Histoire du Club de Football de Palerme

Le club de football de Palerme, un nom qui résonne avec passion et histoire dans le cœur des supporters italiens, a connu des moments de gloire et des périodes de turbulences. Cet article explore en détail le parcours de ce club emblématique, de sa fondation à ses ambitions actuelles.

Les Débuts du Football à Palerme

Le football a débarqué à Palerme en 1897 grâce à l'Angleterre. Le port de Palerme était à l’époque occupé par de riches commerçants de Sa Majesté qui ont fait découvrir ce sport aux Palermitains notamment grâce au consul Joseph Isaac Spadafora Whitaker.

Le club est fondé le 1er novembre 1900 par l'italien Ignazio Majo Pagano, un passionné de sport qui importe le football après une excursion en Grande-Bretagne. Il baptise le club "Anglo Palermitan Athletic and Football Club". À ses débuts, le club n’était engagé dans aucune compétition officielle, il ne vivait que de matchs amicaux contre d’autres équipes locales ou d’équipes formées à partir de marins britanniques alors présents à Palerme. Le premier match fut d’ailleurs contre l’équipage du navire “Nathan”.

Le 1er novembre 1900, le jeune Ignazio Majo Pagano qui avait connu ce sport en Angleterre fonde l’Anglo Panormitan Athletic and Football Club, premier club de foot de Palerme, club aux couleurs rouge et bleue comme le drapeau britannique.

Il y eut bien le trophée Whitaker en 1905, remporté par le désormais Foot-Ball Club Palermo qui évolue en rose et noir contre le cousin de Messina. On peut aussi citer la Lipton challenge cup que le club remporta à sept reprises, coupe organisée par le milliardaire écossais Sir Thomas Lipton (fondateur de la fameuse entreprise de thé), qui opposait des équipes du Sud de l’Italie, Messina toujours, ainsi que l’ancêtre du Napoli.

Premières Compétitions et Difficultés Financières

Le Palermo fit en fait réellement connaissance avec la compétition officielle italienne après la première guerre mondiale. Celle-ci a plus ou moins rebooté le football palermitain, parmi plusieurs équipes, le Racing FBC adopte la dénomination d’Unione Sportiva Palermo et doit faire avec la rivalité du Libertas. En 1920, un championnat régional sicilien à quatre équipes est créé, le Palermo Foot-Ball Club (qui avait changé de nom entre temps) en remporte la première édition devant Catania, Messina et Marsala.

C’est l’année suivante que le club peut enfin prendre part aux éliminatoires du championnat d’Italie grâce à la scission au sein de la FIGC et la création de la CCI. Les querelles de la fédé étant réglées, cette fois c’est une participation au vrai championnat. L’été 1923 voici la fusion avec le rival Libertas pour reformer le Palermo Football Club et avoir une équipe compétitive. Il s’agit de battre un adversaire sicilien (le club de Messina) et ensuite passer le cap des demi-finales de la Lega Sud face à des adversaires romains ou napolitains, mais c’est déjà une marche trop haute.

La réforme des championnats en 1926 offre un format plus simple, Palermo est alors en 2ème division mais ne le finit pas à cause des problèmes financiers. C’est encore une autre équipe qui prend le relais (la Vigor) et qui fusionne pour garder le nom. Le nouveau Palermo participe au championnat régional 1928-29 afin de gagner son billet pour la toute nouvelle Serie B mais c’est un échec.

Il faut noter que Palerme ayant une situation géographique particulière, très au Sud et hors du continent, le calendrier a pendant un moment été adapté. En effet le club allait jouer par séries de trois ou quatre matches à l’extérieur avant de recevoir à son tour plusieurs fois de suite pour éviter des allers-retours incessants.

L’équipe est entrainée par Tony Cargnelli vainqueur du scudetto avec le Toro seulement deux ans plus tôt et les résultats sont immédiats avec une 3ème place à deux points du duo Fiorentina-Bari qui monte ! Premier match en Serie A à Vercelli avec à la clé une défaite 1-0. Une semaine plus tard les rosanero se rendent à Rome pour y affronter la Lazio, l’argentin Americo Ruffino inscrit le premier but de l’histoire du club parmi l’élite. Finalement la première victoire en Serie A arrive au quatrième match contre la Triestina.

Cette saison a laissé de beaux souvenirs dans la capitale sicilienne, avec de beaux scalps (Torino, Napoli, Milan) et une 12ème place synonyme de maintien tranquille.

De retour en Serie B en 1935, le club affronte ses premiers vrais derbys contre Catania et Messina. Trois fois 7ème puis 14ème, Palermo connait de graves problèmes financiers. En effet, en 1940 la FIGC entérine la radiation du club de ses registres pour un trou dans les caisses de plusieurs centaines de milliers de lires, mais comme il le fera dans le futur, le club va renaître immédiatement de ses cendres. En août 1941 ce qui reste du Palermo se fond avec d’autres petites équipes de la ville, la Juventina Palermo notamment. Ça repart donc de la Serie C avec les couleurs blanche et bleue et c’est direct un retour en Serie B.

Tout reprend tranquillement et c’est en 1947 que Palermo réintègre la Serie B avec ses vraies couleurs, un an plus tard, il termine en tête de son groupe et retrouve déjà la Serie A. Y évolue à l’époque Čestmír Vycpálek, futur coach à succès de la Juve. Le club se stabilise six saisons parmi l’élite et fréquente le ventre mou avec notamment Gipo Viani comme coach, mais la relégation arrive en 1953-54 suite aux barrages contre la Spal et l’Udinese.

Deux saisons plus tard, c’est déjà le retour parmi l’élite. Palermo est un club instable, entraîneurs et présidents se succèdent mais quelques joueurs réussissent à se distinguer parmi cet ascenseur incessant dont le capitaine Benedetti et le buteur argentin Vernazza. Palermo redescend aussi sec, remonte deux ans plus tard et ça continue pendant près d’une décennie.

L'Ère de Renzo Barbera

Tout cela jusqu’à l’arrivée d’un homme, l’entrepreneur palermitain Renzo Barbera, appelé affectueusement par les Palermitains « il Presidentissimo ». Il va redonner une âme au Palermo aussi parce que c’est le premier dirigeant du club depuis de très nombreuses années qui n’est pas un homme politique. Il parvient à ramener le club en Serie A en 1973 (avec un certain Edy Reja), la seule saison parmi l’élite sous son règne. Mais c’est sous sa direction que le club rejoint ses deux premières finales de Coupe d’Italie, toutes les deux perdues, en 1974 contre Bologna aux tirs aux buts (après avoir été égalisé en toute fin de match sur penalty) et en 1978 contre la Juve également en fin de rencontre. Joli exploit pour un club de deuxième division.

C’est sous Renzo Barbera enfin que Veneranda, entraîneur mythique du club a dirigé l’équipe première. Gambino qui est nettement moins attaché au club que le Presidentissimo le revend quasiment instantanément. Très mal géré le Palermo est encore dissout par la fédération pour les largesses observées dans sa gestion.

D’abord le club quitte la Serie B après 10 saisons consécutives et retrouve la C pour la première fois depuis 40 ans, la première sur le terrain. 1987 est l’année de la dernière renaissance du Palermo, il est remis sur pieds et prend sa dénomination actuelle de US Città di Palermo. Pour redresser le club tout le monde s’y était mis, y compris le maire historique de Palerme, Leoluca Orlando. C’est le dossier de Salvino Lagumina qui est finalement retenu. On accorde au club le droit de repartir de la Serie C2. Puis c’est même la Serie B pendant plusieurs saisons avec notamment une 7ème place en 1995-96, on reprend espoir du côté de la Sicile mais arrive alors à la présidence le duo Polizzi-Ferrara, détesté de tous.

En effet avec ces deux-là à sa tête le club touche le fond, pour la première fois de son histoire il descend sportivement en Serie C2 à l’issue de la saison 1997-1998 en perdant les play-out contre la Battipagliese. Mais cette fois la chance sourit au Palermo, la rétrogradation est annulée grâce à la radiation de l’Ischia.

L'Ère Zamparini et les Talents Émergents

Enfin, un propriétaire providentiel arrive à Palerme le 3 mars 2000 et le club ne cessera plus de grandir. Franco Sensi qui a déjà la Roma, achète le club qui rejoint immédiatement la Serie B au soir de la saison 2000-01 devant Messina et Catania pour un vrai duel sicilien. 10ème pour son retour à ce niveau. Sensi cède le club à Maurizio Zamparini, l’ancien président du Venezia, surnommé par la presse sicilienne « il vulcano Zamparini » pour ses célèbres crises et ses limogeages semestriels d’entraîneurs. Il promet alors la Serie A dans les trois ans. Le nouveau président amène avec lui le directeur sportif Rino Foschi.

Mais ce n’est que partie remise, la saison suivante c’est Baldini qui prend la direction de l’équipe première, vite remplacé par Guidolin. Cette fois c’est la bonne, le Palermo remporte le championnat et retrouve la Serie A 32 ans après au soir d’un match au Stadio Renzo Barbera conclu par un joli 3-1 contre la Triestina.

Le retour en Serie A se passe à merveille pour le Palermo de Guidolin, qui en tant que promu décroche la 6ème place synonyme de coupe UEFA, après avoir lutté jusqu’à quelques journées de la fin avec l’Udinese et la Sampdoria pour la 4ème place qualificative pour la Champions League. Luca Toni est l’auteur d’une nouvelle saison extraordinaire (20 buts) mais sera vendu à la Fiorentina, un départ jamais digéré par les tifosi rosanero.

Palermo fait donc ses grands débuts européens en UEFA lors de la saison 2005-06 contre l’Anorthosis et est éliminé par le Schalke 04 en 8èmes. Dans la foulée l’équipe d’Italie est sacrée championne du monde avec pas moins de 4 membres de l’effectif rosanero (Barzagli, Grosso, Barone et Zaccardo). Le bouillant président Zamparini les collectionne tout comme les joueurs qui défilent chaque saison dans le chef-lieu sicilien, cela n’empêche pas deux 5ème places consécutives (meilleur résultat de son histoire) sous la houlette entre autres de Guidolin qui reviendra plusieurs fois entraîner Palermo, avant de rentrer dans le rang avec une 11ème place pour l’édition 2007-08 et de vendre sa nouvelle star Amauri à la Juve pour 22 Millions d’€uros et Pastore pour 40 au PSG !

En tout Palermo va décrocher quatre qualifs en Europa League et atteint la finale de la Coupe d’Italie en 2011 contre l’Inter (défaite 3-1) durant la gestion Delio Rossi. Zamparini paye “enfin” sa mauvaise gestion et le club retrouve la Serie B après neuf ans d’absence. Grâce à l’arrivée du sulfureux homme d’affaires Maurizio Zamparini en 2002, la formation sicilienne retrouve la Série A l'année suivante. Installés dans l’élite du Calcio, le club va y jouer les premiers rôles porté par des joueurs italiens comme Luca Toni, Fabio Grosso et Andrea Barzagli qui seront tous champions du Monde en 2006.

L'US Palerme a su dénicher des talents pour les revendre peu de temps après à prix d'or. Le meilleur exemple reste bien entendu celui de l'Argentin Javier Pastore recruté en 2009 pour 8 M€ et revendu au Paris Saint-Germain en 2011 contre 42 M€.

Malheureusement, le club est obligé de vendre ses meilleurs éléments et retrouve la deuxième division en 2013, ainsi qu’en 2017.

Reconstruction et Nouvelle Ère avec le City Football Group

Ancien cador de Serie A qui avait connu de belles années avec de nombreux joueurs dans leurs rangs tels que Javier Pastore, Salvatore Sirigu, Paulo Dybala, Andrea Barzagli, Edinson Cavani ou encore Josip Iličić, le club sicilien de Palermo, actuellement 6ème de Serie B, a encore du mal à retrouver les sommets du football italien après de longues et harassantes années de reconstruction.

Pour rappel, le conseil fédéral de la Fédération italienne de football (FIGC) avait décidé à l’unanimité de l’exclusion du club de la Serie B et de la révocation de son statut professionnel, entraînant la libération immédiate de tous les joueurs, lors de l’été 2019. Totalement liquidé en banqueroute, Palermo avait dû être relégué en Serie D.

Mais depuis de l’eau a coulé sous les ponts de Sicile et un nouvel actionnaire majoritaire a fait son apparition, le City Football Groupe (CFG), holding très connu d’Abu Dhabi qui détient Manchester City, a racheté en juillet 2022 près de 80% des actions de Palermo. Si Palermo est toujours présidé par Dario Mirri (propriétaire de 5% du club), la gestion de Mansour bin Zayed Al Nahyan et ses conseillers commence à porter ses fruits en Sicile, bien que le club soit toujours en Serie B : «Nous sommes très heureux d’accueillir City Football Group à Palerme. Nous voulions trouver le bon investisseur avec une connaissance approfondie du football pour nous aider à continuer à nous faire avancer. Nous l’avons avec City Football Group. Nous avons accepté l’investissement avant la fin de l’année. la saison, nous savons donc que nous avons un partenaire qui s’engage à développer Palerme de la bonne manière. Je suis ravi de continuer à travailler aux côtés de City Football Group. Ils comprennent et respectent la culture et les traditions de notre club. Nous nous lançons ensemble dans un projet qui Je sais que tous nos fans seront fier», avait déclaré le président Mirri.

Cette arrivée en grande pompe n’avait pas tardé à faire réagir en Italie, pays qui s’ouvre petit à petit à des investisseurs étrangers (Chine et Etats-Unis majoritairement). Mais quel impact le Sheikh Mansur a-t-il réellement eu depuis son installation en Italie ? Pour la première fois de son histoire, Palermo a choisi de se doter d’un centre sportif privé et a choisi de faire les choses en grand grâce à l’argent du groupe émirati.

Ce centre d’entraînement a été construit dans les collines de Torretta, à environ 20 kilomètres de la ville et non loin de l’aéroport Falcone et Borsellino. Le groupe dirigé par Cheikh Mansour ben Zayed, membre de la famille régnante d’Abou Dhabi, n’a lésiné sur aucune dépense et a réalisé un investissement de 7 millions d’euros pour doter le club d’installations de pointe : «Palerme est un grand club historique avec une identité forte et fière. Nous travaillerons avec Dario Mirri pour poursuivre son travail exceptionnel pour développer Palerme de manière durable au cours des années à venir. C’est un club très spécial, et notre rôle sera d’ajouter de la valeur. à tout ce qui le rend si spécial et améliorer constamment les performances sur et en dehors du terrain, en utilisant notre expérience et notre savoir-faire», avait promis Ferran Soriano, directeur général de City Football Group qui s’était d’ailleurs réjoui de venir en Italie : «L’Italie est l’un des pays de football les plus passionnants et les plus passionnés au monde, avec une riche histoire de succès en équipe nationale et en club, des supporters passionnés et un palmarès de footballeurs fantastiques.

Selon le média Il Sole 24 Ore, l’installation Torretta, inaugurée cette semaine, se compose de deux terrains en gazon naturel identiques au terrain du stade Renzo Barbera pour obtenir les mêmes conditions à l’entraînement et en match. Mais ce n’est pas tout : un bâtiment principal a été créé avec des bureaux, un restaurant et des salles de réunion ainsi qu’un club house avec des salles de sport, des studios de physiothérapie et de récupération. Utilisé d’abord exclusivement par l’équipe première, ce centre s’ouvrira dans les années à venir au secteur jeunesse et de l’équipe féminine. L’investissement des propriétaires des Émirats arabes unis avoisine les 7 millions d’euros mais depuis que le City Football Group a choisi d’acheter le club sicilien, un total de plus de 50 millions d’euros a déjà été dépensé pour moderniser Palermo et préparer l’avenir. L’objectif étant de remonter rapidement en Serie A et de suivre l’exemple de Girona, club espagnol de la galaxie City Football Group, qui s’est attiré tous les projecteurs en Espagne cette saison.

Joueurs Emblématiques de Palerme

Actuellement en Serie C italienne, l'équipe de football de Palerme brille plus pour les joueurs qu'elle a eus dans ses rangs que pour ses résultats sportifs. Relégué en Serie D en 2019, Palermo ne détient plus le statut professionnel depuis cette date. Cependant, durant son histoire, de nombreux (très) bons joueurs ont arboré la tunique rose du club.

Voici quelques joueurs emblématiques qui ont marqué l'histoire du club :

  • Edinson Cavani
  • Paulo Dybala
  • Andrea Barzagli
  • Salvatore Sirigu
  • Javier Pastore
  • Josip Iličić
  • Luca Toni

Parcours en Championnat

Voici un aperçu du parcours du club à travers les différentes ligues italiennes :

  • Intégration en Division 1 (D1).
  • Prima Divisione (D2).
  • Prima Divisione (D3).
  • Serie B.
  • Serie B.
  • 15ème de Serie A, Palerme FC est relégué en Serie B.
  • Serie B.
  • L'US Palerme-Juventina reprend en Serie C (D3).
  • L'US Palerme reprend en Serie A-B Mixte en tant que club de Serie B et termine 7ème du Groupe de Qualification Sud.
  • Serie B.
  • 17ème de Serie A, l'US Palerme est relégué en Serie B.
  • Serie B.
  • Serie B.
  • Serie B.
  • Serie B.
  • SSC Palerme est promu en Serie A.
  • Serie B.
  • Serie B.
  • Serie B.
  • SSC Palerme est relégué en Serie C1 (D3).
  • L'US Palerme reprend en Serie C2 (D4).
  • Serie C1 (D3).
  • Serie C1 (D3).
  • Serie C1 (D3).
  • Serie B.
  • Serie C1 (D3).
  • Serie B.
  • Serie C1 (D3).
  • Serie B.
  • Serie B.
  • Serie C1 (D3).
  • Serie B.
  • Serie B.
  • L'US Palerme est promu en Serie A.
  • Serie B.
  • Serie B.
  • L'US Palerme est promu en Serie A.
  • Serie B.
  • L'US Palerme est rétrogradé administrativement en Serie D (D4).
  • Serie D.
  • Serie C.
  • Serie C.
  • Serie B.
  • Serie B.
  • Serie B.
Valeur marchande historique de quelques joueurs emblématiques
Joueur Valeur marchande maximale (mio €)
Paulo Dybala 48
Javier Pastore 40
Edinson Cavani 40
Andrea Belotti 36
Franco Vazquez 25

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