les années 1990, surnom popularisé par la presse sportive locale.