Les cas de dopage médiatisés dans le monde du football ne sont pas communs mais existent bien. Le retour en Italie de Paul Pogba vire au cauchemar. Déjà empêtré dans des affaires extra-sportives et touché par des blessures qui ne semblent pas le laisser tranquille, le milieu de terrain de l’équipe de France est de nouveau dans l’œil du cyclone. Testé positif à la testostérone, Paul Pogba a été suspendu à titre provisoire par l’agence italienne antidopage. Il n’est pas le premier footballeur à se retrouver dans cette situation.
Avant lui, six internationaux Français, convaincus de dopage, avaient connu le même sort pour des raisons variées, du cannabis aux amphétamines en passant par la nandrolone.

Les Joueurs Français Sanctionnés pour Dopage
Fabien Barthez (Monaco, 1995)
En 1995, Fabien Barthez quitte l’OM, relégué en D2, pour Monaco. Son arrivée se passe mal. À peine arrivé, l'international français se fracture un poignet. En octobre 1995, après le match Nantes-Monaco, et peu de temps après son retour de blessure, Fabien Barthez (24 ans), gardien de Monaco, est contrôlé positif au cannabis. Il est suspendu, à compter de mi-janvier 1996, pour quatre mois, dont deux fermes, par la Commission de contrôle dopage de la Fédération. Fabien Barthez manquera huit journées de Championnat avec Monaco en 1996. Le champion d'Europe 1993 avec l'OM choisit de ne pas faire appel de cette sanction et manque huit journées de Championnat. En 1998, le futur champion du monde confiera : « Je garde tout pour moi, toujours. Je préfère rester dans mon coin, peinard... » avant de poursuivre : « Le journal de 20 heures qui ouvre sur "Barthez, fumeur de joints", alors qu'il y a des morts partout »...
Bernard Lama (PSG, 1997)
En février 1997, Bernard Lama (33 ans), gardien du PSG, est contrôlé positif au cannabis lors du stage précédant France - Pays-Bas (son seul match avec les Bleus durant l'année 1997) à l'occasion d'un contrôle inopiné diligenté par le ministère de la Jeunesse et des Sports. En mai, il est condamné par la Commission de contrôle dopage de la FFF à cinq mois de suspension, dont deux fermes, qu'il doit purger au cours du Championnat. Écarté par son club à l'intersaison, il retrouve du temps de jeu à West Ham en janvier 1998. À temps pour participer à la Coupe du monde mais en numéro 2. Entre-temps, Lama a vu Fabien Barthez et Lionel Charbonnier se succéder à son poste chez les Bleus et « le divin chauve » lui passer devant.

Stéphane Paille (Mulhouse, 1995)
Stéphane Paille (30 ans), avant-centre engagé comme chômeur par Mulhouse à la fin de l'été 1995, est contrôlé positif en septembre et est suspendu pour deux mois, le contrôle ayant révélé des traces de cannabis. En mai 1997, le joueur qui évolue alors à Heart of Midlothian est exclu par son club écossais immédiatement après avoir été suspendu quatre mois par la Fédération écossaise pour avoir absorbé un produit interdit, le Dinitel, médicament contenant notamment des amphétamines, afin de perdre un excès de poids. Cette affaire marquera la fin de sa carrière, lui qui comptera 8 sélections chez les Bleus à son actif.
Cyrille Pouget (Le Havre, 1997)
En septembre 1997, après Bordeaux - Le Havre, Cyrille Pouget (24 ans) est contrôlé positif à la nandrolone. Il est suspendu le 2 juillet 1998 à dix-huit mois, dont six mois ferme. Au fil des recours, il continue de s'entraîner, jouer et gamberger : « Il ne se passe pas un jour, pas une semaine, sans que je ne pense à cette affaire. Elle me perturbe. D'autant plus qu'elle ne cesse de rebondir dans tous les sens. En une saison, Pouget apprend à vivre au jour le jour. Il ne s'offusque plus des on-dit qui le rayent fréquemment des feuilles de match parce qu'on le prétend « sur le point d'être suspendu ». En septembre 1998, la commission de conciliation du CNOSF rejette sa demande de conciliation et « réactive » sa suspension. Il retrouvera les terrains, avec le HAC, en février 1999.
Vincent Guérin (PSG, 1997)
En octobre 1997, le milieu parisien Vincent Guérin (29 ans) est contrôlé positif à la nandrolone lors de Nantes - Paris-SG avant de disputer le dernier match européen de sa carrière le 5 novembre 1997 face au Bayern (3-1) en phase de groupes. Quinze jours plus tôt à Munich (1-5), il aurait dû jouer aussi mais avait été mis sur le banc des remplaçants en dernière minute pour ne pas prendre de risque. Il est suspendu le 8 janvier 1998 pour dix-huit mois, dont six mois ferme. Il n'effectue que trois mois et demi de peine car la décision de la FFF a été annulée en juillet 1998. En avril 2000, la cour administrative d'appel de Paris annule le contrôle du joueur alors « retraité », après une saison 1998-1999 avec Heart of Midlothian (Écosse). Il rejouera en novembre 2001 avec le Red Star (CFA).
Samir Nasri (2018)
Lors de son passage à Séville, Samir Nasri avait été surpris avec une perfusion de vitamines. En février 2018, alors sans club après avoir quitté Antalyaspor, Samir Nasri a été condamné par l’UEFA à six mois de suspension pour avoir eu recours à une perfusion intraveineuse de vitamines en 2016, dans une clinique de Los Angeles, prohibée par l’Agence mondiale antidopage (AMA). En août 2018, l'UEFA alourdit en appel la suspension de six à dix-huit mois. Nasri rejouera le 12 janvier 2019 avec West Ham.
Autres Cas de Dopage Notables
Diego Maradona (1994)
Lors de la Coupe du monde 1994 aux États-Unis, Diego Maradona fait son retour au sein de l'équipe d'Argentine après une suspension de quinze mois en 1991 pour un contrôle positif à la cocaïne et une peine de prison de quatorze mois avec sursis, pour possession de drogue. Après deux matches de poules, la star argentine est contrôlée positif à l'éphédrine à l'issue de la rencontre face au Nigeria (2-1, le 25 juin).
Adrian Mutu (2004, 2010)
La carrière d’Adrian Mutu a été faite de haut et de bas. En 2003, l’attaquant roumain signe à Chelsea où il inscrit 10 buts en 36 matches. Mais en octobre 2004, un peu plus d'un an après son arrivée à Chelsea, Adrian Mutu est contrôlé positif à la cocaïne. Le joueur est suspendu 7 mois et Chelsea le licencie pour faute grave. Mutu rebondit à la Juventus puis à la Fiorentina où il va parvenir à se relancer. Mais en 2010, il est de nouveau contrôlé positif, cette fois-ci à la sibutramine, un stimulant. Il sera suspendu pour une durée de neuf mois.
Francesco Flachi (2007, 2010)
À la fin de l’année 2006, Francesco Flachi est au sommet de son erreur. Le buteur italien empile les buts avec la Sampdoria, participant au renouveau du club. Sauf que Francesco Flachi est contrôlé positif à la cocaïne en janvier 2007 et est suspendu deux ans. Il tente à Empoli en 2009 puis à Brescia l’année suivante. Mais bis repetita, Flachi est de nouveau contrôlé positif à la cocaïne. Cette fois-ci, le Comité olympique antidopage italien décide d’une mesure exemplaire et suspend le joueur pour douze ans. Cette sanction marque la fin de carrière de l'attaquant.
André Onana (2020)
Lors d'un contrôle inopiné le 30 octobre 2020, André Onana est contrôlé positif au Furosémide, un diurétique puissant. L'UEFA suspend alors le Camerounais pendant un an, une sanction réduite à neuf mois quelque temps plus tard par le Tribunal Arbitral du Sport. L'actuel gardien de l'Inter Milan, sous contrat avec l'Ajax au moment des faits, argue qu'il voulait simplement prendre un médicament pour la tête mais se serait trompé et aurait pris une pilule similaire que sa femme utilisait pour la rétention d'eau.
Mamadou Sakho (2016)
En 2016, Mamadou Sakho est un joueur important de Liverpool. Même s’il manque une partie de la saison sur blessure, il revient à temps pour les matches importants et notamment le huitième de finale retour de Ligue Europa contre Manchester United. Les Reds s’imposent 2-0 et se qualifient. En 2016, Mamadou Sakho est suspendu à titre provisoire pour un contrôle positif. Le joueur sera suspendu à titre provisoire par l’UEFA et manquera la finale de la C3. Une erreur de l’AMA qui lui coûtera en partie sa place à l’Euro.
José Luis Palomino (2022)
Le 26 juillet 2022, le joueur argentin a été testé positif à la Nandrolone, un stéroïde anabolisant qui est interdit. Le défenseur de l'Atalanta a, alors, été suspendu à titre conservatoire par le tribunal national antidopage. Par la suite, José Luis Palomino avait demandé l'analyse complète de ses échantillons et cela a conclu, une nouvelle fois, à un résultat positif à cette substance. Finalement, un peu moins de quatre mois après, le joueur est blanchi par les autorités italiennes de lutte contre le dopage.
L’effrayante tendance des stéroïdes !
Statistiques et Études
Pour juger de la prévalence du dopage dans le football, mieux vaut se fier aux études scientifiques qu’aux contrôles. Sur les 879 joueurs dont les échantillons étaient contrôlés, 7,7 % enregistraient des taux élevés de testostérone pouvant résulter de la prise de stéroïdes anabolisants. En 2009, l’Agence française de lutte contre le dopage avait eu la surprise de découvrir, lors d’une étude sur l’utilisation de la DHEA (un stéroïde anabolisant) dans le sport, que les footballeurs en étaient les plus friands (7 cas sur 32), même si les résultats n’avaient aucune valeur statistique.
En 2016, le chiffre grimpe à 220 contrôles anormaux. Un autre document dévoilé par les hackers russes révèle que 160 footballeurs ont été contrôlés positifs en 2015 à des substances comme le cannabis, les corticoïdes et la morphine. Six d'entre eux ont été analysés par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD).
| Année | Nombre de Contrôles Anormaux |
|---|---|
| 2015 | 160 |
| 2016 | 220 |