Après sa participation historique à la Coupe du monde 2023, le Chili bissera en 2027. Les Condores ont célébré leur qualification pour la Coupe du monde devant leurs proches.

L'équipe de rugby du Chili fête sa qualification pour la Coupe du monde 2027.
Un Parcours Semé D'embûches
Pour mesurer l’exploit réalisé par Javier Eissmann et ses partenaires, il suffit de revenir sur le mode de qualification qui a ressemblé à un véritable « parcours du combattant » pour les Condores. « World Rugby avait décidé de ne donner qu’une place à l’Amérique du Sud », rappelle le deuxième ligne aux 35 sélections depuis 2019. Du coup, on a dû jouer huit matchs pour se qualifier, quand d’autres nations n’ont eu besoin que d’un match pour décrocher leur billet. Huit matchs, c’était très dur, c’était un long chemin. On savait que ça n’allait pas être facile.
Pour s’éviter deux matchs de plus, il aurait fallu que le Chili batte l’Uruguay, après avoir dominé le Paraguay (64-0) et le Brésil (36-10) en 2024, et encore le Brésil par deux fois (21-35 ; 35-20) en 2025. « On a perdu le match aller par 12 points (16-28), ça faisait beaucoup avant d’aller jouer en Uruguay. Mais là-bas, on a gagné de 3 points (18-21). Ça faisait une trentaine d’années que le Chili n’avait pas battu l’Uruguay en tournoi de qualification. C’était un gros match, mais ça n’a pas suffi. » Les Condores ont donc dû passer par un barrage couperet face aux Samoa. Pas plus simple sur le papier.
Victoire Décisive Contre Les Samoa
Vainqueurs d’un barrage contre les Samoa, le deuxième ligne du SUA et la sélection chilienne ont décroché leur seconde qualification consécutive pour une Coupe du monde. Une semaine après sa défaite face aux États-Unis dans le match pour la cinquième place de la Pacific Nations Cup, la sélection des Samoa avait rendez-vous avec le Chili, à Salt Lake City (États-Unis) dans le cadre d'un barrage Amérique du Sud/Pacifique.
À « l'extérieur », c'est le Chili qui a pris les devants dans cette rencontre et qui a d'ailleurs largement mené, en témoigne le score à la mi-temps (8-25). Mais les Samoans ont aussi de la ressource, et ils l'ont montré en recollant pour arracher le match nul (32-32) grâce à un essai du troisième ligne castrais Abraham Papali'i et conserver leurs chances de qualification. Tout reste à faire, mais le léger avantage serait plutôt à mettre au crédit du Chili, qui jouera devant son public à Viña del Mar, samedi 27 septembre. Encore sur son petit nuage, Javier Eissmann n’est pas près d’oublier cette victoire (31-12) du 27 septembre dernier face aux Samoans.
Après le match nul (32-32) à l’aller, le Chili validait le 23e et avant-dernier ticket pour l’Australie (lire par ailleurs). « On a joué à Viña del Mar, une station balnéaire à 120 km de Santiago, devant 20 000 personnes. Le stade était tout rouge ! On était vraiment très content de réaliser cet exploit devant nos proches. On devait le faire pour confirmer que le rugby chilien a grandi ces dernières années. J’ai reçu plein de messages de félicitations, je n’arrive pas à répondre à tout le monde ! »
L'Équipe Chilienne : Un Mélange D'expérience Et De Talent
Comparée à l’équipe de 2023, la première à participer à un Mondial, celle de 2025 a beaucoup plus d’expérience. Beaucoup de mecs se sont développés. Depuis 2023, nous avons pu jouer contre l’Écosse, l’Écosse A, Argentine XV, contre la Roumanie, l’Uruguay plusieurs fois.
Les Condores ont pu compter notamment sur un effectif composé à 80 % de joueurs issus de la franchise fédérale chilienne Selknam, la première équipe professionnelle du pays, créée en 2019 à Santiago, qui évolue en Super Rugby Américas. « Ça avait déjà été la clé de la qualification pour le Mondial en France en 2023. C’est le pari qu’a tenté Javier Eissmann, sur les traces d’un certain Sergio Valdès. Passé lui aussi par Selkman (2020-2024), celui qui était 24e homme, vendredi à Colomiers, ne veut pas choisir entre sélection et club, contrairement au Tongien Tomasi Fineanganofo. « Avant de signer à Agen, j’ai prévenu que c’est fondamental pour moi d’aller en sélection », insiste celui qui est lié au SUA jusqu’en 2027 (+ 1 an en option). « Mauricio (Reggiardo) comprend très bien ce que représente l’équipe nationale.
4. C’est le nombre de joueurs de la sélection chilienne évoluant dans les championnats français. En plus de Javier Eissmann, deuxième ligne du SU Agen depuis octobre 2024, figurent aussi dans l’effectif des Condores le talonneur du Racing 92 (Top 14) Diego Escobar, le centre de Vannes (Pro D2) Inaki Ayarza, et le pilier de Sarlat (Fédérale 1) Matias Dittus. Le centre Santiago Videla évoluait aux Miami Sharks, une équipe de Major League Rugby qui n’existe plus aux États-Unis. Trois joueurs ont quitté l’Italie cet été. Le SU Agen aura au moins un représentant à la prochaine Coupe du monde en Australie (1er octobre-13 novembre 2027). Débarqué en octobre 2024 à Armandie comme joker médical de John Madigan, le deuxième ligne Javier Eissmann (28 ans) s’envolera avec les Condores - surnom de la sélection du Chili en référence à l’oiseau symbole national - pour disputer un second Mondial consécutif.
Impact Et Avenir Du Rugby Chilien
Sans cette nouvelle qualification pour le Mondial, honnêtement, le rugby était mort au Chili ! Il faut de la continuité dans ce genre de projets. En ce moment, notre sport occupe une place particulière car le foot ne s’est pas qualifié pour la Coupe du monde 2026. C’est aussi un moment clé car avec les élections présidentielles qui ont lieu le 16 novembre, tous les politiques et les grosses entreprises - comme les mines, principale industrie du pays - sont derrière le rugby !
On avait fait un match avec 22 000 personnes et ça, les politiciens aiment bien car ils se montrent au stade. C’est pour ça que c’était notre moment. Le timing de cette qualification était parfait. Il ne fallait pas rater cette qualification car désormais les politiques veulent développer la pratique du rugby dans le pays. Je pense qu’on a plus de moyens qu’en 2023. On a gagné en crédibilité. À l’époque, beaucoup disaient que c’était seulement de la chance, que les États-Unis et le Canada n’avaient pas pu se préparer, blablabla. Le projet est consolidé avec notre présence en Australie, il est sérieux.
On travaille désormais dans tout le pays grâce à des centres de développement du rugby situés un peu partout. Il y a beaucoup plus de licenciés dans les écoles de rugby. La base commence donc à grandir, et ça c’est très bon pour nous. Un projet grandit quand il y a plus de jeunes joueurs. Le niveau des équipes seniors, ce n’est pas le plus important. Le projet est intéressant. Il y a beaucoup de familles qui commencent à mettre leurs enfants dans les clubs et ils veulent jouer pour Los Condores.
En remportant le barrage Amérique du Sud / Pacifique face aux Samoa, le Chili s’est épargné un tournoi final de qualification à Dubaï qui délivrera, en novembre, le 24e et dernier billet pour la Coupe du monde 2027 en Australie. Les Condores pourront ainsi participer à la tournée d’automne en Europe avec un double objectif : engranger de l’expérience et surtout de précieux points au classement mondial - le fameux « ranking » - pour se hisser parmi les dix-huit meilleures nations. Un détail qui a son importance à deux ans de l’échéance.
Le tirage au sort des six poules de quatre est prévu le mercredi 3 décembre prochain. Le Chili sera alors fixé sur son sort. « On n’a pas encore d’adversaire de prévu pour cet automne, parce qu’on ne savait pas si on devait jouer le tournoi final à Dubaï ou pas, précise Javier Eissmann. C’est important d’être au moins 18e mondial pour être dans le troisième chapeau. On pourrait alors avoir un adversaire un peu plus à notre portée qu’on pourrait battre, même s’il peut aussi y avoir de très belles équipes dans le quatrième chapeau. »
En 2023 en France, les Condores n’avaient pas eu de chance au tirage. Pour leur première Coupe du monde, ils étaient tombés dans la poule D avec l’Angleterre, l’Argentine, le Japon et… les Samoa. Javier Eissmann avait été titulaire contre les trois premiers et remplaçant face aux Samoans. Il n’avait pas pu empêcher sa sélection de boucler la compétition sans la moindre victoire. « Ce n’était pas facile de gagner un match avec de tels adversaires. » Les Condores en ont profité pour engranger de l’expérience.
Avec le passage à 24 nations, le Chili ne vise pas une qualification pour les 8es de finale promis aux deux premiers de poules et quatre meilleurs troisièmes. L’ambition est plus modeste, mais bien réelle. « C’était surtout très important de se qualifier pour continuer à développer le rugby au Chili et à démontrer qu’on peut faire de grandes choses. Gagner un match à la Coupe du monde peut être un premier bel objectif. On peut tomber dans un groupe avec une équipe un peu moins forte comme la Roumanie, Hong Kong (première participation), ou le Zimbabwe.
Ce succès n’est pas un coup d’éclat isolé. Il s’inscrit dans une dynamique entamée en 2023, lorsque le Chili faisait ses premiers pas en Coupe du monde. Malgré quatre défaites en phase de poules, les Condors avaient marqué les esprits par leur audace et leur engagement. Deux ans plus tard, ils ne se contentent plus d’exister, ils s’imposent.
Le Chili ne joue plus les figurants, il revendique sa place dans le concert mondial. Et si l’histoire a commencé en France, c’est en Australie qu’elle pourrait prendre une tout autre dimension.
Ce samedi, devant 20 000 supporters réunis dans son stade de Viña del Mar, le Chili a pris le meilleur sur la nation du Pacifique et s'est qualifié pour la prochaine édition du Mondial qui aura lieu du 1er octobre au 13 novembre 2027 en Australie.
Pour les Samoans, qui ont épuisé deux chances, face aux États-Unis (défaite 29-13 dans le match pour la 5e place de la Pacific Nations Cup) et donc lors de cette double confrontation face au Chili, il faudra remporter le tournoi final de qualification pour valider leur billet pour l'Australie. Celui-ci sera organisé à Dubaï du 8 au 18 novembre. La Belgique, la Namibie et les Samoa sont déjà assurés d'y participer.
À l’aller, les deux équipes s’étaient quittées sur un nul (32-32). Cette fois, le Chili a rapidement pris les devants (18-0) et a su résister au retour de ses adversaires, qui avaient réduit la moitié de l’écart. Les Chiliens retrouveront donc la compétition après l’avoir découverte en 2023, où ils avaient perdu leurs quatre matches de poule, dont celui face aux Samoa.
Les Samoa, présentes à toutes les éditions depuis 1991, ont encore une dernière chance: elles sont reversées dans un tournoi de qualification à Dubaï, du 8 au 18 novembre prochain. Le vainqueur y obtiendra le dernier ticket pour le Mondial. Ce tournoi réunira quatre équipes repêchées des qualifications continentales: la Belgique, la Namibie, ainsi que le Paraguay ou le Brésil, qui s’affrontent début octobre.
Les Samoans restent sans victoire depuis septembre 2024 et n’ont disputé que cinq matchs depuis, plusieurs rencontres ayant été annulées en novembre 2024 en raison des difficultés financières de leur fédération.
La Coupe du monde 2027 passera à 24 équipes (contre 20 depuis 1999), réparties en six poules de quatre.
Six Nations : le trophée endommagé du Tournoi est remplacé en 2027
Équipes Déjà Qualifiées Pour La Coupe Du Monde De Rugby 2027 :
Voici les 23 sélections déjà qualifiées :
- Afrique du Sud
- Zimbabwe
- Angleterre
- Écosse
- Espagne
- France
- Géorgie
- Irlande
- Italie
- Pays de Galles
- Portugal
- Roumanie
- Australie
- Canada
- États-Unis
- Fidji
- Nouvelle-Zélande
- Tonga
- Argentine
- Uruguay
- Japon
- Hong Kong
- Chili

Le Chili a participé à la Coupe du Monde de Rugby 2023 en France.