L'affaire Kheira Hamraoui a secoué le Paris Saint-Germain (PSG) et le monde du football féminin. L'enquête sur l'agression de l'ex-joueuse du club, Kheira Hamraoui, est terminée, annonce, le parquet de Versailles.

Kheira Hamraoui lors d'un match du PSG de Champions League en 2023.
Retour sur les faits
Les faits remontent au 4 novembre 2021, quand Kheira Hamraoui avait été agressée à coups de barre de fer à Chatou (Yvelines) alors qu'elle rentrait avec Aminata Diallo d'un diner d'équipe. Elle avait été agressée à coups de barre de fer le 4 novembre 2021.
L'agression s'était déroulée sous les yeux d'une autre membre du PSG, Aminata Diallo, alors que les deux joueuses rentraient d'un dîner ensemble. Une de ses ex-coéquipières, Aminata Diallo, est soupçonnée d'être impliquée.
Par la suite, cette dernière avait été soupçonnée d'être impliquée avant d'être placée en détention provisoire puis libérée et placée sous contrôle judiciaire.
Clôture de l'enquête et mises en examen
L'enquête sur l'agression de l'ex-joueuse du PSG Kheira Hamraoui en novembre 2021, dans laquelle sa coéquipière de l'époque, Aminata Diallo, est soupçonnée d'être impliquée, a pris fin le 31 janvier, a indiqué le parquet de Versailles. En tout, sept personnes sont mises en examen dans ce dossier à deux volets, dont l'ancienne coéquipière de la victime, Aminata Diallo.
Les investigations menées à Versailles sur son agression ont été clôturées le 31 janvier, avec sept personnes mises en examen, dont Aminata Diallo.
Sollicitée par l'AFP, l'avocate de la victime, Me Julia Minkowski, n'a pas souhaité commenter. "L'information judiciaire se clôt comme elle a commencé: sans élément permettant de démontrer l'implication ou plus largement la culpabilité d'Aminata Diallo dans ce dossier", a pour sa part déclaré Me Mourad Battikh au sujet de sa cliente.
Les deux volets de l'affaire
Deux volets composent cette affaire. Le premier aspect de l'affaire concerne l'agression en elle-même, et un autre volet concerne des soupçons d'escroquerie. Une enquête est désormais ouverte suite à la plainte de Kheira Hamraoui contre le PSG.
Dans le viseur des enquêteurs, il y a Cesar Mavacala, conseiller sportif de plusieurs joueuses parisiennes et proche d'Aminata Diallo. Dans le volet escroquerie, César Mavacala, conseiller sportif de plusieurs joueuses parisiennes et proche d'Aminata Diallo, est notamment soupçonné d'avoir fait pression sur le club parisien en faveur du prolongement du contrat de la star parisienne Marie-Antoinette Katoto, à condition que Kheira Hamraoui quitte le PSG à la fin de la saison 2021-2022.
Il est soupçonné d'avoir fait pression sur le PSG pour prolonger le contrat de Marie-Antoinette Katoto à condition que Kheira Hamraoui ne quitte le club à la fin de la saison 2021-2022. "Il était temps que l'instruction prenne fin. M. Mavacala espère vivement un non-lieu le concernant, faute d'éléments pouvant asseoir son implication dans les faits reprochés", a commenté auprès de l'AFP son avocate, Me Sandrine Pégand.
Son client avait vu sa mise en examen pour extorsion faire l'objet d'une nullité partielle en décembre 2023.
Agression de Kheira Hamraoui : Aminata Diallo « veut prouver son innocence »
Plainte pour harcèlement moral contre le PSG
Trois ans après l’agression qui a bouleversé sa carrière, Kheira Hamraoui contre-attaque. L’ex-joueuse du PSG a porté plainte contre son ancien club pour harcèlement moral. Une nouvelle étape dans une affaire déjà explosive. Une enquête est désormais ouverte à Paris.

Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête après la plainte de Kheira Hamraoui contre son ancien club du Paris Saint-Germain. La Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) a été chargée des investigations. L’ex-internationale française accuse le club parisien de harcèlement moral.Kheira Hamraoui avait été agressée fin 2021, possiblement sur fond de rivalité avec sa coéquipière Aminata Diallo. Elle affirme que le PSG l’a mise à l’écart après sa convalescence afin de l’inciter à partir, selon une source proche du dossier. Parallèlement, la joueuse, qui a quitté le PSG en juin 2023 et joue désormais à Al-Shabab en Arabie saoudite, a saisi les prud’hommes.
Kheira Hamraoui, qui évoluait comme milieu de terrain, reproche au club de football de la capitale une mise à l’écart après sa convalescence, qu’elle interprète comme une volonté de la pousser à quitter le club, a indiqué Le Monde, ce qu’a confirmé une source proche du dossier.
Dans sa plainte pour harcèlement moral, elle dénonce des pressions subtiles mais constantes. Selon elle, le club parisien la pousse à bout pour qu’elle parte d’elle-même.
« Ma cliente a voulu dénoncer, par cette plainte en harcèlement, les méthodes du PSG qu’elle a subies dès lors que, pour des raisons très éloignées de sa valeur sur le terrain, elle a été écartée de l’équipe », avait expliqué son avocat Me Pascal Garbarini.
L'avocat de Kheira Hamraoui dénonce les agissements du PSG.
Selon lui, Kheira Hamraoui veut envoyer un message fort : aucune femme ne devrait être traitée ainsi. "Les joueuses de football ne sont pas des objets que l’on prend ou que l’on jette au gré de décisions managériales de pure opportunité. Il est temps que ces atteintes cessent et soient sanctionnées pénalement. La gestion humaine d'une joueuse par son club est aussi importante que ses qualités sportives", a ajouté l'avocat.
L’enquête du parquet de Paris est en cours, et elle pourrait bien faire du bruit dans les couloirs du Parc des Princes.
Réaction du PSG
Contacté par l'AFP, le PSG n'a pas souhaité faire de commentaires. Le PSG n'a pas souhaité commenter ces informations. Le PSG avance sa « sérénité ».
Le PSG a publié un communiqué à l'issue de l'audience : « Le Paris Saint-Germain aborde la procédure (...) avec sérénité, convaincu d'avoir toujours agi dans le respect du droit, de ses obligations contractuelles et des valeurs humaines et sportives qui guident la relation du club avec l'ensemble de ses joueurs et joueuses.
Le Paris Saint-Germain rejette formellement toutes les accusations de manquement à ses obligations de sécurité. Dès le lendemain de l'agression de Kheira Hamraoui et jusqu'à son dernier jour au sein de l'équipe, le club a tout mis en oeuvre pour assurer sa protection, en déployant un dispositif complet de mesures : sécurité rapprochée, accompagnement psychologique, suivi par la médecine du travail et adaptation de ses entraînements pour garantir sa sécurité.
Lorsque des faits de tensions ou comportements inappropriés de la part de certaines coéquipières ont été signalés, le club a immédiatement déclenché une procédure d'alerte auprès du CSE et pris les mesures disciplinaires nécessaires, notamment par des avertissements et recadrages.
Mme Hamraoui a ensuite bénéficié d'une dispense d'activité temporaire, avant de reprendre l'entraînement sous protection renforcée. Ce soutien constant a d'ailleurs été publiquement reconnu par la joueuse elle-même, à plusieurs reprises.
Concernant les accusations de harcèlement moral, le club rappelle que, sur la saison 2022-2023, Kheira Hamraoui a pris part à la quasi-totalité des matchs officiels, et ce jusqu'à la fin de son contrat, preuve que sa carrière sportive s'est poursuivie dans des conditions normales au sein du groupe professionnel. »
Situation actuelle des joueuses
Depuis cette affaire, les deux joueuses ont quitté le PSG et jouent dans le même championnat, celui d'Arabie Saoudite : Kheira Hamraoui est engagée avec Al-Shabab depuis l'été dernier, alors qu'Aminata Diallo a signé un contrat avec Al-Nassr.
Kheira Hamraoui, 42 sélections en équipe de France, a signé à l'été 2024 avec le club saoudien d'Al-Shabab, après une brève expérience au Mexique.